Par Basile Keugoung

L’UNICEF a publié cette semaine un rapport sur la situation de l’excision et des mutilations génitales dans 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient. Au total, près de 125 million de filles et femmes dans ces pays ont subi une excision ou une mutilation génitale. La situation des autres pays reste inconnue du fait de l’absence de données.

Certains pays ont de fortes prévalences de l’excision ou des mutilations génitales chez les filles et femmes âgées de 15 à 49 ans :

– Entre 80-98% : Somalie, Guinée, Djibouti, Egypte, Erythrée, Mali, Sierra Leone, Soudan

– 60-80% : Burkina Faso, Gambie, Ethiopie, Mauritanie, Liberia

– 40-60% : Guinée Bissau, Tchad,

– 20-40% : Cote d’Ivoire, Kenya, Nigéria, Sénégal, Tanzanie, Yémen

– 1-20% : République Centrafricaine, Bénin, Irak, Ghana, Niger, Cameroun, Ouganda.

Si les prévalences sont faibles dans certains pays à l’échelle nationale, les mutilations génitales restent concentrées dans certaines régions ou groupes ethniques avec de fortes prévalences dans ces sous-groupes. Les croyances religieuses ou traditionnelles influencent le comportement des familles et leur adhésion à ces pratiques.

Il convient toutefois de noter qu’au-delà de ces fortes prévalences, d’importants efforts sont mis en œuvre dans certains pays par les ministères de la santé, la société civile et les partenaires pour éliminer ces pratiques. Par contre dans d’autres pays tels que Djibouti, la Gambie, la Guinée Bissau, le Mali, le Sénégal, la Somalie, le Soudan, le Tchad et le Yémen, il n’y a pas une baisse significative de cette prévalence.

Les mutilations génitales et de l’excision ont des conséquences négatives sur la santé telles que l’hémorragie pouvant entrainer l’anémie sévère, des infections, des fibroses avec des difficultés d’accouchement et l’impact psychologique sur la victime.

Il y a une prise de conscience de la population dans les pays concernés des risques liés à l’excision.

Le système de santé seul ne pas venir à bout du fléau. Une action multisectorielle impliquant les populations elles-mêmes est indispensable pour que les populations acceptent et abandonnent ces pratiques. Il est d’ailleurs important que les populations qui ont pratiqué et transmis cette coutume pendant des générations prennent conscience des dangers de la pratique et informent ces populations de la nécessité du changement. Il faut reconnaitre que les interventions de santé qui nécessitent des changements de comportement sont difficiles. Les leaders religieux et traditionnels et les acteurs sociaux sont indispensables pour bannir définitivement ces coutumes et ils doivent être impliqués depuis l’identification des stratégies à utiliser et la planification jusqu’à la mise en œuvre et l’évaluation.

 

 

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