Chers lecteurs,

Cette semaine, nous vivons le changement du président égyptien élu il y a un an. Nous revenons sur la question de la transfusion sanguine, et des médicaments antipaludéens avec la problématique de faux médicaments. Vous trouverez ensuite un article sur le rôle des programmes dans le renforcement des systèmes de santé et un deuxième article sur la portée de convention sur la recherche et le développement de la santé.

Bonne lecture

L’Equipe éditoriale

 

Editorial : Quand le peuple peut réclamer ses droits

Par Basile Keugoung

 L’Egypte a eu son deuxième printemps arabe bien que l’on soit déjà en été. Probablement, ce sera qualifié d’été arabe. En effet, depuis la révolution qui a amené au pouvoir le président Morsi, la contestation n’a cessé de croitre. Les populations voulaient des services sociaux de qualité accessibles à tous, plus de liberté et de justice sociale. Un an après l’élection présidentielle, les mouvements sociaux étaient récurrents et cette semaine la contestation a atteint son paroxysme avec des dizaines de million de personnes dans les rues.

Lire ici

 


 Journée Mondiale des dons de sang

 

1.    WHO – Plus de donneurs de sang volontaires requis

Titre original : More voluntary blood donors needed

http://www.who.int/mediacentre/news/notes/2013/world_blood_donor_day_20130612/en/index.html

Le 14 juin était la Journée Mondiale des dons de sang et l’OMS a invité les pays d’assurer les dons de sang à travers les volontaires bénévoles d’ici 2020.

Les besoins de sang et autres produits sanguins s’accroissent chaque année et plusieurs patients nécessitant une transfusion en urgence mais n’ont pas accès au sang de qualité. En effet, en 2011, près de 83 million de dons de sang étaient collectés à partir de donneurs volontaires bénévoles.

–          Les donneurs volontaires bénévoles: une source sécurisante

La collecte de sang à partir des donneurs volontaires bénévoles est la clé pour garantir une offre de sang suffisante et de qualité et faire face aux besoins croissants en produits sanguins. Ces donneurs ont moins de risque d’infections par rapport aux donneurs qui sont payés ou aux membres de la famille qui donnent le sang en urgence.

–          Assurer 100% de dons à partir de donneurs volontaires bénévoles

A ce jour, seuls 60 pays (35 pays à haut revenu, 18 pays à revenu intermédiaire, et 7 pays à faible revenu) collectent du sang des donneurs volontaires bénévoles et sept de ces pays assuraient moins de 75% de ce type de dons avant 2004, dont deux pays africains (Kenya et Zambie).

Dans les pays à faible et moyen revenu, la transfusion sanguine est faite surtout de suite de complications de la grossesse et d’anémie sévère chez les enfants, alors que dans les pays riches, la transfusion est effectuée lors des chirurgies cardiaques et de transplantation, des traumatismes et de traitement de cancers.

L’OMS offre l’assistance technique et l’expertise pour aider les pays à mettre en place des systèmes de dons de sang volontaires et bénévoles et des systèmes d’assurance qualité pour les produits sanguins indispensables à ceux qui en ont besoin.

 

Politiques et financement de la santé

 

2.    The Atlantic – Faux médicaments de la Chine: frein pour la prise en charge du paludisme en Afrique ?

Titre original : Fake Drugs From China: What’s Stopping a Cure for Malaria in Africa?

Kathleen McLaughlin;

http://www.theatlantic.com/china/archive/2013/06/fake-fake-drugs-from-china-whats-stopping-a-cure-for-malaria-in-africa/276750/

Par Gaston Wamba

L’Artemisinine a été développé au cours de la guerre du Vietnam par des scientifiques chinois pour le traitement du paludisme. Cette grande innovation médicale, aujourd’hui clé dans la prise en charge du paludisme a été cachée pendant au moins quatre décennies à cause du secret l’entourant et la compétition entre les firmes pharmaceutiques.

En Afrique de l’Est, l’ACT est devenu le traitement préféré pour le paludisme. Il est menacé par l’appétit exagéré de bénéfice et la contrefaçon. L’échec de régulation et les procédures de gestion sans scrupule ont créé un marché de médicaments de mauvaise qualité, couplé au fait que les produits chinois sont qualifiés de qualité inférieure.

La « Wellcome Trust » et autres organismes estiment que un tiers des médicaments du paludisme incluant les ACT et tous les autres sont faux ou de mauvaise qualité. Il est aussi à noter que la contrefaçon des médicaments suit la demande, surtout avec les nouveaux produits. L’ACT authentique est très efficace, l’utilisation des ACT contrefaits réduirait la santé des populations ainsi que les progrès et les potentialités de ce médicament.

La Chine et l’Inde sont les deux pays d’où proviennent 80% des composants pharmaceutiques du monde, de même, ils sont les plus incriminés dans la contrefaçon des médicaments.

L’utilisation de l’ACT réduit la mortalité due au paludisme de manière significative, malheureusement, la prévalence des faux médicaments prend de l’ampleur. Les gouvernements se doivent donc de renforcer les mécanismes de gestion de ces médicaments ainsi que les mécanismes de détection des faux médicaments circulants.

 

Recherche

 

3.    Livre by Dominique Kerouedan – Géopolitique de la santé mondiale

http://www.sciencespo.fr/psia/content/geopolitique-de-la-sante-mondiale-new-book-dominique-kerouedan

Dominique Kerouedan (SciPo) a publié ce livre qui traite de la géopolitique de la santé mondiale.

 

4.    HP&P – Quand les programmes verticaux renforcent-ils les systèmes de santé? Une évaluation comparative des interventions spécifiques liées aux maladies en Inde

Titre original : When do vertical programmes strengthen health systems? A comparative assessment of disease-specific interventions in India

Krishna D. Rao et al.;

http://heapol.oxfordjournals.org/content/early/2013/06/08/heapol.czt035.short?rss=1

Par Basile Keugoung

Les programmes de contrôle des maladies ont une longue histoire en Inde et ont augmenté leurs présences au cours du temps. Les objectifs de cette étude sont d’analyser l’interaction entre les systèmes locaux de santé et trois programmes de contrôle des maladies (VIH/SIDA, Tuberculose et paludisme), et d’analyser les facteurs qui favorisent le renforcement du système de santé par les programmes.

Au total 103 interviews ont été réalisées en 2009 et 2010. Les interviewés étaient les managers de programmes et de systèmes de santé, le personnel du Ministère de la santé au niveau central et des Etats, et le personnel de santé au niveau opérationnel. Les cadres d’analyse utilisés étaient les 6 composantes d’un système de santé fonctionnel de l’OMS et le cadre d’Evaluation rapide des systèmes.

Les programmes contribuent au renforcement de certaines composantes des systèmes de santé. Par exemple à travers l’utilisation commune du personnel et des équipements, augmentation de la demande par l’amélioration de la perception de la qualité des soins par les usagers, l’implication de la société civile, et le partage de l’information sanitaire des programmes avec les managers des systèmes locaux de santé. Ces synergies sont plus observées avec certains programmes que d’autres.

Les programmes contribuent de façon substantielle au contrôle des maladies. Ils peuvent avoir les effets positifs et négatifs sur les systèmes de santé. Certaines conditions sont nécessaires pour que les programmes aient une influence positive sur les systèmes de santé : ils doivent avoir une politique explicite de renforcement des systèmes locaux de santé et incorporés au sein de l’administration de la santé.

 

5.     WHO Bulletin (Early online) – Débat sur la portée d’une convention sur la recherche et le développement de la santé

Titre original: Debating the scope of a health research and development convention

Mary Moran;

http://www.who.int/bulletin/online_first/12-110486.pdf

Par Alma Benzaïd

Depuis la dernière décennie, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) organise une série de consultations sur le financement de la recherche et développement (R&D) en santé afin de répondre aux besoins essentiels des pays en développement (PED). Il s’agit de: combler les lacunes en R&D dues au manque de produits à cause de l’insuffisance des investissements, et améliorer l’accès aux produits existent mais inabordables ou indisponibles. Le Groupe de travail d’experts sur la R&D a rendu un rapport en 2012 proposant une convention contraignante qui obligerait chaque pays signataire à investir un minimum de 0,01% de son produit intérieur brut (PIB) en R&D.

Une classification des maladies permet d’illustrer la corrélation entre leur recul et le niveau d’investissement en R&D Les maladies de type I subissent une faille d’accès, caractérisée par une incitation suffisante en R&D pour développer de nouveaux médicaments demeurant inaccessibles aux PED. Les maladies de type II et III endurent une faille de R&D, insatisfaisantes pour générer des produits appropriés. Les besoins en R&D peuvent aussi s’apprécier au niveau du produit. Ainsi, le groupe de travail classe le VIH dans la catégorie des maladies de type II au niveau mondial, mais de type III dans les PED, puisque les médicaments y existent mais en accès limité.

Selon une interprétation étroite, la convention proposée ne ferait que combler les lacunes de R&D dans des domaines où aucun produit adapté n’existe, à travers un effort de financement pharmaceutique. Selon une approche plus élargie, le financement de la R&D se limiterait aux maladies négligées de type II et III.

Depuis 2012, un système parallèle calqué sur le projet de convention, soutenu par des fonds publics et de bienfaisance propose plus de 360 produits de type II et III, mais certains sont estimés à un prix trop élevés à cause de la faible valeur des droits de propriété intellectuelle ne générant pas de profit sur le marché.

L’élargissement du champ d’application de la convention soulève des obstacles pratiques, comme la façon de traiter les investissements publics dans la R&D dans des PED. Il est obligatoire d’obtenir une licence pour pouvoir accéder à l’adresse IP d’une industrie pharmaceutique pour pouvoir développer des extensions, adaptations ou reformulations de médicaments, et les entreprises refusent de fournir une IP commerciale aux PED considérant leur industrie locale comme un concurrent direct. Créer des produits novateurs permettrait de contourner la nécessité d’une IP commerciale, mais serait plus coûteux et inefficace. Puisque la plupart des pays développés investissement déjà en R&D, faisant profiter les PED de leur recherche fondamentale sur les maladies de type I, la proposition de financer la R&D à hauteur de 0,01% du PIB semble peu pertinente.

En conclusion, le projet de convention destiné à remédier aux lacunes des pays en développement en R&D de santé présente un champ d’application trop imprécis pour faire avancer les discussions sur le sujet.

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