Cette semaine débute l’Assemblée Mondiale de la Santé de Genève. Nous vous tiendrons au courant des résolutions prises. Vous pouvez accéder à de précieux documents des sessions précédentes en cliquant sur les liens fournis dans cette Lettre.

Le paludisme, le VIH/SIDA, les médicaments, la vaccination, la santé mentale, la tuberculose sont les menus principaux des articles que nous vous proposons cette semaine.

Bonne Lecture

L’Equipe éditoriale

 

Editorial- L’asthme : Une charge morbide et économique encore ignorée

Par Bangaly Doumboya

Lire ici

 


 

Assemblée Mondiale de la Santé de l’OMS

La 66e session de l’Assemblée Mondiale de la Santé se tiendra du 20 au 28 mai 2013 à Genève. Vous trouverez ici l’Agenda prévisionnel, le budget de la session. Le 132e Conseil exécutif se réunira les 29 et 30 mai. Les documents des Conseils exécutifs de l’OMS 122 à 132 peuvent être consultés  ici.

 

Santé mondiale

1. OMS – Évaluation de l’introduction et de l’impact du programme national chinois des médicaments essentiels dans trois provinces

Yang Li et al.

Titre original: Evaluation, in three provinces, of the introduction and impact of

China’s National Essential Medicines Scheme

http://www.who.int/bulletin/volumes/91/3/11-097998.pdf

Par Bangaly Doumbouya

L’Objectif était  d’évaluer la mise en œuvre du programme national des médicaments essentiels (PNME) en Chine rurale.

Une enquête a été menée dans deux comtés/districts ruraux de trois provinces où le PNME a été mis en œuvre. Des informations ont été recueillies auprès du personnel du PNME, au niveau de la province, du comté/district, de la municipalité et du village. Les patients atteints de maladies chroniques ont également été interrogés. La prestation de services, les aspects financiers, les ordonnances, les dossiers des patients hospitalisés et les dépenses des patients avec certains diagnostics ont été étudiés dans les hôpitaux municipaux et les cliniques de village. Les résultats ont été comparés avec les données correspondantes, enregistrées avant le lancement du PNME.

Suite à la mise en œuvre du PNME, l’approvisionnement en médicaments dans chaque site faisant l’objet de l’étude a été systématisé. Les coûts totaux des médicaments ont diminué. Cela, ainsi qu’une amélioration de la prescription, a réduit les coûts des soins ambulatoires et hospitaliers et a conduit, apparemment, à une augmentation de l’utilisation des services de santé. Toutefois, les prix de certains médicaments ont augmenté et la disponibilité d’autres a diminué. L’indemnisation des prestataires de soins de santé pour compenser les réductions de revenus liées au PNME a été largement inefficace. Du fait du lancement du PNME, les établissements de santé dépendent davantage du financement public. De nombreux prestataires de soins se plaignent de charges de travail plus importantes et de revenus plus faibles.

Bien qu’elle ait été correctement conçue, la mise en œuvre du PNME dans le système chinois de soins de santé, décentralisé et rémunéré à l’acte, n’a pas été simple. Il a mis en exergue les problèmes liés aux tentatives visant à moderniser les soins de santé et le financement de la santé au bénéfice des patients. Des mécanismes durables pour compenser la perte de revenu des fournisseurs de soins sont nécessaires pour assurer le succès du PNME.

Politiques et Financement de la santé

2. Cahiers d’Etudes et de Recherches Francophones / Santé  – Paludisme et infection à VIH en Afrique subsaharienne : encore un couple maudit ?

Eba François Aoussi et al.

http://www.jle.com/fr/revues/sante_pub/san/e-docs/00/04/74/5E/article.phtml

Le paludisme et le VIH sont les infections les plus importantes en Afrique subsaharienne en termes de morbidité et de mortalité. Les données actuelles suggèrent une potentielle interaction entre les deux pathologies. En effet, l’immunodépression cellulaire liée au VIH pourrait augmenter la fréquence et la sévérité du paludisme par perte de la prémunition des populations autochtones des zones d’endémie. De même, la survenue et la répétition des accès palustres entraîneraient une activation de la réplication du VIH, une diminution des lymphocytes CD4 et une évolution plus rapide de la maladie. Malgré leur superposition géographique, le profil épidémiologique des deux affections varie considérablement. L’intrication de ces deux maladies a des conséquences épidémiologiques, cliniques et thérapeutiques en Afrique subsaharienne, faisant craindre, à l’instar de la tuberculose, l’émergence d’un nouveau couple maudit.

3. Plos – Grands défis dans la santé mentale mondiale: integration dans la recherché, les politiques et les pratiques

Titre original : Grand Challenges in Global Mental Health: Integration in Research, Policy, and Practice

Pamela Collins et al.;

http://www.plosmedicine.org/article/

Par Basile Keugoung

L’accès aux soins de santé mentale est faible dans le monde. Les maladies mentales sont fréquentes en post-partum, en cas d’infection VIH et de maladies non transmissibles. Les soins de santé mentale doivent être intégrés dans les soins de santé primaires et dans d’autres programmes prioritaires.

Cette intégration doit passer par i) une collaboration intersectorielle et des approches systémiques ; ii) des interventions basées sur l’évidence ; iii) mise en œuvre en tenant compte du contexte ; iv) permettre de prévenir et de traiter les problèmes tout au long de la vie.

L’intégration des soins pour lutter contre les maladies mentales avec les autres problèmes de santé peut passer par une assimilation des activités, des politiques et des structures organisationnelles aux niveaux local, national et mondial.

Les plans d’élaboration des Objectifs de santé après 2015 devraient prendre en considération la charge morbide liée aux maladies mentales, neurologiques et aux substances illicites.

Cet article appelle à une parité entre la maladie physique et la maladie mentale pour l’investissement dans la recherche, la formation, la prévention et le traitement. Les activités à mettre en œuvre aux niveaux mondial, national et local pour une bonne intégration ont été décrites. En effet, les progrès des Objectifs du Millénaire pour le Développement OMD du sont aussi attribuables aux objectifs et à une vision globaux et partagés. En plus, les bailleurs ont concentré les financements sur toutes les conditions (morbidité et mortalité) liées aux OMD. Les maladies mentales devraient être intégrées dans les plans et objectifs post-2015.

 

4. Guardian Africa – Les dons des médicaments sont importants, mais les firmes pharmaceutiques doivent-elles fixer l’agenda ?

Titre original : Drug donations are great, but should Big Pharma be setting the agenda?

Adam Robert Green;

http://www.guardian.co.uk/world/2013/apr/29/drug-company-donations-bigpharma

Par Morris Kouame

Si la résolution, adoptée le 12 décembre 2012 par les Nations Unies invitant   les gouvernements à accélérer la transition vers l’accès universel à des services de santé de qualité et abordables a été  accueillie  avec joie, la mise en œuvre risque de se heurter  à des potentiels  obstacles majeurs. L’un de ces obstacles est l’accès aux médicaments à moindre coût  et la question ne semble trouver des solutions durables même si des efforts sont faits  pour préserver les intérêts des différentes parties tout en prenant en compte les défis de santé publique dans les pays en développement.

En effet, dans cet article, l’auteur Adam Robert Green essaie d’analyser  les enjeux de partenariat « Win-Win entre les groupes pharmaceutiques et les différents gouvernements pour ce qui l’accès aux médicaments sous l’angle de « dons ». Si cette  nouvelle ère d’amitié est séduisante, Adam Robert Green estime qu’il y a encore des débats non résolus sur le rôle que les entreprises jouent dans l’élaboration du programme de santé publique dans les pays en développement et que la gratuité des médicament pourrait permettre  aux entreprises pharmaceutiques de décider quelles maladies doivent être traitées car il ne faudrait pas s’attendre à un comportement de bienfaisance de la part des entreprises pharmaceutiques.

 

Recherche

5. Infectious Diseases of Poverty – Évaluer l’incidence de l’intégration des services TB/VIH sur les résultats de traitement de la tuberculose et leur pertinence en matière de suivi de la TB et du VIH au Ghana

Gloria Akosua Ansa, John D. Walley, Kamran Siddiqi, Xiaolin Wei

http://www.idpjournal.com/content/1/1/13

Contexte

L’incidence du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) sur la tuberculose (TB) et les implications en matière de lutte contre la tuberculose et de contrôle du VIH constituent un problème de santé publique au Ghana – près d’un quart (23%) de l’ensemble des cas de tuberculose étaient en effet séropositifs au VIH en 2010. L’intégration des services TB/VIH est donc apparue comme un élément essentiel de la réponse nationale à apporter au problème de la tuberculose et du VIH. L’objectif est de réduire la fragmentation, d’améliorer l’accès, d’accroître l’efficacité et d’améliorer la qualité des soins. La politique du Ghana en matière de TB/VIH comprend trois volets : la mise en œuvre effective de la stratégie Halte à la tuberculose de lutte antituberculeuse, l’amélioration de la prévention du VIH et des soins, et la mise en oeuvre de nouvelles activités TB/VIHs. Il existe différents modèles de prestation de services qui intègrent de plus en plus des activités relatives à la tuberculose et au VIH censées permettre un accès plus étendu à l’ensemble des services de soins.

Cet article a pour objet d’évaluer l’impact de l’intégration des services TB/VIH sur les résultats de traitement de la TB et d’explorer l’utilité de ces résultats en tant qu’indicateurs TB/VIH. 

Méthode

 Une étude « avant-après » a été menée afin d’observer l’introduction d’activités liées à la TB et au VIH à des programmes de lutte contre la tuberculose dans trois hôpitaux et à différents niveaux d’intégration. Des données de patients anonymes ont été recueillies auprès des registres TB de chaque établissement et analysés pour déterminer si les résultats de traitement de la tuberculose avaient sensiblement changés après l’intégration des activités. 

Résultats :

  • Le traitement de la tuberculose était couronné de succès dans 50 % des cas avant (IC à 95% 49 – 52) et dans  69% des cas après (IC à 95% 65 – 73) l’intégration des activités (Χ² = 43,96, p < 0,00). 
  • Le succès du traitement a augmenté, passant de 43% à 53% au one-stop shop (OSS), de 69% à 78% au site partiellement intégré (PIS) et de 46% à 78%, soit une augmentation considérable, au site de référence (RS) (Χ² = 64,54 ; p<0,01).
  • Les cas faisant défaut et cas transférés hors de l’établissement ont diminués de 14,3 % et 15,3 % avant l’intégration, et sont tombés respectivement à 1,4 % et 9,0 % après l’intégration, résultant ainsi en une augmentation significative de réussite du traitement.
  • Le taux de décès est resté élevé à 18% dans tous les cas étudiés et à 25% dans les cas associés aux VIH2 après intégration.

Conclusion :

L’intégration de services de TB/VIH peut améliorer l’issue du traitement de la TB bien que son incidence exacte soit difficile à déterminer en raison de la non-spécificité et des limites de conception. La mortalité due à la TB peut être plus utile en tant qu’indicateur de suivi des activités TB/VIH au Ghana.

 

6. Global Health Action – Couverture de la vaccination de routine dans les pays à faibles et moyens revenus : raisons pour accélérer l’appui aux services de vaccination infantile

Titre original : Routine vaccination coverage in low- and middle-income countries: further arguments for accelerating support to child vaccination services

Wenjing Tao et al.;

http://www.globalhealthaction.net/index.php/gha/article/view/20343

Par Laure Fotso

Introduit dans tous les pays par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS)  durant les années 1970, le Programme Elargie de Vaccination (PEV) est  actuellement une intervention de santé publique certes efficace, mais pas toujours accessible à tous. L’étude menée par l’auteur évalue l’évolution de la couverture vaccinale (CV) de routine entre 1986 et 2009  à partir des données des Enquêtes démographiques de santé (EDS) réalisée dans 71 pays à faible et moyen revenu en comparaison avec l’ estimation de la couverture vaccinale faites par de l’OMS et du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). Les résultats obtenus ont été les suivantes :

– De 1986 à 2009, l’augmentation moyenne annuelle de la CV de la tuberculose, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite et la rougeole variait entre 1,53 et 1,96% selon l’EDS.

– Les CV des maladies étudiées étaient inférieures à 80% en 2009.

– Des différences non significatives dans la couverture ont été trouvées entre EDS et l’estimation OMS et UNICEF. Cependant, les résultats indiquent une différence inquiétante de 10 à 20% dans le taux de couverture vaccinale déclaré entre ces deux sources

– La différence de calendrier de vaccination pour les vaccinations de routine dans le PEV peut contribuer à la variation de la couverture par antigènes ;  en effet, entre 1986 et 2009, un total de 801 382 enfants de moins de 5 ans a été inclus dans les enquêtes démographiques et sanitaires. Parmi eux, 78% ont reçu le BCG et 59% ont reçu le DTC3 et la poliomyélite, alors que seulement 50% ont reçu une vaccination contre la rougeole. Au fur et à mesure que l’on avance dans le calendrier vaccinal, nous enregistrons des perdus de vue. La vaccination contre la rougeole étant donné que jusqu’à 9 mois d’âge ou plus. La couverture de la vaccination anti rougeoleuse est faible.

– Les données du DHS indiquent que moins de la moitié des enfants dans les pays à faibles et moyens revenus en 2009 ont été entièrement vaccinés selon le calendrier du PEV. En revanche, tous les enfants ont reçu au moins un des vaccinations, ce qui indique que les services de vaccination sont disponibles, mais incomplètement utilisés.

Notre étude indique que la CV de routine dans les pays à faibles et moyens revenus peut s’avérer insuffisante pour atteindre les objectifs de 90% fixés par l’OMS et l’UNICEF d’ici 2015. Nos résultats fournissent un appui solide pour poursuivre les efforts pour améliorer les niveaux actuels de vaccination et d’optimiser l’utilisation des ressources existantes. Les données de haute qualité au niveau national et mondial permettront de mesurer les progrès. L’amélioration du suivi des programmes est essentielle pour identifier les populations à risque de défaillances et les épidémies.

 

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