Le district de santé est le modèle d’organisations des systèmes de santé de la plupart des pays d’Afrique sub-saharienne. Ce modèle a été adopté à Harare. Belma Malanda (Coordinateur de la CoP Prestation des Services de santé) et Bruno Meessen (de l’IMT) vous proposent un éditorial sur ce sujet. Une Conférence sera organisée à Saly au Sénégal en octobre 2013 sur les 25 ans après Harare. Un appel pour les abstracts a été lancé et la date limite de soumission est le 15 mai 2013.

Le premier article de cette semaine porte sur la polio dont un nouveau plan stratégique 2013-2018 d’éradication a été adopté. Le  deuxième article évalue le plan Sésame au Sénégal et révèle les difficultés de mise en œuvre. Ensuite, la question de l’automédication aux antipaludiques est traitée dans le troisième article. Enfin, les deux derniers articles portent sur la santé maternelle.

Bonne Lecture

L’Equipe éditoriale

 

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Editorial : District sanitaire en Afrique: Bilan et perspectives 25 ans après la Déclaration de Harare

Par Dr Belma Malanda (CoP Prestation des Services de Santé) & Bruno Meessen (IMT, Anvers)

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Un regard renouvelé

Vingt-cinq ans après la Déclaration de Harare, il s’avère opportun de faire un bilan, mais plus fondamentalement une mise à jour sur l’approche « district sanitaire » en Afrique. Cette mise à jour devra identifier ce qui a changé au niveau du contexte, des besoins et des pratiques et dégager les implications de ces changements pour la stratégie du district sanitaire en Afrique.

En ce qui concerne le contexte, il est indéniable que les sociétés africaines ont fortement changé : démocratisation et développement de la société civile, urbanisation, forte croissance économique, adoption accélérée des nouvelles technologies de l’information et de la communication… Parmi ces changements contextuels, certains sont des opportunités, d’autres sont des contraintes.

En 25 ans, les besoins sanitaires et sociaux ont aussi changé. Certains problèmes, comme les maladies de l’enfance ou les diarrhées, ne sont toujours pas réglés. De nouveaux problèmes se sont ajoutés ; le VIH/SIDA étant le plus notable. Le continent est également confronté de plus en plus aux maladies non transmissibles et aux autres défis sanitaires liés aux nouveaux modes de vie.

De nombreux changements ont eu lieu au cœur du système de santé, souvent en réponse à ces changements contextuels et défis sanitaires. D’une part, des solutions ont émergé (cf. les moustiquaires imprégnées ou l’accès plus facile aux antirétroviraux) ; d’autre part, les acteurs se sont diversifiés, créant de nouveaux défis en matière de coordination des différents acteurs.

Tous ces changements appellent à une vision renouvelée de la stratégie du district sanitaire. Dans une Afrique pluraliste, riche de ses nombreux acteurs, la lecture très administrative de la stratégie du district sanitaire (communément appelée la « pyramide sanitaire ») est devenue contraignante.

La réussite des SSP passera par une vision systémique beaucoup plus « englobante » et ouverte. Il s’agit de bien mieux prendre en compte les possibles apports de tous les acteurs impliqués localement dans la santé : les différents secteurs sociaux, la société civile, les associations des patients, les prestataires privés, les communautés mais plus fondamentalement les ménages et les patients eux-mêmes.

 

Une conférence régionale au Sénégal

C’est pour faire ce bilan et, surtout, se projeter dans l’avenir avec les acteurs de terrain des pays africains et leurs partenaires, que la Communauté de Pratique sur la Prestation des Services de Santé (CoP PSS) organise une Conférence régionale sur les 25 ans de la Déclaration de Harare du 21 au 23 Octobre 2013 à Saly, au Sénégal.

Pour composer le programme de la conférence, le comité organisateur de cette conférence a lancé un appel à communications (disponible ici). La date limite de soumission des abstracts est le 15 mai 2013. Une note conceptuelle présente aussi extensivement l’événement ainsi que le programme de gestion des savoirs dans lequel il s’inscrit.

Il est aussi fortement recommandé à tous les experts et autres personnes intéressés par la thématique de rejoindre la Communauté de Pratique PSS (cliquer ici). La conférence de Saly n’est en effet qu’un moment dans un processus plus continu d’échange d’informations et de réflexion. C’est la participation de tous qui permettra de rendre nos systèmes de santé plus forts. 


Polio

1. KFF – L’Initiative Mondiale d’Eradication de la Polio a annoncé la fin de la polio d’ici 2018

Titre original : GPEI Announces ‘Endgame’ Plan To Eradicate Polio By 2018

http://globalhealth.kff.org/Daily-Reports/2013/April/03/GH-040313-Polio-Eradication-Plan.aspx

Par Laure Fotso Mafogue

 Le 11 Avril 2013, le Professeur Gregory Hussey (Directeur de VACFA) et le Dr Charles Shey Wiysonge (Programme Manager VACFA) ont rejoint plus de 400 scientifiques et experts techniques du monde pour le lancement de la Déclaration scientifique d’éradication de la poliomyélite avec l’approbation d’un nouveau  plan stratégique. Ce nouveau plan global vise à mettre fin à la plupart des cas de polio d’ici la fin de l’année prochaine, et essentiellement l’éradication de cette maladie paralysante en 2018. Depuis lors, des réactions des journaux fusent de par le monde, Notamment :

L’Associated Press (Neergaard). Qui écrit : »Le nouveau plan, approuvé par l’OMS, est conçu pour capitaliser l’élan contre cette maladie invalidante et déclarer officiellement toutes les parties du monde sans polio d’ici 2018»,

L’Agence France-Presse/GlobalPost argumente : « Le nouveau plan stratégique d’éradication de la poliomyélite vise à porter le nombre de nouveaux cas de poliovirus sauvage à zéro d’ici 2015 et d’éradiquer le virus entièrement d’ici 2018, »

NPR « All Things Considered /(Beaubien) ajoute : « Le plan appelle à une orchestration de la transition mondiale du vaccin oral, qui contient des virus vivants de la polio (et peut donc causer des paralysies dérivé du vaccin), en un vaccin injectable à partir de virus morts »

L’IMEP, » (4/2) pense que l’espoir est permis, car « En dépit des récentes attaques meurtrières contre des postes de vaccination au Nigéria et au Pakistan, ces deux pays et l’Afghanistan ont fait du progrès en vaccinant plus de personnes et en réduisant ainsi les cas de polio en 2012. » En plus, selon l’AP note : «L’année dernière, les autorités comptent 223 cas de polio dans le monde, contre 650 l’année précédente » et le NPR de renchérir : «L’OMS, l’UNICEF et la Fondation Bill & Melinda Gates, entre autres, ont réuni des ressources pour attaquer la polio dans ces trois pays ».

Pour poursuivre sur la lancée de la Décennie des Vaccins, un projet et un engagement visant à apporter à tous les enfants les vaccins dont ils ont besoin est en train de voir le jour ces 24 et 25 avril à Abou Dabi. Son Altesse Le Général Cheikh Mohammed bin Zayed bin Sultan al Nahyan, Prince héritier d’Abou Dabi, Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations-Unies et Bill Gates, coprésident de la Fondation Bill & Melinda Gates organisent conjointement ce Sommet.

L’un des exemples de l’efficacité des vaccins sur lequel il faudra s’appuyer est que nous sommes tout près de déclarer le monde exempt de polio. Ceci nous encourage  plus que jamais à unir nos forces pour changer l’histoire et mettre un terme aux maladies évitables par la vaccination, en finançant entièrement le plan stratégique de l’Initiative Mondiale pour l’Eradication de la Polio. Éradiquer la polio nous permettra aussi d’apporter aux mères et aux enfants des vaccins salvateurs et des services de santé supplémentaires.

 

Politiques et financement de la santé

2. Revue de Santé Publique- Analyse du fonctionnement du plan de prise en charge gratuite des soins chez les personnes âgées « Plan Sésame » au Sénégal

Auteurs : Mamadou Makhtar Mbacké Leye et al.

http://www.cairn.info/revue-sante-publique-2013-1-page-101.htm

Par Bangaly Doumbouya

Au Sénégal, l’accès aux soins pose toujours problème surtout auprès des groupes vulnérables comme les personnes âgées. Face à cette situation, l’État a mis en place en 2006 un plan national de gratuité dénommé « Plan Sésame ». L’objectif de cette étude était d’analyser le fonctionnement du Plan Sésame au niveau des hôpitaux nationaux du Sénégal après quatre ans de mise en œuvre (2006-2009).
La méthode de recueil de données fut basée sur une approche qualitative. Ainsi des entretiens individuels ont été menés du 15 mars au 14 mai 2010 auprès de cinq populations cibles : les directeurs des hôpitaux, les prestataires de soins, les responsables du Plan Sésame au niveau des bureaux des entrées des hôpitaux, les contrôleurs de gestion et les bénéficiaires. L’analyse du contenu a été utilisée.
On a noté que de 2006 à 2008, le niveau de fréquentation des hôpitaux nationaux croissait d’année en année. Mais à partir de l’année 2009, ce niveau a baissé sauf au niveau de l’hôpital Principal. Face aux remboursements insuffisants des dépenses des prestations du Plan Sésame, l’État contractait une dette qui s’accumulait au fil du temps. Cette situation obligeait les hôpitaux nationaux à restreindre certaines prestations du Plan Sésame voire arrêter la prise en charge gratuite des personnes âgées. Par conséquent, ces problèmes vont compromettre la pérennité du Plan Sésame.
Au total, Il sera important pour les  autorités sanitaires d’auditer le Plan Sésame, de respecter les procédures par un suivi régulier et de recadrer les conditions d’accès.

 

3. Cahiers d’Etudes et de Recherches Francophones / Santé  –  Usage des antipaludiques en automédication pour le traitement de la fièvre chez les enfants au Gabon

Denise Patricia Mawili-Mboumba, Marielle Karine Bouyou-Akotet, Maryvonne Kombila

http://www.jle.com/fr/revues/sante_pub/san/e-docs/00/04/74/55/article.phtml

Par Bangaly Doumbouya

La lutte contre le paludisme a été entravée par le développement de la résistance du Plasmodium falciparum aux antipaludiques. L’un des axes des nouvelles stratégies de lutte recommandées par l’OMS est l’utilisation rationnelle et appropriée des combinaisons thérapeutiques à base de dérivés d’artémisinine (CTA) pour le traitement du paludisme simple, afin de retarder l’apparition de nouvelles souches de parasites résistants. L’automédication qui favorise le développement de la résistance aux antipaludiques doit être contrôlée au sein des populations vivant en zone d’endémie. L’objectif de la présente étude était d’estimer la fréquence d’utilisation des antipaludiques en automédication dans une population d’enfants fébriles et d’en connaître la nature. Les données ont été recueillies au cours de deux études évaluant la prévalence du paludisme et les performances diagnostiques des TDRs chez des enfants fébriles vus en zone rurale au centre hospitalier d’Oyem (CHRO), et en zone urbaine au centre hospitalier de Libreville (CHL) et enfin en zone semi-urbaine au centre communautaire d’Owendo (CSCO) entre 2008-2009. La notion d’automédication a été retrouvée chez 21,4 % des 2543 enfants inclus au cours des études. Elle était plus fréquente au CHRO (29 %) où la prévalence des cas de paludisme était la plus importante (39 %). Parmi ces 548 enfants, 421 (soit près de 80 %) n’étaient pas infectés. Les molécules les plus utilisées étaient les CTA (43,8 %) et la quinine (12 %). Au Gabon, comme dans de nombreux pays au Sud du Sahara, l’automédication avec des antipaludiques est fréquente et constitue un frein à la lutte contre le paludisme. Leur utilisation rationnelle par les populations passe par une forte sensibilisation de ces dernières sur les risques de l’automédication.

 

4. Lancet (Comment) – mortalité et la morbidité maternelles: L’approche droits de l’homme est impérative

Titre original: Maternal mortality and morbidity: a human rights imperative

Navanethem Pillay;

http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(13)60135-X/fulltext?_eventId=login

Par Bouchra Assarag

La mortalité et la morbidité maternelles demeurent un sérieux  problème concernant les droits  humains –on estime que 287000 femmes ont perdu la vie à causes des complications  maternelles en 2010. Dans la majorité des cas, ceci est en rapport avec la discrimination que vivent les femmes, et qui se manifeste, par exemple, de la violence contre les femmes, le sous-financement des services dont les femmes ont besoin…., et aussi l’absence de mécanismes de reddition des comptes lors des décès maternels.

L’approche fondée sur les droits de l’homme  de la mortalité et la morbidité maternelles a été préconisée par les experts des droits de l’homme depuis de nombreuses années et a également gagné du terrain parmi les experts de la santé et  les autres professionnels. Un important pas de cette évolution est le rapport de 2012 d’experts indépendants mandatés de surveiller les progrès de la Stratégie mondiale du Secrétariat  général pour la santé de la femme et de l’enfant. Ce rapport a inclus une recommandation spécifiquement liée aux droits de l’homme. Faire des droits humains une réalité sur le terrain est un travail multidisciplinaire. La protection intégrale des droits des femmes sera respectée seulement lorsque nous renforçons les liens entre les secteurs. Le rapport de 2012 du Haut-commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a élaboré  des conseils techniques (guide) sur l’application de l’approche basée sur les droits de l’homme et la mise en œuvre des politiques et programmes visant à réduire la mortalité et la morbidité maternelles évitables.

Cette orientation a été accueillie par le Conseil des droits de l’homme dans une résolution adoptée par consensus. Ce guide traduit les normes des droits dans l’action politique concrète et vise à rendre l’application des droits humains plus accessible et plus pratique pour les décideurs politiques.
Le guide commence par les principes généraux suivants: reconnaissance de la santé au sens large et non seulement des pathologies isolées, la nécessité de prêter attention aux déterminants sociaux de la santé des femmes, et avoir plus d’attention aux facteurs qui rendent les femmes soumises à de multiples formes de discrimination et  par conséquent l’augmentation de la mortalité et la morbidité maternelle. Les femmes ne sont pas des bénéficiaires passives mais les titulaires de droits, qui sont habilités à prendre part d’une manière significative dans les questions qui se rapportent à leur vie sexuelle et à la santé reproductive. En termes de budget, les droits de l’homme exigent que les États consacrent le maximum de ressources disponibles vers la réalisation des droits économiques et sociaux, et évaluent si le maximum des ressources disponibles a été alloué à la santé sexuelle et reproductive, à travers un processus transparent et participatif.

En ce qui concerne la mise en œuvre, ce guide examine des exemples concrets de dysfonctionnement, en utilisant un exercice de poser des questions critiques afin de faire un diagnostic concernant les préoccupations relatives aux droits de l’homme et les lacunes dans la reddition de comptes. La participation significative est particulièrement critique dans cet exercice. La présentation des causes profondes des problèmes, y compris les défaillances du système, aidera les décideurs à concevoir des réponses qui respectent les obligations en matière de droits de l’homme. La surveillance et la collecte de données sont des dimensions critiques de responsabilité et doivent  inclure l’analyse des indicateurs quantitatif et qualitatif. Les orientations du guide soulignent également l’importance cruciale de recours aux droits de l’homme, sans lequel les mécanismes de reddition de comptes serait insuffisante. Différentes formes de remèdes peuvent comprendre la restitution, l’indemnisation, la satisfaction, ou  des garanties de non-répétition. Ces recours sont effectifs et signifient que les États doivent relever la sensibilisation sur les droits liés à la sexualité et la santé reproductive des femmes, non seulement chez les femmes mais aussi parmi les professionnels de la santé, les avocats et les juges.

L’orientation technique du guide se termine par des conseils sur l’exigence en matière de droits de l’homme du conseil fondée sur les droits, une politique cohérente, prévisible et harmonieuse, et une aide économique transparente. Ce guide technique fondé sur l’approche des droits de l’homme, les politiques et les programmes visant à réduire la mortalité et la morbidité maternelles a adopté une approche holistique. Elle a des implications non seulement pour le ministère de la santé, mais aussi pour les ministères de finance, l’éducation et les infrastructures, ainsi que les parlementaires, les institutions nationales des droits de l’homme, les professionnels de santé et la société civile. Ce n’est que par des efforts concertés pour travailler en partenariat que nous réaliserons notre objectif commun d’éliminer la mortalité et la morbidité maternelles évitables, en ligne avec le respect des  droits humains. Ce guide technique présente l’occasion pour passer des beaux discours à la réalité des politiques et programmes mis en œuvre sur le terrain qui travaillent explicitement vers la réalisation des droits des femmes. Chacun a un rôle à jouer pour que cela se produise.

 

Recherche

5. Plos One – Les barriers du système de santé pour l’accès et à l’utlisation du sulfate de magnésium chez les femmes avec une sévère pré-éclampsie et éclampsie au Pakistan : évidence pour la politique et la pratique

Titre original: Health System Barriers to Access and Use of Magnesium Sulfate for Women with Severe Pre-Eclampsia and Eclampsia in Pakistan: Evidence for Policy and Practice

Maryam Bigdeli et al.;

http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0059158

Par Bouchra Assarag

 Les obstacles du système de santé pour accéder et utiliser de sulfate de magnésium pour les femmes avec pré-éclampsie sévère et l’éclampsie au Pakistan: Evidence pour la politique et la pratique

La pré-éclampsie est une maladie associée à l’hypertension artérielle et de la protéinurie pendant la grossesse. Pré-éclampsie sévère et l’éclampsie sont des complications rares mais graves de la grossesse qui menacent la vie des mères pendant l’accouchement. On estime que 40000 femmes meurent de ces complications chaque année, principalement dans les pays à faible et à revenu intermédiaire (PFR-PRI). Une récente revue systématique des essais ont démontré que le sulfate de magnésium réduit considérablement le risque d’éclampsie par plus de la moitié avec seulement des effets secondaires rapportés mineures. Le Sulfate de magnésium fait partie des produits essentiels nécessaires pour livrer le paquet d’interventions pour atteindre l’Objectif du Millénaire pour le développement 5 (OMD 5). Des données probantes appuient l’utilisation de sulfate de magnésium comme la première option de traitement de première ligne pour la pré-éclampsie sévère et l’éclampsie. L’éclampsie est la troisième cause majeure de mortalité maternelle au Pakistan. Comme dans de nombreux autres pays à faible et à revenu intermédiaire, on soupçonne que le sulfate de magnésium est gravement sous-utilisé dans le pays. Il y a cependant un manque d’information sur les obstacles du système de santé spécifiques au contexte qui empêchent une utilisation optimale de ce médicament qui sauve des vies au Pakistan. Les objectifs de cette étude sont donc d’identifier les obstacles du système de santé, tant au niveau des politiques et leurs mise en œuvre, à l’accès et l’utilisation de ce médicament au Pakistan, et de fournir des recommandations pour éliminer ces obstacles à travers un plan d’action fondé sur des preuves. A travers la combinaison de méthodes quantitatives et qualitatives, à savoir la revue des documents, entretiens avec des acteurs clés, la discussion de groupe et l’observation directe au centre de santé, les auteurs ont  pu explorer les obstacles spécifiques au contexte du système de santé et les causes qui affectent l’accès et l’utilisation du sulfate de magnésium pour pré-éclampsie sévère et l’éclampsie dans Pakistan. L’étude a montré que si les recommandations internationales sur le sulfate de magnésium ont été correctement traduites dans les politiques nationales au Pakistan, l’écart reste dans la mise en œuvre des politiques nationales en pratique. Les obstacles à l’accès et à l’utilisation efficace se manifestent au niveau de l’établissement de santé où le médicament n’était pas disponible et le personnel de santé était réticent à l’utiliser. Le prix bas des médicaments et le petit marché lié à ses indications étroites agissent comme dissuasifs pour un marketing efficace. Cette étude met en évidence la complexité d’assurer un accès adéquat et pas cher afin de sauver des vies par des médicaments essentiels dans les pays. Une fois encore ; une autre illustration qu’une vue verticale des exigences réglementaires et de l’approvisionnement n’est pas suffisante pour faire face aux multiples obstacles à l’accès et à l’utilisation. Il démontre la nécessité d’intégrer l’accès aux médicaments dans une perspective du système de santé et d’identifier les facteurs favorables et défavorables à différents niveaux du système de santé, notamment au niveau de la prestation de services opérationnels. Les résultats de cette étude ont été discutés lors d’une réunion de table ronde multipartite et un plan d’action pour accroître l’accès à ce médicament essentiel a été identifié.

 

 

 

 

 

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