Chers Lecteurs,

Le 24 mars se célèbre la Journée Mondiale de lutte contre la tuberculose. Nous vous proposons un éditorial de Basile Keugoung sur cette Journée et la lutte contre la tuberculose

Ensuite, vous trouverez des articles sur le VIH/SIDA, les médicaments essentiels, la lutte contre le paludisme et enfin la santé à travers le système électronique.

Bonne lecture

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Editorial – Tuberculose, des progrès réalisés mais encore un long chemin à parcourir

Par Basile Keugoung

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VIH/SIDA

1. Morbidity and Mortality Weekly report – Impact of an Innovative Approach to Prevent Mother-to-Child Transmission of HIV — Malawi, July 2011–September 2012

Frank Chimbwandira et al.;

http://www.cdc.gov/mmwr/

 Par Gaston Wamba

Les médicaments antirétroviraux peuvent réduire les taux de transmission mère-enfant du VIH à moins de 5%. Cependant, en 2011, seulement 57% des femmes enceintes infectées par le VIH dans les pays à faible et moyen revenu ont reçu un traitement pour la prévention de la transmission mère-enfant (PTME), et environ 300000 nourrissons ont contracté l’infection à VIH de leurs mères en Afrique sub-saharienne, parmi lesquels 15700 (5,2%) de ces enfants sont nés au Malawi. Un obstacle important à la PTME au Malawi est la capacité limitée des laboratoires de faire le taux de cellules CD4, ce qui est recommandé par l’OMS pour déterminer quels médicaments antirétroviraux devraient être utilisés. Au troisième trimestre de 2011, le ministère de la Santé du Malawi (MOH) a mis en œuvre une approche innovante («Option B +»), pour laquelle toutes les femmes enceintes séropositives et celles qui allaitent ont droit à un traitement antirétroviral à vie (ART) quel que soit le nombre de CD4 . Depuis ce temps, plusieurs pays (dont le Rwanda, l’Ouganda et Haïti) ont adopté l’option B +, et l’OMS a été invité à publier une mise à jour technique en Avril 2012 en décrivant les avantages et les défis de cette approche ainsi que la nécessité d’évaluer ces expériences d’option B +. Grâce aux données recueillies par la surveillance systématique des programmes, ce rapport est le premier à évaluer  l’expérience de la mise en œuvre de l’Option B+ au Malawi. Elle était conduite sous la direction du Ministère de la Santé et soutenue par le Bureau du Coordonnateur mondial du sida (OGAC) à travers le Plan d’urgence du Président pour le sida (PEPFAR). Au Malawi, le nombre de femmes enceintes et allaitantes sous ARV par trimestre a augmenté de 748%, passant de 1257 au deuxième trimestre de 2011 (avant la mise en œuvre de l’option B +) à 10.663 au troisième trimestre de 2012 (1 an après  l’option B +). Parmi les 2949 femmes qui ont commencé les ARV en vertu de l’option B + au troisième trimestre de 2011 et n’ont pas été transféré pour d’autres soins, 2267 (77%) continuent de recevoir les ARV 12 mois après. Ce taux de rétention est similaire à celui de l’ensemble des adultes dans le programme national. L’Option B+ est une innovation importante qui pourrait accélérer les progrès au Malawi et d’autres pays vers l’objectif de l’élimination de la transmission mère à l’enfant du VIH à travers le monde.

Les médicaments antirétroviraux peuvent être fournis pour améliorer la santé d’un patient, prévenir la transmission verticale du VIH de la mère à l’enfant, et / ou prévenir la transmission horizontale à un partenaire sexuel non infecté. Dans la plupart des pays à ressources limitées, l’admissibilité aux ARV repose sur le nombre de CD4 ou le stade clinique. L’OMS recommande les ARV pour les femmes enceintes ayant des CD4 ≤ 350 cellules/mm3 ou moins, ou qui sont à un stade clinique OMS 3 ou 4 pour la PTME.

 

2. UNAIDS – Proposition de l’ONUSIDA et du PNUD pour renforcer l’accès aux médicaments essentiels dans les pays moins développés

Titre original : UNAIDS and UNDP back proposal to allow least-developed countries to maintain and scale up access to essential medicines

http://www.unaids.org/en/resources/

Par Basile Keugoung

Le défaut de prolonger la période de transition pour les pays les moins avancés (PMA) à se conformer pleinement à l’Accord sur les ADPIC pourrait mettre des millions de vies en danger

Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH / sida (ONUSIDA) et l’Organisation des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont publié une note conceptuelle Extensions de l’accord sur les ADPIC période de transition pour les pays les moins avancés . L’exposé de la question précise que l’échec de prolonger la période de transition pour les pays les moins avancés à se conformer pleinement à l’Accord sur les Aspects des Droits de Propriété Intellectuelle qui touchent au Commerce (ADPIC) pourrait sérieusement entraver l’accès aux traitements antirétroviraux salvateurs et d’autres médicaments essentiels pour les personnes qui sont plus dans le besoin.

Des personnes les plus vulnérables dans le monde et qui portent des fardeaux considérables pour la santé vivent dans les pays à faible revenu. En 2011, environ 9,7 million des 34 million de personnes vivant avec le VIH dans le monde, vivaient dans  vécu dans les pays à faible revenu. Parmi les personnes vivant avec le VIH dans les PMA, 4,6 million étaient éligibles au traitement antirétroviral conformément aux lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé de 2010, mais seulement 2,5 million en ont bénéficié.

Dans les 49 pays qui sont considérés comme Pays Moins Avancé (PMA) par les Nations-Unies, le fardeau des maladies non transmissibles est également en hausse beaucoup plus rapide que dans les pays à revenu élevé. Les données de pays à faible revenu, par exemple suggère que l’incidence du cancer devrait augmenter de 82% entre 2008 et 2030, alors que dans les pays à revenu élevé, l’incidence devrait augmenter au taux beaucoup plus faible de 40%, en partie en raison d’un accès généralisé aux vaccins et aux médicaments.

«L’accès au traitement du VIH abordable et d’autres médicaments essentiels est indispensable pour que les PMA atteignent les Objectifs du Millénaire pour le Développement liés à la santé», a déclaré Helen Clark, Administrateur du PNUD.

L’ONUSIDA et le PNUD exhortent les Membres de l’OMC d’accorder une attention urgente aux besoins continus et impératifs spéciaux des PMA en ce qui concerne leur développement social et économique. Ainsi, une extension permettrait aux PMA du monde d’assurer un accès durable aux médicaments, constituer des bases technologiques viables et fabriquer ou d’importer les médicaments dont ils ont besoin», a déclaré Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA.

L’Accord sur les ADPIC a été introduit en 1995 comme un moyen de protéger les droits de propriété intellectuelle à l’échelle mondiale. La protection par brevet, cependant, s’est également avéré être l’un des facteurs qui contribuent aux coûts élevés des médicaments, plaçant de nombreux traitements essentiels hors de portée des PMA. En reconnaissance de cela, les membres de l’OMC ont conservé d’importantes options et des flexibilités de l’Accord sur les ADPIC. L’une des flexibilités était que les PMA bénéficient d’une période de transition initiale de dix ans pour se mettre en conformité. Deux extensions de cette période ont été accordées.

L’exemption générale arrive à échéance le 31 Juillet 2013. Une proposition actuellement examinée par le Conseil des ADPIC, a présenté au nom des PMA, les demandes qu’une prorogation de l’exemption générale de conformité à cet accord complète aussi longtemps que le pays reste un PMA.

 

Médicaments

3. Lancet (Editorial) – Renforcement de l’action mondiale contre les médicaments de mauvaise qualité

Titre original: Strengthening global action against poor quality drugs
http://www.lancet.com/journals/lancet/

Par Morris Kouame

L’un des défis majeurs soulevés par les participants lors de la réunion de haut niveau organisée par l’OMS et la Banque mondiale avec les hauts responsables des ministères de la santé et des finances sur la couverture sanitaire universelle, a été  la disponibilité des médicaments de qualité afin de permettre aux malades de se traiter ou prévenir certaines maladies. Cependant, la question des médicaments falsifiés et de mauvaise qualité prend de plus en plus de l’ampleur et ses impacts négatifs deviennent plus visibles à la fois dans les pays en voie de développement que ceux développés comme le témoignent les décès enregistrés. En 2011, au moins 124 pays ont été affectés par le commerce illégal et la fabrication de médicaments. Cependant, les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire portent  une charge disproportionnée. En 2012 au Pakistan, plus de 120 personnes sont mortes et des centaines d’autres ont souffert d’effets indésirables après la prise d’un médicament pour le cœur contaminé. En Février 2013, aux  Etats-Unis, un médicament contaminé stéroïde injectable, a causé une épidémie de méningite fongique entrainant un état de morbidité de 704 personnes et 46 décès. Pour mieux cerner cette menace et dans la perspective d’atténuer  l’impact de ce problème de santé publique, l’Institute of Medicine (IOM) a conduit une recherche sur ce sujet.

Le rapport de l’ OIM reconnaît que l’absence d’une définition précise et reconnue internationalement pour encadrer les problèmes de médicaments de mauvaise qualité est le principal obstacle à l’avancement d’un discours global. Un autre impact est le manque de recherches rigoureuses et des données fiables pour estimer avec précision la charge mondiale de faux médicaments et de qualité inférieure dont la responsabilité est imputée aux  gouvernements et aux compagnies pharmaceutiques à travers  la rétention d’informations par crainte d’éroder la confiance du public.

Pour lutter contre ce phénomène, le rapport suggère donc aux  gouvernements d’établir et de renforcer leurs systèmes de surveillance pour détecter les faux médicaments et de qualité inférieure, et d’intégrer ces systèmes avec les systèmes établis de santé publique. L’efficacité des interventions  passe nécessairement par une stratégie globale de lutte qui unifie les efforts de tous les intervenants, y compris les gouvernements, les compagnies pharmaceutiques, les professionnels de santé, les clients, les sociétés civiles et les systèmes judiciaires transnationaux de lutte contre les médicaments de mauvaise qualité. Enfin, l’OIM exhorte l’OMS à poursuivre son  rôle autoritaire central dans la lutte contre les faux médicaments et de qualité inférieure dans le contexte de la santé publique et de la protection des patients.

4.    Science- La stabilité de l’élimination du Paludisme

Titre original: The stability of Malaria Elimination

C. Chiyaka, A.J. Tatem, J.M. Cohen, P.W.Gething, G. Johnston, R.Gosling, R. Laxminarayan, S.I. Hay, D.L. Smith

http://www.sciencemag.org/content/339/6122/909.summary

Par Gaston Wamba

Quand le Programme Global de l’Eradication du Paludisme connu en anglais comme « Global Malaria Eradication Programme » (GMEP), était lancé en 1955, tous les pays endémiques en dehors de l’Afrique se sont mis dans le processus de l’élimination du paludisme. Avec la réduction du financement en 1969, ces pays étaient à différentes phases de ce processus. Aujourd’hui, avec une augmentation du financement et un appel renouvelé à l’éradication, il serait judicieux de revisiter les leçons apprises du « GMEP »

Entre 1945 et 2010, 79 pays ont éliminé le paludisme et 75 (95%) parmi eux sont sans paludisme, ce qui réduit son aire géographique. Récemment, l’on a noté la résurgence du paludisme dans certains de ces pays.

Pour les auteurs de cet article, la théorie standard de l’élimination est basée sur un seuil R0 qui serait le nombre d’infections secondaires que l’on a à partir d’une personne infectée en l’absence de stratégies de contrôle ou d’une immunisation acquise. Ce seuil est nécessaire pour maintenir la transmission et l’endémicité du paludisme. En présence des interventions telles que le contrôle du vecteur et du traitement des infections, l’élimination se fera si le nombre d’infection secondaire est inférieur à 1, ce qui veut dire que la transmission locale pourrait s’estomper.

Avec l’élimination, l’importation de l’infection est une menace permanente. Les stratégies de contrôle du paludisme doivent continuer pour que le taux de transmission de personne à personne soit inférieur à 1. L’on aura alors à renforcer la surveillance qui va  identifier toute infection et la soigner pour éviter la résurgence de la transmission.

Il serait actuellement important de chercher à l’éliminer que de contrôler le paludisme indéfiniment, ceci nécessite donc un financement adéquat, une amélioration du système de santé et une collaboration coordonnée à l’échelle mondiale.

 

Offre de soins

5.    Plos (Editorial) – une évaluation de la réalité de l’offre de soins électronique : trois défis à relever

Titre original: A Reality Checkpoint for Mobile Health: Three Challenges to Overcome

http://www.plosmedicine.org/article/

 Par Alma Benzaïd

Selon l’OMS, l’offre électronique de soins permettrait de transformer les prestations de services de santé à travers le monde. De nombreuses régions du monde, y compris les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, travaillent activement sur des projets pilotes ou ont déjà mis en place des systèmes d’offre électronique de soins, par exemple pour l’observation du traitement et l’envoi de rappels de rendez-vous. Néanmoins, peu de données permettent de prouver si, quand et comment, les projets pilotes pourraient s’étendre dans tout le pays. De plus, les motivations des industriels sont susceptibles de différer de celles des patients ou des responsables de la protection de la santé publique.

Les nombreuses normes régissant l’e-santé, définie comme l’utilisation de procédés électroniques et de communication pour soutenir les soins de santé, semblent créer des obstacles d’accès, au niveau des coûts, de la complexité technique des systèmes et des normes, ainsi que des différences linguistiques. Ainsi, de nombreux pays souhaitant développer de nouvelles applications, sont confrontés à un ensemble de systèmes incompréhensibles et incohérents entre eux. Ces préoccupations sont aussi applicables à l’offre électronique de soins. À cet effet, trois principaux défis à surmonter ont été définis à l’égard des promoteurs des bienfaits du mobile-santé.

  1. L’interopérabilité des systèmes

Les logiciels et modes de communication doivent être aptes à échanger des données dans des formats communs, à utiliser des protocoles communs et, plus généralement, à travailler ensemble. Les patients peuvent avoir de multiples besoins cliniques, ce qui nécessite de pouvoir échanger facilement et avec précision de nombreuses informations, avec plusieurs systèmes, à travers plusieurs interlocuteurs fournisseurs et professionnels. Les protocoles de traitement des données doivent donc assurer un partage sécurisé des données relatives aux patients tout en préservant leur confidentialité. Bien qu’il n’existe pas encore des normes communes pour tous ces usages, l’offre électronique de soins semble être gouverné par des systèmes moins rigides que pour l’e-santé, facilitant l’établissement d’une nouvelle architecture commune.

  1. L’utilisation de standards ouverts

La norme doit être accessible au public, à travers la disponibilité des informations sur son utilisation et son application, l’absence de frais pour son utilisation et son élaboration par consensus. En matière d’e-santé, des organismes à but non lucratif ont développé la norme Health Level Seven (HL7) relative aux règles qui régissent l’échange d’information entre les systèmes de soins de santé, ainsi que la norme SNOMED CT permet de définir les concepts d’information de santé (les maladies, les résultats, les procédures). Ces normes fermées ne sont pas encore utilisables librement. Les développeurs de systèmes dans les pays à faible et moyen revenu n’ayant pas accès à la norme, ils ne peuvent développer leur capacité technique, ni prendre de bonnes décisions pour leur pays. À cet effet, l’OMS devrait déterminer des critères clés pour rendre une norme ouverte et en permettre le libre accès aux pays.

  1. Le mode d’évaluation

Les interventions en offre électronique de soins semblent trop complexes pour que l’évaluation de leur efficacité puisse exclusivement se concentrer sur des essais randomisés comme « gold standard ». En effet, l’efficacité des interventions implique la modification des comportements des professionnels de la santé et des patients qui les utilisent, ainsi que le changement des systèmes ou de processus impliqués dans la prestation des soins. Ainsi, les décideurs doivent pouvoir se fonder sur des études théoriques et qualitatives pour pouvoir évaluer si une application d’offre électronique de soins fonctionne, pour comprendre pourquoi et dans quelles conditions elle fonctionne (ou ne fonctionne pas). À cet effet, des méthodes « réalistes » ou « méta-narratives » sont en cours d’élaboration.

En attendant, la coopération et la coordination entre des parties prenantes très différentes sont nécessaires pour atteindre toutes les possibilités de l’offre électronique de soins.

 

 

 

 

 

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