Par Basile Keugoung

De nombreux progrès ont été réalisés cette dernière décennie dans la lutte contre la tuberculose.

Le 24 mars, la communauté internationale célèbre la Journée Mondiale de lutte contre la tuberculose. Des progrès notables ont été réalisés cette dernière décennie par la communauté internationale pour faire face à cette maladie infectieuse chronique. Mais, de nouveaux défis émergent comme la tuberculose multirésistante.

En effet, il y a une plus grande attention qui est accordée à la tuberculose. L’Initiative globale Partenariat Halte à la Tuberculose (Stop TB partnership) fait le plaidoyer et recherche des appuis pour la lutte antituberculeuse. Grace à ses programmes spécifiques tels que Facilité mondiale d’accès aux médicaments, les antituberculeux sont offerts à coût réduit ou sous forme de dons aux pays à faible et moyen revenu. A la fin de 2011, plus de 20 million de traitement antituberculeux avaient été allouées à 93 pays.

Le Fonds Mondial de lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme a évidemment inclus la tuberculose dans son cahier de charge. Depuis 2002, 27,5 million US$ ont été investis dans la lutte antituberculeuse à travers le Fonds Mondial sur la tuberculose.

L’approche DOTS a été adoptée et permet d’améliorer le pronostic des patients. Des programmes tuberculose ont été mis en place et ont permis d’améliorer la qualité des données sur la tuberculose. De nouveaux outils diagnostiques ont été également développés tels que Xpert-TB.

Au-delà de ces réalisations, 8,7 million de nouveaux cas de tuberculose et 1,4 million de décès étaient enregistrés en 2011. Ainsi, la mortalité par la tuberculose a été réduite de plus de 40% depuis 1990. Aujourd’hui, 95% de ces décès surviennent malheureusement dans les pays à faible revenu. Près de 40% de tuberculeux sont infectés par le VIH. En Afrique sub-saharienne, seuls 50% des personnes infectées par le VIH  et nécessiteux de la trithérapie en ont accès. Or la tuberculose est la première infection opportuniste en cas d’infection par le VIH. Par conséquent, l’incidence de la tuberculose continuera à augmenter du fait de la faible couverture antirétrovirale.

Il faudrait redoubler les efforts pour la lutte contre la tuberculose. Mais comment y arriver quand il manque chaque année 3 milliard US$ pour financer efficacement les programmes de lutte contre la tuberculose.

La mobilisation des ressources est essentielle. Elle doit commencer au niveau national par une augmentation des budgets alloués à la lutte antituberculeuse. Mais aussi par la recherche des stratégies plus efficientes à travers le développement de synergies avec d’autres programmes. La duplication des structures de prise en charge du VIH/SIDA et de la tuberculose ne se justifie plus dans un contexte de ressources limitées et du fait de la forte prévalence de la co-infection (autour de 35%).

Le thème de la Journée «Plus de tuberculose de mon vivant» est noble et nécessite des interventions d’envergure pour contrôler, éliminer et enfin éradiquer la tuberculose. Pour que cet objectif se réalise, il faudrait que la mise en œuvre des interventions efficaces et efficientes commence aujourd’hui.

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