Chers Lecteurs,

Cette semaine, nous vous présentons un éditorial de Bruno Meessen sur la place de la gratuité des soins dans la poursuite de l’objectif de couverture sanitaire universelle.

Ensuite, les deux premiers articles reviennent sur les résolutions de la réunion conjointe OMS et Banque Mondiale sur la couverture sanitaire universelle. Vous trouverez également deux articles en rapport avec la prise en charge du VIH chez la mère et l’enfant. Le dernier article revient sur l’utilisation des fonds GAVI au Niger.

Bonne lecture

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Editorial-La gratuité des soins, une étape vers la couverture universelle en Afrique? Peut-être, si on tire les leçons du passé récent 

Par Bruno Meessen, Chercheur, Institut de Médecine Tropicale, Anvers-Belgique
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Réunion MS-Banque mondiale sur la couverture santé universelle

1. WHO/WB – vers la couverture universelle: concepts, leçons et défis

Titre original : Background document: Towards Universal Health Coverage: concepts, lessons and public policy challenges

http://www.who.int/mediacentre/events/

Par Basile Keugoung

Ce texte a été utilisé comme document de travail lors de la réunion ministérielle OMS-Banque Mondiale tenue à Genève les 18 et 19 février 2013. Ce document présente les concepts, les leçons et les défis pour la couverture universelle en santé. La couverture universelle en santé est définie comme la ‘situation où toutes les populations peuvent avoir accès aux services de santé de qualité dont ils ont besoin et ne pas souffrir des conséquences financières liées aux payements’. Qu’il s’agisse des soins préventifs, promotionnels, curatifs, palliatifs ou de réhabilitation.

Atteindre cette couverture universelle est un processus continu.

Chaque pays a ses propres défis qui doivent être identifiés et servir de base pour réformer et adopter des stratégies plus efficaces. Ces réformes doivent offrir une approche cohérente qui prennent en compte toutes les composantes du système de santé d’une part, et être intégrées dans cadre financier global qui tient en compte la réalité politico-administrative du pays d’autre part. Le meilleur mécanisme de financement reste les prépaiements à travers les taxes et impôts ou par les primes d’assurance sociale.

Les services de santé haute qualité et efficients constituent la base de la couverture santé universelle. Ces services doivent géographiquement accessible pour garantir un accès équitable à tous. Un équilibre devrait être trouvé entre les services de santé de première ligne et les services plus spécialisés, et entre les soins individuels et la santé publique. Toutes les composantes du système de santé doivent être prises en compte –accès aux médicaments et à la technologie sanitaire, personnels de santé motivés, suffisants et bien répartis dans le pays, systèmes d’information sanitaire de qualité…

Enfin, il est essentiel de suivre et d’évaluer les progrès accomplis pour faire le point et garantir la redevabilité sur les fonds utilisés.

 

2.     WHO/WB Statement– Réunion ministérielle OMS/Banque Mondiale sur les meilleures pratiques pour la couverture santé universelle

Titre original : WHO/World Bank convene ministerial meeting to discuss best practices for moving forward on universal health coverage

http://www.who.int/mediacentre/news/statements/2013/uhc_20130219/en/index.html

Par Morris Kouame

Depuis l’adoption de la résolution par l’assemblée générale des Nations Unies en faveur de la couverture sanitaire universelle, des rencontres se multiplient à travers le monde pour rendre opérationnelle cette résolution. C’est ainsi qu’au mois de Février, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et la Banque Mondiale, ont convié des hauts responsables des ministères de la santé et des finances de 27 pays et d’autres acteurs de développement à une réunion à Genèvre pour réfléchir sur les voies et moyens de matérialiser cet engagement. Lors de cette rencontre, tous les délégués présents ont soutenu fermement l’idée de la couverture sanitaire universelle et ont exprimé leur attachement à l’idée que chaque individu, quelle que soit sa capacité à payer, doit avoir accès aux services de santé dont il a besoin, sans mettre en péril  sa famille à des risques financiers. De ce fait, pour arriver à ce résultat, l’engagement politique à la couverture maladie sanitaire universelle doit s’exprimer au plus haut niveau. Un autre point qui a été au cœur des échanges, est l’approche dont les pays doivent utiliser pour conduire le processus. La question de la mobilisation des ressources et de leur utilisation a été abordée  et plus spécifiquement celle relative à certaines taxes (taxes dur le tabac). Cependant, ils ont tous reconnu que  des défis majeurs sont à relever notamment la pénurie des ressources humaines et de leur répartition au niveau des zones sanitaires, la disponibilité de médicaments de bonne qualité, la nécessité d’améliorer le système d’information sanitaire et l’importance d’utiliser des incitations financières pour promouvoir l’efficacité et la qualité des services de santé. L’ensemble des participants ont également reconnu l’importance capitale de  suivre les progrès accomplis vers la couverture sanitaire universelle et de ce fait le rôle des chercheurs, de la société civile et des organismes internationaux doit être mieux pris en compte. Pour tenir ce pari, l’OMS et la Banque mondiale ont exprimé leur disponibilité à aider les pays à faire face aux nombreux défis que la réunion mis en évidence dans l’accélération des progrès vers une couverture sanitaire  universelle.

 

VIH/SIDA

 3. SidaSciences – Séropositivité maternelle au VIH et construction des liens mère-enfant

Trocmé N, et al.

Source : http://sidasciences.inist.fr/?Seropositivite-maternelle-au-VIH

Dr Bangaly Doumbouya

Une étude française menée à l’hôpital Trousseau (Paris) a recueilli le premier entretien entre une psychologue et 60 mères séropositives accompagnées de leurs bébés. Cette rencontre s’est faite pendant les 3 premiers mois de vie de l’enfant, c’est-à-dire pendant le temps angoissant où le diagnostic de séropositivité n’est pas encore établi. Il est ressorti de ces premiers résultats, les constats suivants :

– Une fragilité sociale et psychologique très importante des mères séropositives.

– Un partage du secret de la séropositivité avec le père encore difficile.

– Des difficultés psychologiques présentes chez la majorité des mères.

– Des modifications du comportement des mères avec leur bébé.

– Des conséquences négatives sur les toutes premières relations mère-enfant.

– La nécessité d’un accompagnement prolongé de la mère et de l’enfant en cas de séropositivité maternelle.

Au total, la fragilité psychologique de la mère pendant la période périnatale peut avoir des conséquences négatives sur la construction des liens familiaux et sur l’élaboration des premiers liens mère-enfant, que celui-ci soit infecté ou non. Un accompagnement prolongé de la mère et de l’enfant parait indispensable pour prévenir l’apparition de troubles relationnels et comportementaux chez l’enfant ou assurer leur prise en charge.

 

4. SidaSciences – Recommandations de l’OMS pour améliorer la santé de la femme en Afrique subsaharienne

Source :   http://sidasciences.inist.fr/?Recommandations-de-l-OMS-pour

Par Bangaly Doumbouya

Le rapport de la Commission de la Santé de la femme dans la Région africaine, instance multidisciplinaire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), fait le point sur l’infection à VIH/sida et met en évidence une augmentation de l’infection à VIH chez les femmes en Afrique subsaharienne au cours des deux dernières décennies, stimulée dans une large mesure par des facteurs socioéconomiques.

Des interactions entre l’éducation des filles et leur état de santé

Cette relation a été mise en évidence dans plusieurs études sur le VIH/sida, notamment dans les travaux de Vandemoortele et de Delamonica révélant que le VIH/sida en Zambie se propage plus rapidement chez les filles non instruites que chez celles qui le sont.

Le diagnostic de séropositivité au VIH chez la femme a des conséquences sociales graves

Ce diagnostic conduit souvent à une désintégration de la famille, à l’abandon par le mari et au déni des droits dans les questions d’héritage. Il peut même conduire à une exclusion sociale pure et simple.

L’infection à VIH/sida contribue également à la marginalisation de catégories de femmes déjà victimes de l’exclusion sociale, comme les travailleuses du sexe qui souffrent de la stigmatisation, de la discrimination et d’autres actions punitives qui ne font qu’exacerber leur vulnérabilité.

Le problème de l’allaitement maternel

Pour les mères vivant avec le VIH, il existe une source de confusion due à l’idée selon laquelle le risque de transmission rend l’allaitement maternel trop dangereux.

Des preuves récentes montrent pourtant que la mise à disposition d’antirétroviraux (ARV) à l’intention soit de la mère infectée par le VIH, soit du nourrisson exposé au VIH, peut réduire à moins de 2 % le risque de transmission postnatale du VIH par l’allaitement maternel.

De plus, même en l’absence d’interventions ARV, l’allaitement maternel exclusif comporte un risque plus faible de transmission que l’alimentation mixte.

Les femmes africaines représentent 89 % de la charge mondiale du nombre d’années de vie corrigées du facteur invalidité (AVCI) attribuée au VIH. Seule une réponse multisectorielle à cette crise sera efficace et le rapport propose en ce sens quelques pistes.

Politiques et financement de la santé

5. Humanosphere – Le Niger a arrêté des médecins soupçonnés de détournements de fonds liés à la vaccination

Titre original : Niger arrests doctors associated with Gates-backed vaccine initiative

Tom Paulson;

http://www.humanosphere.org/jp/

Par Basile Keugoung

L’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination, GAVI , est l’une des plus grandes Initiatives Globales pour la Vaccination. Le projet a permis de sauver des million de vies d’enfants. Il est important de noter que les allégations de détournement de fonds de quelque 1,5 million US$ par des professionnels de la santé au Niger ont d’abord été identifiées par GAVI et ont été suivies par l’application de la loi au Niger.

La raison pour laquelle c’est important à noter est d’éviter ce qui est arrivé au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme après avoir identifié des cas potentiels de fraude. Les médias ont rapporté ces cas de détournement et d’abus de fonds du Fonds mondial par certains pays comme s’il s’agissait d’une fraude de la part du Fonds mondial lui-même. Bien qu’il y ait eu des problèmes avec la direction du Fonds mondial, une grande partie de la couverture a mal qualifiée la fraude par les pays bénéficiaires comme s’il s’agissait de celle faite par le Fonds mondial lui-même. En conséquence, les bailleurs de fonds ont réduit leur financement, ce qui s’est traduit par moins de personnes obtenant les médicaments salvateurs. GAVI a enquêté sur d’autres allégations en Sierra Leone.

 

 

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