Le 8 mars 2013 se célèbre la Journée Internationale de la Femme. Le thème choisi par les Nations-Unies pour cette Journée est « Une promesse est une promesse : il est temps de passer à l’action pour mettre fin à la violence à l’égard des  femmes ».

En effet, les femmes sont encore sujettes à de nombreuses violences dans le monde. Ces violences limitent l’émancipation de la femme en tant qu’être humain à part entière de la société Elles créent des frustrations, des inégalités, de l’injustice et de la discrimination dans l’accès aux droits et avantages inhérents à la société.

Les violences les plus populaires sont physiques. Dans de nombreux foyers, les femmes sont battues par leurs époux. Cela représente un fardeau pour des milliers de femmes qui ne peuvent se plaindre parce que culturellement, elles sont la propriété de leur époux. Ou encore, la société considère la violence comme une méthode ‘normale’ d’éducation de la femme.

A côté des violences physiques, les autres types de violence sont plus lancinants et ont des effets plus profonds et dévastateurs. Ce sont des violences légales, politiques, culturelles, voire  psychologiques. Sur le plan légal, dans de nombreux pays, les lois sont discriminatoires, comme l’interdiction de conduire, l’interdiction de se munir d’un téléphone, d’avoir librement accès aux soins comme l’avortement, ou de se déplacer. Sur le plan politique et en dépit du nombre plus élevé de femmes dans tous les pays, les hommes sont presque partout au premier plan. Ils sont maires, députés, sénateurs, ministres, premier ministre et présidents au grand dam des femmes. Quelques postes sont laissés aux femmes téméraires et battantes, mais leur nombre est tellement faible qu’elles ne peuvent pas influencer de façon significative la politique de leur pays soit en faveur des femmes ou pour plus d’équité.

Culturellement, de nombreuses pratiques sont néfastes pour les femmes. L’excision et les mutilations génitales en général sont encore considérées dans certaines cultures comme des moyens pour garantir une stabilité de la femme au foyer. Egalement, les pratiques de veuvage telles que les interdictions de se laver, de manger, de se déplacer, etc représentent un second fardeau qui s’ajoutent à la perte du conjoint. Aussi, la valorisation du garçon limite l’investissement sur la jeune fille. En cas de difficultés, c’est la jeune fille qui est enlevée de l’école ou envoyée précocement en mariage.

Par conséquent, ces autres violences créent des conditions qui rendent la femme plus vulnérable aux violences physiques plus visibles. Elles créent la dépendance des femmes.

Le combat contre les violences à l’égard des femmes est une bataille difficile et de longue haleine qui doit s’attaquer aux causes profondes. Si les hommes qui aujourd’hui contrôlent les appareils exécutifs, législatifs et judiciaires sont indispensables pour imprimer le changement, le rôle des femmes est fondamental. Seules les femmes peuvent mieux décrire et faire prendre conscience de l’injustice et des violences dont elles sont victimes.

Comme la couverture santé universelle adoptée en décembre 2012, l’ONU devrait adopter une déclaration qui vise à éliminer les violences faites aux femmes. Cette déclaration préparerait les pays à adopter les bonnes pratiques culturelles et politiques et servirait de base pour l’évaluation des progrès réalisés par les pays.

Par Ndadem Assène, Enseignante

 

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