par Théophane Bukele Kekemb, MPH, Ph.D. ABD

Le 12 décembre 2012, après deux mois d’intenses négociations entre les Etats membres, l’Assemblée Générale des Nations-Unies (AGNU) a approuvé une résolution sur la Couverture Universelle de Santé (CUS). A travers cette résolution, l’AGNU invite les Etats membres à valoriser la contribution de la CUS à la réalisation de tous les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). L’AGNU demande urgemment aux gouvernements, aux organisations de la société civile et aux organismes internationaux de favoriser l’inclusion de la CUS comme un important élément dans l’agenda international du développement et de la mise en œuvre de la objectifs de développement convenus au niveau international, notamment les OMD, en tant que moyen de promouvoir une croissance durable. Naturellement, l’objectif de la résolution est de maintenir l’engagement des Etats membres en faveur de la CUS afin d’assurer un accès aux services de santé de base et de réduire la pauvreté due à des dépenses de santé catastrophiques par les ménages. Mieux encore, la résolution se veut assez précise. En effet, l’AGNU invite les États membres à veiller à ce que les systèmes de financement de la santé soient progressifs afin d’éviter d’importants paiements directs au point de livraison des prestations de santé. En plus, il faudrait inclure la méthode de prépaiement des cotisations financières pour les soins et des services de santé, ainsi qu’un mécanisme permettant de mutualiser les risques financiers liés à la maladie au sein de la population afin d’éviter des dépenses catastrophiques de santé et l’appauvrissement des individus à la suite de l’accès aux soins de santé dont ils ont besoin.  Enfin, cette résolution jette les bases de l’après-2015, en recommandant que l’on envisage d’inclure la CUS dans les discussions sur le programme de développement de l’après-2015 dans le contexte de problèmes de santé mondiale.

Dans un précédent éditorial, nous pressentions la venue du concept de CUS pour l’après-2015. A ce sujet, on peut affirmer que l’AGNU propose donc clairement la poursuite des OMD, tout en recommandant l’inclusion de la CUS comme un mécanisme allié dans la lutte contre la pauvreté. L’adoption de cette résolution traduit en fait le consensus mondial autour de la nécessité de la CUS. Avec un fait important à signaler: des gouvernements des pays ayant des systèmes de santé d’inspiration libérale ou privée comme les Etats-Unis ont voté pour cette résolution historique. Néanmoins, on peut regretter que la résolution est loin d’appeler à l’élimination totale des paiements directs des soins de santé qui sont très répandus en Afrique depuis l’Initiative de Bamako en 1987, que certains gouvernements utilisent comme mécanisme essentiel de financement de la santé. Pour finir, une question clé est de savoir comment passer des recommandations et principes de cette résolution à des actions concrètes dans le contexte actuel des systèmes de santé en Afrique. Les profondes difficultés qui ont entouré la mise en œuvre des OMD sont encore fraiches dans l’esprit de tous et bien traduites dans les résultats (mitigés) obtenus en Afrique sub-saharienne.

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