Editorial

Par Basile Keugoung

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1.     BMJ (editorial) – Time for global action on fake and substandard drugs

Fiona Godlee;

http://www.bmj.com/content/345/bmj.e7917

Dans cet éditorial, l’auteur appelle la communauté internationale à mettre en place les mesures pour lutter contre les faux médicaments ou de faible qualité. Les médicaments de faible qualité constitue un risque individuel et collectif qui peut aller jusqu’au décès. Les faux médicaments constituent une menace tant pour les pays riches que les pays pauvres. Les pays riches ont des pertes financières sur leurs brevets de fabrication des médicaments et les pays pauvres sont inondés de ces faux médicaments destinés à traiter les endémies et les épidémies.

 

Couverture Universelle

 

2. Value in health – Universal Health Coverage: A Quest for All Countries But under Threat in Some

Martin McKee et al.

http://people.ds.cam.ac.uk/ds450/details/P630%20Universal%20health%20coverage.pdf

La couverture universelle concentre les débats depuis 2005  lorsque l’Assemblée Mondiale de la Santé a adopté une résolution invitant les Etats membres à poursuivre la couverture universelle. Un des principaux objectifs de cette résolution était de réduire la dépendance des paiements directs et de promouvoir des mécanismes de pré-paiement pour financer les soins de santé. Cependant la notion de couverture universelle continue d’alimenter les débats  quant à une définition universelle.  Pour  Martin McKee et ses collègues, la notion de couverture universelle et celle de soins de santé pour tous ont été souvent confondues et dans sa mise en œuvre certains pays éprouvent des difficultés. Selon, l’OMS, la couverture universelle prend ses racines dans sa Constitution adoptée en 1948, qui fait de la santé l’un des droits fondamentaux de tout être humain, et dans la Stratégie mondiale de la santé pour tous, lancée en 1979. De ce fait, la couverture universelle consiste à veiller à ce que l’ensemble de la population ait accès aux services préventifs, curatifs, de réadaptation et de promotion de la santé dont elle a besoin et à ce que ces services soit de qualité suffisante pour être efficaces, sans que leur coût n’entraîne des difficultés financières pour les usagers.

Cette définition renferme donc:

  • l’accès équitable aux services de santé  autrement dit  que tous ceux qui ont besoin des services de santé, quel que soit leurs moyens financiers, doivent pouvoir y accéder;
  • la qualité – les services de santé doivent être d’une qualité suffisante pour améliorer la santé de ceux qui en bénéficient;
  • la protection financière – le coût des soins ne doit pas exposer les usagers à des difficultés financières.
  • S’appuyant sur cette définition, la notion de couverture universelle apparait comme une aspiration dans les pays développés mais comme un rêve dans la plupart des pays end en développement.

Pour les auteurs, il est nécessaire de faire une clarification entre la couverture universelle et les soins de santé pour tous afin d’éviter de conduire des processus qui ne pourront pas être atteints du fait une mauvaise définition de ce que l’on attend de ces deux termes. La couverture universelle exige un certain nombre d’acquis qui doivent être maintenus dans le temps pour assurer une pérennité.

La crise financière que vit le monde constitue une menace pour les pays développés qui risquent  ne de plus pouvoir assurer la couverture universelle sur la base de la définition de l’OMS. Dans cette perspective, les pays en de développement doivent pouvoir définir clairement s’il s’agit de santé pour tous ou de couverture universelle avant de s’engager dans leur quête de vouloir assurer  la santé pour toute la population. De toutes les façons, tous les pays n’y arriveront pas.

Morris Kouame

 

Santé maternelle

 

3. Lancet (Editorial) – Le choix des femmes est essentiel pour réduire la mortalité maternelle

Titre original: Women’s choice is key to reduce maternal deaths

http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(12)62009-1/fulltext

Gilda Sedgh et al.

Lorsque Savita Halappanavar meurt dans Hôpital de l’université de Galway, en Irlande le mois dernier de septicémie après avoir vu refuser une interruption de grossesse au cours d’une menace d’avortement spontané, une levée de boucliers a traversé le monde développé. Avant, les lois restrictives sur l’avortement en Irlande ont provoqué la colère du public. Les décès maternels sont heureusement devenus rares dans les pays développés. Mais tels décès sont évitables et il est d’autant plus important d’examiner de façon critique les lois et lignes directrices. Le gouvernement irlandais devrait soigneusement examiner et réévaluer sa loi ambiguë sur l’avortement.

L’histoire est différente dans les pays en développement. Selon les estimations mondiales pour 2008, environ 350 000 décès maternels, environ 1000 dans les pays développés,  et la majorité en Afrique. Les principales causes sont l’hémorragie du post-partum, l’hypertension, la septicémie, dystocie et les complications dues à des avortements non sécurisés. L »avortement reste un tabou négligé dans les débats et les combats de la santé reproductive et de la planification familiale. Chaque année, plus que 43,8 million d’avortements, 49 % sont classés comme dangereux et presque tous (97 %) sont en Afrique. Selon Gilda Sedgh et al, sur les taux d’avortements mondiaux publiés au début de cette année, le pourcentage d’avortements à risque a augmenté de 44 % par rapport à 1995. Tandis que la mortalité maternelle a globalement diminué, la mortalité dus aux avortements dangereux a demeuré la même, chaque année, environ 47 000 femmes. Un nombre supplémentaire de 5 million de femmes souffrent de handicaps liés aux avortements non médicalisés ; sans accès à l’assistance et à toute sécurité, beaucoup de femmes continuent de mourir inutilement.

L’OMS a mis en place de nouvelles directives sur les avortements sécurisés qui ont été publiées en juillet de cette année, et devrait constituer un élément essentiel du plan d’action de chaque pays pour réduire la mortalité maternelle. Aucune femme ne veut se faire avorter; or, il y aura toujours des cas où une femme voit l’avortement comme la seule solution, le meilleur moyen de réduire le nombre d’avortements est de donner le choix aux femmes quant au moment et à la façon de planifier leurs grossesses et d’éviter les grossesses non désirées.

En 2008, selon les estimations de Saifuddin Ahmed et al près de 300 000 décès maternels ont été évités à travers l’accès aux contraceptifs. Pourtant, il y a encore environ 222 million d’adolescentes et femmes dans le monde qui n’ont pas accès à la planification familiale.

En juillet 2012, au sommet de Londres sur la planification familiale, les bailleurs de fonds se sont engagés à nouveau de donner 2,6 milliard US$, pour faciliter l’accès à 120 million de plus  d’adolescentes et des femmes à la contraception d’ici 2020. Il s’agit d’une stimulation à faire valoir les droits des femmes et des choix sur la façon et le moment de planifier une grossesse. Cependant, un supplément de 4,1 milliard US$ serait nécessaire pour atteindre tous ceux qui ont des besoins non satisfaits.

Le rapport mondial sur l’état de la population en 2012, publié par le Fonds des Nations Unies le 14 novembre intitulé « By Choice, Not By Chance » ; estime que rendre la planification familiale volontaire à la disposition de toutes les femmes dans les pays en développement permettrait de réduire les coûts des soins de santé pour les femmes et les nouveau-nés de 11,3 milliard US$ par an. Donc, il y aurait une importante épargne nette en ce qui concerne les coûts. Mais les soins de santé immédiatement économisés ne sont qu’une facette de l’équation.

L’argument le plus pertinent et le plus important est le lien intrinsèque au développement durable. Le rapport présente des arguments convaincants que la planification familiale offre des avantages incontournables et de valeur aux femmes, aux familles, et aux communautés. Les femmes doivent être autorisées à prendre partie dans la société au-delà de la reproduction. La vie et l’évolution des adolescentes ne devraient pas être limitées par des grossesses précoces, le manque de l’éducation et la pauvreté.

Les décès et l’invalidité issus des accouchements et des avortements dangereux devraient devenir un fléau du passé. En 2014, le 20e anniversaire de la Conférence internationale du Caire sur la population et le développement (CIPD) sera le moment dans où nous devons faire le point.

Le secrétariat de la CIPD- au-delà de 2014 ; a mis en place un rapport spécial des recommandations pour les actions à venir. En collaboration avec l’évaluation d’après les Objectifs du Millénaire pour le Développement, nous avons besoin de faire des discussions objectives et accomplir plus d’effort possible pour donner à chaque femme dans tous les pays le droit et le choix de décider quand et comment planifier ses grossesses. Non seulement il y aura moins de décès maternels et infantiles, mais aussi les familles vont vivre plus sainement, les enfants seront mieux éduqués, et mieux économiquement. Le développement durable exige la pleine participation des femmes dans la société à travers le monde.

Bouchra Assarag

 

 

 Maladies Non Transmissibles

 

 4. Journal of Tropical Medicine – Prise en charge des maladies chroniques en Afrique sub-saharienne: des synergies entre la prise en charge du VIH/SIDA et le diabète

Titre original: Management of Chronic Diseases in Sub-Saharan Africa: Cross-Fertilisation between HIV/AIDS and Diabetes Care

Josefien Van Olmen et al.;

http://www.hindawi.com/journals/jtm/2012/349312/

Il y a un intérêt croissant pour les maladies chroniques en Afrique sub-saharienne et pour des liens entre la gestion du VIH / SIDA et d’autres maladies chroniques (non transmissibles). Cela devient encore plus urgente avec un nombre croissant de personnes vivant à la fois avec le VIH / SIDA et d’autres maladies chroniques. Le présent document examine les points communs entre les maladies chroniques en passant en revue les modèles de soins, en se concentrant sur les deux plus dominantes, le diabète et le VIH / SIDA. Les auteurs font valoir que, pour faire face à la prise en charge des patients atteints du VIH et des patients diabétiques, les systèmes de santé en Afrique subsaharienne ont besoin d’adopter de nouvelles stratégies en tenant compte des éléments essentiels des soins des maladies chroniques.

Josefien van Olmen

 

Politiques et Financement de la santé

 

5.     SS&M – Health financing in fragile and post-conflict states: What do we know and what are the gaps?

Sophie Witter;

http://www.sciencedirect.com/science/

Il y a de plus en plus une grande attention sur les pays en période post-conflit à cause des besoins importants en matière de santé et de développement mais aussi du fait des problèmes divers qu’ils posent à la communauté internationale. L’article fait une revue de la littérature des financements de la santé en période post-conflit. Au total, 42 articles ont été inclus dans la revue.

Les systèmes de santé en période post-conflit sont caractérisés par l’incapacité d’offrir les services de santé à une large proportion de la population, l’inefficacité des systèmes de références/contre référence, l’absence d’infrastructures d’offre de soins, l’insuffisance de la coordination, de la régulation et de suivi des soins, d’équité, d’un système d’information sanitaire opérationnel et de capacité gestionnaire.

Par conséquent la place des bailleurs est prépondérante dans le financement de ces systèmes de santé et la nécessité de l’aide et de son efficacité sont discutées. Plusieurs mécanismes sont utilisés pour la collecte des fonds mais surtout l’aide des bailleurs et les paiements informels. A côté des paiements directs, on a également les fonds d’équité, les mutuelles communautaires. Les mécanismes d’allocation des ressources ont été peu étudiés. Quant à l’achat des services, la contractualisation et le financement basé sur la performance sont utilisés.

L’offre de soins est initialement exécutée par les acteurs privés à but non lucratifs (ONG internationales ou locales) et est limité à un paquet essentiel de soins. Par contre la régulation est faible.

Une approche d’étude longitudinale serait nécessaire pour étudier les effets à long terme des décisions et interventions mises en œuvre en urgence en période post-conflit.

Basile Keugoung

 

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