Une forte mobilisation contre le VIH/SIDA a été observée le 1er décembre 2012 comme chaque année d’ailleurs. Tous les acteurs impliqués dans la lutte contre le VIH/SIDA se sont mobilisés pour rappeler les chiffres noirs de cette pandémie dont le virus infecte plus de 33 million de personnes dans le monde et dont des million d’autres personnes sont affectées du fait des conséquences de la maladie pour le partenaire, le conjoint, le parent, l’enfant, le frère ou la sœur ou tout simplement un membre de la communauté.

Au-delà des festivités, c’est un regard rétrospectif qu’il faudrait également avoir pour agir différemment dans le futur afin de limiter voire stopper la progression de l’épidémie et des décès souvent évitables. Si pour chaque personne mise sous ARV, il y a encore une nouvelle contamination, l’inversion des mauvais indicateurs de la pandémie nécessitera encore plus de temps. Par conséquent, le fardeau de la prise en charge de toutes les personnes infectées dans les prochaines décennies sera encore plus lourd et difficile à supporter par des systèmes de santé qui n’arrivent à offrir le traitement qu’à 50% de personnes éligibles aujourd’hui.

Les services de santé généraux qui reçoivent les patients –séropositifs  ou non- chaque jour devraient être renforcés pour que la prise en charge du VIH/SIDA devienne une activité de routine. La standardisation du traitement, la simplification des protocoles et des présentations des médicaments offrent aujourd’hui une opportunité pour démocratiser la prise en charge du VIH/SIDA. Ceci contribuerait d’ailleurs à enlever le stigma collé à cette maladie dès les années 80 et qui peine à s’effacer.

Il serait illusoire de penser que les 33 million de personnes infectées par le VIH recevront leur ARV uniquement auprès des personnels de santé spécialisés et dédiés uniquement à la prise en charge du VIH/SIDA.

Van Damme et al [1] ont publié des scénarii de délivrance des ARV. L’un d’eux était la délégation de tâches des médecins aux infirmiers formés et spécialisés. Après plus d’une décennie de délégation de tâches, les résultats ont été impressionnants mais restent insuffisants.

Il est temps de former tous les acteurs des systèmes de santé à la prise en charge du VIH et de créer un continuum de soins depuis les acteurs polyvalents capables de prescrire les ARV de première ligne aux personnes infectées par le VIH/SIDA asymptomatiques qui ont moins de 350 CD4.

Pour cela, il devrait avoir une intensification permanente des activités de lutte contre le VIH/SIDA dans les districts de santé comme c’était le cas le 1er décembre, et une implication du personnel polyvalent pour la maîtrise de la prise en charge.

Le dépistage précoce et la trithérapie ont montré leur efficacité dans la prévention de nouvelles transmissions.

Il n’est plus acceptable d’enregistrer près de 2 millions de décès liés au SIDA chaque année. Il est temps de ne plus attendre le 1er décembre pour intensifier la lutte contre le VIH/SIDA.

Basile Keugoung

 

  1. Van Damme W et al (2008) Scaling-up antiretroviral treatment in Southern African countries with human resource shortage: How will health systems adapt?  Social Science and Medicine, 66: 2108-21.

 

 

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