Editorial- A quel horizon peut-on espérer à la fin de l’aide aux pays d’Afrique sub-saharienne?

Par Basile Keugoung – Lire ici

Financement et Politiques de santé

1.    Lancet Correspondence – Place du secteur de la santé dans les négociations de Rio+20

Titre Original: Health at the Rio+20 negotiations

Sudvir Singh et al.;

http://www.lancet.com/

Titre: La  question de la place du secteur de la santé débattu pour la Conférence des Nations Unies pour le développement durable (Rio + 20)

Lors du sommet de la Terre en 1992, le secteur de la santé occupait une place prépondérante dans les problématiques de développement durable.  La santé faisait figure de proue lors des premières ébauches du texte « l’avenir que nous voulons ».

Néanmoins, lors de la Conférence des Nations-Unies sur le Développement de RIO de juin 2012, les premières esquisses produites par le Secrétariat de de la Conférence, montre une moindre importance du secteur de la santé dans les enjeux de développement durable. La santé a été relayée au second plan.

Après de multiples négociations des organisations mondiales de la santé, de l’Union Européenne, des pays comme la Norvège, la Suisse et le groupe des pays en voie de développement (G77), un chapitre  a été dédié au domaine de la santé. Dans ce chapitre,  plusieurs thèmes relatifs à la santé ont été retenus dont:

– la reconnaissance de la santé comme condition préalable au développement et comme indicateur de ce dernier.

– la reconnaissance de l’importance de la couverture universelle de santé qui ne pourra être achevée qu’en renforçant les systèmes de santé.

Bien que le texte « l’avenir que nous voulons » a permis de repositionner la santé dans les préoccupations de Développement Durable. La conférence, quant à elle, n’a pas apporté de réponses significatives en termes d’économie durable, de cadre institutionnel de développement durable et de mécanismes de mises en œuvre. En conséquence, les inégalités socioéconomiques risquent d’être renforcées. Les progrès réalisés en termes de santé risquent d’être caducs, dans la mesure où aucun cadre institutionnel n’existe pour réglementer le développement durable.

Toutefois, cette conférence a  tout de même permis de poser des objectifs de santé de développement durable pour l’année 2013. Les professionnels de la santé doivent maintenir leur pression et leur engagement afin d’occuper une place importante dans la définition de l’agenda 21 du développement durable.

Belaid Loubna, [email protected]

Université de Montréal

 

2. Allafrica – East Africa: Regional Council Calls for Universal Health Insurance

http://allafrica.com/stories/201209120130.html

Les Etats membres de la Communauté de l’Afrique de l’Est ont ténu récemment une conférence régionale à Kigali au Rwanda  sur  le thème de la protection sociale en matière de santé. Le but de la conférence était d’examiner les différents mécanismes existants dans chaque état afin de fournir une couverture maladie universelle pour les populations issues de ces pays (Rwanda, l’Ouganda, le Kenya, la Tanzanie et le Burundi).

En s’adressant à ses pairs,  l’Ambassadeur Richard Sezibera, Secrétaire général de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est, a déclaré qu’il y a un besoin urgent de mettre en place une collaboration régionale sur l’harmonisation des mécanismes de protection sociale en matière de santé si la communauté ambitionne d’être parmi les pays à économie intermédiaire. Il a ajouté que pour une région qui aspire à devenir un bloc de la classe moyenne dans les années à venir, il était nécessaire  d’avoir un service de santé efficace pour toutes les personnes afin de maintenir l’élan de la croissance économique.

Prenant à son tour  la parole devant les 200 participants à la conférence, Mr Joe Kutzin coordinateur de la politique de financement de la santé à l’OMS, a déclaré que la couverture maladie universelle est plus qu’une « direction mais une destination. » car vouloir  évoluer vers la couverture universelle, c’est vouloir améliorer l’accès aux soins, c’est vouloir améliorer la qualité des soins, c’est vouloir améliorer la protection financière,  ce qui constitue d’ailleurs les objectifs pour tous les pays du monde. Mais pour atteindre ces objectifs, des efforts doivent être faits et Mr Kutzin a profité de cette tribune pour exhorter les pays africains à respecter la «Déclaration d’Abuja». Pour réaliser cet objectif, il a affirmé qu’une collaboration franche entre les Ministères de la santé et celui des finances  doit être primordiale afin que les ressources (15%) soient allouées sur la base des objectifs nationaux et de celui des partenaires au développement.

Morris Kouame

Cote d’Ivoire

 

3. « En faire plus, pour gagner plus » : la pratique de la césarienne dans trois contextes d’exemption des paiements au Sénégal

http://www.cairn.info/

Le taux de césariennes au Sénégal a augmenté en 2007 de 124 % par rapport aux taux observés avant la mise en place de l’initiative de subvention des césariennes en 2006. Cette augmentation est variable selon les régions et selon les hôpitaux dont certains affichent des taux supérieurs à 50 % des accouchements réalisés au sein de l’établissement. L’objectif est d’analyser les raisons des taux de césariennes institutionnels élevés et au-dessus de la moyenne nationale dans trois niveaux d’exemption des coûts des césariennes au Sénégal. Cette étude est basée sur une approche qualitative avec des entretiens semi-directifs auprès des personnels administratifs et de santé et des femmes enceintes dans trois structures de santé ainsi qu’auprès des autorités sanitaires au niveau central. Ces taux de césariennes élevés ne sont pas directement liés à la politique de subventions des césariennes instituées en 2006. Au niveau des personnels de santé, la perception des taux de césariennes sont plus liés à l’image que les acteurs de santé ont des taux populationnels que des taux institutionnels. Ces taux populationnels étant très bas, les personnels ont tendance à effectuer davantage de césariennes. Au niveau du personnel de gestion, la rentabilité financière des taux de césariennes élevés (dans les trois niveaux d’exemption des paiements) constitue une motivation importante pour inviter les professionnels à pratiquer plus de césariennes. Malgré ces taux élevés, on assiste à un discours normatif des personnels de santé qui considèrent que leurs pratiques visent uniquement à sauver la mère ou l’enfant. Cependant, ces taux de césariennes élevés peuvent à terme augmenter les décès maternels et aller à l’encontre de l’objectif du millénaire pour le développement (OMD 5) concernant la réduction de 3/4 de la mortalité maternelle d’ici à 2015.

Valéry Ridde

 

4.    BJOG – Qui peut fournir des soins efficaces et sécuritaires pendant la grossesse? Une revue systématique

Titre Original: Who can provide effective and safe termination of pregnancy care? A systematic review

R-M Renner, D Brahmi, N Kapp et al.;

http://onlinelibrary.wiley.com/

La qualité du suivi de la grossesse est un facteur important de la morbidité et de la mortalité maternelles. Le partage des tâches et des soins pendant la grossesse entre les médecins et les prestataires de niveau intermédiaire, un groupe hétérogène de prestataires de soins spécialisés, tels que les infirmières, les sages-femmes et les auxiliaires médicaux, est devenu une stratégie clé pour améliorer l’accès aux soins pendant la grossesse une solution en toute sécurité.

Les objectifs de cet article est de faire une revue systématique des preuves de suivi de la grossesse, afin de déterminer si le suivi des grossesses par les prestataires non-médecin peut être effectuée en toute sécurité et efficacement. La stratégie de recherche était basée sur l’utilisation du registre central Cochrane des essais contrôlés, MEDLINE, MEDLINE en cours et autres citations non indexées et POPLINE.

Les auteurs ont sélectionné dans cette revue les essais comparatifs randomisés (ECR), ainsi que des études cliniques, en utilisant les plans d’étude que l’efficacité comparée, la sécurité et l’acceptabilité de suivi des grossesses par des médecins par rapport à d’autres groupes non médecins. La collecte et l’analyse des données était faite par deux auteurs qui ont extrait les données indépendamment, et qui ont effectué une méta-analyse, le cas échéant avec RefMan ; pour l’évaluation de la qualité des données, les auteurs ont utilisé  l’approche GRADE (Grading of Recommendations Assessment, Development and Evaluation).

Les auteurs ont identifié cinq études contrôlées comportant 8908 femmes ayant eu au premier trimestre une interruption chirurgicale de grossesse (un ECR et trois études de cohorte prospectives) et l’interruption médicale de grossesse (un ECR). Le groupe de prestataires de niveau moyen comprenait les sages-femmes, les infirmières, les infirmières sages-femmes auxiliaires et les assistants médicaux formés au suivi de grossesse. Les résultats de sécurité et d’efficacité, y compris l’interruption incomplète de la grossesse, l’hémorragie, les blessures de l’utérus ou du col, ne diffèrent pas significativement entre les prestataires.

Les conclusions de l’auteur montrent que les preuves sont insuffisantes pour indiquer que les prestataires qualifiés de niveau intermédiaire peuvent fournir efficacement et en toute sécurité pendant le premier trimestre les services de suivi lors d’une interruption chirurgicale et médicale de la grossesse. Les données sont limitées par la rareté des ECR et les biais des études de cohorte.

Bouchra Assarag,

INAS Maroc

 

5. Lancet (World Report) – La République Centrafricaine (RCA) dans une crise sanitaire silencieuse

Titre original:The Central African Republic’s silent health crisis

Andrew Green;

http://www.lancet.com/

Avec un indice de développement humain classé parmi les dix plus bas, une prévalence VIH la plus élevée de la région, des voisins en conflit (RD Congo, Sud-Soudan), la République centrafricaine (RCA) est au milieu d’une crise perpétuelle qui n’exclut pas la santé.

En effet, en dehors de Bangui, la capitale, tout le système de santé actuel est pris en charge par quelques Organisations Non-Gouvernementales (ONG) et donateurs internationaux. Seuls 26% des habitants des zones rurales ont donc accès à un traitement contre le paludisme  qui demeure la principale cause de morbidité et de mortalité du pays. Les guérisseurs traditionnels restent souvent les seuls acteurs de santé disponibles. Il n’est donc pas surprenant que l’espérance de vie en RCA estimé à 48 ans, occupe l’avant-dernier rang mondial. De plus, les groupes rebelles détruisent les structures sanitaires existantes, provoquent le déplacement des populations, ce qui donne lieu à une instabilité permanente, une pauvreté sans cesse croissante et une insécurité alimentaire. Le village de Sikikédé en paie les frais avec 21% d’enfants victimes de malnutrition aigüe.

Zakaria Maïga, représentant de l’OMS en RCA dénonce le peu de volonté du gouvernement à s’attaquer aux problèmes de santé. Une politique forte existe pourtant sur papier. Mais la part de la santé dans  le budget de l’aide public au développement demeure négligeable. C’est la poignée d’ONG et les donateurs qui fournissent des soins de santé avec des poches de succès dans les domaines où elles sont actives.

Par exemple, l’UNICEF pour le suivi de l’enfant, la Croix-Rouge pour la lutte contre le paludisme et MSF qui gère sept hôpitaux. Seulement, l’impact est inégal et les résultats ne seront pas viables si ces organisations viennent à se retirer. Raison pour laquelle ils ont décidé de faire pression pour changer cette dynamique.

C’est ainsi qu’en juillet dernier, le président international de MSF, a rencontré le président François BOZIZE afin de prioriser de manière spécifique des réponses médicales en commençant par la mise en place d’un circuit d’approvisionnement de médicaments souvent perturbé, la reconstruction des structures et organes de positionnement du personnel national qui pourraient un jour être en mesure de prendre en charge le travail fait par les ONG. Ceci permettrait de consolider les lacunes selon MSF et d’autres ONG.

Commentaires :

La situation de la RCA est similaire à des degrés variables à celles d’autres pays en conflit ou des pays à faible revenu. L’action des ONG internationales est louable et requise pour amener les gouvernements à prendre effectivement le secteur de la santé comme une priorité. Toutefois, la fragmentation de l’offre et du territoire par la multitude des ONG ne contribue pas à mettre en œuvre une politique gouvernementale « bien décrite sur papier » comme l’ont souligné les auteurs de l’article. Il est urgent qu’un cadre de discussion soit développé entre le Ministère de la santé publique pour définir les interventions des ONG et leur aire géographique et créer des synergies entre elles. Ceci permettrait d’éviter des gaps, des chevauchements et des duplications des interventions. Ainsi, les ONG s’aligneraient à la politique gouvernementale. Il serait également important que les ONG internationales renforcent les capacités des ONG locales pour préparer la continuité des activités et éviter l’arrêt presque total des activités qui succède leur retrait. Sans ce cadre, il s’installe une politique de « laisser-faire gouvernemental» et d’émergence des projets des ONG.

Laure Fotso

Cameroun

 

Research

6.    BMJ (news) – Elsevier improves access to its products in 100 developing countries

Nigel Hawkes;

http://www.bmj.com/content/345/bmj.e6283

“The Access to Research and Development Programme” a annoncé que les chercheurs de plus 100 pays en voie de développement auront accès à la collection de livres et journaux publies par Elsevier; soit de manière totalement gratuite, soit à un prix abordable.

Ce programme est coordonné par l’Organisation Mondiale de la Propriété Internationale, une agence du système des Nations-Unies.

Les pays en développement ont été subdivisés en 2 groupes à savoir les plus pauvres qui auront accès gratuitement et ceux-là qui sont légèrement mieux lotis, débourseront 1000 $ US par Institution et par an. Il est précisé que les demandes d’accès faites par les individus ne seront pas prises en compte.

L’on ne pourra télécharger que 15% au plus d’un journal ou d’un livre.

Des programmes similaires ont déjà été établis par d’autres agences des Nations-Unies comme HINARI de l’OMS et un autre du Programme Environnemental de l’ONU.

Ceci augment de plus de 10 fois l’accès à la littérature scientifique, soit plus de 2000 journaux et près de 7000 livres électroniques.

Gaston Wamba

Cameroun

 

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