Par Basile Keugoung

La plupart des pays africains ont accédé à l’indépendance dans les années 60. Les jeunes états africains qui sortaient de la période post-coloniale avaient besoin d’aider pour se développer. Plusieurs schémas de l’aide ont été utilisés : l’approche Projet, les Programmes d’ajustement structurel et aujourd’hui l’approche consensuelle.

Malheureusement, la situation économique de la plupart des pays d’Afrique sub-saharienne n’a pas changé et dans certains pays, des conflits armés ont plutôt dégradé le tissu économique. Cette image est contraire à celle des pays asiatiques qui avaient (sinon moins) le même niveau de développement économique que l’Afrique dans les années 60. En effet, certains pays asiatiques sont classés à revenu intermédiaire et sont comme la Corée du Sud d’ailleurs des géants de l’économie mondiale.

L’Afrique sub-saharienne possède pourtant des potentialités qui pourraient booster son développement telles que la richesse du sous-sol, la jeunesse de la population, la culture de solidarité… Le sous-développement avec son corollaire de pauvreté entraine un mauvais état de santé des populations qui à son tour fait le lit de la pauvreté. Et jusqu’ici, l’aide n’a pas pu rompre ce cercle vicieux.

Aux maladies infectieuses traditionnelles, l’Afrique sub-saharienne fait face aujourd’hui à la recrudescence des maladies non transmissibles telles que le diabète, l’hypertension artérielle, les cancers, etc . Alors que les systèmes de santé ne sont pas suffisamment aptes ou n’arrivent pas à prendre en charge les maladies infectieuses, ils ne sont pas non plus préparés pour faire à la montée des maladies non transmissibles. Ce double fardeau est lourd à porter en plonge davantage l’Afrique dans le sous-développement.

Qu’en serait-il quand les pays d’Afrique sub-saharienne fêteront leur centenaire ? Les réponses à cette question dépendent de la vitesse de renforcement des systèmes de santé. Il a été démontré que les systèmes de santé renforcés sont indispensables pour contrôler les maladies et les problèmes de santé en général et pour atteindre les objectifs de santé.

Par conséquent, si l’aide reste fragmentaire, et que les appuis des bailleurs se focalisent uniquement sur des maladies spécifiques, il est clair que non seulement ces maladies ne seront pas contrôlées, mais en plus la recrudescence de maladies chroniques rendra les systèmes de santé encore moins efficaces. Les maladies infectieuses et non transmissibles forment d’ailleurs une ‘synergie mortelle’. A titre d’exemple, le sujet diabétique est plus sujet à l’infection qui déséquilibre davantage le diabète ; le sujet VIH positif est plus à risque de développer certains cancers (sarcome de Kaposi).

Si ce scénario est maintenu, les besoins en aide seront encore plus grands à l’horizon des centenaires alors les populations des populations des pays riches qui vivent plus longtemps, auront besoin de plus de ressources pour prendre en charge les personnes âgées n’auront plus suffisamment de moyens pour augmenter l’aide destinée aux pays pauvres.

Il est donc urgent que les systèmes de santé des pays à faible revenu soient renforcés pour offrir un accès universel aux soins de qualité aux populations. La focalisation sur des problèmes spécifique avait pour objectif d’obtenir des résultats rapides mais a montré ses limites. Il ne s’agit pas pour autant d’abandonner la lutte contre les affections dites prioritaires (VIH/SIDA, paludisme, tuberculose, maladies tropicales négligées…), mais d’inclure cette lutte dans un processus accéléré de renforcement des systèmes de santé.

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