Par David Hercot

Certains d’entre vous ont probablement lu l’éditorial en anglais de la semaine passée sur ma discussion avec des médecins et experts de santé publique Sud-Africains. Probablement vous savez que l’Afrique du Sud est un des pays les plus riches du continent. Vous savez aussi que malgré sa richesse une grande partie de la population n’a que très peu accès aux soins de santé. La minorité la plus riche consomme la plus grande part des dépenses de santé du pays dans un système de santé privé caractérisé par un marché économique d’assurances et de prestataires. La majorité ayant accès à un système de santé publique sous financé et peu performant. Dans ce contexte, lorsque le gouvernement décide de mettre en place une assurance sociale de santé obligatoire, je pense que cela présente plusieurs avantages :

  • Une régulation du marché privé pour permettre de garantir la qualité et accroitre la part de la population parmi la classe moyenne qui y accède.
  • Une redistribution progressive du financement pour une plus grande équité.
  • Un mécanisme de motivation des prestataires publics.

Maintenant pour que ces avantages se concrétisent, cela dépendra de la façon dont le gouvernement et les acteurs du pays parviennent à progresser ensemble dans un dialogue franc et ouvert vers une société plus juste. Les évènements de la mine de Marikana sont l’illustration que la paix sociale post apartheid peine à se mettre en place. Les divisions raciales sont maintenant remplacées par des divisions économiques. La réforme du financement de la santé aura bien du mal à rapprocher les deux extrêmes de la population.

Quelles leçons pour le reste de l’Afrique ? Un contexte n’est pas l’autre et je ne veux pas être l’avocat d’un système d’assurance sociale comme je ne veux pas être un activiste de la gratuité des soins. Chaque responsable à tous les niveaux du secteur de la santé en particulier ou des secteurs sociaux en général doit saisir les opportunités pour développer ou maintenir un service de santé de qualité le plus complet possible et qui soit accessible au plus grand nombre à un coût raisonnable.

Plusieurs mouvances sont à l’œuvre à travers le continent portées par les grandes agences et les bailleurs de fonds. On observe tout à la fois des appels pour la couverture universelle de soins, la gratuité des soins, les assurances sociales ou encore l’intégration des programmes verticaux. Toutes ces tendances ont une justification idéologique, parfois scientifique. J’encourage les dirigeants et les cadres à faire preuve de lucidité et de choisir les combinaisons qui font avancer le pays. Oser aller au-delà des pressions et de l’intérêt à court terme. Oser les combinaisons innovantes, puiser dans l’expertise disponible sans qu’elle ne vous contraigne. Pourvu que le moto d’Alma Ata vous guide : Santé pour tous.

 

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