Par David Hercot

Depuis le premier janvier, le journal cahier santé bien connu des chercheurs francophones en santé publique des pays en développement à fusionné avec Médecine Tropicale. Ce nouveau journal, appelé Médecine et Santé Tropicales, est publié trimestriellement.

Le premier numéro reprend d’ailleurs un article décrivant l’expérience talents émergents en santé mondiale. Cet article est basé sur la présentation qu’Aida Zerbo, Basile Keugoung et moi avions faite lors de la deuxième conférence de l’association Africaines de Politique et Economie de la santé (AfHEA) à Sally en 2011. La publication de cet article tombe à point nommé au moment même où nous démarrons la deuxième version de cette expérience qui aura lieu à Pékin en octobre 2012.

À première vue, ce rétrécissement du paysage francophone est une mauvaise nouvelle. L’espace de publication académique francophone spécialisé en santé des pays “tropicaux” se réduit. Les éditeurs donnent toute une série de raisons -attendues- pour cette fusion. Citons par exemple la pression des publications anglophones et la réduction de la publicité des firmes pharmaceutiques.

Mais pour les chercheurs en santé publique “tropicale” qui souhaitent publier en français  cette fusion est potentiellement une bonne nouvelle. En effet, nos articles seront maintenant publiés à côté d’articles biomédicaux qui a priori sont plus souvent cités. Ceci aura comme conséquence espérée une amélioration de la visibilité de la revue et donc des articles qui y sont publiés. Les éditeurs promettent également un processus électronique efficace de gestion des soumissions et la possibilité de publier avant parution ce qui est parfois essentiel pour des articles qui suivent l’actualité des politiques sur le terrain. Cette dernière option permettant de balancer la publication maintenant trimestrielle de la version papier.

Gageons que la réforme, qui inclut un plus grand nombre d’articles rendus gratuits, sera un succès. Lors du symposium sur les systèmes de santé à Montreux en 2010, une éditrice du bulletin de l’OMS répondant à une question d’une jeune chercheuse francophone a prédit la mort des publications francophones suite à l’avènement d’outil de plus en plus performants de traduction automatique tel que celle proposée par Google translate. Je pars du postulat inverse et parie que ces outils permettront à chacun de publier dans sa langue et de lire et être lu dans toutes les langues. Ce sera donc un atout et non un arrêt de mort pour les publications francophones.

C’est maintenant à nous chercheurs francophones d’assurer la qualité des articles soumis. Car si la tentation est forte de publier les meilleurs articles dans des revues plus prestigieuses et donc anglophones, les systèmes de santé de la francophonie “tropicale” ont grandement besoin d’articles de qualité, adaptés aux réalités du terrain et des besoins des professionnels comme des jeunes chercheurs et étudiants pour qui la littérature anglophone est souvent peu accessible en attendant l’avènement de la traduction simultanée.

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