Titre original: Poor-quality antimalarial drugs in Southeast Asia and sub-Saharan Africa

http://www.thelancet.com/

Gaurvika ML Nayyar et al;

Entre 655 000 et 1,2 million de personnes meurent chaque année du paludisme. Les enfants d’Afrique sub-saharienne et d’Asie du Sud paient le lourd fardeau. Pourtant, une grande partie de cette morbidité et mortalité pourrait  être évitée si les médicaments disponibles étaient efficaces pour les patients, de bonne qualité, et utilisés correctement. Par conséquent, la mauvaise qualité des médicaments antipaludiques est très susceptible de compromettre les progrès sans précédents et les investissements dans le contrôle et l’élimination du paludisme.

L’émergence de la résistance à l’artémisinine ou la tolérance de Plasmodium falciparum à la frontière Thaïlande-Cambodge fait de la protection de l’efficacité un impératif d’approvisionnement en médicaments. Nous avons examiné les études publiées et non publiées des rapports d’analyses chimiques et des évaluations de l’emballage des médicaments antipaludiques. Les résultats de ces études suggèrent que jusqu’à 36% d’antipaludiques recueillis en Asie du Sud étaient falsifiés, alors qu’en Afrique subsaharienne, un tiers a échoué à l’analyse du dosage chimique. La consommation de faux médicaments antipaludiques est liée à l’auto médication par l’intermédiaire du secteur privé non réglementé, le coût et l’inaccessibilité des médicaments antipaludiques de bonne qualité, la rareté de la réglementation pharmaceutique, et l’absence de mesures punitives contre les contrefacteurs. En plus, les incitations économiques pour les criminels de falsification de médicaments surpassent les risques liés à leur production et leur vente. Outre leur effet direct négatif sur les patients et leurs familles, les médicaments de mauvaise qualité nuisent aux travailleurs de la santé, les sociétés pharmaceutiques, les gouvernements, et les économies en augmentant les soins médicaux et les frais pour les patients, et en réduisant la crédibilité du système de soins de santé.

Une enquête auprès de 26 autorités de réglementation des médicaments africains indique un manque de financement durable, la pénurie chronique de personnel qualifié, et peu ou pas de ressources. Bien que l’OMS recueille et diffuse des informations sur la qualité médiocre des médicaments, cet effort est entravé car peu de pays présentent de tels rapports. Pourtant, la production et la distribution de la contrefaçon de médicaments antipaludiques devraient être poursuivies comme des crimes contre l’humanité. Heureusement qu’en janvier 2012, le conseil exécutif de l’OMS a décidé d’adopter de toute urgence, un plan qui donnerait  un consensus mondial pour les définitions de mauvaise qualité des médicaments et des interventions visant à s’assurer que les patients aient accès à des médicaments de qualité.

Les interventions simultanées et une approche multisectorielle sont nécessaires pour définir et éliminer la production pénale, la distribution et de fabrication des médicaments antipaludiques de qualité. Donner aux autorités nationales la régulation des médicaments pour protéger l’approvisionnement mondial de la drogue est plus important que jamais.

Laure Mafogue

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