Titre Original: Health Centres Constructed in Ethiopia Were Not in Approved Workplan and Budget, OIG Says

http://www.aidspan.org/

Auteur: Global Fund Observer

Cet article met encore en lumière la mauvaise utilisation des ressources provenant du fonds Mondial pour la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose en Ethiopie. L’auteur de cet article s’appuie sur les conclusions du rapport d’audit conduit par le Bureau d’inspection Général. Selon le rapport, 1.291 nouveaux centres de santé ont été construits dans le cadre des rounds 4 et 7 des subventions accordées à l’Ethiopie pour la lutte contre le VIH/sida, alors que cette activité n’avait pas été approuvée et budgétisée dans le cadre ces subventions. Toujours selon le bureau d’inspection général, les subventions provenant des rounds 4 et 7, étaient destinées à la rénovation des infrastructures sanitaires existantes et à la construction des postes de santé dans des régions et non construire de nouveaux centres de santé. Cela a non seulement occasionné un dépassement budgétaire de 58 Millions de Dollars mais il n’a pas permis également de financer certains services comme l’achat de médicaments pour les infections opportunistes, impactant ainsi  sur les résultats du programmes. En outre, le rapport mentionne que sur les 77 des centres de santé visités, d’importances lacunes ont été observées. (Par exemple, 71% n’avaient pas accès d’eau, 32% n’avaient pas de toilettes fonctionnelles).

Réagissant aux conclusions du rapport du bureau d’inspection générale,  le Secrétariat du bénéficiaire principal du fonds a déclaré qu’il était conscient de la « reclassification » des activités liées à la construction des centres de santé affirmant que cela été fait dans le cadre d’une stratégie visant à élargir les points d’entrée à la thérapie antirétrovirale (ART) et d’autres services. Il promet de cependant, de vérifier si les lacunes relevées au niveau des centres de santé construites n’avaient été corrigées.

 

Morris Kouame

2 Responses to Les centres de santé construits en Ethiopie n’étaient pas dans le plan d’action approuvé par le Fonds Mondial

  1. SAYON KONE says:

    Selon le secrétariat du bénéficiaire principal de Global fund en Ethiopie, la construction de ces nouveaux centres visait à élargir les points d’entrée à la thérapie antirétrovirale (ART) et d’autres services. Et donc améliorer l’accessibilité des services de santé pour les populations. Tout en dénonçant cette attitude car non discutée au préalable avec le bailleur, cette justification serait compréhensible dans un contexte mondial prônant un accès “plus” universel aux soins.
    Cependant, dans nos pays où moins de la moitié des besoins en ARV sont couverts et où les ressources se raréfient l’on pourrait se demander s’il faut continuer le recrutement de nouveaux patients qui risquent de ne jamais avoir la chance de bénéficier d’une thérapie antiretrovirale selon leur état de santé. Ou faut-il garantir un traitement complet et de qualité pour les personnes déjà connues malades/infectées? Il semble avoir une incohérence entre les déclarations politiques de bonne intention de l’OMS telle que le “2.0” et l’attitude ou la volonté réelle des bailleurs de fonds à atteindre ces objectifs. Il est à se demander si ceux-ci (bailleurs) sont associés à ces prises de décision avant leur publication. Si tel n’est pas le cas, la mise en place d’un cadre de concertation entre instances internationales de santé (OMS, UNICEF, …) et bailleurs de fonds s’avère nécessaire afin de définir des politiques consensuelles dont le financement pourraient être garanti. Cela permettra de traduire les “slogans” en réalité pratique et d’avancer vers une véritable Santé Internationale.

  2. David Hercot says:

    Merci Morris pour ce commentaire, pour ma part, cet article montre à quel point il est difficile de permettre à un pays d’utiliser les fonds d’une initiative verticale de santé pour le renforcement du système de santé. Même si le Fonds Mondial n’est qu’un fonds qui évalue la performance sur des résultats en théorie, la pratique montre qu’il n’est pas simple pour un pays d’exercer son leadership. C’est plutôt une mauvaise nouvelle pour ceux qui tentent de lutter contre la fragmentation des programmes.

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