Editorial – La guerre : une menace à la santé mondiale

Par Basile Keugoung

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World Malaria Day

1. BMJ (news) – Malaria resurges when complacency over control sets in or funding collapses, study concludes

Anne Gulland;

http://www.bmj.com/content/344/bmj.e2935

Résumé par : Gaston Wamba

Dans cet article, Anne Gulland conclut que les progrès dans la marche vers l’éradication du paludisme sont mis à mal si les programmes de lutte contre cette maladie sont arrêtés.

En Novembre dernier, le Fond Mondial a annulé le financement de la lutte contre le SIDA, la Tuberculose et le Paludisme alors qu’il représente la plus grande source de financement de la lutte contre le paludisme dans le monde entier.

Cette étude montre le succès des programmes de contrôle du Paludisme pendant les dernières décennies et le fait que cette maladie a réduit considérablement dans les zones endémiques. Mais aujourd’hui, on note une brève augmentation de l’incidence du paludisme dans certains pays comme le Rwanda et la Zambie, car il y a eu une baisse du financement du programme de lutte contre cette maladie. Cette résurgence a été aussi notée au Zanzibar et en Ethiopie.

« Pérenniser les acquis ; Sauver des vies : Investir dans la lutte contre le Paludisme » est le thème de la journée mondiale de lutte contre le Paludisme en 2012. Tout y est, si on veut arriver à éradiquer cette maladie, il faut continuer à investir dans les programmes de lutte, tout en tenant compte des contextes.

NCDs

 2. BMJ (news) – Un nouveau centre établi pour mieux coordonner la recherche sur les maladies non-transmissibles.

Matthew Limb;

http://www.bmj.com/content/344/bmj.e2994?etoc

Titre original: New centre sets out to better coordinate research into non-communicable diseases

Auteur: Matthew Limb.

Source : http://www.bmj.com/content/344/bmj.e2994?etoc

Auteur du commentaire : Damien Porcher

Résumé :

Dans ce communiqué, le BMJ annonce la naissance d’un centre dédié à la recherche sur les maladies non-transmissibles, dont le but est de soutenir la recherche dans ce domaine et d’améliorer la collaboration entre les pays pauvres et les pays riches afin de garantir une continuité entre la recherche et les décisions politiques. Le centre dénommé « Centre for Global Non-Communicacle Diseases » sera hébergé par la « London School of Hygiene and Tropical Medicine » à Londres.

Le lancement d’une telle initiative à caractère international intervient alors que la question de la charge de morbidité des maladies non-transmissibles dans les pays en voie de développement devient prédominante, et qu’il est nécessaire qu’un dialogue entre les pays dits riches, qui ont une « expérience » de ces maladies et des politiques à mener, et les pays dits  pauvres s’amorce.

Ce centre, dont le lancement a été officialisé à Londres le 25 avril 2012 au cours d’une conférence à Londres, aura ainsi pour mission de coordonner des recherches interdisciplinaires multicentriques sur les maladies non-transmissibles « globales », c’est-à-dire dont les effets ont trait à des mouvements globaux et concernent donc des enjeux de santé publique globale. Les membres de ce centre auront par exemple à examiner les implications positives et négatives de la mondialisation sur la santé et plus particulièrement les maladies non-transmissibles, et la manière dont les politiques peuvent être menées pour renforcer l’efficacité dans ce domaine. Le centre aura également vocation à devenir un centre international de formation pour la recherche sur les maladies non-transmissibles.

La « communauté sanitaire » est enthousiaste dans son ensemble quant à l’émergence de cette initiative. Ainsi de la société civile, qui insiste par ailleurs sur l’absolue nécessité de soutenir une telle démarche, et de s’inscrire dans un projet à très long terme en matière de sensibilisation et formation de nos décideurs.

Commentaire :

Nous ne pouvons que nous réjouir qu’un tel projet démarre. Il n’est jamais trop tard, pourtant ce genre d’initiative aurait dû voir le jour bien avant 2012. En outre, il est à parier que la naissance de ce centre préfigure la « bataille » pour la suite des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Peut-être pouvons-nous enfin espérer que les maladies non-transmissibles auront une place à part entière dans la définition des objectifs post-2015…

Si tel est le cas, il faudra insister sur l’interdépendance des facteurs déterminant la forte – très forte dans les 20 prochaines années à venir – prévalence des maladies non-transmissibles. Sur ce point, le fait que le centre se concentre notamment sur les conséquences de la mondialisation sur ces maladies va certainement dans la bonne direction.

Alors, à l’aube de 2015, nous pourrons peut-être juger les premiers résultats encourageants de cette initiative. Encore faut-il que les volontés politiques soient présentes. On le voit, le gouvernement britannique semble être le fer de lance du centre. Fait notable quand on sait l’importance de ce pays dans les choix relatifs aux politiques internationales de santé, et sa « capacité » à fédérer de nombreux partenaires, parmi lesquels des fondations telles que la Bill & Melinda Gates…

Commentaire : Basile Keugoung

Toutefois, fort est de constater que ce centre soit logé dans le Nord alors que le problème des maladies non-transmissibles devient de plus en plus préoccupant dans les pays du SUD. Ces pays du Sud qui ont une faible capacité de recherche et ont le plus besoin de telles initiatives pour renforcer cette capacité. Il est temps que les pays riches pensent à abandonner la politique de l’assistanat permanent des pays pauvres en les accompagnant pour prendre eux-mêmes correctement leurs problèmes.

 

 Health Policy & financing

3. Lancet series on adolescent health

http://www.lancet.com/series/adolescent-health-2012

Le Lancet a publié un Supplément sur la santé des adolescents après celui de 2007. Ce Supplément comporte des articles et des points de vue intéressants sur la santé des adolescents au 21e siècle, les adolescents et les déterminants sociaux de la santé, et des indicateurs relatifs à la santé des adolescents par zone géographique.

 

4. Lancet (Editorial) – TDR: a time to live or die?

http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(12)60657-6/fulltext

Résumé par Morris Kouame

Depuis 1975, le Programme spécial des Nations Unies pour la recherche et la formation  sur les maladies tropicales (TDR) examine les besoins et les lacunes relatifs à la recherche en santé sur les maladies liées à la pauvreté. Co-parrainé par l’UNICEF, le PNUD, la Banque mondiale et l’OMS, le TDR a  mis l’accent sur la recherche dans les domaines négligés et la collaboration scientifique, ce qui a permis de  former  des milliers de chercheurs dans les pays en développement dont le but est de  renforcer leurs capacités en matière de recherche. Ce programme spécial a aussi conduit cinq campagnes d’élimination de grande maladies négligées, co-développé 12 nouveaux médicaments pour les maladies parasitaires tropicales, et a aidé à documenter l’efficacité des combinaisons d’artémisinine contre le paludisme. Cependant, malgré ces résultats, des critiques ont été portées à l’encontre du programme quant à l’atteinte de ses objectifs.

Réagissant à ces critiques, la direction du TDR, dans un rapport, préconise la recherche novatrice et multidisciplinaire pour améliorer la santé dans les pays en  développement à travers cinq actions de haut niveau. Il s’agit de la création d’un nouvel indice des maladies infectieuses liées à la pauvreté qui fusionne le développement social et économique avec des données de santé, la mise en œuvre d’une  stratégie multisectorielle et multidisciplinaire dans la recherche pour les maladies infectieuses dénommée «One Health, One World” » , la promotion de l’appropriation de la recherche par les pays endémiques, l’encouragement d’une culture de l’innovation dans les pays touchés et la création d’une plate-forme mondiale pour la mobilisation des ressources financières et de l’engagement des politiques.

5. Reuters – Fund fighting killer diseases cuts jobs, to focus on 20 countries

http://www.reuters.com/

Résumé par Morris Kouame

Comme nous l’avons plusieurs fois mentionné dans les articles précédents de notre newsletter, le Fonds mondial pour la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose a essuyé plusieurs critiques relatives à la corruption, au détournement et à la mauvaise gestion des ressources financières mises à disposition. Ces manquements ont obligé certains donateurs à geler leurs  contributions. Pour d’autres, une réforme du Fonds devrait être opérée avant de bénéficier de toute subvention. Ces exigences viennent d’être prises en compte selon le nouveau directeur du Fonds mondial Gabriel Jaramillo déclarant dans un communiqué que le fonds a achevé une réorganisation pour rééquilibrer son effectif avec 39% de personnes chargées de la gestion des subventions et 38% pour  les rôles de soutien. Une source proche de l’organisation avance que cette réorganisation occasionnerait environ 120 à 130 licenciements. Le Fonds prévoit donc de débourser environ 3 milliards US$ cette année et l’année prochaine et des ressources supplémentaires seront désormais concentrées sur 20 « pays à fort impact” qui portent le plus lourd fardeau des trois maladies, tels que le Nigéria, la Chine, l’Inde, l’Indonésie et la République démocratique du Congo.

 

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