Rédigé par Basile Keugong

Les contributions publiques représentent 95% du budget du Fonds Mondial de Lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme. Parmi les Etats donateurs, la France vient au second rang avec près de 2,9 millliard US$, derrière les Etats-Unis (6,1 millliard US$), et devance le Royaoume-Uni (1,675 millliard US$), le Japon (1,618 millliard US$) et l’Allemagne (1,591 millliard US$).

Mais de plus en plus on observe une baisse des contributions annuelles des Etats depuis 2010. Sur le terrain, on note d’énormes difficultés d’approvisionnement en antirétroviraux dans plusieurs pays. MSF dans des récentes publications avaient relevé les problèmes de recrutement de nouveaux patients au Congo (RDC) et au Burkina Faso. Les ruptures de stock entrainent des changements de protocole thérapeutique.

Les difficultés financières des programmes de lutte contre le VIH/SIDA risquent de saper les acquis obtenus les 10 dernières années. En plus, les nouvelles infections sont toujours présentes, et les prévalences VIH baissent à un rythme plutôt faible.

Par conséquent, il est crucial d’investir aujourd’hui dans la lutte contre le VIH/SIDA pour éviter les conséquences dans les décennies à venir.

Au moment où la France a un gouvernement de gauche, il est important de souhaiter le renforcement de ce rôle social de la France dans la lutte contre le VIH/SIDA. La contribution de la France devrait être renforcée pour faire face à l’épidémie de VIH qui continue d’avancer surtout en Afrique sub-saharienne. Certains pays d’Afrique sub-saharienne surtout francophones ont d’ailleurs des relations historiques avec la France. Ces pays sont en effet des anciennes colonies françaises, et ont comme premier partenaire économique la France.

Au moment où François Hollande va prendre les destinées de la France, nous souhaiterions que la lutte contre le VIH/SIDA soit mise sur la table comme l’une des priorités du quinquennat. Ceci permettrait un renforcement du partenariat et de la coopération bilatérale et multilatérale à travers les projets et programmes ayant une composante de lutte contre le VIH/SIDA, et surtout par l’appui au renforcement des systèmes de santé.

En effet, certains pays font partie du pré-carré français et reçoivent peu de financements à partir d’autres Initiatives telles que PEPFAR qui n’est présent en Afrique que dans deux pays francophones (Congo, Cote d’Ivoire) contre 19 pays anglo-saxons ou autres. Ces pays restent aujourd’hui près d’un demi-siècle après les indépendances pauvres et peuvent difficilement financer totalement la lutte contre le VIH/SIDA à partir des ressources locales.

L’arrivée des socialistes au sommet de l’Etat français offre une lueur d’espoir pour un renforcement de la solidarité et donc des financements de la France pour la lutte contre le VIH/SIDA et pour un plaidoyer auprès d’autres organisations (G8, G20, UE) pour le maintien des engagements des pays riches.

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