Editorial- Initiative de Bamako, 25 ans déjà : et pour combien de temps encore

par Basile Keugoung


SHSOP series


1. Studies in Health Services Organisation & Policy (issue 29) – The difficult relationship between faith-based health care organisations and the public sector in sub-Saharan Africa: The case of contracting experiences in Cameroon, Tanzania, Chad and Uganda

 

Journée Mondiale de la Santé – vieillesse et santé health

 

2. Lancet (World Report) – Grey matter: ageing in developing countries

 

HIV/AIDS

3. ONUSIDA – UNAIDS and African Development Bank convene high-level meeting on AIDS financing

http://www.unaids.org/en/resources/presscentre/featurestories/2012/march/20120330addis/

résumé par Morris Kouame

Une table ronde a été organisée par l’ONUSIDA et la banque Mondiale en marge de la Conférence de l’Union Africaine des ministres de l’Economie et des Finances en mars dernier à Addis Abéba. La question centrale de cette table a été d’explorer les voies qui peuvent apporter une réponse durable au financement du VIH en Afrique. Monsieur Michel Sidibé, directeur exécutif de l’ONUSIDA, félicitant les ministres africains pour leur engagement accru à la riposte au VIH, a cependant relevé que des progrès pourraient connaître une régression si l’architecture de financement actuel du VIH ne change pas au regard de la dépendance des technologies, des systèmes de réglementation et des lignes de production internationales qui prennent en otage le continent. Selon lui, si la solidarité mondiale est indispensable, elle doit être complétée par un financement nouveau qui tient compte du contexte régional.

Quant à Lamin Barrow, directeur pays pour l’Éthiopie à la Banque africaine de développement, il est impossible d’atteindre n’importe quel type de croissance soutenue, si le capital humain n’est pas sain et productif. Il est donc primordial pour les pays africains de s’associer ensemble pour négocier des prix plus favorables pour les médicaments contre le VIH afin d’assurer un accès plus large aux patients.

M. Sidibé a profité de cette table ronde pour appeler à des solutions innovantes pour le financement du VIH en Afrique à travers une taxe sur les droits de douane pour l’utilisation des téléphones mobiles ou d’une taxe sur la consommation d’alcool et de cigarettes car le besoin de financement à la riposte au VIH en Afrique d’ici 2015 est estimé entre 11à 12 milliard US$.

 

4. UNAIDS (feature story) – New initiative launched to deliver better, cheaper medicines to Africa

Morris Kouame

 

Médicaments

5. BMJ (Feature) – How collaboration is providing new drugs for neglected diseases

Janice Hopkins Tanne;

http://www.bmj.com/content/344/bmj.e2453

L’auteur de cet article développe le concept de « partenariat de développement de produits » appliqué aux maladies négligées. Le principe de ces partenariats est d’établir des ponts entre l’industrie pharmaceutique d’une part et les organisations à but non lucratif et les universitaires d’autre part, dans le but de mutualiser les expertises de ces derniers en matière de développement de médicaments et de vaccins avec le réseau de production et distribution des compagnies pharmaceutiques.

 

En dépit de la longue liste des maladies négligées et de leur forte prévalence dans le monde – l’auteur de l’article cite le chiffre de 1,4 milliards de personnes affectées –, le nombre de nouveaux médicaments développés est paradoxalement très faible. Pour parer à cette situation, de nouvelles voies sont indispensables : repositionner des médicaments existants pour un nouvel usage, développer de nouveaux médicaments pour traiter les maladies négligées et de nouveaux vaccins pour prévenir ces maladies.

Les Partenariats de Développement de Produits

Dans ce contexte, les partenariats de développement de produits (PDPs) sont à la mode, en témoigne la déclaration de Londres sur les maladies tropicales négligées (Janvier 2012). Les fonds publics et philanthropiques supportent le risque et le coût de la R&D, interviennent ensuite les compagnies pharmaceutiques pour commercialiser et distribuer les produits. Le principe des PDPs a déjà été appliqué avec succès pour des maladies telles que la malaria (Novartis) et la méningite (Serum Institute of India/OMS).

L’intérêt des compagnies pharmaceutiques pour les PDPs tient également au fait que les universitaires ont une connaissance pointue de la biologie parasitaire. Les agents pathogènes mutant et étant toujours plus résistants, les compagnies pharmaceutiques ne peuvent se passer de l’expertise académique en la matière. GlaxoSmithKline travaille ainsi de concert avec le monde académique pour trouver de nouveaux médicaments contre la malaria et la tuberculose.

Repositionnement

L’auteur insiste, par ailleurs, sur l’intérêt de repositionner des médicaments existants pour traiter les maladies négligées.  La mutualisation de différentes sources de données sur les médicaments et les maladies permet d’obtenir une signature de ces médicaments et maladies, de les comparer et, par conséquent, d’établir des similarités entre un médicament existant et une maladie.

Dans l’hypothèse de résultats concluants, cette technique peut représenter un gain de temps important, dans la mesure où les phases préliminaires de toxicité et de pharmacocinétique ont été déjà validées.

Susan Wyllie, de l’Université de Dundee (Ecosse), suggère notamment d’emprunter cette voie dans le cas du traitement de la leishmaniose viscérale en repositionnant le fexinidazole en thérapie orale. Les essais de phase I ont été déjà réalisés.

 

Commentaire

L’auteur de l’article semble faire preuve d’optimisme quant aux perspectives offertes par ces nouveaux partenariats. Toutefois, la présentation de ces derniers est incomplète. En effet, il aurait été intéressant de soulever la question du prix des vaccins et médicaments « en sortie » du partenariat. Comment est fixé ce prix ? Qui fixe ce prix ? Qui gère les royalties ? Sont-elles réinvesties ? Comment ? Autant de questions qui méritent d’être posées et qui aurait certainement donné plus de crédibilité à l’article.

Damien Porcher

 

6. BMJ (analysis) – Challenges of drug resistance in the developing world

Résumé  et commentaire par Noutchawo Tchieji G.Audrey, Economie de la sante CESAG

Politiques et financement de la santé

7. KFF – GAVI Announces HPV, Rubella Vaccines Will Be Available To Developing Countries

http://globalhealth.kff.org/Daily-Reports/2012/April/05/GH-040512-GAVI-HPV-Rubella-Vaccines.aspx

GAVI a annoncé qu’elle allait inclure le vaccin contre le virus papillome humain et le vaccine combiné de la rougeole et de la rubéole dans son agenda. GAVI finance déjà le vaccin pentavalent DTC-Hep-Hib, le vaccin contre la méningite A, le vaccin contre le pneumocoque et le vaccin cintre les Rotavirus dans les pays à faible revenus. GAVI signe des conventions avec les firmes pharmaceutiques pour assurer la disponibilité des vaccins à moindre coût. Le vaccin contre le virus papillome humain et celui contre la rubéole pourraient être introduit d’ici 2015.

 

8. BMJ (Feature) – Polio eradication: a complex end game

Résumé et commentaire par Basile Keugoung

9. Plos Medicine (Policy Forum) – The Role of Public Health Institutions in Global Health System Strengthening Efforts: The US CDC’s Perspective

Peter Bloland et al.;

http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1001199

Le renforcement des systèmes de santé est devenu de plus en plus prioritaire dans le but d’atteindre les grands enjeux et objectifs de santé publique internationale, qu’il s’agisse notamment des Objectifs généraux du Millénaire pour le Développement, d’objectifs plus spécifiques et sectoriels tels que les initiatives pour le VIH, la tuberculose et la malaria, ou la lutte contre les maladies non-transmissibles.

Partant du constat que les définitions et les acceptions des termes de systèmes de santé, de systèmes de santé publique et du renforcement des systèmes de santé ne rendent pas forcément bien compte du rôle central que peut jouer un système de santé publique fort dans la réussite des systèmes de santé, les auteurs de l’article – par ailleurs, membres du « Center for Disease Control » (CDC) rattaché au gouvernement américain – s’attachent à définir et décrire ce rôle et les périmètres d’intervention à l’aune des priorités fixées par le CDC.

Les auteurs identifient pour cela six fonctions centrales essentielles de la santé publique déterminantes pour un système de santé :

–          Assurer la disponibilité d’informations épidémiologiques stratégiques de qualité : le rôle du ministère de la santé est présenté comme central dans la collecte, l’interprétation et la transposition en politiques publiques et programmes afférents.

–          Renforcer les institutions de santé publique « clés » et les infrastructures : l’importance est mise sur un système d’information sanitaire efficace ; le rôle du ministère de la santé reste central au même titre qu’une institution de santé publique dédiée ; la préparation et l’assistance des pays aux urgences de santé publique est déterminante.

–          Etablir des réseaux forts de laboratoires de santé publique : les laboratoires de santé publique sont notamment essentiels dans la conduite « in situ » de la surveillance des maladie infectieuses et dans la fourniture de diagnostics destinés à confirmer l’origine d’un foyer de maladie

–          Développer une main d’œuvre qualifiée et capable : la formation académique et continue des personnels de santé est critique dans la conduite et la mise en œuvre des programmes de santé publique.

–          Mettre en œuvre les programmes « clés » de santé publique : la traduction des données et informations collectées scientifiquement en actions déterminantes sur le terrain est l’Alpha et l’Omega de la santé publique. Les programmes de santé publique doivent prendre en compte tout particulièrement les évolutions comportementales récentes en ce qui concerne la prévalence des maladies non-transmissibles.

–          Soutenir la recherche opérationnelle et appliquée critique : l’identification de nouveaux domaines d’intervention et l’ajustement de programmes existants doivent être approfondies. La communauté internationale doit également aider les pays récipiendaires à développer leur propre expertise en la matière.

 

Cette note de politique est intéressante, car les auteurs ont le mérite d’essayer d’approfondir les six grands blocs définis par l’OMS en matière de systèmes de santé – effectifs des personnels de santé, infrastructures, matériel médical et médicaments, logistique, suivi des progrès et efficacité du financement, gouvernance – au regard des grands enjeux de santé publique internationale.

 

Damien Porcher

Talents Emergents

10.    Global Health Action – The role of information communication technology (ICT) towards universal health coverage: the first steps of a telemedicine project in Ethiopia

Fassil Shiferaw & Maria Zolfo;

http://www.globalhealthaction.net/index.php/gha

Alors que 85% de la population éthiopienne vit en zone rurale, les budgets limités, l’insuffisance chronique des ressources humaines et le manque d’incitants pour retenir le personnel dans ces zones rurales limitent l’offre de soins pour ces populations.

Au total, 20 médecins de 10 formations sanitaires ont été formés entre 2004 et 2006 pour utiliser le système de télémédecine pour des références électroniques. Plusieurs cas de dermatologie et de radiologie ont été interprétés grace à l’utilisation de cette technologie. La mise en œuvre de la télémédecine ne dépend pas seulement des facteurs techniques mais également de la volonté de la connexion du gouvernement, des politiques, de l’implication multisectorielle, et des processus de renforcement des capacités. Il n’existe pas de technologie unique et l’usage d’applications mixtes est fortement recommandé.

La télémédecine est encore à la phase de démarrage en Ethiopie comme dans d’autres pays d’Afrique sub-saharienne et il est encore difficile de mesurer son utilisation et son impact même si son utilisation pratique a été démontrée au-delà des doutes tout aussi raisonnables.

 

Basile Keugoung

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