Meschac G. ATTINWASSONOU, Health Economist, CESAG Sénégal,
Basile Keugoung

Le candidat Macky SALL a été élu le dimanche 25 mars 2012 comme nouveau Président du Sénégal. Pour sa politique de santé, il pense que « les coûts de santé prohibitifs pour une population pauvre et sans protection sociale plongent les familles condamnées à renoncer aux soins dans des situations de détresse et de souffrance innommables[1] ». Il promet de mettre fin aux injustices sociales par le biais d’une Couverture Maladie Universelle de Base.

La mise en œuvre d’une telle politique nécessite une mobilisation importante de ressources financières à travers la collecte des primes d’assurance. Le candidat prévoit la réduction du train de vie de l’Etat et les prélèvements des activités à forte rentabilité (télécoms ; industries extractives, pharmaceutiques et de tabac ; transactions financières). Compte tenue de l’importance des ressources à mobiliser pour le financement d’une telle politique, on devrait s’attendre à observer des prélèvements fiscaux assez conséquents.

Si les ressources mobilisées par l’Etat sont assez conséquentes pour assurer le financement du système, il faudrait s’attendre à un système de santé équitable en ce qui concerne les soins de base pris en charge par l’assurance maladie.

Perspectives

Il est important de souligner que les ressources financières allouées au système de santé sénégalais doivent être renforcées pour permettre de financer les soins et services de santé. En plus, un système efficace de collecte, de mise en commun des fonds et d’achat des soins de santé doit être développé pour assurer un fonctionnement optimal et continu des services de santé.

Egalement, plusieurs pays d’Afrique sub-saharienne peinent à mettre en place un système performant d’assurance maladie bien que le Rwanda et le Ghana aient prouvé que cela était possible. Par conséquent, l’assurance maladie présente des difficultés opérationnelles majeures qui limitent sa mise en œuvre.

Les classes moyennes et riches doivent être intégrées au processus de prise de décision pour adhérer pleinement à cette politique qui va être mise en œuvre, et payer effectivement leurs contributions financières en termes d’impôts et taxes ou de primes d’assurance maladie.

Enfin, il faudrait maintenir les acquis obtenus sous Wade par les sénégalais tels que le Plan Sésame, la gratuité des césariennes, de la prise en charge de la tuberculose ou du VIH/SIDA tout en les intégrant dans un système de financement plus global.

Ainsi, maintenir des gratuités ciblées pour certaines groupes à risque, instituer des primes d’assurances ( ou de mutuelles) pour des soins de base et enfin lever plus d’impôts pour financer les services de santé et donc réduire la proportion des paiements directs sont les stratégies du futur qui vont au-delà des clivages idéologiques pour offrir l’accès universel aux soins en Afrique sub-saharienne et dans les pays à faible revenu en général.

 


[1] LE CHEMIN DU VERITABLE DEVELOPPEMENT ; « YOONU YOKKUTE » ;  1 ERE PARTIE : MESURES CLÉS ; LE PROGRAMME PRÉSIDENTIEL DE MACKY SALL ; pp : 19

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One Response to Editorial- Santé : Quel système de financement pour Macky Sall au Sénégal ?

  1. Hector Bokonon says:

    Très intéressant, on se demande bien si le nouveau Président aura les moyens de sa politique. En enttendant, we keep ours fingers cross for him.

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