1. Plos Neglected Tropical Diseases – Improving Access to Medicines for Neglected Tropical Diseases in Developing Countries: Lessons from Three Emerging Economies

Francesca Holt et al.;

http://www.plosntds.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pntd.0001390#aff1

Les maladies tropicales négligées (MTN) sont largement ignorés par la science médicale. Ces maladies endémiques dans les pays en développement, touchent environ 2,7 milliard de personnes vivant avec moins de 2 US$ par jour et aggravent ainsi le cycle de pauvreté. Actuellement, la stratégie en vigueur pour améliorer l’accès aux médicaments des MTN est le programme de dons de médicaments car les MTN ne représentent pas un marché juteux pour les entreprises pharmaceutiques privées.

La position des économies émergentes
La Chine, l’Inde et le Brésil sont en tête de file parmi une vingtaine de pays en transition économique et démographique. Des innovations dans le domaine de la biotechnologie de la santé dans les économies émergentes du Brésil, de la Chine, de l’Inde et de l’Afrique du Sud sont palpables. Par exemple, la Fungisone, une amphotéricine B liposomale a été développé par une société indienne ; le Dermacerium, un agent topique est produit par un laboratoire brésilien. Toutefois, en termes de charge de morbidité et de soins de santé, ces pays continuent de souffrir des maux rencontrés dans les pays en développement, y compris des MTN.

En Inde, l’industrie pharmaceutique a progressé grâce à l’utilisation de faibles coûts de recherche et de développement (R & D) et la construction d’installations de production de médicaments génériques. Plus tard, quand il a été forcé par l’Accord sur les aspects liés au commerce des droits de propriété intellectuelle (ADPIC), l’Inde s’est déplacé vers la production de médicaments innovants. Le Brésil est passé par un processus similaire d’utilisation de faibles coûts de production et d’extension de son industrie de médicaments génériques. Cependant, il y a eu une différence essentielle dans les résultats, due entre autres à la manière dont les 2 pays se sont adaptés à l’Accord sur les ADPIC. Cet accord stipule que les membres de l’OMC doivent fournir une protection par brevet pour des inventions. Cette protection doit durer au moins 20 ans à compter de la date de dépôt de la demande de brevet avec une période de transition de 10 ans.

L’Inde a fait pleinement usage de cette période de transition. La Loi indienne sur les brevets de 1970, qui a accordé les droits de brevet que les processus de fabrication, a prévalu tout au long de la transition, jusqu’en 2005. Cet acte a permis aux sociétés pharmaceutiques indiennes d’effectuer l’ingénierie inverse des médicaments de marque et de les vendre comme des médicaments génériques. Le Brésil quant à lui est devenu pleinement conforme à l’entente au bout de 2 ans (en 1996). Une fois l’accord mis en œuvre, il a commencé à octroyer des brevets. Chaque dépositaire qui avait obtenu un brevet dans un autre pays pouvait demander au Brésil sans évaluation. 

Alors que le Brésil était dans la balance commerciale négative pour les produits pharmaceutiques et médicinales, l’Inde était dans la balance commerciale positive et avait atteint la quasi-autosuffisance dans la plupart des médicaments et produits pharmaceutiques. Le Brésil a essayé par la suite de rattraper le terrain perdu avec leur nouveau cadre juridique et réglementaire. 

Enseignements et leur application 

D’après les observateurs, l’élaboration d’une industrie pharmaceutique nationale compétitive a le potentiel d’assurer un développement durable et abordable de médicaments des MTN. Frew et al. affirment que “l’accélérateur en santé mondiale» est nécessaire et créerait un abandon de l’activité moins durable du développement des produits à des coûts élevés suivis par des dons de charité, vers l’innovation à prix abordable. 

Des signes précoces d’efforts pour intensifier la R & D  sur des drogues naissantes dans les pays en développement se font ressentir de plus en plus. L’Initiative Sud-Sud est à promouvoir dans la collaboration entre les maladies endémiques en Afrique, en Amérique latine et en Asie. Par exemple, un réseau de recherche reliant le Brésil avec le Ghana, le Nigeria, l’Angola et le Mozambique a été mis en place afin que la recherche et l’expérience sur les MTN soit partagée.

Conclusion   

Actuellement, la stratégie dominante pour assurer l’accès aux médicaments pour les MTN est précaire et motivée par le profit des organisations occidentales. Les pays en transition démographique et économique sont les mieux placées pour relever le défi de l’accès aux médicaments abordables et durables des MTN. C’est ainsi qu’ils élaborent leurs propres politiques d’innovation, leurs propres industries pharmaceutiques, et leurs propres solutions médicales aux MTN. Leur connaissance et leur expérience inestimable  peuvent sûrement aider à guider les pays en développement vers des stratégies durables de lutte contre les MTN.

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