Ont contribué à l’édition de cette Newsletter : Laure Drusille Fotso Mafogue, Gaston Wamba et Emmanuel Forlack (Cameroun).

 

Editorial : Renforcer la participation du SUD au 2e Symposium international sur la recherche sur les systèmes de santé

 

Basile Keugoung

Les recherches sur les systèmes de santé sont en nette croissance ces dernières années. Les grands objectifs mondiaux ont boosté ces recherches qui visaient d’une part à identifier les obstacles inhérents aux systèmes de santé et d’autre part à identifier les pistes de renforcement des systèmes de santé afin d’améliorer leurs performances. Les pays à faible revenu représentent la cible principale de ces recherches.

 

Lire la suite de l’éditorial

 

 

 

Recherche

 

1.    WHO – Alliance HPSR : “Health Policy and Systems Research: A Methodology Reader”

 

http://www.who.int/alliance-hpsr/resources/reader/en/

 

Lucy Gilson et d’autres collègues ont publié un important document sur l’approche méthodologique de la recherche sur les politiques et les systèmes de santé. Ce livre passe en revue les divers aspects des politiques de santé et des systèmes de santé. Ensuite, les différentes approches de recherche sont discutées et des articles de références sur chaque approche sont repris. Entre autres thèmes abordés, les cadres conceptuels d’analyses des politiques et des systèmes de santé, les méthodologies de recherche telles que les études transversales, les études de cas, les études ethnographiques, la recherche action… Ce document est très important pour les chercheurs qui ont dans un seul volume, une vue globale des aspects méthodologiques de la recherche sur les politiques et les systèmes de santé.

 

Vous pouvez télécharger la Version complète du livre – PDF – 7,4 Mb).

 

Le second symposium de la recherche sur les systèmes de santé se tiendra à Beijing (Chine) du 31 octobre au 3 novembre 2012. Le délai de soumission des abstracts individuels est fixé au 1 mai 2012.

 

Politiques de santé et Financement

 

2.    IRINPLUS – SOUTH AFRICA: Global Fund monies finally released

 

http://www.plusnews.org/report.aspx?reportid=94927

 

Les principales organisations sud–africaines de lute contre le VIH/SIDA peuvent avoir le sourire car depuis sept mois, elles attendaient la publication de la subvention accordée par, le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme alors que certaines organisations étaient sur le point même de fermer leurs bureaux. Le Fonds mondial a donc accordé 7,1 million US$ au Trésor national sud-africain le 6 Février, au moment où 7 organisations des sous-bénéficiaires avaient envoyé  une lettre ouverte au ministre de la Santé, Aaron Motsoaledi, plaidant pour une intervention afin de rendre disponible les fonds pour sauver des vies.

 

Ces organisations sous-bénéficiaires voudraient également des changements dans les procédures d’allocation des ressources du Fonds mondial ce qui contribuerait à l’efficacité de leurs interventions.

 

Les systèmes du Fonds mondial sont si complexes que ni le Fonds ni son principal bénéficiaire, le ministère de la Santé, n’est capable de gérer correctement le système,”

 

Pour les responsables du Fonds mondial, la principale raison pour ce retard a été la tentative de consolider les rounds 6, 9 et 10 en un seul système. Cela met en lumière les procédures complexes du Fonds qui ne cessent d’être critiquées par les organisations bénéficiaires.

 

3.    Healthfinancingafrica.org – Will Performance-Based Financing survive Universal Health Coverage?

 

Jurrien Toonen; www..healthfinancingafrica..org

 

 

 

Est-ce que le financement basé sur les résultats survivra-t-il au moment  de la Couverture universelle des soins ? Telle est la question que se pose Jurrien Toonen (KIT, Amsterdam) dans ce blog. Cette question fut l’objectif principal d’une importante conférence qui s’est tenue à Bangkok (Thaïlande) au  mois janvier sur le thème “Towards Universal Health Coverage (UHC) – health financing matters”.

 

En effet, les discussions de cette rencontre ont largement porté sur la couverture universelle des soins. L’engagement suscité depuis le rapport de l’OMS 2010 sur la couverture universelle des soins a permis une prise de conscience dans plusieurs pays. Si la Thaïlande a prouvé qu’il est possible d’atteindre la couverture universelle des soins dans un pays à revenu intermédiaire, cela est-il  possible dans les autres pays qui ont le même niveau de revenu ?

 

La couverture universelle des soins a le potentiel  de mobiliser des ressources substantielles pour le secteur de la santé, mais aussi pour fournir une protection sociale et accroître l’accessibilité financière. Toutefois, les questions de maitrise des coûts pour  améliorer l’efficacité, lutter contre la fraude et la corruption, la réaffectation des ressources existantes pour augmenter les performances des ressources humaines ne sont pas très souvent au cœur des discussions.

 

Pourtant l’un des défis de la couverture universelle des soins réside dans l’organisation des services dans les établissements sanitaires de manière efficace afin que les patients puissent les utiliser.

 

Pour l’auteur c’est à ce niveau que le financement basé sur les résultats pourrait jouer un rôle capital. Le financement basé sur les résultats a le potentiel de rendre les services plus rentables, motiver le personnel, permettre au personnel de faire face aux goulots d’étranglement. Cependant, il revient aux professionnels qui utilisent le PBF de démontrer sa place au niveau de la couverture universelle des soins et qu’il puisse accompagner cette espérance pour l’atteinte des OMD.

 

4.    Karengrepin – Stop saying the solutions are so simple

 

Karen Grepin ; http://karengrepin.com/2012/02/stop-saying-the-solutions-are-so-simple.html

 

Dans leur rapport lancé cette semaine et intitulé « Une vie sans la faim », Save the Children attire à juste titre l’attention mondiale sur l’une des plus importantes, mais peut-être les causes les plus négligés de la mortalité infantile et de la mauvaise santé – la malnutrition. Selon leurs estimations, la malnutrition est une cause sous-jacente dans 2,6 millions de décès d’enfants chaque année. Et bien sûr, la mortalité n’est que la manifestation la plus extrême de ce problème, il laisse les enfants moins aptes à apprendre et à devenir des membres productifs de la société.

 

Karen Grepin souligne qu’elle n’est pas d’accord que les interventions « simples » ont besoin d’être simplement mis en œuvre. Si les solutions sont si simples, pourquoi ne sont-ils pas adoptées ou mis en œuvre?

 

Le rapport indique :

 

Des simples solutions offertes aux enfants qui sont à risque de la malnutrition et à leurs familles sont bien connues et bien soutenues par des experts en nutrition.

 

En 2008, la revue médicale The Lancet a identifié un ensemble de 13 interventions directes, telles que des suppléments de vitamine A et le zinc, le sel iodé, et la promotion de comportements sains, y compris le lavage des mains, l’allaitement maternel exclusif, et les pratiques d’alimentation complémentaire – qui ont montré leurs preuves sur la nutrition et la santé des enfants et des mères.

 

Quoique, beaucoup de ces interventions soit relativement peu coûteuses et simples, les composantes de changement de comportement ne le sont pas. On n’a pas cherché à comprendre pourquoi ces pratiques sont si difficiles à mettre en pratique. Un excellent exemple de cela c’est l’allaitement.

 

La plupart des experts en santé publique recommandent aux mères l’allaitement maternel «exclusif» de leurs enfants pendant 6 mois. Mais cela signifie que la mère ne peut jamais être très loin de son bébé tout ce temps. Le fait que cela pourrait avoir un impact négatif sur l’emploi ou la productivité d’une mère active semble complètement ignoré dans ces calculs de coût-efficacité. C’est simple dans ce cas de laisser un biberon de sorte que les pères, les grands-parents, et d’autres dispensateurs de soins puissent partager dans l’alimentation des enfants.

 

Mais cela souligne ce que je crois être une question très importante et négligée dans la santé mondiale. Pourquoi certains comportements sains et des technologies sont adoptés tandis que d’autres ne sont pas. Ce n’est pas si simple et nous avons seulement commencé à gratter la surface étant en mesure d’influer sur ces comportements à travers la politique.

 

 

 

5.    International health – Evaluation of scaling-up should take into account financial access: Comment on: Evaluating the scale-up for maternal and child survival: a common framework

 

David Hercot et al.;

 

http://www.internationalhealthjournal.com/article/S1876-3413(11)00090-8/fulltext

 

Article original : Evaluating the scale-up for maternal and child survival: a common framework

 

Jennifer Bryce, Cesar G. Victora, Ties Boerma, David H. Peters, Robert E. Black

 

International Health 3 (2011) 139– 146, http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1876341311000301

 

Commentaire rédigé par David Hercot

 

Bryce et al. partagent avec la communauté scientifique les progrès de leurs réflexions pour produire une méthode d’évaluation plus poussée de la mise en oeuvre à grande échelle des interventions à haut impact. Leur but est d’élargir l’évaluation afin d’inclure les aspects du processus, les intrants, le contexte, l’environnement politique et l’équité des programmes au-delà des indicateurs et résultats plus classiques de l’évaluation d’impact, comme la couverture vaccinale. Lire la suite de ce commentaire.

 

Financement National de la santé

 

6.    Global Health Check – Abolishing user fees for c-sections in Mali: A success story?

 

A l’heure actuelle, la peur que l’objectif 5 des OMD (de réduire la mortalité maternelle de 75%) ne soit pas atteint est légitime. Les recherches ont démontré que les barrières financières sont une cause majeure d’une mortalité maternelle et infantile élevée en Afrique sub-saharienne.

 

Au Mali, la mortalité maternelle est élevée, 464 décès pour 100 000 naissances vivantes, avec moins de 50% des femmes qui accouchent dans une formation sanitaire. Ceci serait dû aux frais des soins qui constituent une barrière pour ces femmes.

 

En 2005, le Mali a introduit la gratuité de la césarienne entièrement financée par les fonds internes. Une évaluation faite par l’USAID a démontré une augmentation de l’accès à la césarienne ainsi que la réduction de la mortalité maternelle et néonatale, prouvant ainsi que la gratuité des soins peut sauver des millions de vie.

 

Quelques problèmes ont été notés, les coûts du transport et des médicaments étaient à la charge des familles ou des fonds de solidarité dans certaines communautés ; la référence était faible (causée par les mauvaises routes), les problèmes de stock des médicaments et des intrants de la césarienne ; la méconnaissance des composantes spécifiques de cette politique et les barrières socioculturelles aux soins maternels.

 

La gratuité de la césarienne au Mali démontre que, 1- l’élimination des frais des soins peut améliorer les soins maternels et infantiles ; 2- le financement interne de certaines politiques de santé est faisable dans les pays en développement ; et enfin 3- en tenant compte des autres aspects des coûts et de l’accès, elle peut servir comme une mesure effective dans l’amélioration de l’accès aux soins.

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