Ont contribué à l’édition de cette Newsletter : Laure Drusille Fotso Mafogue, Noel Vogue, Gaston Wamba et Emmanuel Forlack (Cameroun), et Morris Kouame (Cote d’Ivoire).

Editorial – Aide européenne à la Grèce, quelles leçons pour l’Afrique sub-saharienne ?

Basile Keugoung
La crise économique qui frappe aujourd’hui la Grèce est impitoyable. La dette publique de ce pays est énorme et est supérieure à 150% de son PIB en 2011. En 2010, son PIB était de près de 301,1 milliards US$ avec une population de 11,3 million d’habitants selon la Banque mondiale. Lire la suite


Paludisme et Tuberculose

1.Lancet (editorial) – New estimates of malaria deaths: concern and opportunity

Lire le résumé

Politique de santé & Financement

2.Guardian – Ivory coast: Free health care ends

http://www.guardian.co.uk/global-development/2012/jan/27/ivory-coast-free-healthcare-ends

Dans l’éditorial proposé pour notre newsletter de la semaine dernière (Expérience de gratuité des frais médicaux en Côte d’Ivoire : quels enseignements ?), il avait été question de la  suspension de la « gratuité généralisée » pour une gratuité ciblée. Les raisons de cette mesure sont un peu plus claires. Selon un article du rapport de (IRIN), les raisons de la suspension de la gratuité généralisée  sont d’autre part le coût trop élevée (30 milliards de francs CFA, environ 60 millions US$) et d’autre part les nombreux vols constatés dans les structures sanitaire, la gestion médiocre de cette mesure, et l’incapacité de la Pharmacie de Santé Publique (PSP), l’établissement public central chargé de la distribution des fournitures médicales dans le pays à faire face à la demande des patients du fait de nombreux vols.

Selon un expert et consultant en matière de santé communautaire, la politique de gratuité des soins de santé aurait été plus efficace si les autorités l’avaient expliqué en détail car il craint que les médecins et les patients ne comprennent pas la politique de gratuité des soins de santé.

Pour la nouvelle mesure qui a pris effet depuis ce mois de Février, concerne les accouchements pour les femmes  et le traitement des pathologies affectant les enfants jusqu’à l’âge de six ans. Le tarif des consultations passe de 1 000 FCFA à 650 FCFA (de 2 dollars à 1,5 dollars). Par la voie de Louis Vigneault-Dubois, responsable de la communication UNICEF en Côte d’Ivoire, cette décision est compréhensible, les femmes et les enfants sont parmi les plus vulnérables.

Partenariats Publics-Privés

3.Lancet Online – Will increased funding for neglected tropical diseases really make poverty history?

Tim Allen & Melissa Parker;

http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(12)60159-7/fulltext

Au 21 Janvier 2012, la Grande Bretagne par son Département pour le Développement International (DFID) a annoncé une augmentation de 5 fois de son financement aux programmes de contrôle des Maladies Tropicales Négligées (MTN) et déclare en même temps que ce nouveau financement va offrir 400 000 doses de traitements pour protéger 100 000 personnes des filarioses lymphatiques et sauver 10 millions de vies qu’on pourrait perdre à cause de la schistosomiase. L’onchocercose et la dracunculose sont aussi les maladies cibles. Tous ces financements sont des actions très positives, cependant, les stratégies actuelles de contrôle des MTN, associées aux systèmes de santé fragilisés par l’introduction des nombreux programmes verticaux internationalement financés, ne prouvent pas leur efficacité.

Des études menées en Ouganda et en Tanzanie ont démontré que le contexte politique, économique et social dans lequel la distribution de masse de médicament s’opère a un impact sur la prise de ces médicaments. La couverture des populations cibles est en baisse dans les villages où ces études ont été menées et l’on note comme une diminution d’effet de ces campagnes.

La communication avec les populations cibles à propos des campagnes reste faible et les questions concernant leur bien fondé et les buts réels ne sont pas abordées, ce qui nourrit des suspicions quant à leur efficacité et leur bienfait.

Contrôler de manière durable les MTN nécessitera le changement de comportement, qui passe par une bonne communication, car la seule disponibilité des médicaments ne suffit plus.

Et dire que les programmes de campagne de masse dans leur forme actuelle vont faire de la pauvreté quelque chose du passé est irréaliste. Ces programmes ont besoin d’une surveillance et d’un monitoring réguliers, d’une évaluation basée sur l’évidence et dans une perspective pluridisciplinaire.

4.BMJ news – Governments and drug companies pledge to eliminate 10 neglected tropical diseases by 2020

Anne Gulland;

http://www.bmj.com/content/344/bmj.e773

Les partenaires des secteurs public et privé, y compris les gouvernements du Royaume-Uni, des États-Unis, des Émirats arabes unis, 13 compagnies pharmaceutiques, et le fondateur de Microsoft  se sont engagés à :

–          Éradiquerla maladie du ver de Guinée en 2015

–          Éliminer la filariose lymphatique, la lèpre, la trypanosomiase humaine africaine, et le trachome cécitant d’ici 2020

–          Contrôler la schistosomiase, les helminthes transmis,  la maladie de Chagas, la leishmaniose viscérale et l’onchocercose d’ici à 2020.

Travailler ensemble pour l’élimination de ces 10 maladies tropicales négligées (MTN) a nécessité la signature de la Déclaration de Londres. Cette déclaration s’appuie sur la feuille de route de l’OMS sur 17 MTN qui touchent plus d’un milliard de personnes dans le monde.

Les signataires ont promis plus 785 million US$ ​​pour soutenir la recherche, le développement et le renforcement des programmes de distribution des médicaments. Ceci a permis aux firmes pharmaceutiques de travailler en partenariat d’une manière sans précédent sur certaines maladies.

La semaine dernière, le gouvernement britannique a annoncé une augmentation des dépenses   dans la lutte contre 4 MTN où il y a déjà une grande expérience et une expertise afin d’atteindre le plus grand impact.

Enfin, le Directeur général de l’OMS, parlant des personnes victimes des MTN a déclaré que «Ces gens sont emprisonnés dans la pauvreté à cause de ces maladies». Il a rendu hommage à tous les partenaires et a précisé que si ils tenaient à leur promesses, ils permettraient à toutes ces personnes d’avoir une vie saine et productive.

Objectifs du Millénaire pour le Développement

5.BMJ (news) – Targets on non-communicable diseases need to be part of new millennium goals being designed for 2015

Matthew Limb;

http://www.bmj.com/content/344/bmj.e724?etoc=

L’OMS affirme que près des 2/3 (36 millions) des 57 millions de décès en 2008 étaient le résultat de maladies non transmissibles (MNT), dont beaucoup sont évitables. D’où la sonnette d’alarme lancée par l’alliance des MNT qui est un réseau de plus de 2000 Organisations pour les quatre principales maladies décrites par l’OMS en 2008 : les maladies cardio-vasculaires, le diabète, le cancer et les maladies respiratoires chroniques. Il s’agit de réduire les quatre principaux facteurs de risque – l’usage du tabac, l’usage nocif de l’alcool, l’inactivité physique, et la mauvaise alimentation.

La Directrice par intérim de cette Alliance, Judith Watt, a déclaré qu’il était essentiel pour l’OMS cette année de respecter ses engagements sur la recommandation des objectifs pour la prévention et le contrôle des MNT. Cette opportunité doit être saisie d’autant plus que le processus d’élaboration des nouveaux Objectifs du Millénaire pour le Développement en remplacement de ceux qui expirent en 2015 est en cours.

La déclaration de l’ONU de janvier à Genève a appelé à un cadre mondial de surveillance des objectifs mondiaux, en se concentrant sur les quatre maladies et les facteurs de risque clés. Seulement, face aux limites telles que le manque de ressources et l’absence de cible pour augmenter l’activité physique,”Il reste difficile de savoir si les objectifs doivent aller à l’Assemblée mondiale de la Santé de mai 2013 pour adoption” a souligné la Directrice.

Les MNT ne restent pas moins une priorité transversale de développement et doivent être pleinement intégrées dans les futurs cadres de développement mondial, régional et national. “Si nous manquons le bateau pour les MNT comme un enjeu de développement pour 2015, nous serons irrécupérables ” a conclus Watt.

Talents Emergents

6.Asian Social Work & Policy (Brief Communication) – Can a Sector-Wide Approach Underpin and Advance Universal Health Coverage?

Anar Ulikpan, Peter Hill, Asmat Ullah Malik, George Shakarishvili, Indermohan Narula;

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1753-1411.2011.00061.x/abstract

Les auteurs estiment que le financement « fragmenté » des soins ne peut garantir la réalisation complète d’une couverture universelle des soins. Cet article explore la contribution potentielle d’une approche systémique sectorielle (SWAP) à parvenir d’une couverture universelle des soins en prenant l’exemple de la Mongolie.

Le document décrit la Couverture universelle des soins et les facteurs qui entravent sa réalisation dans les pays en développement en se basant sur l’expérience de la Mongolie. L’analyse se concentre sur les facteurs fondamentaux qui entravent la réalisation des systèmes de couverture universelle de soins et examine la façon dont ils affectent le système et la capacité locale. Deux approches différentes sont utilisées. L’une à l’échelle (globale)  et l’autre comme projet autonome (fragmenté) sont comparées à travers leur contribution aux principaux indicateurs de la réalisation de la couverture universelle des soins.

Le document propose une approche sectorielle pour s’attaquer à ces causes profondes car elle constitue un instrument prometteur qui favoriserait un renforcement systémique des capacités pour permettre une coordination efficace des projets autonomes et leur alignement sur les priorités nationales.

7.Lancet (Correspondence) – A tale of devolution, abolition, and performance

Asmat Malik, Anar Ulikpan et al. ;

http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(12)60184-6/fulltext

Asmat Malik et collègues ont publié dans le Lancet un point de vue sur les réformes proposées pour améliorer la performance du système de santé du Pakistan. Ils soulignent que le plus surprenant est la faible réaction des acteurs sur la menace d’abolition du Ministère de la santé comparée à la vigoureuse opposition de ces acteurs à accepter la dévolution de la Commission de l’Enseignement Supérieur.

Depuis sa création en 1990, le Ministère de la santé n’a jamais défini clairement son rôle. En effet, aucune politique de santé adéquate ni les normes et standards n’ont été clairement définis. Le secteur privé n’est pas régulé.  L’implication directe des services publics dans l’offre de soins est en tension avec les Services provinciaux de la santé autorisés par la Constitution d’offrir ces soins.

Les décisions sont basées sur les considérations politiques plutôt que techniques. En principe, la mise en place des critères de performance, une forte capacité institutionnelle, la collaboration multisectrorielle et la bonne gouvernance pourraient corriger des décisions politiques biaisées. Contrairement au Ministère de la santé, la Commission de l’Enseignement Supérieur a révolutionné l’enseignement supérieur en créant 50 nouvelles Universités et Instituts aboutissant ainsi à une multiplication par 7 des publications scientifiques et à 3800 étudiants inscrits en PhD au niveau international.

Malgré la faible performance du Ministère de la santé du Pakistan, les fonctions de régulation et de définition des politiques seront requises pour développer le système de santé. Cela exigerait une réforme profonde et non un changement de nom.

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8.Santé – Leadership and vision in the improvement of universal health care coverage in low-income countries

Z.C. Meda et al.; http://www.jle.com/

Lire le résumé ici.

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