Edito : Evaluation de la Newsletter Version française : votre point de vue compte

Nous avons fait une évaluation de la Lettre d’Information Politiques de Santé internationale et nous vous remercions pour votre participation et vos importantes remarques et suggestions qui visent l’amélioration de la qualité de la Lettre. Dans l’ensemble, notre lettre est évaluée très positivement et nous en sommes très fiers. L’évaluation a notamment montré que la majorité des lecteurs souhaitent avoir accès aux archives. Nous vous suggérons particulièrement de visiter le site web qui contient toutes les Lettres qui ont été publiées depuis le début aussi bien en anglais qu’en français. Bien plus, un nuage de mots clés vous permet en un clic sur un mot d’avoir tous les articles et publications sélectionnées sur le sujet (seulement en anglais).

Vous êtes aujourd’hui près d’un millier d’abonnés à recevoir la Lettre d’Info en français. C’est déjà beaucoup mais nous pensons que bien plus devraient la recevoir particulièrement au vu du nombre potentiel de francophones spécialement en Afrique sub-saharienne qui sont intéressés par ces questions de santé internationale. Nous sommes convaincus que de nombreux acteurs de santé ont besoin d’une information régulière sur ces questions mais sont limités par la barrière d’accès aux informations (liée par exemple à l’accès payant à nombre de journaux, à la barrière linguistique, à la qualité et au coût d’internet dans les pays du sud, …). Rappelons-nous par exemple cet article publié dans le Lancet en janvier 2011, interpelant la communauté internationale sur la décision de plusieurs grands journaux de se retirer de l’initiative HINARI (initiative de l’OMS visant à rendre l’accès à certains grands journaux gratuit pour les pays en développement) que nous avons résumé et commenté dans notre lettre 101. Nous vous encourageons dès lors à inviter des collègues et collaborateurs à s’inscrire en envoyant un email à [email protected], et à partager également la lettre à vos contacts. N’hésitez pas à nous mettre en contact avec des personnes ressources qui pourraient diffuser la lettre. La santé en réalité concerne tout le monde et pas seulement les professionnels de santé. Nous vous tiendrons au courant des développements futurs que cette évaluation nous encourage à faire tel que le développement d’une plateforme pour smartphone ou un lien avec le site social facebook.

Nous apprécions fortement les réactions à la lettre qui complètent ou apportent une information de terrain pour nos nombreux lecteurs. Par exemple, en réaction à la Newsletter 117, Jean Marie Milleliri a ajouté d’autres importantes revues francophones à la liste que nous avons publiée initialement, Carinne Bruneton relevait des conflits d’intérêt qui existent entre certaines revues et les firmes pharmaceutiques, et Kané Famakan soulignait des problèmes d’éthique pour la recherche effectuée dans les pays francophones et publiée dans les revues anglo-saxonnes non accessibles aux populations qui ont participé à l’étude. Ces commentaires sont publiés avec la lettre sur notre site web qui semble peu connu et peu utilisé par les lecteurs.

Basile Keugoung, Isidore Sieleunou et David Hercot


World Health Assembly

1. WHO – World health statistics 2011

http://www.who.int/whosis/whostat/2011/en/index.html

En plus de la publication des statistiques pour cette année sur la santé mondiale, l’OMS a également lancé  le Global Health Observatory, un nouveau site web qui permet d’accéder facilement à un plus grand et complet nombre de données sur la santé. Ce site regroupe les données des importantes organisations en santé et programmes de contrôle des maladies.

2. Delhi Statement – “Time to Untie the Knots: the WHO Reform and the Needs of Democratizing Global Health”

http://bit.ly/kxQQyY

Les représentants des organisations de la société civile œuvrant dans le domaine de la santé et de la justice sociale, les académiciens, les gouvernements et institutions multilatérales se sont réunis à New Delhi du 2 au 4 mai. Ils ont abordé la nécessité d’une gouvernance mondiale efficace et redevable pour la santé. Retrouvez la déclaration finale appelée la Déclaration de Delhi. (PDF)

3. News updates out of World Health Assembly

Comme vous le savez probablement, la 64ème Assemblée Mondiale de la Santé s’est déroulée il y’a quelques jours. Naturellement, la réforme et le financement de l’OMS ont reçu beaucoup d’attention, par exemple, dans des articles grand public, et sur le site de KFF où le discours d’ouverture de Margaret Chan, puis celui de Bill Gates sur la prochaine « décennie des vaccins », et encore Chan sur la crise du financement de l’OMS ont été commentés. Gates a notamment appelé à plus d’investissement dans la recherche et le financement de nouveaux vaccins notamment contre le palu ou le SIDA. Et MSF de réagir qu’il ne faut pas perdre de vue que les vaccins existants et bon marchés ne doivent pas pour autant être laissés pour compte. La rougeole tue encore trop dans de nombreux pays. Cette année, l’Assemblée Mondiale a fait un effort pour prendre le train des média sociaux.

Global Health

4. Globalization and Health – The Health Systems Funding Platform: Is this where we thought we were going?

Peter S Hill, Peter Vermeiren, Katabaro Miti, Gorik Ooms and Wim Van Damme

http://www.globalizationandhealth.com/content/7/1/16/abstract

En mars 2009, le groupe de travail international sur le financement innovant pour les systèmes de santé a recommandé « une plateforme de financement des systèmes de santé pour le Fonds Mondial, GAVI Alliance, la Banque Mondiale et d’autres, pour coordonner, mobiliser, rationaliser et canaliser les ressources internationales existante et à venir, dans le but de soutenir efficacement les stratégies nationales de santé ».

L’établissement de cette plateforme a été très rapide, avec la BM qui a organisé un atelier technique sur le renforcement des systèmes de santé, et des séries de réunion organisées pour faire avancer l’agenda. En dépit de son importance potentielle, on note peu de publication sur le sujet, pourtant certaines inquiétudes demeurent autour de cette plateforme.

Les auteurs ont mené une analyse documentaire, une observation participative et 24 entrevues en profondeur pour examiner les processus de développement et les principales questions soulevées par la plateforme.

D’après Hill et al., les résultats montrent un processus fluide et volatile, avec un débat en cours de savoir si la question de l’engagement du FM et de GAVI dans le renforcement des systèmes de santé représente une dilution des centres d’intérêt de ces organisations, avec un risque d’une assistance suivie, ou un paradigme qui facilite l’atteinte des objectifs ciblés, avec un renforcement des capacités et une mobilisation des ressources supplémentaires.

L’incertitude dans le développement de la plateforme reflète la flexibilité des initiatives de santé mondiale et l’instabilité des donateurs vis-à-vis de leurs engagements, particulièrement dans le climat financier actuel. Mais, implicitement dans le conflit se cache une tension entre les parties prenantes principales sur la définition et l’appropriation de l’agenda des systèmes de santé.

Pour les auteurs, les tensions semblent avoir été résolues en mettant l’accent sur la planification nationale, en appliquant les principes de partenariat international pour la santé, cependant la crise financière mondiale et les changements des personnes clés peuvent modifier les résultats. En dépit de son évolution dynamique, la plateforme peut offrir une voie supplémentaire vers l’intégration croissante dans les systèmes de santé, ce qui n’a pas été possible jusqu’ici. PDF provisoire (250 Kb)

Health Policy & financing

5. TMIH – Communities of practice: the missing link for knowledge management on implementation issues in low-income countries?

Bruno Meessen, Seni Kouanda, Laurent Musango, Fabienne Richard, Valéry Ridde, Agnès Soucat;http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1365-3156.2011.02794.x/abstract

Malgré les efforts considérables aux plans scientifique, politique et financier, pour la mise en œuvre d’interventions efficaces, les progrès demeurent insuffisants pour l’atteinte des OMD. Les raisons de ce fossé observé dans la mise en oeuvre se situent dans une mauvaise gestion des connaissances. Parmi les facteurs explicatifs, on retiendra  le cloisonnement de chacun des trois grands domaines en santé publique que sont la politique, la pratique et la recherche.  Chaque domaine se présente  comme une « niche écologique  » avec ses caractéristiques propres et guidée par le souci de protéger son mode de fonctionnement contre le monde extérieur.

Une plateforme innovante pour briser ces barrières et favoriser une mise en œuvre efficace des politiques pourrait être la « communauté de pratique » (CoPs) définie par Wenger comme « un groupe de personnes qui décident d’approfondir leurs connaissances et leur expertise dans un domaine en interagissant sur une base continue. »

En Afrique, des CoPs sur le financement basé sur la performance, la budgétisation et la planification basées sur les évidences, l’accès financier aux services de santé notamment ont été mises en place sous l’impulsion de Harmonisation pour la Santé en Afrique (HHA)

Ces CoPs ciblent des experts africains, qui ont accumulé une expertise sur un domaine spécifique de connaissance, travaillant pour les ministères de la santé, les établissements de santé, les ONG, les organismes d’aide ou des institutions universitaires.

Les leçons tirées de telles initiatives indiquent que travailler ensemble avec une vision et une base de connaissances commune, par un échange permanent avec des pairs sur des questions techniques, et favoriser la mobilité des experts, sont de puissants moyens de transférer les connaissances opérationnelles et tacites pour la mise en œuvre de meilleures politiques. Le niveau régional semble particulièrement propice pour une telle dynamique positive.

Texte résumé par Maurice Evariste Yameogo Wambi

6. BMJ (news) – World’s poorest countries can improve access to medicines through local production, says United Nations

John Zarocostas; http://www.bmj.com/content/342/bmj.d3101

La production locale des produits pharmaceutiques dans certains pays à faible revenu a le potentiel d’améliorer l’accès aux médicaments essentiels pour une bonne part de la population de ces pays, selon un expert des nations unies.

« Une industrie pharmaceutique locale peut contribuer à atteindre l’objectif de l’accès aux médicaments », conclut l’étude.

Le rapport indique que dans une perspective de santé publique, les gains sont plus importants si la production locale augmente l’approvisionnement des médicaments essentiels pour lesquels une pénurie existe.

Il faut cependant remarquer que pour les médicaments qui sont produits en grande quantité, par exemple en Inde, il sera difficile à une industrie local de produire au même coût. DH

AIDS

7. Nation – Kenya: Plan to Cut Reliance on Donor Cash in AIDS War

Walter Menya; http://www.nation.co.ke/News/Plan+to+cut+reliance+on+donor+cash+in+Aids+war+/-/1056/1165454/-/13annnjz/-/

Le Ministre kenyan des Programmes Spéciaux Esther Murugi a déclaré que le gouvernement cherchait des partenariats avec le secteur privé pour financer les soins des patients VIH et la recherche de la création d’un fonds spécial pour cette affection.

Parlant à l’ouverture d’une conférence de quatre jours consacrée à la recherche sur le VIH/SIDA à l’École d’Études Monétaires de Nairobi – Kenya, Mme Murugi a dit que les allocations budgétaires ont souvent été en deçà des objectifs, entravant ainsi la lutte contre la pandémie.

Pour elle, l’OMS a lancé en 1986 le programme mondial sur le VIH/SIDA, mais depuis lors, le Kenya est resté dépendant de l’aide des bailleurs de fonds pour ses programmes de prévention, traitement, soins et soutien aux personnes vivant avec le VIH.

Le gouvernement a admis qu’avec plus de 700 000 kenyans ayant besoin des médicaments anti-rétro viraux, il n’est plus possible de compter sur les fonds des donateurs.

Les manifestants ont également fait entendre leur voix, souhaitant que le budget alloué à la santé et les fonds consacrés à la lutte contre le VIH/SIDA soient augmentés à 10% par an. Une étape selon eux pour amorcer la réalisation des objectifs d’Abuja.

Development & Aid

8. AFGH – Stronger parliamentary oversight of budget support essential

Eva Nilsson; http://bit.ly/iSvyab

L’appui budgétaire doit être accompagné d’un fort contrôle parlementaire. Tel est le message venant des parlementaires ACP-UE à l’Assemblée Parlementaire Paritaire (APP) à Budapest.

L’Assemblée a examiné le soutien budgétaire le lundi 16 mai, en réponse à un rapport co-rédigé par le député européen Enrique Guerrero Salom (S & D, Espagne) et le député Mohamed Abdallahi Quld Guelaye (Mauritanie). Les propositions concrètes du rapport recommandent de faire en sorte que 50% de l’Aide Européenne au Développement d’Outre-mer (ODA) soit acheminée aux pays ACP pour l’appui budgétaire et que le contrôle parlementaire des fonds soient renforcés.

La majorité des parlementaires se sont félicités du rapport et a approuvé les recommandations. L’appui budgétaire a été unanimement considéré comme le meilleur mécanisme d’aide. Ce fut aussi l’avis du commissaire au développement Piebalgs, qui a affirmé que le soutien budgétaire est la seule voie pour assurer l’appropriation du développement. Il pose cependant certaines conditionnalités que sont: l’appui budgétaire ne peut être canalisé vers les pays de grande corruption, de violations des droits humains ou d’instabilité macroéconomique.

Quelle serait alors la valeur ajoutée de cette approche pour la santé? L’appui budgétaire est souvent critiqué, y compris par les initiatives de santé mondiale, parce qu’il ne sert pas pour les secteurs sociaux et pour les besoins de santé de la population. En effet les fonds ne serviront aux besoins de la population que si la société civile et les députés peuvent avoir leur mot à dire dans la façon dont ils sont dépensés. Toutefois, AFGH, s’attends à une amélioration du niveau de contrôle parlementaire sur l’appui budgétaire.

Les propositions du rapport sont susceptibles d’être prises en compte dans la communication en préparation à la Commission Européenne sur l’appui budgétaire. Communication attendue pour l’été prochain et qui exposera la position de la Commission sur cette modalité d’aide, actuellement critiquée par de nombreux États membres européens.

Texte résumé par Kadio Kadidiatou

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