Cette semaine de mai marque le début du célèbre festival de Cannes avec la très attendue comédie capitale « Minuit à Paris » de Woodie Allen qui met sous projecteur Carla Bruni l’épouse du président Français Nicolas Sarkozy. Si toutes les caméras sont braquées à Cannes, à moins de 300 km se tient pourtant un autre évènement majeur, enfin majeur pour les acteurs du système de santé des pays en voie de développement.
Le Centre d’Etudes et de Recherches sur le Développement International (CERDI) organise durant 3 jours (du 11 au 13 mai) son troisième colloque international sur le thème du financement des systèmes de santé dans les pays en développement. Ce colloque s’inscrit dans le prolongement des deux précédents organisés en décembre 2000 et 2005 et se propose de réunir des participants d’horizons variés pour échanger autour de travaux théoriques, conceptuels, méthodologiques et appliqués portant sur les multiples aspects de la problématique actuelle du financement de la santé dans les pays en développement et émergents.
Le 1er jour de la conférence est un atelier international organisé par le « Réseau pour l’Incitation à la Performance des Prestataires de Soins ». Il s’agit d’un groupe d’experts et de chercheurs du nord, convaincus que les incitations devraient recevoir plus d’attention dans l’organisation des systèmes de santé dans les pays à faible revenu. L’objectif de cette pré-conférence est double : (1) tirer les leçons des récentes expériences du financement basé sur la performance et du paiement pour la performance dans divers contexte, (2) discuter des défis, risques et opportunités de l’approche de l’aide basée sur la performance implémentée par certaines initiatives de santé mondiale.
Le financement de la santé est un pilier essentiel du système de santé et occupe une place centrale dans la poursuite des Objectifs de Développement du Millénaire (ODM).
De ce fait, les Etats et leurs partenaires extérieurs attachent une importance croissante au rôle que le financement peut jouer dans l’efficience des systèmes de santé, selon des schémas variés pouvant combiner financement et production de services, publics et privés.Comme très souvent, cette rencontre organisée pour discuter des problèmes du système de santé dans les pays pauvres reste grandement influencée par les acteurs du nord. Les questions du financement de la santé des pays du sud ont toujours été quasi dominées par les donateurs. Et pendant que ces organisations et institutions parlent au nom de ces États à ressources limitées, les Etats eux-mêmes ont à peine voix au chapitre. Tenez par exemple : sur plus de la centaine des participants à ce colloque, moins de 20% vient des pays en développement.
Clermont sera sans doute une étape pour la route de Busan. Et tout comme à ce dernier, la réponse à certaines questions liées au financement de la santé durant cette semaine aura un impact important sur la vie de millions de personnes dans le monde en développement. Les acteurs présents ici ont-ils tout ce qu’il faut pour cette réponse ?

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