La Journée internationale de la femme 2011 : 100 ans déjà

 Le 8 mars prochain se célèbre la 100e Journée internationale de la femme. Cent ans que les femmes luttent pour leurs droits, pour leur accès équitable aux services sociaux. Cent ans déjà que la journaliste et enseignante allemande Clara Zetkin a lancé l’idée de cette journée. Des avancées notables pour les droits des femmes ont été acquises depuis la première édition de 1910. Les femmes ont acquis leur droit de vote, exercent des métiers longtemps réservés aux hommes, occupent des hautes responsabilités dans la société…

La Commission de l’ONU  pour les femmes ‘UN Women‘ a tenu sa réunion annuelle cette semaine à New York. Michelle Bachelet la Directrice exécutive a souligné l’importance de l’égalité des genres dans le développement, la paix et la sécurité dans un pays. Le thème de cette année est « L’égalité d’accès à l’éducation, à la formation et aux sciences et technologies : vers un travail décent pour les femmes ».

Si une avancée significative a été obtenue pour les droits des femmes dans les pays développés, dans les pays à faible revenu, de nombreuses barrières culturelles, économiques, politiques, sociales… limitent encore malheureusement cette égalité ou encore mieux équité prônée depuis 100 ans. Dans ces pays, la Journée internationale de la femme est surtout une occasion festive où la minorité de l’élite féminine entraîne leurs consœurs dans des manifestations et défilés reléguant au second rang la lutte pour l’accès à leurs droits. Par rapport à l’égalité d’accès aux sciences et technologies, sur le domaine de la santé, la femme enceinte devrait en 2011 bénéficier de toutes les avancées technologiques pour le suivi de la grossesse et l’accouchement. Malheureusement, dans les pays à faible revenu, l’égalité signifie souvent que chacun doit payer en fonction de son risque et donc de la gravité de son problème de santé. Et traiter de façon égalitaire l’accès aux soins pour la femme enceinte et l’homme est loin d’être la recherche de l’égalité. Car l’urgence et la sévérité dans le cas de la femme enceinte mérite une attention particulière sans toutefois négliger le cas de l’homme. Et les 90% des 500000 décès maternels enregistrés en Afrique sub-saharienne expliquent la non prise en compte des droits de la femme dans les politiques de santé.

Que la 100e édition de la Journée internationale de la femme puisse permettre une prise de conscience et un engagement international pour le droit de la femme à la santé afin qu’elle fête dignement les prochaines éditions.

Bonnes Fêtes de la Femme à toutes et à tous.

Basile Keugoung



Global Health Policy & Financing

1.      Lancet online – Treatment 2.0

Gottfried Hirnschall, Bernhard Schwartländer; http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(11)60247-X/fulltext

Les auteurs commentent la nouvelle stratégie proposée par l’ONUSIDA et l’OMS pour s’attaquer à l’infection du VIH dans les pays en développement.

Le traitement 2.0 est une initiative coordonnée par l’ONUSIDA et l’OMS. Il vise à fournir le leadership et des conseils techniques afin de catalyser la phase à venir du passage à l’échelle du traitement du VIH. La simplification radicale, l’innovation dans le design du médicament et le diagnostic, l’engagement renouvelé et les ressources, et les systèmes d’offre adaptés seront cruciaux pour l’atteinte de la couverture universelle et durable du traitement pour les nécessiteux. Le cadre du Traitement 2.0 guide l’ONUSIDA, l’OMS, et les partenaires dans le passage à l’échelle du traitement au cours de la prochaine décennie. L’engagement en cours de toutes les parties prenantes est crucial. Les actions de bonne qualité qui maximisent l’efficacité, assurent les résultats effectifs pour le VIH et plus globalement pour la santé, et renforcent de façon complète les systèmes de santé et communautaires sont essentiels pour l’atteinte de l’accès pérenne et universel.

2.      Guardian – Social security is necessary and globally affordable, says UN

Claire Provost; http://www.guardian.co.uk/global-development/poverty-matters/2011/feb/21/social-protection-innovation-un

Pour les pays en voie de développement, la sécurité sociale est essentielle pour les aider « à se développer avec équité », selon un nouveau rapport de l’ONU qui examine les programmes de protection sociale réussis. Avec des coupes sur les dépenses publiques partout dans le monde entier, ce rapport soutient que la sécurité sociale est non seulement un des outils les plus efficaces pour réduire la pauvreté et les inégalités, mais qu’elle est aussi à l’échelle mondiale abordable.

Environ 80 % de la population mondiale vit dans “l’insécurité sociale, incapable de jouir des garanties sociales qui leurs permettraient de faire face aux risques de la vie”, selon le rapport. Pour Michael Cichon, le directeur du programme de sécurité sociale de l’Organisation Internationale du Travail, “le scandale” résulte du fait que seul 2 % du PIB mondial serait nécessaire pour fournir la sécurité sociale de base à tous dans les pays pauvres.

Les efforts de l’ONU de ranimer le débat sur les meilleures pratiques dans la protection sociale vient en prélude d’une rencontre de l’OIT, où les États membres se réuniront avec les syndicats des ouvriers et des employeurs pour rédiger une stratégie de protection sociale à long terme.

3.      Global HealthHub.org – A Reflection on Changes in Global Health

Bonnie Koenig; http://www.globalhealthhub.org/2011/02/20/a-reflection-on-changes-in-global-health/

Cette analyse sommaire mais perspicace de Boonie Koenig présente sept changements observés dans les tendances en santé mondiale au cours des dernières décennies avec quelques liens pour approfondir les connaissances sur ces questions. Koenig trouve que : les questions de santé sont devenues plus intégrées, les professionnels de santé ont développé des projets plus collaboratifs avec des pairs dans le monde, il y’a de plus en plus un manque de ressources humaines, la technologie et les médias sociaux facilitent de plus en plus le partage des informations, l’attention du public sur les questions de santé mondiale est de plus en plus élevée, il y’a une plus grande décentralisation et un besoin de prise de décisions flexible, et plus de partenariats sectoriels transversaux.

4.      European business review – Brazil’s Ascendance: The soft power role of global health diplomacy

Kelley Lee and Eduardo J. Gómez; http://www.europeanbusinessreview.com/?p=3400

La progression stable du Brésil sur la scène internationale au cours de la décennie passée a été menée, en grande partie, par son pouvoir économique émergent. Béni par des ressources énormes, le Brésil est donné à devenir durant ce 21ème siècle un acteur central de l’économie régional et mondial. Cependant, l’influence naissante du pays doit aussi être comprise comme le résultat d’une politique étrangère efficace et, particulièrement la supposition de son rôle diplomatique très en vue dans la négociation en ce qui concerne les questions mondiales clés comme le changement climatique, la non-prolifération nucléaire et la libéralisation commerciale. Parmi les économies émergentes, le Brésil a été particulièrement expert dans le maniement de ce qui est décrit comme “la puissance douce”, définie comme la capacité de persuader ou d’attirer les autres à faire ce que l’on veut par la force des idées, la connaissance et les valeurs.

Inventé par Joseph Nye, le concept de la puissance douce contraste avec “la puissance forte” par lequel la contrainte (soutenue par l’armée et le pouvoir économique) est utilisée pour influencer les autres à agir de façon dont ils ne feraient pas autrement. Nye soutient que, dans un univers de mondialisation galopante et des problèmes d’action collectifs qui en découlent, le taux de change du leadership mondial penche en faveur de la puissance douce au détriment de la forte. Ces dernières années, les leaders mondiaux ont commencé à parler “de la puissance intelligente”, celle par laquelle les puissances douce et forte sont combinées de façon à se renforcer mutuellement. La proéminence du Brésil dans la diplomatie de santé mondiale peut être comprise dans ce contexte. Sa combinaison efficace du pouvoir économique et sa perspicacité diplomatique dans la résolution des questions de santé mondiales offrent des leçons aux pays qui cherchent à jouer un rôle de leadership plus en vue dans le nouvel ordre mondial.

5.      Health Research Policy & Systems – Overcoming gaps to advance global health equity: a symposium on new directions for research

Julio Frenk and Lincoln Chen; http://www.health-policy-systems.com/content/9/1/11

Le 20ème anniversaire du rapport inédit de la Commission sur la Recherche de Santé pour le Développement a inspiré l’organisation d’un Symposium pour évaluer le progrès fait dans le renforcement de la capacité de recherche en santé dans les pays en voie de développement et dans le partenariat mondial de la recherche. Cela a été l’occasion pour Frenk et Chen de jeter un regard sur les opportunités et les challenges en matière de recherche durant cette période. Pour les auteurs, les aspects significatifs des bénéfices de santé réalisés au 20ème siècle peuvent être attribués à l’amélioration et à la matérialisation de la connaissance, cette connaissance qui continue d’occuper une place centrale dans la complexité croissante qui caractérise le champ de la santé mondiale. Frenk et Chen soutiennent que la progression entraînera une revigoration de connaissances tirées de la recherche et celles-ci serviront d’ingrédient crucial pour l’avancée de la coopération et de la santé mondiales. Pour le faire nous devrons surmonter des écarts qui nous frustres, y compris les fossés entre la santé nationale et mondiale, parmi les disciplines de recherche (biomédical, clinique, épidémiologique, et systèmes de santé), entre les approches de santé publique et clinique, les investissements publics et privés et entre la connaissance produite et les actions de mise en œuvre. Selon les auteurs, en surmontant systématiquement ces obstacles, le progrès vers la recherche pour l’équité en santé et en développement pourrait être accéléré.

6.      Global Health Magazine – GAPS IN RESEARCH

Robert Eiss and Roger Glass; http://www.globalhealthmagazine.com/summary/gaps_in_research/

Cet éditorial de la nouvelle publication du Magazine de la Santé Mondiale donne une vue d’ensemble intéressante des besoins de recherche en santé mondiale.

Au cours de la décennie passée la réponse mondiale aux maladies en rapport avec la pauvreté a changé radicalement. Conduit par ce que le Dr Bill Foege a appelé “injustices spectaculaires,” les initiatives mondiales ont été dirigées sur l’amélioration de l’accès aux interventions efficaces pour le SIDA, la TB et la malaria, et sur l’élargissement de l’accès aux vaccins et à l’information sanitaire. Eiss et Glass soulignent que les carences dans les systèmes de santé et celles du personnel formé sont les défis qui persistent sur le terrain, mais des écarts substantiels de connaissance  sur la façon de délivrer des interventions nouvelles et basées sur l’évidence dans les contextes appauvris demeurent aussi, tout comme le besoin d’outils plus efficaces. Pour les auteurs, plusieurs questions méritent d’être soulevées : de quelle façon pouvons-nous passer à l’échelle dans la formation des scientifiques locaux, développer et assimiler de nouvelle connaissance, incorporer de nouvelles technologies et suivre l’impact? Comment aider à s’assurer que les grands programmes d’intervention sont de plus en plus supportés par les gouvernements nationaux, que les ressources humaines adéquates en science biomédicale et la connaissance localement appropriée sont développées dans le pays ? Selon Eiss et Glass, les défis restent considérables.

Aid effectiveness and development

7.      Lecture Nemat Shafik – The future of aid

Nemat Shafik; http://www.dagliano.unimi.it/media/Eighth_Lecture_Text.pdf

Cet article est vraiment une lecture que nous vous recommandons.

Nemat Shafik, ancienne secrétaire permanente du DFID, parle de la nécessaire “triple révolution des objectifs, acteurs et outils” dans l’industrie de l‘aide qui représente actuellement 170 milliards de dollar. Pour elle, plus l’Asie développe sa sortie de la pauvreté, plus l’aide se concentrera sur l’Afrique et sur les pays en proie à l’instabilité, ou avec des gouvernements incapables de répondre aux besoins de base de leurs populations. Pour l’auteure, une part croissante de l‘aide sera orientée pour répondre aux biens publics mondiaux tels que le changement climatique, la prévention des conflits et la santé publique. Dans l’avenir, des défis mondiaux seront de plus en plus adressés par des coalitions. Pour s’attaquer à la pauvreté et aux questions mondiales, ces réseaux deviendront progressivement une caractéristique de l’architecture internationale dans un monde multipolaire. Selon Shafik, l’aide sera le catalyseur pour financer la résolution de problèmes mondiaux et le défi de l’avenir de l’aide repose sur le fait que les règles du jeu et les outils d’aide de développement doivent se développer pour se concentrer sur la transparence, les résultats, la redevabilité et en partie sur les lois du marché.

ODI a également un article intéressant sur l’aide et sur comment s’y engager, avec les puissances émergentes.

Un nouveau rapport de l’UNICEF révèle comment une génération invisible d’adolescents a été oubliée et marginalisée dans les stratégies de développement. Plus qu’un rapport opportun – on pourrait en dire – étant donné les événements en Afrique du Nord.

8.      Owen Barder – EIGHT LESSONS FROM THREE YEARS WORKING ON TRANSPARENCY

Owen Barder; http://www.owen.org/blog/4433

Owen passe en revue les leçons tirées de ses trois dernières années passées dans le secteur de la transparence de l’aide. Pour lui, ces leçons se résument en 8 points :

          Pour faire une différence, la transparence doit être centrée sur le citoyen et non sur le donateur ;

          La façon actuelle avec  laquelle les informations sont publiées sert les besoins des puissants et non ceux des citoyens ;

          Les populations des pays en voie de développement veulent la transparence dans l’exécution et pas juste celle de l’allocation ;

          Les citoyens des pays développés veulent voir comment leur argent est utilisé et quelle différence cela produit ;

          La transparence dans l’exécution de l’aide éloignera le gaspillage, la bureaucratie et la corruption ;

          La redevabilité sociale pourrait être le Développement 3.0 (améliorer la redevabilité aux citoyens peut être la clé pour mieux délivrer les soins, améliorer la gouvernance et avoir un développement plus rapide) ;

          La charge de la preuve devrait être sur ceux qui préconisent le secret ;

          Il faut donner aux citoyens des pays en voie de développement le bénéfice du doute.

Bill Gates n’est pas parmi nos lecteurs, du moins pas à notre connaissance, mais il doit être un homme très occupé aussi. Pourtant, il devra toujours trouver du temps pour essayer de concevoir des voies et moyens de mobiliser d’avantage d’argent pour l’Afrique dans les prochains mois. C’est du moins ce que Sarkozy lui a demandé de faire.

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