La révolution du Jasma peut-elle atteindre les systèmes de santé d’Afrique sub-saharienne?

 

La crise qui a secoué la Tunisie et qui se propage actuellement en Egypte suscite partout des commentaires. Chacun y va de son opinion et de la comparaison avec son contexte. En réalité, les populations qui vivent sous des dictatures finissent par se révolter pour acquérir leur liberté. La liberté signifie pour les populations la défense de leurs intérêts et une plus grande voix dans la participation au développement de leur pays. Ainsi, il y aurait une plus grande implication des bénéficiaires pour le fonctionnement des services sociaux en général et des services de santé en particulier. Ceci constitue d’ailleurs une piste intéressante de renforcement des systèmes de santé d’Afrique sub-saharienne qui sont caractérisés par leurs faiblesses et leurs incapacités à offrir des soins de santé de qualité aux personnes nécessiteuses. La conséquence est la forte morbidité et mortalité évitables que malheureusement cette partie du monde héberge. Et en face de cette morbidité et mortalité, les populations n’ont aucune voix pour réclamer ou revendiquer des services de qualité. Et donc malgré les financements reçus des organisations internationales, il n’y a donc pas de changements significatifs sur les systèmes de santé qui se focalisent encore à des maladies spécifiques à travers les programmes verticaux.

Les systèmes de santé d’Afrique sub-saharienne ont besoin de leur révolution du Jasma pour devenir efficients, redevables et orientés vers l’amélioration de la santé des populations et non vers la prise en charge des maladies. Cette révolution permettrait aux populations et bénéficiaires de devenir un pouvoir suffisamment fort pour permettre à ces acteurs de contrôler l’utilisation des ressources et l’application des politiques souvent bien définies mais non mises en œuvre. Les populations seraient aidées par la société civile dans la perspective de défendre leurs droits et leur offrir la garantie d’un accès universel aux soins.

 

Basile Keugoung

Global Health policy and financing

1.TMIH – The interface between health systems and vertical programmes in Francophone Africa: the managers’ perceptions

Basile Keugoung et al;

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1365-3156.2010.02716.x/abstract

Basile Keugoung et collègues ont publié un article qui analyse l’interface entre les programmes verticaux et les services de santé généraux en Afrique Francophone. Il ressort que les programmes verticaux induisent sur les services de santé généraux des effets positifs et des effets négatifs. Toutefois, le résultat n’est pas une somme des effets positifs contrebalançant les effets négatifs, ou aboutissant à un résultat nul.

En effet, certains effets ont un profond impact sur le fonctionnement des services de santé généraux. Une liste des effets positifs et négatifs les plus rencontrés est donnée.

En plus, la qualité de cette interface est variable dans le temps d’un programme à l’autre, et d’un service de santé récipiendaire à l’autre. L’article fournit une liste des déterminants clés de cette variabilité.

Par conséquent, le monitoring et l’évaluation régulière de l’interface est indispensable pour identifier les effets produits afin de corriger les effets négatifs et renforcer les positifs. 

 

2.BMJ (news) – WHO unveils plan to stop artemisinin resistance “dead in its tracks”

http://www.bmj.com/content/342/bmj.d211.full

L’OMS et Roll Back Malaria ont développé un plan pour faire face à l’émergence de la résistance à l’artémisinine observée à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande. A cause de cette résistance, Margaret Chana souligné que ‘l’utilité de notre arme la plus puissante contre le Plasmodium falciparum est menacée’.

Le Plan a pour but de contenir et éliminer la résistance à l’artémisinine et de prévenir sa propagation. Ainsi, le plan prévoit :

          le contrôle de cette propagation par l’utilisation des diagnostics parasitologiques chez tous les patients suspects, un traitement avec les traitements combinés à l’artémisinine (ACT) associés à la primaquine.

         le renforcement du contrôle vectoriel– moustiquaire, pulvérisation d’insecticides-

         l’intensification du suivi de l’efficacité thérapeutique et du suivi de cette résistance

         l’amélioration de l’accès au diagnostic et au traitement et l’utilisation rationnelle des ACT

         le renforcement de la recherche sur cette résistance

 

3.Human resources for health – Health workforce skill mix and task shifting in low income countries: a review of recent evidence

Brent D Fulton, Richard M Scheffler, Susan P Sparkes, Erica YOONKYUNG Auh, Marko Vujicic  and Agnes Soucat;

http://www.human-resources-health.com/content/9/1/1

L’insuffisance du personnel de santé reste un grand défi. La délégation des tâches est une stratégie potentielle pour faire face à ce défi. Fulton et al. utilisent une perspective d’économie pour passer en revue la littérature sur les compétences mixtes afin de déterminer le niveau d’évidence, identifier des écarts dans l’évidence et proposer un agenda de recherche.

Les auteurs trouvent premièrement que les études fournissent l’évidence substantielle que la délégation des tâches est une option de politique importante pour aider à soulager l’insuffisance de main-d’œuvre et le déséquilibre des compétences mixtes. Par exemple, au Mozambique, les assistants médicaux bien formés à la chirurgie, ont produit des résultats semblables pour un coût significativement inférieur en comparaison aux médecins obstétriciens-gynécologues. Deuxièmement, bien que la délégation des tâches soit prometteuse, elle peut présenter ses propres défis. Par exemple, une étude analysant la délégation des tâches dans le VIH/SIDA en Afrique subsaharienne a noté des préoccupations dans la qualité et la sécurité, la résistance professionnelle et institutionnelle et le besoin de supporter la motivation et la performance. Troisièmement, la plupart des études sur la délégation des tâches compare les résultats du nouveau cadre avec le cadre traditionnel.

Pour Fulton et al. la délégation des tâches est une option de politique prometteuse pour augmenter l’efficacité productive de la fourniture des services des soins médicaux, et pour augmenter le nombre de services fournis pour une qualité et un coût donnés. Les pensent que les études futures devraient examiner le développement des nouveaux cadres professionnels qui se développent avec des technologies et des marchés du travail spécifiques au pays.

 

4.Global Fund Observer – Launch of HSS Pilot Expected Shortly

David Garmaise;

http://www.aidspan.org/index.php?issue=137&article=3

Le Fonds Mondial a approuvé la conception d’un projet pilote pour permettre à 4-5 pays de soumettre les requêtes pour le financement du renforcement des systèmes de santé (RSS) basé sur des stratégies de santé nationales conjointement évaluées. Le projet pilote fait partie de la Plate forme du Financement des Systèmes de Santé. Cette Plate-forme est une initiative commune de l’Alliance Mondiale pour les Vaccins et l’Immunisation (GAVI), le Fonds Mondial et la Banque mondiale, avec la facilitation de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Conformément à la conception approuvée pour le projet pilote, les requêtes de financement pourront être soumises de façon jointe ou séparée au Fonds Mondial et GAVI. On s’attend à ce que le projet pilote soit lancé au début de cette année.

Le design du pilote énumère les étapes suivantes : une évaluation commune de la stratégie de santé nationale du pays; la soumission d’une requête de financement; l’examen de la requête de financement; l’approbation du conseil; la signature d’un accord de subvention; et la gestion de la subvention. Les subventions du FM pour le projet pilote seront gérées de la même façon que d’autres subventions du FM.

Les principaux critères pour soumissionner seront:

          Les Pays doivent avoir pris des dispositions pour une évaluation commune de leur stratégie de santé nationale.

         Les Pays doivent avoir une stratégie finalisée au moment où la requête est soumise.

         La durée de la stratégie doit permettre un engagement de financement d’au moins deux ans.

Si le nombre de pays intéressés qui répond aux critères de base dépasse 4-5, les critères suivants seront utilisés :

         Le pays n’a pas eu de requête de RSS approuvée au round 10.

         Au moins un autre partenaire finançant la Plateforme a l’intention de fournir le financement basé sur la stratégie de santé nationale conjointement évaluée à ce pays.

Lors de sa réunion à Sofia, en Bulgarie, le conseil a apporté quelques petits changements aux politiques existantes afin de permettre au projet pilote de se dérouler.

 

Dans une publication similaire, Kazatchkine a été reconduit comme directeur exécutif du Fond Mondial pour un second mandat. Goosby fait une rétrospection sur les dernières années de PEPFAR.

 

5.On Philantropy – Pablo Eisenberg: Unintended Consequences of Giving Pledge’s Good Intentions

Pablo Eisenberg;

http://onphilanthropy.com/2011/pablo-eisenberg-unintended-consequences-of-giving-pledges-good-intentions/

Les enquêtes et la recherche ont indiqué que les très riches donateurs, ceux qui octroi plus de 1 million de $ par an, font don presque de tout leur argent aux universités et collèges, aux hôpitaux et facultés de médecine et aux musées et institutions d’art. Seulement une minuscule fraction de leur argent est canalisée vers les ONG à faible revenu.

Même par ces temps économiques difficiles, bien que beaucoup d’entre eux aient réduit la quantité de leur octroi caritatif dans les deux ans passés, le modèle d’octroi de l’aide par les Américains les plus riches reste inchangé.

Ainsi il était surprenant de noter la réponse enthousiaste et inconditionnelle à la récente initiative lancée par Bill Gates et Warren Buffett pour avoir des milliardaires dans le monde entier qui promettent de donner plus de 50 % de leurs fortunes à la philanthropie durant leur vie.

Les médias ne se sont jamais posé la question de savoir ce que ce nouvel argent soutiendrait.

La substance de la question a été perdue parce que les journalistes et les commentateurs se sont seulement concentrés sur les nouveaux dollars qui pourraient être versés aux ONG. Ils n’ont jamais mis en doute si l’éventuelle croissance phénoménale des méga fondations, certaines probablement plus grandes que Gates, pourrait être un développement dangereux pour la démocratie américaine. Ils n’ont jamais demandé si ces nouveaux fonds seraient publiquement responsables, ou simplement gérés, comme avec la Fondation Gates, par deux ou trois membres de la famille, sans une discussion publique ou un processus politique.

Ils n’ont non plus noté que plus de 600 milliards de $ d’argent nouvellement projeté de par les engagements pour la décennie suivante seraient, avec peu d’exceptions comme l’argent de Buffett, logé dans des dotations qui paieraient seulement environ 5 % du principal toutes les années, bien que leurs donateurs puissent recevoir une déduction fiscale ouverte pour la somme entière de leurs contributions. Au moment où la collecte des impôts n’est pas suffisante pour payer le coût des programmes fédéraux essentiels, c’est une énorme quantité d’argent qui sera détourné de la base fiscale.

Mais leur omission la plus significative était l’échec de reconnaître que les engagements, qui comptent maintenant plus de soixante, pourraient avoir des conséquences fortuites sérieuses pour nos populations les plus indigentes et le secteur à but non lucratif.

Il n’y a aucune raison de croire que les milliardaires changeront la façon de conduire leur philanthropie quand ils mettront en œuvre leurs engagements. Cela signifie que presque tout leur nouvel argent ira à l’enseignement supérieur, aux hôpitaux, aux facultés de médecine, aux musées et institutions des arts. Peu ou aucun fonds sera destiné aux circonscriptions pauvres et désavantagées, ces personnes qui en ont le plus besoin. De plus, peu ou pas d’argent ira aux agences de service sociales locales ou à de petits ONG.

Il y a déjà une large disparité financière entre les grands et petits ONG et entre les institutions qui servent les populations désavantagées et ceux qui se complaisent aux circonscriptions plus nanties. Les engagements augmenteront invariablement cet écart, élargissant les injustices dans le système des organisations à but non lucratif et caritatives. Avec la contraction croissante du filet de sécurité de l’état et des programmes de service sociaux, les efforts philanthropiques futurs ne vont pas probablement atténuer l’abdication du gouvernement fédéral de ses responsabilités vers les plus indigents, mais plutôt accélérer ce développement.

Ce n’est pas l’effet que Gates ou Buffett veulent pour leur initiative bien intentionnée. Il est encore temps pour eux de réparer certains des dégâts attendus. Ils pourraient fortement proposer que leurs collègues riches qui prennent de l’engagement ciblent une bonne part de leur argent sur des groupes désavantagés et des organisations à but non lucratif. Et ils devraient publiquement reconnaître que l’échec de changer les modèles passés d’octroi par leurs “gagistes” aboutira à une société civile moins vitale et juste que cela a été dans le passé.

Il y a deux leçons tristes dans cette affaire. D’abord, nous avons besoin de médias et de journalistes qui sont enclins à poser des questions épineuses et pas faire une génuflexion devant la richesse et le pouvoir. Ensuite, de nouvelles idées et programmes devraient subir une exploration et un test minutieux avant d’être lancés publiquement.

 

Development and aid

6.Guardian (Poverty matters blog) – Poverty reduction is not development

Rick Rowden;

http://www.guardian.co.uk/global-development/poverty-matters/2011/jan/10/poverty-reduction-industrialisation

Si les pays pauvres sont incapables d’adopter les politiques nécessaires pour transformer leurs industries et diversifier leurs économies, comment échapperont-ils un jour du train en marche de l’aide étrangère?

La focalisation sur l’efficacité de l’aide et la réduction de la pauvreté, établie par les OMD et la Déclaration de Paris sur l’Efficacité de l’Aide et l’Ordre du jour pour l’Action de Accra, perpétue une industrie d’aide gonflée qui accorde au compte-gouttes des millions de dollars chaque année aux ONG pour effectuer des projets dans des pays pauvres. Mais il faudrait demander s’il n’y a pas plus au développement économique que seules la meilleure efficacité de l’aide, l’appropriation, la coordination des donateurs, et le suivi-évaluation.

Durant les récentes décennies, les notions précédentes d’économie de développement ont été remplacées par l’atteinte des OMD. Mais la réduction de la pauvreté n’est pas le développement. Nous semblons avoir subi l’amnésie collective de l’histoire de développement, qui a eu l’habitude d’être largement compris comme l’industrialisation – dans lequel les pays pauvres subissent un processus de transformation de l’agriculture de base et des industries extractives vers les industries de fabrication et des services avec une plus forte valeur ajoutée dans le temps.

Mais l’idée d’industrialisation a été jetée par-dessus bord de l’ordre du jour de l’aide officiel dans les années 1980 avec le début du credo de l’économie de marché qui s’est établi dans l’approche du consensus de Washington, appelant à l’intervention gouvernementale minimale. A cause de la croyance que le marché effréné résoudrait tout automatiquement, l’industrie d’aide a dû seulement s’intéresser à l’amélioration de la souffrance et s’est concentrée sur les besoins humains de base, qui ont mené à la logique du discours des OMD et de la “de réduction de la pauvreté”.

Avant les années 1990, les idées du développement économique “national” ont été abandonnées en faveur “de l’intégration avec l’économie mondiale” comme la route au développement. Les politiques industrielles dans lesquelles le gouvernement soutient l’émergence de nouvelles industries avec la recherche et le développement publiquement financée pour acquérir de nouvelles technologies, les subventions, la protection commerciale, le crédit subventionné et d’autres mécanismes, avaient longtemps fait partie de l’économie de développement courante jusqu’à ce qu’ils soient devenus la cible des agressions soutenues des avocats de l’économie de marché dans les années 1980.

Mais l’absence de connaissance des politiques industrielles est pernicieuse. Comme l’historien norvégien de politiques économiques Erik Reinert s’est lamenté : « il n’y a là aucune discipline appelée l’histoire de politiques économiques; les étudiants apprennent tout à fait bien ce qu’Adam Smith a dit que l’Angleterre devrait faire, mais ils n’apprennent pratiquement rien de ce que l’Angleterre a en réalité fait ». D’autres, comme Alice Amsden du MIT (Massachusetts Institute of Technology) et Ha-Joon Chang de Cambridge, ont essayé de ressusciter ce registre historique oublié, mais ils font marche contre deux-trois générations qui ont seulement appris la théorie néoclassique. En effet, le lauréat Nobel Joseph Stiglitz a conseillé les pays en voie de développement : “ne faites pas comme les USA vous disent, faites comme les USA ont fait.”

En fait, le processus de l’agriculture primaire et des industries extractives vers la fabrication et les services est essentiel pour le développement. Bien sûr, aujourd’hui tous les pays doivent s’approcher de l’industrialisation différemment, et évoluer vers les politiques industrielles écologiquement durables avec une plus grande équité et une approche genre.

Les défenseurs de l’aide intéressés par la stimulation de telles transitions devrait inviter les donateurs à cesser et à renoncer aux politiques liées du consensus de Washington telles que les conditions sur les nouveaux prêts de la Banque mondiale et du FMI, et soutenir au lieu de cela des alternatives viables pour le développement économique plus fructueux, y compris les politiques ciblant le plein emploi et l’investissement public, l’amélioration des capacités productives domestiques et la mobilisation des ressources intérieures.

Ils devraient inviter les gouvernements à renégocier l’Accord Général sur le Commerce dans les Services et les dispositions de l’Accès du Marché Non-Agricole (AMNA) à l’Organisation Mondiale du Commerce, aussi bien que les nombreux accords de libre-échange et les traités bilatéraux d’investissement.

Il y a, cependant, d’autres voix que l’on pourrait considérer dans les discussions de réforme d’aide étrangère, comme le Groupe des 77 (G77), un groupe de 130 pays en voie de développement qui a appelé à une organisation de la réforme politique et structurelle de l’aide étrangère et de l’architecture économique mondiale qui tiendrait compte d’une plus grande justice économique et d’un plus grand “espace politique”. Les avocats de l’aide pourraient aussi compter sur le Groupe des 33 (G33), un groupe de 46 pays en voie de développement actuellement engagé aux pourparlers de libéralisation de l’agriculture à l’OMC qui milite pour le droit d’utiliser des augmentations provisoires sur les droits de douane quand les inondations menacent leurs producteurs d’importations moins chères, ou les pays du AMNA 11, un autre groupe de pays en voie de développement opposé aux diminutions drastiques dans la protection commerciale sur les produits manufacturés telle qu’actuellement exigées par les pays riches aux pourparlers de AMNA.

L’idée que le développement comme l’industrialisation aient été éliminés de la discussion de l’aide étrangère est inacceptable. Si les pays sont incapables d’utiliser les politiques industrielles nécessaires pour transformer leurs industries, diversifier leurs économies et créer leurs propres bases fiscales dans le temps, comment descendront-ils un jour du train en marche de l’aide étrangère? Ici le discours “de réduction de la pauvreté” induit en erreur; il néglige de demander comment les pays sont supposés se développer sans industrialisation.

C’est une question difficile à laquelle la plupart des décideurs ne voudront pas répondre. S’ils disent que le ” développement” n’inclut pas d’industrialisation, ils seront durement forcés d’expliquer comment un pays comme le Malawi peut être “développé” en restant essentiellement une plantation de tabac et de thé. S’ils disent qu’il inclut vraisemblablement l’industrialisation, ils seront durement forcés d’expliquer comment on s’attend à ce qu’un pays s’industrialise conformément aux règles du consensus de Washington et des accords commerciaux et d’investissement qui ont été dépouillés de la plupart des outils de politique industrielles de base et tactique qui serait nécessaire, ou ont tout simplement été proscrits.

 

7.Guardian – The dangers of fast economic growth in developing countries

http://www.guardian.co.uk/global-development/poverty-matters/2011/jan/13/world-bank-developing-countries-prospects

Le rapport de la Banque mondiale sur les perspectives de 2011 voit une croissance lente dans les pays développés et un changement dans le pouvoir économique de l’ouest à l’est. Mais ce changement a des risques.

Deux choses sont saisissantes dans ce rapport. Premièrement l’activité dans la plupart des pays en voie de développement s’est remise de la profonde crise de 2008-09.

Le deuxième et plus important message, est que cela fait partir d’une tendance claire qui verra le mouvement de la puissance économique passer de l’ouest à l’est pendant les 20 ou 30 futures années. Sur des tendances actuelles, on reviendra à l’horloge des jours d’avant la Révolution Industrielle, quand la Chine et l’Inde – en vertu de leurs énormes populations – étaient les plus grandes économies dans le monde.

Un regard sur les attentes de la Banque mondiale en 2011 illustre ce point. La croissance dans le monde développé va probablement rester stagnante à 2,4 %, tandis que les pays en voie de développement tablent sur une prévision de croissance de 6 %. Bien que les pays des marchés émergents représentent seulement environ 25 % de PIB mondial, en 2011 ils représenteront presque la moitié de la croissance mondiale.

Prise sur un an, cette disparité de croissance fait peu de différence dans l’écart entre les nations riches et pauvres. Mais composé sur plus de trois ou quatre décennies, elle devient importante. Le travail de John Hawksworth, l’économiste en chef à PwC, a montré que les pays du G7  seront défiés par un E(Emergent) 7 composé de la Chine, de l’Inde, de la Russie, du Brésil, du Mexique, de la Turquie et de l’Indonésie. Ces pays profiteront du rattrapage économique, des bas coûts de la main-d’œuvre, du transfert technologique et de la croissance démographique.

Dans un sens, la perspective d’augmenter les revenus dans une grande partie des pays en voie de développement est une bonne nouvelle, d’autant plus que la croissance solide des marchés émergents inclut les pays les plus pauvres en Afrique subsaharienne.

Mais il y a des dangers aussi. Trois risques à court terme sont identifiés par la Banque mondiale dans les Perspectives Économiques Mondiales de 2011 : une crise systémique dans la zone Euro qui voit de plus en plus les membres de la monnaie unique sous l’attaque spéculative; le potentiel élevé de la volatilité du flux de capital qui peut déstabiliser des pays en voie de développement, menant à la pression protectionniste; et le risque de faim et malnutrition résultant de l’augmentation des prix des denrées alimentaires.

La crise de l’euro zone n’est pas totalement passée et sera vraisemblablement une des plus grandes histoires de 2011. La décision du Brésil d’imposer des contrôles de capitaux pour limiter la hausse de la valeur de sa monnaie est une indication du sentiment de protectionnisme.

Mais il y’a aussi des risques colossaux à long terme. De tels taux de croissance envisagés pour les pays en développement par la BM et le PwC mettront des pressions massives sur les prix des commodités et l’environnement. Après deux siècles d’hégémonie économique et politique, les pays riches n’apprécieront pas beaucoup d’être défiés par la Chine et l’Inde. Et si le différent sur les ressources et les monnaies est un proxy pour un conflit politique profond entre l’est émergent et l’ouest déclinant, le monde aura besoin d’un système de gouvernance robuste et effectif pour gérer les tensions. Malheureusement, les échecs sur les accords commerciaux et le changement climatique montre plutôt clairement qu’il n’y a aucun.

Emerging voices

8.BMJ (blog) – Seye Abimbola : Reflections on the non-existent health system

http://blogs.bmj.com/bmj/2011/01/11/seye-abimbola-reflections-on-the-non-existent-health-system/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed:+bmj/blogs+(Latest+BMJ+blogs)&q=w_bmj_podblog

Pour Seye Abimbola, le monde se trouve à un moment décisif, sur le point d’un changement monumental en ce qui concerne les services médicaux et la vie en général au point où l’absence de systèmes de santé peut même être désirable. Selon l’auteur, les facteurs qui changent notre perception de la vie et de la santé inclus la communication à travers la connectivité internet et mobile, le vieillissement de la population, l’évolution du malade aigue et hospitalisé vers les soins à long terme et la gestion des facteurs de risque en place et lieu des états de maladie proprement dits. Le nouveau paradigme pour la fourniture des services, un changement de la maladie infectieuse des siècles précédents, sera une auto-prise en charge, la gestion des facteurs de risque (l’hypertension, le régime, l’inactivité, le tabac, l’alcool), les maladies chroniques et les co-morbidités. La question cruciale selon Abimbola est de savoir comment nous pouvons construire un système de santé pendant le 21ème siècle. Cette question peut faire l’expérience d’une pensée qui se rapporte à un pays sans système de santé. Dès lors on peut comprendre cette problématique comme celle de construire à nouveau un système de santé.

La façon dont les composantes non-santés de la société pourraient aider à soutenir un système de santé est un facteur qui vient aisément à l’esprit quand on pense à un système de santé inexistant. Dans le cas du Nigeria, deux prescriptions se sont présentées d’après Abimbola: les rôles potentiels du téléphone portable et les vendeurs agréés de médicament dans le renforcement des soins de santé primaire.

D’après l’auteur, il est important que nous regardons comment explorer l’utilisation des téléphones portables pour collecter les données au niveau de la population sur les facteurs de risque des maladies non transmissibles et examiner le potentiel de la consultation à distance avec des téléphones portables après l’autodiagnostic et le contrôle (par exemple de la pression sanguine et de la glycémie). Cela peut aider à fournir des stratégies alternatives rentables pour gérer les facteurs de risque et empêcher les urgences, améliorer le soin pour les patients éloignés, réduire la charge des patients dans les soins primaires.

Selon lui, rechercher l’adaptation dans les tendances de la communication, des informations et la recherche des comportements en santé, pour maximiser l’accès est un impératif. Si les gens ont des structures et des systèmes auxquels ils ont bâti leur loyauté et leur habitude, nous devons opter pour la construction des systèmes de santé autour d’eux.

Il est évident de supposer que chaque pays a un système de santé, peu importe son dysfonctionnement. Mais il est aussi vrai que s’il faut prendre en compte des normes élevées, peu de ces systèmes répondront à l’appel. Les défis de santé sont maintenant mondiaux et le champ d’activité de recherche pour construire le système de santé du 21ème siècle devrait être les pays les plus pauvres du monde ; soutient l’auteur. Pour les pays riches, la tradition ossifiée est un obstacle majeur pour faire des recherches pour le changement.

S’il n’y avait pas de système de santé en place et que nous avions à créer quelque chose de nouveau, dans quel sens pensez-vous que le nouveau système différerait du présent? Sur cette interrogation, l’auteur attend avec impatience les suggestions et les idées des uns et des autres.

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