Chers Collègues,

Le président de la République du Cameroun a décidé le 31 décembre 2010 de ‘supprimer le coût du traitement du paludisme simple des enfants de moins de cinq ans’ (http://www.prc.cm/pdf/message_de_fin_d_annee_2010_du_chef_de_l_etat.pdf ). Cette nouvelle a été applaudie par beaucoup de personnes, car le paludisme reste la première cause de morbidité et de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans (EM5) au Cameroun. En 2008, le paludisme représentait 56% des consultations et des hospitalisations chez les EM5 (PNLP 2008). Le taux de mortalité infantile était de 131 décès des EM5 pour 1000 naissances vivantes. Et en 2006, seuls 58% des enfants soufrant de fièvre avaient reçu les antipaludiques dans une formation sanitaire (http://www.unicef.org/french/infobycountry/cameroon_statistics.html). Cette mesure vient donc à point nommé et devrait faciliter l’accès financier aux soins pour le paludisme simple, surtout que 40% de la population camerounaise vit en dessous du seuil de pauvreté.

Il est fort probable que cette mesure de gratuité ne concerne que les composantes directes de la prise en charge du paludisme simple au niveau des formations sanitaires – frais de consultations de l’infirmier ou du médecin, goutte épaisse pour confirmer le diagnostic et médicaments (combinaison d’artémisinine, antipyrétiques) – et les frais de transport – imprévisibles, subtiles et difficiles à harmoniser – constituant les coûts indirects, continueront d’être supportés par les familles.

Le grand défi pour cette mesure restera la façon dont seront mises en œuvre les mesures de compensation, afin d’éviter les ruptures de stock des médicaments dans les formations de santé et surtout la démotivation du personnel de santé.

Cette mesure reste tout de même insuffisante pour la prise en charge des EM5. En effet, le paludisme grave n’est pas inclus alors qu’il est responsable des décès enregistrés. En 2008, le paludisme grave était responsable de 4119 décès chez EM5.  Une politique plus globalisante de prise en charge de l’EM5 aurait permis de développer une stratégie vers l’accès universel aux soins. Au Cameroun, il y a une forte fragmentation des financements et une inefficience. En 2008, près de 67 US$ étaient dépensés par habitant pour la santé (dont 71% de paiements directs) alors que les indicateurs de santé restent mauvais.

La mesure du Chef de l’Etat est une fenêtre d’opportunité qui peut permettre de conduire des réformes du système de financement de la santé au Cameroun. La première stratégie serait de renforcer les financements publics, le budget public de la santé ne représente en 2011 que 5,9% du budget de l’Etat (Objectif d’Abuja : 15%). La deuxième stratégie est de créer une synergie et une coordination entre les différents financements des programmes et des projets car l’actuelle fragmentation augmente les coûts de transaction et l’inefficience. La troisième stratégie est de mobiliser les prépaiements pour financer le système de santé. Ces prépaiements peuvent être des primes d’assurance ou des taxes allouées à la santé. Quelque soit la stratégie, elle devrait être sous-tendue par la normalisation et la réglementation de la tarification des soins. Aujourd’hui, c’est chaque formation sanitaire qui fixe les coûts des actes médicaux qu’elle réalise, ce qui exclut donc les pauvres de l’accès aux soins. Cette normalisation ramènerait les frais des soins à des coûts abordables pour les patients.

La réflexion devrait être engagée pour un meilleur un accès aux soins pour les EM5 non seulement pour prendre en charge le paludisme, mais tous les problèmes de santé de cette tranche d’âge vulnérable.

Basile Keugoung & Isidore Sieleunou



Don’t look back in anger

1.Foreign Policy – Best. Decade. Ever

Charles Kenny;

http://www.foreignpolicy.com/articles/2010/08/16/best_decade_ever?print=yes&hidecomments=yes&page=full

La décennie passée est loin d’être digne d’éloge. Elle a été marquée par de nombreuses tragédies et crises, telles que le tsunami asiatique, l’Ouragan Katrina, le SARS, la grippe porcine, le tremblement de terre en Haïti, les combats au Soudan, au Congo, en Afghanistan, en Irak ….

Mais ces événements terrifiants, quoique des catastrophes mortelles et économiques pour beaucoup de millions de personnes, ne résument pas la décennie telle que vécu par la plupart des 6 milliards d’habitant de notre planète. Kenny soutient que les 10 premières années du 21e siècle ont été en fait excellentes pour l’humanité, une période où plus de personnes ont mieux vécu, des vies plus longues, plus paisibles et plus prospères que jamais.

En 1990, près de la moitié de la population mondiale vivait avec moins d’un dollar par jour. En 2007, cette proportion a chuté à 28%. En effet, le revenu moyen mondial est à son niveau le plus haut jamais atteint, grossièrement autour de 10 600 $ par an. Environ 1,3 milliards de personnes vivent actuellement avec au moins 10$ par jour, suggérant l’expansion continue de la classe moyenne dans le monde. De plus, cette croissance a été plus rapide dans les régions pauvres comme l’Afrique.

La proportion des “sous-alimentés” dans les pays en voie de développement  est tombée de 34% en 1970 à 17% en 2008. La productivité agricole continue aussi de progresser : les rendements céréaliers ont augmenté, avoisinant deux fois le taux de croissance démographique dans les pays en voie de développement. Et quoique la famine continue de menacer certaines zones, des centaines de millions de personnes mangent plus – et mieux – chaque jour.

Notre monde est aussi entrain de gagner la bataille mondiale contre la maladie infectieuse. Les pandémies sont en diminution. Entre 1999 et 2005, grâce à la vaccination, le nombre d’enfants décédés annuellement de rougeole a chuté de 60%. La proportion des enfants vaccinés contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos a progressé de moins de 50% à 82% entre 1985 et 2008.

Il reste toujours des défis non résolus. L’exemple est celui de la tragédie ininterrompue de l’épidémie du VIH/SIDA. La tendance a cependant commencé à décrocher. Pour l’auteur, l’image du monde présente une relative meilleure santé : de 2000 à 2008, la mortalité infantile a baissé de plus de 17% et l’espérance de vie moyenne s’est élevée de deux ans.

Grâce à l’amélioration de l’alphabétisation, la diffusion de la connaissance dans des sociétés à faible revenu est impressionnante. Plus de 4/5 de la population du monde peut maintenant lire et écrire – incluant plus de 2/3 d’Africains. Et le progrès dans l’éducation a été particulièrement rapide pour les femmes, un signe d’amélioration de l’équité de genre. Bien que personne ne puisse soutenir que la lutte est complète, les bénéfices sont néanmoins saisissants – la proportion mondiale de femmes parlementaires, par exemple, est passée de 11 pour cent en 1997 à 19 pour cent en 2009.

Même les guerres des 10 dernières années, tragiques comme elles ont été, sont incomparables à la violence et la destruction des décennies et siècles passés. Les dépenses militaires comme part du PIB mondial représente à peu près la moitié de leur niveau de 1990.

D’autre part, l’effet malveillant de l’humanité sur l’environnement a accéléré le taux d’extinction des plantes et des animaux, qui pourrait maintenant atteindre 50 000 espèces par an. Cependant, quelques bonnes nouvelles ne manquent pas également de ce côté. Par exemple, le trou d’ozone Antarctique aura diminué de presque 400 000 miles carrés avant 2015.

L’évolution technologique est impressionnante. Aujourd’hui par exemple, il y a plus de 4 milliards d’abonnés de téléphone portable, comparés aux 750 millions au début de la décennie. Les téléphones portables sont utilisés pour fournir des services financiers en Philippines, contrôler des prix en temps réel des marchandises au Viêt-Nam et enseigner l’alphabétisation au Niger.

S’il y’avait à choisir une décade dans laquelle vivre, l’auteur pense que la première du 21ème siècle serait sans aucun doute idéale. Car, plus de personnes ont vécu durant ces 10 dernières années une plus grande liberté, sécurité, longévité et richesse comme il n’en a jamais été auparavant.

 

Ca vaut aussi la peine de lire la vision de Tony Blair sur l’avenir de l’Afrique et sur la façon de construire un leadership africain fort (sur le site Web du CGD). Nous savons tous que les visions sont la tasse de thé de Tony, mais il pourrait en réalité avoir un point ici.

 

Sur le site Web d’IRIN, nous avons trouvé le top 10 des articles de 2010 concernant le VIH/SIDA, et sur le Blog de la Santé Mondiale, les “12 solutions de santé que nous voudrions voir plus en 2011″.

 

HIV/AIDS

2.Plos Medicine – Scaling Up the 2010 World Health Organization HIV Treatment Guidelines in Resource-Limited Settings: A Model-Based Analysis

Rochelle P. Walensky et al., for the CEPAC-International Investigators

http://www.plosmedicine.org/article/info:doi/10.1371/journal.pmed.1000382#abstract2

Les Directives 2010 de l’OMS recommandent de débuter les ARV pour les taux de CD4<350 cellules/µl, et le remplacement de la stavudine par le tenofovir. Des modèles mathématiques ont été élaborées et les auteurs proposent ce qu’il faudrait faire dans les pays à faible revenu. L’espérance de vie serait améliorée de 5 ans si les ARV sont initiés à moins de 350 CD4/µl même avec la stavudine.

Les auteurs concluent que dans des contextes de déficit en ressources où les directives 2010 de l’OMS ne peuvent être mises en œuvre intégralement, l’initiation des ARV à moins de 350 CD4/µl offre une meilleure survie à court et à long terme et est très efficiente.


3.HP&P – Claims on health care: a decision-making framework for equity, with application to treatment for HIV/AIDS in South Africa

Susan M Cleary, Gavin H Mooney, Diane E McIntyre;

http://heapol.oxfordjournals.org/content/early/2010/12/23/heapol.czq081.full

Essayer de déterminer comment mieux allouer les ressources dans les services médicaux est particulièrement difficile quand les ressources sont sévèrement limitées, comme cela en est le cas dans tous les pays en voie de développement. C’est particulièrement vrai en Afrique du Sud à l’heure actuelle où l’épidémie de VIH s’ajoute à un service de santé significativement sous pression d’une forte demande.

Dans cet article, les auteurs proposent un cadre pour déterminer comment mieux allouer les ressources rares des services médicaux dans de telles circonstances. Ce cadre est basé sur des réclamations communautaires. Cette base de réclamations possibles considérées inclut : le besoin de services médicaux, indiqués tant comme la maladie que la capacité à profiter; si oui ou non les prétendants ont une responsabilité dans les conditions qui ont produit leur besoin de services médicaux; carence relative ou inconvénient; et l’impact des services sur la santé de la société et sur le tissu social. Cleary et al. discutent également les façons de déterminer en pratique ces différentes réclamations et les poids à rattacher à chacune d’elles.

 

4.Global Public Health – Structural barriers to ART adherence in Southern Africa: Challenges and potential ways forward

A. Kagee; R. H. Remien; A. Berkman; S. Hoffman; L. Campos; L. Swartz;

http://www.informaworld.com/smpp/content~db=all~content=a930402482~frm=titlelink

Les auteurs ont identifié les barrières à la prise du traitement antirétroviral en Afrique Australe. Ces barrières sont économiques, institutionnelles, politiques et culturelles. Les barrières dues à la pauvreté font que face aux multiples problèmes auxquels font face les patients, il y a une réduction de l’adhérence. Ces problèmes sont l’absence des moyens de transport, l’insécurité alimentaire, l’insuffisance des soutiens sociaux et de la mauvaise utilisation des fonds d’aide aux démunis.

Comme barrières institutionnelles, on peut noter les barrières logistiques, la surcharge des formations sanitaires, l’accès limité aux services de santé mentale et les difficultés à offrir le counselling de qualité.

Les barrières politiques et culturelles sont les controverses dans l’offre du traitement, les migrations, les croyances traditionnelles sur le VIH et le SIDA, l’ignorance sur les questions de santé, et les inégalités liées au sexe.

L’article propose des stratégies individuelles, communautaires et du système de santé pour faire face à ces barrières structurelles et d’autres recherches sur les barrières à l’adhérence à la trithérapie. Enfin, l’amélioration de l’adhérence à la trithérapie nécessite des efforts multidisciplinaires incluant la santé publique, la psychologie, l’anthropologie, la sociologie et la médecine.

5.Globalization and Health – Where does public funding for HIV prevention go to? The case of condoms versus microbicides and vaccines.

Anny JTP Peters , Maja Micevska-Scharf , Francien TM Van Driel  and Willy HM Jansen; 

http://www.globalizationandhealth.com/content/6/1/23

Cette étude analyse les priorités des donateurs publics dans le financement de la prévention du VIH par les programmes intégrés de préservatif ou par les microbicides et les vaccins préventifs contre le VIH dans la période 2000 – 2008. Elle compare plus loin le financement public des investissements du gouvernement des USA et des gouvernements de l’UE, comme on s’attend à ce que les deux groupes investissent différemment dans des options de prévention de VIH, parce que leurs politiques sur la santé sexuelle et reproductive et les droits sont différentes. Les auteurs utilisent deux bases de données officiellement approuvées de l’ONU pour comparer les courants de financement public pour la prévention du VIH de ces deux donateurs. Durant la période 2000-2008, la part relative du financement public pour les programmes intégrés de préservatif a baissé significativement, tandis que celle pour la recherche sur des vaccins et microbicides a augmenté. Les donateurs publics européens ont donné une plus grande part aux programmes de préservatif que les États-Unis, mais ont montré une similaire tendance à la baisse en faveur du financement de la recherche sur les vaccins et microbicides. Les deux donateurs publics ont investi progressivement plus dans la recherche sur les vaccins et microbicides plutôt que de s’adresser au manque de préservatifs et améliorer l’accès aux programmes intégrés de préservatif dans les pays en voie de développement.

Global Health

6. Global Health Governance – Global Health Governance in a G-20 World

Laurie Garrett & El’Haum Alavian;

http://ghgj.org/Garrett%20Alavian_final.pdf

Historiquement, le G8 a conduit la réponse des pays riches aux défis de santé mondiaux, y compris le VIH. Cependant, après la crise financière de 2008, l’attention s’est tournée non pas au G8, mais vers le plus grand G-20 : un groupe dominé par les intérêts des marchés avancés et émergents et intéressé principalement par la reconstruction de l’agonie économique, soulignent Garett & Alavian.

Cet article examine le rôle du G8 en santé mondiale; le changement dans le paysage d’un monde bipolaire à un monde multi-polaire avec des pouvoirs grandissants de la Chine, de l’Inde et du Brésil; le rôle de chacun des pays du G-20 dans la santé mondiale, tant comme donateurs que bénéficiaires; et les implications pour la gouvernance de santé mondiale, y compris la mobilisation des ressources pour le VIH, le progrès vers les OMD, en particulier le 6, le développement conforme avec les Règlements de Santé Internationaux (RSI) et la promotion de l’accès équitable au traitements ARV.

Les implications pour la gouvernance de la santé mondiale et la mobilisation des ressources pour le VIH restent incertaines. Des acteurs importants du G-20 comme la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud comptent toujours sur l’aide étrangère pour leur programme national de lutte contre le VIH et d’autres maladies spécifiques. Savoir si de telles nations agiront aussi comme des donateurs significatifs pour la santé mondiale restent discutables. Pour les auteurs, le défi avenir est d’aider les économies émergentes dans leur transition à l’indépendance dans l’obtention des biens publics et trouver des solutions qui garantissent l’accès équitable à la santé pour toutes les nations.

7.Guardian – Diplomacy and development, working together in the US

http://www.guardian.co.uk/global-development/poverty-matters/2010/dec/20/us-aid-diplomacy-policy

Durant les 18 mois passés, les différentes sections du gouvernement américain ont été engagées dans deux études importantes qui pourraient avoir des profonds effets sur la façon dont le pays interagit avec le monde. Maintenant qu’elles sont publiées, il est possible d’évaluer leur signification pour la diplomatie américaine et pour les programmes de développement. Beaucoup d’observateurs croient que ces études place Washington dans la bonne course.

La Revue Quadriennale de la Diplomatie et du Développement (RQDD), a été menée par le département d’État et l’USAID pour comprendre comment la diplomatie et le développement peuvent travailler plus efficacement ensemble.

L’intérêt de ces études est lié à la reconnaissance que la diplomatie américaine et les stratégies de développement doivent s’adapter à un monde rempli de nouvelles menaces, de nouveaux acteurs et des nouvelles façons de s’engager avec les alliés et autres. On peut faire l’argument que les agences américaines restent convenables à la dynamique de la guerre froide, mais ne se sont pas adaptées aux conditions actuelles. Le RQDD fait un travail excellent en identifiant les menaces du 21e siècle et en essayant de trouver des réponses diplomatique et de développement. Mais pèche malheureusement sur la question de l’implémentation.  Par exemple, en ce qui concerne le développement, le RQDD ne fournit aucune orientation précise sur la manière dont les USA travailleront avec d’autres donateurs pour être efficients et efficaces. Les menaces identifiées sont en gros : le terrorisme, la prolifération nucléaire, les perturbations économiques, le changement climatique, la cyber sécurité, le crime international et les pandémies. Le développement est admis comme une façon d’améliorer leurs effets. Le travail avec d’autres donneurs et avec des pays pauvres semble être une façon intelligente de faire du business.

Quelques décideurs européens ont soulevé l’intérêt de travailler avec les USA. La prémisse est que les donateurs ont des forces spécifiques, ou des avantages comparatifs, qui peuvent être démultipliés pour soutenir l’avancée du développement. Le RQDD renseigne peu dans l’identification des avantages comparatifs de Washington, bien qu’il expose courageusement ce que ces avantages sont : sécurité alimentaire, santé mondiale, changement climatique, démocratie et gouvernance, économies durables et aide humanitaire. Le document articule les engagements pour renforcer l’USAID et sensibiliser les diplomates sur le rôle important du développement. Beaucoup passent par des réformes internes. Il aborde aussi la façon d’améliorer la coordination du gouvernement. Les ambassadeurs américains seront maintenant responsables et redevables du processus stratégique de développement dans les pays. Ils devraient aussi être autorisés à concevoir des stratégies intégrées, spécifiques au pays, prenant en compte plusieurs donneurs et reflétant des responsabilités partagées.

 

Plusieurs média, organisations et parties prenantes se sont déjà intéressés à cette revue, par exemple le CGD et le Global Health Council.

8.Guardian – UK’s foreign aid strategy puts focus on safe abortion and contraception

Sarah Boseley;

http://www.guardian.co.uk/global-development/2010/dec/31/foreign-aid-safe-abortion-contraception

Le gouvernement de coalition mettra la contraception et l’avortement sain au cœur de ses efforts pour sauver des vies de femme dans les pays pauvres.

Deux documents exposent les plans pour le développement international. L’un se focalise sur la lutte contre le paludisme, combat pour lequel le chancelier George Osborne s’est personnellement engagé. L’autre prévoit de faire plus d’efforts pour réduire la mortalité maternelle et néonatale.

L’avortement sain et la contraception occupent une place centrale dans le cadre de la santé maternelle. Dans le monde, on compte annuellement 75 millions de grossesses non désirées, plus de 22 millions d’avortements à risque parmi lesquels 70 000 aboutissent au décès de la femme.

Nick Clegg, le vice-premier ministre, a engagé le Royaume-Uni au sommet de L’ONU sur les OMD en septembre à sauver les vies d’au moins 50 000 femmes et 250 000 nouveau-nés durant les cinq ans à venir.

Le financement dans les pays pauvres doublera entre 2010 et 2015 par rapport au niveau de 2008 et se stabilisera ensuite. Le Royaume-Uni dépensera une moyenne de £ 740 million par an sur la santé de la femme et de l’enfant, soit un total de £ 4,4 milliards, c’est dire £ 2,1 milliards de plus que les engagements précédents.

Selon le Département pour le Développement International (DfID), il y aura des dépenses “significatives” sur la santé reproductive, dans le but de permettre à 10 millions de femmes de plus “de choisir le moment de la grossesse et le nombre d’enfant désiré”.

Le Royaume-Uni a longtemps été militant du planning familial, y compris l’avortement sain, même quand ses alliés géopolitiques ne l’ont pas été. Quand le gouvernement américain de Bush a coupé ses fonds aux agences étrangères qui menaient des activités pour supporter l’avortement sain, DfID a augmenté son financement pour la santé reproductive pour essayer de combler le gap.

Comme ses prédécesseurs, le secrétaire au développement international, Andrew Mitchell, croit fermement que les femmes devraient avoir le droit de choisir d’avoir un enfant ou pas.

L’autre champ d’action principal porte sur l’accouchement plus sûr. Le Royaume-Uni aidera plus de 2 millions de femmes à accoucher sans risque, par exemple en formant des sages-femmes.

Le deuxième cadre des Résultats, mentionne que l’aide britannique aidera à réduire de moitié le nombre de morts dû au paludisme dans au moins 10 foyers en Afrique et en Asie.

Il soutiendra le test et le traitement et augmentera la fourniture de moustiquaires.

Un grand accès sera aussi tourné vers les pays fragiles et déchirés par les conflits. Mitchell a qualifié de tragique les morts de la malaria, de la grossesse et de l’accouchement parce qu’ils sont évitables.

Selon lui, “la Grande-Bretagne veut aller plus loin dans sa façon de promouvoir l’assistance, en changeant l’ordre du jour du développement vers celui de la redevabilité, l’impact et l’innovation.”

Osborne a réitéré son engagement à la lutte contre le paludisme, lors d’une visite en Ouganda en 2007. La malaria représente 40 % de tous les coûts de santé dans beaucoup de pays africains et réduit leur PIB de 1.3 %.

 

9.WHO Bulletin (editorial) – Containing antimicrobial resistance: a renewed effort

Krisantha Weerasuriya, John Stelling & Thomas F O’Brien;

http://www.who.int/bulletin/volumes/88/12/10-084236.pdf

L’OMS a annoncé que le thème de la Journée Mondiale de la Santé 2011 portera sur ” la maîtrise de la résistance aux antibiotiques”.  En effet, la résistance aux antibiotiques est un problème sérieux qui menace voire réduit les progrès de contrôle des infections. La résistance aux antibiotiques peut être gérée par une utilisation appropriée des antibiotiques. En Europe de l’Ouest, le taux de résistance microbienne aux antibiotiques a été réduit à travers une approche multidimensionnelle dans des systèmes de santé bien régulés. Par exemple, le suivi intégré des prescriptions, de la consommation et de la résistance aux antibiotiques, l’éducation des consommateurs et des prescripteurs, et la régulation sont des stratégies clés.

Dans les pays à faible revenu, la fragmentation du système aggrave l’abus des antibiotiques. Il y a peu de surveillance et les diagnostics sont essentiellement présomptifs. Les praticiens prescrivent des antibiotiques même pour des infections virales, alors que les études ont montré que dans ces cas l’antibioprophylaxie est inefficace. Bien plus, les antibiotiques sont vendus dans les pharmacies sans ordonnance. Réguler ces pratiques constitue un réel défi.

Pour la Journée Mondiale de la Santé 2011, l’OMS développe un paquet de politiques à l’attention des Ministres de la santé pour impliquer tous les acteurs. Cette journée sera une opportunité pour lancer des activités pérennes de contrôle de la résistance  aux antibiotiques, susciter la prise de conscience et l’éducation, monitorer et contenir la résistance, et améliorer la prise de décision pour la prescription des antibiotiques.

La régulation, la formation et l’offre de soins qui prend en compte les facteurs socioculturels économiques et l’amélioration de la communication sont des composantes critiques nécessaires à la maîtrise de la résistance aux antibiotiques.

 

10.    Lancet (Correspondence) – The Greek economic crisis: a primary health-care perspective

Nikolaos Oikonomou, Yannis Tountas;

http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(10)62336-7/fulltext

Dans cette correspondance du Lancet, Oikonomou et Tountas jettent le regard sur la crise économique grecque dans une perspective des soins de santé primaires.

La crise économique grecque a causé la préoccupation mondiale par suite de ses effets secondaires et risques tant pour la zone Euro que pour la communauté économique mondiale. L’analyse du problème montre que les sources majeures d’inadéquation sont les faiblesses structurelles sévères dans l’administration publique grecque, l’économie et la société, qui mène à la bureaucratie, la corruption, la faible qualité de services et les coûts élevés.

Les services médicaux grecs sont un exemple typique d’un secteur économique saignant. Bien que la dépense totale de santé soit passée de 5,3 % du PIB en 1991 à 9,7 % en 2008, en réalité, les résultats de santé dans le pays se sont dégradés. Pourquoi cela? Les barrières administratives affectent chaque aspect du système de santé grec, avec peut-être les plus grandes insuffisances situées dans les soins primaires.

En général, les soins de santé primaire en Grèce sont fortement fragmentés, du fait que plusieurs fournisseurs publics et privés différents sont impliqués, sans coordination et sans système de contrôle.

Certaines des raisons principales du coût élevé des soins de santé primaire sont la multiplication des tests et des prescriptions en raison du faible transfert de l’information entre les fournisseurs et la forte demande induite pour les services de santé. Le dernier est peut-être le facteur le plus important et peut être expliqué par le grand nombre des spécialistes – le plus élevé parmi les pays de l’OCDE – et l’inefficacité des mécanismes de contrôle des fonds d’assurance maladie qui engagent les coûts.

L’auteur croit fortement que ces problèmes pourraient être traités en assurant une volonté politique adéquate et un consensus social. L’intégration de tous les fournisseurs de soin primaire, la constitution de l’équipe pluridisciplinaire de soin primaire et la promulgation de l’institution de la médecine de famille sont nécessaires pour obtenir les soins de santé globaux, continus et efficaces. L’introduction et la mise en œuvre des directives de diagnostic et de traitement dans la pratique clinique quotidienne pourraient aboutir à une meilleure qualité de soin et une rationalisation des dépenses de santé. La demande induite pour des services médicaux semble un problème difficile, mais pourrait être contrôlée par une réduction de la production de nouveaux médecins.

La Grèce lutte pour gérer ses problèmes fiscaux, surmonter la récession et entretenir un État-providence social. Pour réaliser ces buts et sortir de la crise, c’est le temps pour la Grèce de capitaliser sur la morale, l’économie, la politique et l’assistance scientifique des organismes internationaux et des nations avancées en faisant des réformes organisationnelles radicales dans tous les aspects du secteur public, y compris des services médicaux.

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