Chers collègues,

La première semaine de l’année 2011 vient de commencer. Nous vous adressons nos vœux les meilleurs pour cette nouvelle année. Que 2011 soit pour vous une année de développement professionnel et d’amélioration des performances tant individuelles que de votre organisation entière.

Les meilleures performances individuelles contribueront aux performances des organisations et à celles du système de santé en général. La mesure de la performance de notre système de santé en 2011 devrait donc débuter cette semaine. Et pour cela, chaque acteur – individu ou organisation- devrait identifier les problèmes, définir les stratégies à utiliser, les objectifs à atteindre, les activités à réaliser, les indicateurs de suivi et les ressources nécessaires.

Cette planification devrait se faire de bas en haut du niveau local, puis district, régional et enfin national. Cette coordination éviterait la fragmentation, des chevauchements et les déficits.

Ainsi, à la fin d’année 2011, les systèmes de santé auront un nouveau visage, celui de répondre aux préoccupations des bénéficiaires à tous les niveaux, en apportant des solutions idoines pour réduire voire éliminer la morbidité et la mortalité évitables, et leur permettre de fêter 2012.

 

Basile Keugoung, Isidore Sieleunou, David Hercot, Kristof Decoster , Josefien Van Olmen & Wim Van Damme



Global Health

1. Plos – Toward a Consensus on Guiding Principles for Health Systems Strengthening

Robert C. Swanson, Annette Bongiovanni, Elizabeth Bradley, et al.;http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1000385

Une attention grandissante sur le renforcement des systèmes de santé (RSS) a émergée ces dernières années. L’OMS et d’autres ont promue le RSS comme élément essentiel pour l’atteinte des OMD et pour l’amélioration des résultats de santé mondiaux. Cet intérêt grandissant est mis en évidence par l’organisation du Premier Symposium Mondial sur la Recherche sur les Systèmes de Santé, tenue en novembre dernier à Montreux. De plus, des nombreuses occasions de financement mettant un accent sur le RSS ont été établies, y compris un effort collaboratif entre GAVI, le FM et la Banque mondiale, aussi bien que PEPFAR.

Malgré ce consensus croissant pour le besoin de RSS, il y a peu d’accord sur les stratégies pour sa mise en œuvre. Les principes directeurs largement acceptés pourraient fournir un langage commun pour le développement des stratégies dans la communauté mondiale. Sans consensus sur les principes et les cadres stratégiques, les pratiques et l’évaluation peuvent être peu clairs, excessivement limitées, ou incohérentes, limitant la capacité pour l’apprentissage collective, l’innovation et l’amélioration.

Swanson et al. ont conduit une revue systématique et une consultation des experts dans 3 pays, pour développer un ensemble de 10 principes directeurs pour le RSS qui sont : l’holisme, le contexte, la mobilisation sociale, la collaboration, la capacité d’amélioration, l’efficience, l’action informée par l’évidence, l’équité, la protection financière et la satisfaction. Les auteurs font bon accueil et encouragent des discussions futures à tous les niveaux par rapport à ces trouvailles, pour qu’un large consensus sur les principes du RSS soit obtenu.

2. The Global Fund to fight HIV/AIDS, Tuberculosis and Malaria Five-year Evaluation Policy Challenges

Dominique Kerouedan; http://factsreports.revues.org/index635.html

Dominique Kerouedan a fait une revue des 5 ans de fonctionnement du Fonds Mondial de lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme. Cette évaluation s’est focalisée sur 3 points: i) l’efficience organisationnelle et l’efficacité du Fonds; ii) l’efficacité du l’environnement partenarial du Fonds, et iii) les effets systémiques du Fonds et l’impact de l’augmentation des ressources sur la réponse pour les 3 maladies.

Ainsi, le Fonds a permis de mobiliser les ressources additionnelles et de nouveaux acteurs. Toutefois, l’allocation des ressources basée sur la demande est peu adaptée aux profils épidémiologiques, notamment en termes de population, de personnes à haut risque et du nombre de personnes affectées par ces maladies.

L’environnement partenarial impliquant les partenaires techniques ONUsiens et autres institutions n’ont pas permis de réaliser les résultats attendus à cause de la faible capacité institutionnelle des pays récipiendaires et des systèmes de santé de façon générale, et peu de synergie et de coordination entre les partenaires internationaux.

L’augmentation des ressources financières a facilité l’expansion rapide des services de prise en charge et de prévention pour les 3 maladies. Des résultats spectaculaires ont été enregistrés pour le paludisme en Afrique de l’Est, mais peu de progrès ont été réalisés pour freiner la propagation du VIH/SIDA.

L’auteur invite les policymakers à assurer le développement des stratégies d’accompagnement pour améliorer l’efficacité et l’impact de ces instruments (de l’aide) au niveau du pays.

3. Applying the principles of AIDS ‘exceptionality’ to global health: challenges for global health governance

Ooms et al. http://ghgj.org/Ooms4.1.htm

 

Dans une publication spéciale du Global Health Governance Journal, le staff de l’ONUSIDA sous la conduite de son Directeur exécutif M. Sidibe a compilé un certain nombre d’articles discutant de la gouvernance du SIDA.

 

Ooms et al. discutent des liens entre l’exceptionnalité de l’aide du VIH/SIDA et ce que pourrait devenir la responsabilité mondiale de santé.

Les auteurs soutiennent que la caractéristique clé de “l’exceptionnalité” de la réponse mondiale du VIH/SIDA – sa dépendance à la solidarité internationale ouverte pour complémenter les efforts nationaux – peut être préservée seulement si elle est étendue aux questions plus larges de santé des pays les plus pauvres du monde. Cette dépendance à la solidarité internationale ouverte dépend de trois principes liés : une nouvelle approche à la durabilité, une application flexible des contraintes de l’espace budgétaire et un mécanisme de financement international qui fournit l’aide fiable à long terme. Ooms et al. expliquent ces principes en se focalisant particulièrement sur les contraintes de l’espace budgétaire parce que l’importance de cet élément est souvent oubliée ou sous-estimée. Ils expliquent pourquoi les systèmes de santé et des questions de santé plus larges dans des pays à faible revenu ont besoin des mêmes trois principes (ou des solutions semblables), pour maintenir les premiers succès de la réponse mondiale de lutte contre le VIH/SIDA et étendre ces succès.

 

D’autres articles sont également intéressants, tels que le papier de Rushton sur le pourquoi le problème de santé mondiale devient une question de politique mondiale. 

 

Pour une complète vue d’ensemble du Journal, voirla table des matières.

4. GHE – Negotiating Health in the 21st Century: Global Health Governance in Fragile States Fourth High-Level Symposium on Global Health Diplomacy

http://bit.ly/gOA4Cw

 

Le blog de Global Health Europe propose de suivre quelques parties de la récente conférence qui a discuté de la gouvernance de la santé mondiale dans les états fragiles. Une nouvelle façon bon marché d’assister à des conférences.

 

5. Seattle Times – Decade of vaccines begins with new models, funding challenges

Kristi Heim; http://seattletimes.nwsource.com/html/thebusinessofgiving/2013697997_another_look_at_paths_new_vacc.html

Thanks to humanosphere’s watchdog exercise of the Gates Foundation we found this interesting column making a review of recent global initiatives in terms of vaccines provision and development.

En 2010, La Fondation Bill et Melinda Gates  s’est  engagée à  offrir $10 milliard pour fournir les vaccins aux enfants dans le monde. PATH et l’OMS viennent d’introduire un  nouveau vaccin contre la méningite pour l’Afrique, le MenAfriVac,  à un coût 10 fois plus bas soit ½ US$ la dose.

Le vaccin contre le pneumocoque utilisé aux Etats-Unis cette année a été introduit ces dernières semaines au Nicaragua. Habituellement, les nouveaux vaccins sont offerts aux pays pauvres 20 ans environ après leur découverte. Actuellement, le programme appelé  Engagement d’Achat à l’Avance facilite l’approvisionnement de ces vaccins dans les pays à faible revenu. Pendant que le vaccin contre le pneumocoque était encore au stade de recherche, GAVI, Pfizer et GlaxoSmithKline ont signé un accord pour doter les pays pauvres en vaccin à un coût compris entre 3,50  et 7 US$ la dose en échange d’une garantie d’achat.

PATH vient de signer un partenariat avec Merck et ‘NYU Langone Medical Center’ pour développer le vaccin contre le paludisme qui empêcherait au parasite d’entrer dans le foie.

Ces partenariats publics-privés facilitent des progrès dans le développement et la distribution des vaccins même aux plus pauvres. Malheureusement, GAVI a un déficit  4 milliard US$ à cause de la crise économique. L’UNICEF estime qu’en 2007,  plus de 9 million d’enfants sont décédés dans le monde pour des maladies que l’on pouvait prévenir.  En plus du financement, plusieurs autres défis doivent être surmontés : la propriété intellectuelle des grandes firmes pharmaceutiques, les défis scientifiques pour développer le vaccin, les défis de production et les défis de documentation de l’efficacité. 

 


Aid

6. Guardian – Transparency will make aid work better

Owen Barder; http://www.guardian.co.uk/global-development/poverty-matters/2010/dec/21/aid-transparency-global-standard

 

Owen Barder discute des initiatives récentes prises aux USA et en Europe pour rendre l’aide plus transparente.

A partir de l’année prochaine, les donateurs publieront des informations relatives à leur aide à travers l’Initiative Internationale pour la Transparence de l’Aide (IITA).

Le public a le droit de savoir comment l’argent est dépensé. IITA promet de transformer l’aide étrangère: en publiant les données de l’aide suivant un standard commun qui rendra l’accès, le partage des connaissances et la contribution à l’amélioration, faciles à tous.

La plus part des gouvernements et des élus dans les pays en voie de développement n’ont pas des informations de base nécessaires pour effectuer des choix raisonnés concernant leur budget national.

L’exemple est celui de l’Ethiopie où les donneurs entre eux dépensent presqu’autant que le gouvernement. La grande différence étant que le budget du gouvernement est disponible en détail à toute personne.

En visitant le site web de n’importe quelle agence, on trouve une abondance d’information concernant le remarquable travail qui se fait. Le problème est que ces informations ne sont pas publiées sur des formes utilisables. La visibilité n’est pas la même chose que la transparence.

Les membres du congrès américain se plaignent à juste titre de ce qu’ils ne peuvent pas avoir une vue complète de l’aide étrangère des USA, qui est mise en œuvre par 26 agences gouvernementales, chacune ayant ses formats spécifiques de données qui ne permettent malheureusement aucune fusion, rapprochement ou même comparaison.

Les pays en développement rencontrent exactement les mêmes difficultés (et même pire) que le congrès américain. L’aide à ces pays est canalisée à travers les agences bilatérales, les organisations multilatérales, les milliers d’ONG. Comment les officiels d’un pays peuvent-ils avoir des informations globales concernant toutes les dépenses de ces agences, institutions et ONG? Certainement pas en allant fouiner à travers les milliers de sites web de ces donneurs.

La transparence est au cœur de la bonne marche de l’aide. Quand les citoyens ont l’accès aux informations, la façon dont l’argent est dépensé peut vraisemblablement être transformée.

Les chercheurs de la Banque mondiale ont constaté que de 1991 à 1995 les écoles en Ouganda ont reçu en moyenne seulement 13% du financement alloué par le gouvernement central pour des dépenses non-salariales. La variation dans les subventions reçues par les écoles a été déterminée par la politique plutôt que par les considérations d’efficacité ou d’équité. Comme l’évidence sur le degré de cette faiblesse est devenue une connaissance publique, le gouvernement ougandais a ordonné un certain nombre de changements.

Il a commencé à publier mensuellement les transferts de fonds publics aux districts dans des journaux, des radios et a exigé des écoles d’afficher les informations sur l’afflux de fonds. Quand la recherche a été conduite de nouveau en 2003, après que les informations avaient été publiées, les mêmes chercheurs ont constaté que le pourcentage de financement du gouvernement central arrivant dans les écoles avait augmenté de 13% à 82%.

L’idée que la responsabilité publique est au cœur de la bonne marche des services s’applique tant aux pays développés qu’aux pays en développement. La transparence ne rend pas à elle seule l’aide plus redevable. Mais c’est une condition nécessaire pour chaque partie ayant souscrit l’agenda international de l’efficacité de l’aide.

Toute l’évidence suggère que l’aide est efficace lorsqu’elle est utilisée pour soutenir les propres priorités du pays et que les donateurs devraient faire plus pour se coordonner entre eux et utiliser les systèmes du pays autant que possible.

Il est clair que l’aide marchera mieux quand il y aura plus de redevabilité aux citoyens des pays en voie de développement. Il n’y a aucune façon de résoudre le problème sans informations précises et complètes sur ce que les donateurs dépensent.

Le changement vers un standard mondial de l’information pour l’aide sonne une transformation plutôt morne et technocratique, mais un standard commun pour le partage des informations ouvre un monde de possibilité. Il permettra aux multiples agences humanitaires de rendre disponible les informations facilement utilisables par les gouvernements, les parlements et les citoyens.

 

 

7. rnw – Turning point for Dutch development aid

John Tyler; http://www.rnw.nl/english/article/turning-point-dutch-development-aid

 

Le nouveau gouvernement conservateur élu et la crise financière ont eu des conséquences majeures sur plusieurs priorités de Développement Européen. Dans cet article, l’auteur discute de la nouvelle politique hollandaise de l’aide, ou tout simplement de ce qu’il en reste.

Le gouvernement hollandais coupe son budget d’aide au développement. En même temps, ce budget sera dépensé différemment.

Le changement est en partie le résultat des coupes systématiques liées à la crise financière. Mais il représente aussi un tournant dans la philosophie hollandaise envers l’aide.

Le Ministre Adjoint Ben Knapen soutien que l’aide au développement doit devenir plus efficace, plus orientée vers la croissance économique et moins sporadique. Le budget de l’année prochaine sera coupé de 8 pour cent, avec des plans de coupe de 20 pour cent du budget dans les quatre ans à venir. Toutes les trois voies que le gouvernement hollandais donne à l’aide seront coupées – l’aide bilatérale, l’aide à travers l’Union Européenne et les organisations internationales comme la Banque mondiale et les subventions aux organisations non gouvernementales.

Moins de pays

Cinq pays ne recevront pas très probablement l’assistance budgétaire générale l’année suivante: le Bénin, le Sénégal, la Moldavie, le Burundi et la Zambie.

Le Rwanda et la Tanzanie ont déjà eus des coupes. Les 40 pays qui reçoivent actuellement diverses aides directes du gouvernement hollandais seront probablement réduits à 12. M. Knapen annoncera les cinq premiers d’entre eux cette semaine.

Devoir moral et politique

Jan Pronk, ancien ministre de l’aide au développement durant quatorze ans et ancien représentant spécial de L’ONU au Soudan, incarnant la politique de développement hollandaise durant les trente ans passés, souligne que l’aide au développement est un devoir moral et politique et son budget ne devrait pas être inclus dans la mise en équilibre des comptes nationaux.

WikiLeaks

Les Pays-Bas ont récemment obtenu la confirmation de sa position principale dans le monde de l’aide de développement. Un document répandu par WikiLeaks cite la Secrétaire d’Etat américain Hillary Clinton louant les Pays-Bas comme ‘un leader mondial de l’aide au développement étrangère’. Ben Knapen est le pari que ce pays peut maintenir ce rôle principal, même après qu’il ait fait des coupes majeures dans le budget de l’aide au développement.

 

Emerging Voices

8. Young Champions for maternal Health

http://www.changemakers.com/en-us/node/83763               

Comme les Talents Emergents qui s’intéressent de plus en plus aux questions de politiques de santé internationale, nous vous donnons le lien web pour le blog dont les membres s’intéressent à la santé maternelle : les  Jeunes champions pour la santé maternelle.

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