Chers Collègues,

 

La communauté internationale se penche de plus en plus sur la question de l’accès universel aux soins comme cela a encore été le cas à la Conférence du Brésil sur les Systèmes de sécurité sociale universels. Le rapport donnant les principales leçons de la conférence a déjà été produit.

S’il est de plus en plus admis qu’un socle de sécurité sociale fait partie des droits de l’homme, la majorité de la population mondiale n’a cependant accès à aucune forme de protection sociale, notamment les pauvres et les travailleurs du secteur informel.

La volonté politique des gouvernements est indispensable pour inclure ces personnes exclues et marginalisées dans les systèmes de protection sociale. Cette volonté politique ne naitra pas d’une ‘génération spontanée’. La société civile a un rôle crucial à jouer : d’une part, pour organiser les populations et leur expliquer leur droits y compris celui de la protection sociale  et d’autre part, pour  influer sur le gouvernement afin qu’il engage les réformes politiques nécessaires, développent des stratégies qui ne se concentrent plus uniquement sur les fonctionnaires et les agents du secteur privé, mais englobent toute la population ou mieux encore ciblent d’abord les plus pauvres et les démunis.

Sous l’initiative des Institutions de Bretton-Woods, les pays à faible revenus ont élaboré des Documents stratégiques de réduction de la pauvreté Ces documents ont au moins permis de mesurer le chemin assez long qui reste à parcourir pour réduire la pauvreté ou au mieux offrir des services essentiels de base à toute la population. Malheureusement, il n’y a pas d’amélioration significative de la situation dans la plupart des pays. Le chômage est galopant, l’écart se creuse entre les riches et les pauvres, l’espérance de vie diminue, les indicateurs de santé, bref la protection sociale qui est le reflet réel de la réduction de l’incertitude quant au lendemain reste illusoire. L’approche du haut vers le bas, accompagnée de couteuses consultations internationales, utilisée pour la rédaction des documents stratégiques de réduction de la pauvreté était elle la bonne ? Une revue de ces documents est impérative pour augmenter l’appropriation au niveau national et pour les arrimer à la couverture universelle en services sociaux et à la protection sociale, étapes indispensables de la réduction de la pauvreté.

Nous vous invitons à participer aux débats sur notre blog. Des discussions intéressantes sont en cours sur la responsabilité internationale dans la couverture de santé pour les pays les plus pauvres, sur la place des mutuelles de santé et sur les implications des accords de libre échange entre l’Europe et l’Inde sur l’accès aux médicaments en Afrique.

 

Bonne lecture

 

Basile Keugoung, Isidore Sieleunou, David Hercot, Kristof Decoster, Josefien Van Olmen, & Wim Van Damme



AIDS

1.Lancet – The future of HIV/AIDS in Africa: a shared responsibility

Thomas C Quinn, David Serwadda ; http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(10)62183-6/fulltext

Quinn et Serwadda relèvent que le 1er décembre est une date pour se remémorer ceux qui sont décédés du SIDA, célébrer également les progrès qui ont été réalisés pour offrir un meilleur accès aux soins et au traitement, mais également pour regarder vers le futur. Notamment en Afrique sub-saharienne, il faudrait planifier aujourd’hui comment faire face à l’épidémie de VIH dans les prochaines décennies. 4 stratégies sont proposées :

a.       Un partage de responsabilités entre les pays développés et les pays africains

b.      Une mesure réelle de l’incidence du VIH pour suivre l’impact réel de la prévention

c.       Une mise en œuvre des partenariats pour améliorer la capacité locale à prendre en charge l’épidémie

d.      Une formation éthique des professionnels de santé et une meilleure gouvernance

Les projections montrent que 70 millions de personnes vivraient avec le VIH en 2050 en Afrique et les ressources seraient insuffisantes pour la prise en charge et la prévention est la meilleure stratégie pour contrôler cette épidémie. Malgré les efforts soutenus de la communauté internationale, de nouvelles menaces réduisent la pérennité des actions telles que, la persistance d’une incidence élevée du VIH, la crise économique mondiale ou la dette. Une plus grande prise de responsabilité par les Etats africains dans la lutte contre l’épidémie est nécessaire pour planifier rationnellement, et mesurer l’incidence et la prévalence réelles du VIH, indispensables pour évaluer les efforts de prévention et estimer les besoins.

La délégation des tâches médicales aux professionnels de santé moins qualifiés et des tâches administratives aux acteurs non médicaux est indispensable pour faire face à la pénurie croissante en personnels.

Les décisions prises aujourd’hui auront des conséquences sur la vie des personnes vivant avec le VIH durant les prochaines décennies en Afrique sub-saharienne. Une planification stratégique et des investissements sont aujourd’hui indispensables.

2.WHO Bulletin – Universal Antiretroviral treatment – the challenge of human resources

Till Bärnighausen, David E Bloom and Salal Humair; http://www.who.int/bulletin/volumes/88/12/09-073890/en/index.html

Malgré les efforts déployés en 2008 pour offrir les ARV à plus de 4 million de personnes vivant avec le VIH/SIDA, Bärnighausen et al. reviennent sur la problématique des ressources humaines pour offrir et maintenir l’accès universel aux antirétroviraux dans le futur. Ils décrivent 4 possibilités pour y arriver :

a.      L’augmentation du recrutement des personnels dans le système de santé

Peu probable, 1 à 2 médecins sont requis pour monitorer 1000 patients sous ARV dans les pays pauvres. Cela signifierait que 800 à 1600 médecins auraient été ajoutés en 2008 pour offrir les ARV à près de1 million de personnes supplémentaires en Afrique sub-saharienne. Ce qui est impossible du fait même de la pénurie actuelle. L’augmentation de la couverture en ARV est le résultat d’une délégation des tâches significative, et l’orientation des personnels vers les programmes ARV.

b.      La réduction des fuites de personnels

Dans certains pays, la proportion de personnels infectés est grande et ils sont donc eux aussi mis sous ARV, ce qui diminue leur morbidité, mortalité et absentéisme. Certains travaillent avec les ONG et programmes VIH/SIDA et ont de meilleures conditions de travail et émigrent moins.

c.       La délégation de tâches des personnels plus compétents aux moins expérimentés

63% des pays en Afrique sub-saharienne ont développé des stratégies de délégation de tâches pour faire face à la pénurie en personnel. Toutefois, il n’y a pas encore suffisamment d’évidences sur l’ampleur de la délégation des tâches, ou si celle-ci est une réponse à court ou à long terme et enfin son impact sur la qualité des soins.

d.      La spécialisation des personnels des services de santé généraux vers les programmes VIH/SIDA

Un nombre substantiel de personnel de santé a abandonné les services de santé généraux pour travailler dans les programmes ARV. L’évaluation de l’ampleur de cette ‘fuite de cerveaux interne’ et de son impact sur les soins généraux et la santé des populations n’a pas été faite.

 

De nombreux défis et incertitudes sur l’évolution de l’incidence et de la prévalence du VIH sont développés. Il y a donc une nécessité de mieux documenter les stratégies d’augmentation de la couverture en ARV et d’évaluer la performance des personnels de santé dans ces contextes. Les policymakers devraient anticiper sur ces facteurs, et évaluer de façon réaliste les besoins nécessaires pour la couverture universelle en ARV.

 

Les auteurs soulèvent ici deux points critique pour le futur de la pris en charge des patients séropositifs qui requièrent des ARV. Tout d’abord l’absolue nécessité de recourir à la délégation des tâches, c’est un fait qui est déjà mis en œuvre dans la plupart des pays africains qui font face à une épidémie sérieuse et qui devra s’intensifier si l’on veut accroitre le nombre de sidéens pris en charge, Deuxièmement, le fait que pour arriver ou nous sommes, de nombreuses ressources en personnel ont déjà été réorientées vers la prise en charge du SIDA. Une augmentation future du nombre de personnes prises en charge pourra t’elle décrocher encore plus de personnels des autres secteurs. Quelle est la limite ? Et comment allons-nous faire une fois que ce point sera atteint ? La loi des rendements décroissants s’applique à la prise en charge du SIDA comme à toute politique. DH

Global Health

3.KFF – African Ministerial Conference Concludes With Health Priority Commitment

http://globalhealth.kff.org/Daily-Reports/2010/November/29/GH-112910-Luanda-Conference.aspx

Les ministres de la santé et de l’environnement d’au moins 46 pays africains ont conclu la deuxième conférence interministérielle sur la santé et l’environnement en Afrique à Luanda vendredi passé (29/11) avec l’adoption « de l’engagement de Luanda » qui énumère les priorités en matière de santé et d’environnement du continent pour les années à venir.

Les priorités incluent: l’approvisionnement en eau potable, l’hygiène et l’assainissement; la gestion des risques environnementaux et sanitaires liés aux changements climatiques; le contrôle des vecteurs; l’amélioration de la santé des femmes et des enfants; et la promotion de la santé au travail.

Les ministres se sont aussi engagés à accélérer la mise en oeuvre de la déclaration de Libreville, en vue d’accélérer la progression vers les OMD 4, 5, 6 et 7.

Ils ont également réaffirmé leur engagement à la déclaration d’Abuja, qui a appelé les gouvernements à assigner au moins 15% des budgets nationaux à la santé.

D’après un autre article du PANA/Afrique en ligne, Luis Gomes Sambo, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, a axé son discours d’ouverture sur l’impact des inondations et des sécheresses sur l’état nutritionnel en Afrique.

4.Sarah Boseley – Company offers low cost vaccine against killer diseases

Sarah Boseley; http://www.guardian.co.uk/society/sarah-boseley-global-health/2010/nov/26/gavi-cheap-vaccines

GAVI a annoncé qu’une compagnie pharmaceutique a accepté de réduire le prix du Vaccin Pentavalent – Dipthérie, coqueluche, tetanos, Hémophilus et Hépatite B- de 2,97 à 2,58 US$. Il en est de même pour la méningite dont le vaccin MenAfriVac a été développé à travers une collaboration entre l’OMS et l’ONG PATH et qui coûte 0,5 US$ la dose.

Au moment où GAVI demande aux bailleurs de financer les vaccins contre le pneumocoque et les rotavirus, il est utile de développer des partenariats avec les compagnies pharmaceutiques génériques émergentes pour fabriquer des vaccins moins chers qui sauvent les vies.

Global Health Data

5.IHME – Financing Global Health 2010: Development assistance and country spending in economic uncertainty

http://www.healthmetricsandevaluation.org/resources/policyreports/2010/financing_global_health_1110.html

Le rapport détaillé des figures de l’aide globale de santé éditées précédemment par IHME a été maintenant publié. Il fournit des informations perspicaces au sujet des fluctuations et même des évaluations de l’aide dans le secteur de la santé durant les récentes années, y compris l’année 2010. On notera:

1-     Aide au Développement pour la Santé (ADS)

         La crise financière et le ralentissement économique qui s’en est suivi apparait être contributeur du ralentissement du taux de croissance de l’ADS.

         L’augmentation des contributions des gouvernements continue de favoriser l’augmentation de l’ADS.

         Un déclin dans les financements privés a conduit l’ADS canalisée par les ONG à son plus faible point depuis 2004.

         Le suivi des dépenses de santé a significativement progressé grâce à l’amélioration de la transparence. En 1990, 65% de l’ADS du secteur public étaient non spécifiés. En 2008, cette proportion a chuté à 1%.

         L’ADS des agences des NU a été presque constante depuis 2008.

         Il existe une multitude de niveaux de financement parmi les différents domaines d’intervention.

         La répartition de l’ADS à travers les pays continue de correspondre en général au poids des maladies, mais certains pays font exception.

2-     Dépenses de santé publique

         Les engagements pour la santé dans les pays en développement ont augmenté dramatiquement durant les deux dernières décades.

         Dans les pays où les gouvernements reçoivent de façon significative l’ADS, on observe une fongibilité des ressources.

         Il y a une faiblesse des données des dépenses gouvernementales de santé, avec une différence importante constatées entre les deux sources primaires de données (FMI et OMS).

 

Karen Grepin a assisté à la publication de ce rapport. Elle nous donne quelques premiers commentaires. L’une des plus remarquables trouvailles est qu’en dépit de la crise financière, l’aide globale pour la santé a continué de progresser. Mais en y regardant de plus près, plusieurs gouvernements ont plutôt diminué leurs dépenses pour le développement. De plus, le financement privé à travers les ONG a décliné. Un argument additionnel en faveur de la taxation publique plutôt que de croire à la bienveillance de la part des citoyens.

6.Plos –  Global Health Estimates: Stronger Collaboration Needed with Low- and Middle-Income Countries

Osman Sankoh; http://www.plosmedicine.org/article/info:doi/10.1371/journal.pmed.1001005

Cette semaine, PLoS Meicine publie un ensemble d’articles d’une série d’experts qui donnent des aperçus et opinions sur l’importance des estimations des indicateurs de santé au niveau mondial, et la façon de progresser avec de meilleures données, des méthodes de mesure plus fiables, une coordination améliorée entre les groupes collectant les données, et un leadership plus fort. Peter Byass dans l’article d’introduction discute pourquoi le « débat sur l’estimation » est si important. Ties Boerma et collègues de l’OMS décrivent le travail des agences et l’avenir du monitoring des indicateurs de santé. Christopher Murray et Alan Lopez plaident pour un rôle prédominant des universités dans la production et l’analyse des indicateurs de santé. Osman Sankoh plaide pour une collaboration beaucoup plus forte entre les générateurs des indicateurs de santé mondiale, et toutes les autres parties prenantes au niveau des pays.

7.Plos –  A Call for Responsible Estimation of Global Health

Wendy Graham and Sam Adjei; http://www.plosmedicine.org/article/info:doi/10.1371/journal.pmed.1001003

Wendy Graham et Sam Adjei appellent à des estimations responsables de la santé mondiale. Pour les auteurs, il y a une urgence nouvelle et potentielle de redéfinir le leadership sur le processus de l’estimation mondiale des indicateurs de la santé maternelle et infantile. Les récentes controverses sur les estimations mondiales mettent en lumière les questions fondamentales en ce qui concerne les performances des « fournisseurs » suivant les besoins des « clients ». Les parties prenantes engagées dans le processus sont maintenant très variées, et incluent les gouvernements des pays, les agences bilatérales et multilatérales, les universités, les associations professionnelles, les ONG, les organisations philanthropiques et les entreprises. Les auteurs proposent ainsi une estimation responsable des indicateurs de la santé mondiale, qui est centrée sur les parties prenantes, qui est responsable et transparente, et qui a un leader clairement identifié.

Health Care

8.BMJ – Economic success threatens aspirations of Brazil’s public health system

Tom Hennigan; http://www.bmj.com/content/341/bmj.c5453

Le BMJ appelle à tirer des leçons de santé mondiale des quatre coins du monde. La semaine dernière, le journal s’est attardé sur le succès du système de Santé Publique du Brésil dans divers articles.

Au Brésil, après 1988, l’accès aux soins est devenu un droit pour tous dans le pays. Plus de la moitié de la population –  essentiellement des pauvres – a été incorporé dans le Système National de Santé.

Le Brésil démontre actuellement l’une des plus grandes réductions de la mortalité infantile dans le monde depuis que le pays a ainsi établi un service national de santé. Mais, à mesure que la croissance économique progresse, le pays voit une importante classe moyenne naitre, qui malheureusement se retrouve hors du système public de santé. Les enquêtes montrent d’ailleurs que cette importante classe sociale aspire à un plan pour la santé. Tom Hennigan trouve que le service développé pour les citoyens pauvres est encore à risque.

Le défi pour le Système de Santé National sera d’intégrer cette nouvelle classe, sinon il pourrait y avoir une sorte d’apartheid dans la fourniture de la santé, averti le Dr Renilson Rehem.

9.WHO Bulletin – Health transition in Africa: practical policy proposals for primary care

D Maher, L Smeeth and J Sekajugo; http://www.who.int/bulletin/volumes/88/12/10-077891/en/index.html

Dans cette ère de globalisation, les systèmes de santé en Afrique Sub-saharienne font face à des défis posés par la transition épidémiologique.

Avec seulement 12% de la population mondiale, la région africaine détient 31% du fardeau global des cas de tuberculose, 62% d’infections par le HIV et 70% d’infections de Plasmodium Falciparum. 

En dehors des maladies transmissibles, les maladies non transmissibles ont également un impact important en Afrique. Par exemple, la mortalité due aux maladies cardio-vasculaire standardisée sur l’âge peut être jusqu’à trois fois plus élevés dans quelques pays en Afrique par rapport à certains pays européens.

Maher et al. notent que les services de santé de base ont joué un rôle réussi dans la mise en œuvre des interventions pour le contrôle des maladies transmissibles, telles que la tuberculose, le VIH et le paludisme. S’appuyant sur ce succès, les services de santé de base peuvent jouer un rôle crucial dans la réponse aux maladies non transmissibles en termes de promotion de la santé, de prévention et de traitement de la maladie. Une réponse améliorée des services de santé de base aux problèmes posés par la transition épidémiologique est donc une priorité.

Dans cet article, les auteurs fournissent des propositions politiques pratiques sur la façon dont les services de santé de base peuvent répondre aux problèmes posés par la transition épidémiologique. Ces propositions incluent: (i) l’amélioration des données sur les maladies transmissibles et non transmissibles; (ii) la mise en œuvre d’une approche structurée pour l’amélioration de la fourniture des services de santé de base; (iii) une plus grande attention apportée à la qualité des soins cliniques; (iv) l’alignement de la réponse de la transition épidémiologique au renforcement du système de santé; et (v) la capitalisation d’un environnement de politique globale favorable.

 

Pour les auteurs, l’investissement pour une réponse améliorée des soins primaires aux deux problèmes (maladies transmissibles et maladies non transmissibles) éviterait de créer la concurrence pour les ressources. Les alliances nationales et internationales (telle que l’Alliance Mondiale pour les Maladies Chroniques) ont un rôle clé à jouer dans la mobilisation de l’investissement nécessaire pour une réponse efficace du système de santé, y compris une réponse efficace des services de santé de base, face aux défis de la transition épidémiologique.

AID Effectiveness

10.    Owen – DEVELOPMENT 3.0: IS SOCIAL ACCOUNTABILITY THE ANSWER?

Owen Barder; http://www.owen.org/blog/4250

Owen Barder zoome sur la transparence sociale: est-ce la prochaine grande question du développement?

Le développement est un long, lent et incertain processus. Son chemin est bosselé et sinueux. La transparence et la responsabilité ne sauraient être vues comme un saut unique.

Shanta étiquette le « big push » et le « consensus de Washington » respectivement comme les versions 1.0 et 2.0 du développement, et qualifie la transparence et la responsabilité comme étant simplement la version 3.0.

Pour Owen, le « big push » et le « consensus de Washington » étaient des modèles pour un monde meilleur. La responsabilité sociale, en revanche, ne commence pas par une idée préconçue de la façon dont des ressources devraient être employées ou des services devraient être fournis: elle cherche à changer la dynamique du système pour le rendre plus sensible et plus susceptible de converger par lui-même sur les solutions qui serviront mieux les populations pauvres dans les pays en voie de développement.

Un défi important sera de savoir si les agences pour le développement elles-mêmes peuvent s’adapter.  Leurs modèles de gestion des cycles de projet est basé sur une vue hiérarchisée. Ce sera donc un grand défi – intellectuellement, culturellement, … – pour elles de modifier leurs systèmes afin d’arriver à un monde où les donateurs travaillent pour aider les citoyens des pays en voie de développement à déterminer leurs buts et priorités et à établir leurs propres systèmes pour les réaliser.

 

Si ce que Shanta appelle le développement 3.0 signifie qu’au lieu de l’offre taillée sur mesure d’un seul coté pour toutes les solutions, nous devons travailler pour amener les communautés elles-mêmes à trouver la réponse à leurs problèmes, alors Owen pense que cette version devrait être bien plus que 3.0.

 

Le blog de Owen Barder est juste un des nombreux blogs sur le développement. Voir cet autre blog et celui là qui méritent également d’être lus.

11.    Guardian – Tax and aid: To trade with loaded dice

Richard Brooks; http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2010/nov/29/international-corporate-tax-avoidance-africa-aid

Richard Brooks commente un récent rapport qui souligne à quel point l’évasion fiscale des multinationales est importants. Ces mécanismes (qui sont soutenus par des règlements favorables dans des paradis fiscaux comprenant la Suisse et les Pays Bas) expliquent une grande part des opportunités manquées pour des gouvernements des pays à faible revenu de mobiliser des ressources et de fournir des services sociaux de base à leur population. Les Nations les plus pauvres demeureront dépendantes de l’aide si l’évasion fiscale des sociétés continue de se matérialiser à l’échelle mondiale.

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