Chers Collègues,
Les 33 mineurs chiliens ont été sauvés le 13 octobre 2010 après plus de deux mois à plus de 600 m sous terre. Le gouvernement chilien n’a pas seulement déployé beaucoup d’efforts mais a tout fait pour sauver la vie des mineurs.
Devant la faible capacité des Etats des pays à faible revenu en général et ceux d’Afrique sub-saharienne en particulier à offrir des services sociaux de base pour sauver les vies, les discours des gouvernements sont devenus caricaturaux. Les termes utilisés s’adaptent à tous les secteurs et à tous les problèmes. L’objectif étant de disculper l’équipe dirigeante de la situation  parfois désastreuse dans laquelle se retrouvent très souvent les populations. Qu’il s’agisse de l’accès à l’eau potable, aux antirétroviraux contre le VIH/SIDA, aux antituberculeux, ou au traitement contre l’accès palustre simple, tout est présenté comme si les défaillances venaient d’ailleurs. Car il est dit que le gouvernement a fait de nombreux efforts, a consenti d’énormes sacrifices, a élaboré des programmes contre le problème incriminé, a créé tout un Service, toute une Direction voire tout un Ministère pour la lutte contre le problème. Sauf que ces ‘efforts, sacrifices…’ en ce qui concerne la santé ne produisent que les résultats que nous connaissons tous. C’est-à-dire l’incapacité de ces ‘efforts, sacrifices…’ à prévenir et ou traiter les problèmes responsables de la forte morbidité et mortalité et de la faible espérance de vie. S’il en est ainsi, le problème selon ces gouvernements se trouverait ailleurs: c’est la Banque mondiale, c’est les pays riches, c’est la dette, c’est l’insuffisance de l’aide, ce sont les conditionnalités –de démocratie, de bonne gouvernance ou de privatisation – liées à l’octroi de l’aide qui sont responsables de nos échecs.
 S’il est aussi vrai que les ressources locales seraient insuffisantes pour financer les systèmes de santé, dans certains cas, les propres budgets des pays sont difficilement consommés, et la bureaucratie limite l’utilisation en temps opportun de l’aide extérieure. Si les efforts consentis et les sacrifices pouvaient être compris comme les contributions financières, les réformes entreprises pour adopter sur les stratégies efficaces et les activités basées sur l’évidence, il serait donc surprenant que cette débauche d’énergie ne produise que des mauvais résultats. Quelque chose serait donc mal appréciée, soit les efforts ou bien les résultats. Ce qui est sûr, les mauvais résultats sont clairs: des taux de mortalité maternelle qui vont de 400 à 1800 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes (contre moins de 5 en Europe), 90% des décès dus au VIH/SIDA… Par conséquent, les efforts et sacrifices sont donc surévalués par les gouvernements et cette surévaluation contribuerait à endormir et à pérenniser la faiblesse des systèmes de santé, et à causer les pertes inutiles des vies humaines.
L’exemple chilien montre l’insuffisance de volonté politique et même de prise de conscience qu’un travail immense –plus que les efforts et les sacrifices – attend les peuples d’Afrique sub-saharienne pour construire des services sociaux qui permettent non seulement de sauver les vies, mais d’offrir aux populations une vie digne et équitable.
Basile Keugoung, Isidore Sieleunou, David Hercot, Kristof Decoster , Josefien Van Olmen & Wim Van Damme



Global Fund Replenishment

1. GF (press release) – DONORS COMMIT US$11.7 BILLION TO THE GLOBAL FUND FOR NEXT THREE YEARS
The official press release by the GF remains very diplomatic, as always.

Les donateurs ont pris l’engagement de contribuer $11,7 milliards pour le Fonds Mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme pour les années 2011-2013.
Les contributions annoncées sont le plus grand engagement financier que la communauté internationale ait déjà eu à prendre pour lutter contre ces trois pandémies. Ce financement était de US$9,7 milliard en septembre 2007 pour la période 2008-2010.
« À un moment où plusieurs gouvernements mènent des politiques d’austérité pour la réduction des déficits budgétaires, ces engagements sont le signe d’un message fort : Il montre à quel point les leaders mondiaux veulent s’engager aux bonnes causes qui vont au-delà de leurs frontières. Il montre également qu’ils comprennent l’importance de la santé pour tous », déclare le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon. « Cependant, les besoins sont susceptibles de surpasser ces engagements impressionnants. Cela signifie que nous devons continuer à mobiliser plus de ressources.  Nous devons chercher des sources de financement innovatrices.  Nous avons besoin de bien plus de contributions par le secteur privé… et nous devons amener de nouveaux donateurs à la table ».
Michel Kazatchkine, directeur exécutif du FM a dit apprécier profondément les efforts de tous les donateurs qui ont ainsi montré leur confiance soutenue envers le Fonds Mondial ».
            Cependant il faut noter que les promesses engrangées ne suffiront pas à maintenir les activités actuelles du fond, encore moins à accroitre les activités pour un meilleur accès aux ARV ou pour un élargissement du mandat du Fonds pour la prise en charge des OMD 4 et 5 par exemple. En effet, le find avait demandé un minimum de 13 milliards pour pouvoir poursuivre ses activités et même 17 milliards pour pouvoir les accroitre. Les politiciens ne l’ont pas entendu. Reste à voir si le nouveau fonds réunis par Ban Ki Moon pour les OMD 4 et 5 qui lui a récolté 40 milliards pourra relevé le défi qu’il s’est assigné. Il semble qu’une fois de plus le vent commence à tourner. DH
2. KFF – Donors Pledge Nearly $12B For Global Fund, Missing Lowest Funding Target

KFF présente aussi quelques premières réactions des ONG et activistes sur les engagements déjà pris par rapport au financement du FM. Beaucoup d’entre eux sont frustrés et même en colère. Dans Plusnews vous pouvez trouver quelques réactions de la société civile et autres.
 Science speaks a quelques réactions à propos de l’engagement des USA aux $4 milliards.
Humanosphere relève l’impact que l’insuffisance de financement pourrait avoir sur le Salvador, un pays a revenu intermédiaire. 
3. Globalhealthpolicy.net – Failing to replenish the Global Fund
Andrew Harmer;

En mars dernier le Fonds Mondial a prévu trois scénarii de financement par ses partenaires. Suite aux premières annonces lors de la 2nde rencontre de la 3ème  Reconstitution des Ressources à New York, Harmer pense que nous avons actuellement une première indication de quel scénario pourra
vraisemblablement en être. 

Le scénario 1  permettrait tout simplement de poursuivre le financement des programmes existants. Les ressources requises entre 2011-2013 seront de US$ 13 milliards.
Le scenario 2 permettrait en plus des programmes existants, de financer des nouvelles propositions proches de celles des années précédentes et la trajectoire observée dans les progrès sera conservée. Les ressources requises entre 2011-2013 seront de US$ 17 milliards.
Le scenario 3 permettrait en plus des programmes existants, de financer des nouveaux programmes plus ambitieux susceptibles de permettre une atteinte rapide des OMD. Les ressources requises entre 2011-2013 seront de US$ 20 milliards.
La plus part des personnes milite en faveur du scénario3. Aids Alliance relève le fait qu’un financement de  US$ 20 milliards pourraient signifier que presque qu’aucun enfant ne serait né avec le VIH en 2015.
Il existe également un scénario 4 qui n’ose pas dire son nom. Jeffrey Sachs et d’autres plaident pour une transformation du Fonds Mondial contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme en un Fonds Mondial plus ambitieux pour la santé. Ce Fonds Mondial nécessiterait US$ 6 milliards pour le contrôle des maladies spécifiques et US$ 6 milliards additionnels pour couvrir l’expansion du système de santé. Le total de US$ 12 milliards par an pour ce Fonds Mondial élargi semble trop grand pour être réaliste, comparé aux US$ 3 milliards dépensés actuellement. Sous une autre perspective, ce montant de US$ 12 milliards est réellement modeste quand on sait qu’il ne représente que 0,033% du Produit Intérieur Brut des donateurs.

L’engagement des USA de $4 milliards est basé sur la contribution annuelle moyenne durant les 3 dernières années (2007-2009). Ce niveau de financement se situe juste au dessus du scénario 1 ($3,5 milliards), en dessous du scénario 2 ($4,6 milliards) et très en deçà du scénario 3 ($5,4 milliards) selon les calculs du Fonds Mondial. Si les USA contribuent 27% des engagements totaux, on aura approximativement $15 milliards durant les trois prochaines années. Ainsi, les chances pour un enfant de naitre dans un monde sans VIH, sont en train d’être compromises.
Global Health Financing
4. Globalization and health – Financing the Millennium Development Goals for health and beyond: sustaining the ‘Big Push’
Gorik Ooms , David Stuckler , Sanjay Basu  and Martin McKee;
Plusieurs OMD ne sont pas encore atteints dans les pays les plus pauvres du monde, pourtant il ne reste plus qu’un tiers du chemin à parcourir. Ooms et al. pensent que le financement de ces OMD n’est pas simplement une question d’insuffisance des ressources. Pour eux l’évidence actuelle indique que la nature provisoire du financement, ainsi que les défis de sa coordination pour le diriger vers les plus nécessiteux freinent l’atteinte des OMD dans les pays qui peuvent le plus bénéficier. Les approches traditionnelles d’allocation de l’aide au développement pour la santé n’ont pas été capables de résoudre les défis émergents et existants de santé publique capturés dans les OMD ; ces défis exigent des formes soutenues de redistribution fina
ncière à travers un mécanisme coordonné. Les auteurs proposent la mise sur pied d’un fonds social mondial de protection de santé pour faire face aux échecs récurrents du mécanisme d’allocation moderne de l’aide. Ces fonds pourraient utiliser des stratégies établies et efficaces pour l’allocation de l’aide, afin d’atténuer d’énormes problèmes financiers qui minent actuellement l’initiative des OMD.
5. Lancet – Equity and adequacy of international donor assistance for global malaria control: an analysis of populations at risk and external funding commitments
The Lancet en ligne a publié cet article de Snow et al. qui analyse l’équité et l’adéquation de l’assistance international pour la lutte contre le paludisme. Leur but était d’identifier les besoins financiers non couverts qui seraient biologiquement et économiquement équitables.
L’analyse montre que le financement international pour la lutte contre le paludisme a augmenté de 166% depuis 2007 et est largement en phase avec les besoins estimés selon la prévalence biologiques. Les pays africains sont devenus les plus grands bénéficiaires de l’assistance internationale, cependant les pays où le P. vivax continue de poser des menaces pour la lutte contre cette maladie ne sont pas suffisamment financés. L’aide a été inadéquate pour 50 pays, représentant 61% de la population mondiale à risque de paludisme, et n’est pas corrélée au produit intérieur brut. L’interprétation faite par les auteurs est que les fonds de lutte contre le paludisme sont 60% inférieurs aux US$4,9 milliards nécessaires pour mettre en œuvre une lutte globale en 2010.

6. Lancet – International donor assistance for health
Anne Mills commente l’article de Snow et al. Les auteurs soulèvent des questions importantes sur l’allocation d’une telle aide entre les pays. Des influences sur l’allocation de l’aide, tels des facteurs stratégiques et politiques, des liens coloniaux, l’ouverture commerciale, les conflits et la démocratie, sont bien discutées dans la littérature générale de l’aide et méritent plus d’attention dans la santé. En absence de consensus sur les bonnes pratiques de l’aide, celles ci varient sensiblement entre les agences. Un défi reste de savoir si le grand changement observé durant la décade passée dans l’architecture de l’aide au développement, plus particulièrement l’arrivée de mécanisme tel que le Fonds Mondial, a contribué à améliorer (1) l’aide au développement pour la santé des pays présentant les plus grands besoins dans le domaine de la santé, (2) l’efficacité de l’utilisation de l’aide au développement.
Mills esquisse deux types de problèmes fondamentaux qui persistent à la fin de ce type de rapport : (1) l’orientation se porte sur les fonds externes et en aucun cas sur les fonds domestiques. Pourtant le financement extérieur ne constitue qu’une part minime des dépenses totales de santé à travers le monde en développement. Ce qui serait plus instructif est de savoir comment le financement externe est combiné avec les dépenses domestiques pour financer des programmes de santé spécifiques. Ce type d’analyse pose des grands défis, mais produirait des réponses plus utiles. En effet, tout lien pouvant être fait entre le financement et l’atteinte des OMD sans prise en compte du financement domestique resterait questionnable.
(2) Le deuxième problème fondamental est la tentative de choisir des cibles spécifiques de la dépense de santé, telle que la lutte contre le paludisme, pour estimer les besoins et l’allocation du financement. L’exclusion des éléments du système de santé est un problème non seulement du côté du financement mais également du côté de calcul des coûts. Les évaluations n’incluent pas les coûts du système de santé nécessaires pour que le programme soit effectivement opérationnel par des services de
santé universels et soutenu par des niveaux élevés de gestion.
Selon Mills, ces deux problèmes soulignent la nécessité de regarder d’une manière beaucoup plus complète les besoins de financement de systèmes de santé, et d’éviter les effets de déformation de la structure actuelle des OMD, qui a développé des rivalités entre différentes communautés de santé.
7. Lancet – Financing of HIV/AIDS programme scale-up in low-income and middle-income countries, 2009—31
Dr Robert Hecht, John Stover, Lori Bollinger, Farzana Muhib, Kelsey Case, David de Ferranti;
Le projet aids2031 a estimé à partir des données de 2008, les financements nécessaires pour faire face à l’épidémie du VIH/SIDA en 2015 et 2031. Quatre scénarios ont été identifiés :
         Le maintien des interventions au niveau actuel
         Le passage à l’échelle rapide
         La réduction des budgets et la priorisation des groupes à risques
         Les changements structurels sont introduits  pour réduire la vulnérabilité au VIH/SIDA et pour produire une réponse plus pérenne.
Pour chaque scénario, les estimations globales sont faites pour les financements nécessaires, les DALYS gagnés, les décès, le nombre de personnes vivant avec le VIH, le nombre de personnes à mettre sous ARV tant en 2015 qu’en 2031.
Les détails des estimations financières ont été faits pour 15 pays : Afrique du Sud, Brésil, Cambodge, Cameroun, Chine, Inde, Kénya, Mexique, Mozambique, Nigéria, Ouganda, Thailande, Ukraine, Vietnam, et Zambie.
Il est difficile de maintenir l’élan que nous avons connu jusqu’ici dans la mise en oeuvre des interventions dans le contexte de crise économique actuel, les priorités qui luttent pour les mêmes ressources et des contextes différents dans les pays. Reconnaitre cette situation est indispensable pour adapter les réponses et maintenir la solidarité et les objectifs à atteindre dans l’effort global de lutte contre l’épidémie du VIH/SIDA.
Global Health
8. Journal of Law, Medicine and Ethics (Foreword): Innovative solutions to closing the health gap between rich and poor: a special symposium on global health governance
Un Supplément du  ‘Journal of Law, Medicine and Ethics’ s’est penché sur la gouvernance en santé mondiale. Pour faire face aux défis de la gouvernance de la santé mondiale, une approche innovante est nécessaire. Les solutions actuelles telles que le Fonds Mondial ou le Partenariat International en Santé (IHP+) sont importantes mais insuffisantes. Des mécanismes légaux structurels ont été proposés par l’Institut O’Neil notamment un modèle de convention en santé mondiale (L. O. Gostin, “Meeting Basic Survival Needs of the World’s Least Healthy People: Toward a Framework Convention on Global Health,” Georgetown Law Journal 96, no. 2 (2008): 331-392) et un Plan Global pour la justice (L. O. Gostin, “Redressing the Unconscionable Health Gap: A Global Plan for Justice,” The Harvard Law & Policy Review 4, no. 2 (2010): 271-94).

9.    Sarah Boseley blog –  MSF launches attack on European Commission for blocking cheap drugs
MSF a lancé une campagne contre la Commission Européenne qui empèche l’accès aux médicaments moins chers pour lesc pays à faible revenus. En 2001, avec la  Déclaration de Doha on avait pensé que la bataille pour l’accès aux médicaments génériques moins chers était gagnée dans les pays à faible revenus avec le principe d’abandon des patentes par les firmes des pays riches. Aujourd’hui, la Commission européenne conclut des traités avec l’Inde qui réduiront l’accès aux médicaments aux pays pauvres. Cette campagne qui durera trois mois est baptisée ‘Europe! Laissez nos médicaments’. Une Plateforme invite les gens à envoyer à la Commission européenne des emails qui contiennent le message suivant : “Si  vous continuez avec vos actions, les populations qui dépendent des médicaments génériques pour rester en vie seront abandonnées et beaucoup risquent de mourir”. Dr Unni Karunakara, Président du Conseil international de MSF a souligné que MSF achète 80% des antirétroviraux en Inde pour soigner 160 000 personnes. La Commission européenne voudrait introduire ‘l’exclusivité pour la découverte’ qui interdirait à toute firme de fabriquer la version générique d’un médicament si cette firme ne dispose pas de patente. Envoyez, vous aussi, ce message à la commission européenne.

2 Responses to International Health Policies in the news today #86 FR

  1. Dr KEITA Daman says:

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