Chers collègues,< ?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

 

La coupe du Monde de football est terminée en Afrique du Sud avec la victoire de l’équipe d’Espagne à qui nous adressons nos vives félicitations. La grande qualité des infrastructures et de l’organisation de ce tournoi a frappé tous les observateurs. On ne se croirait pas en Afrique. Ce qui nous amène à penser que c’est le manque de volonté politique réelle en Afrique sub-saharienne pour impulser des changements et prendre des mesures idoines qui fait que les dernières places soient toujours occupées par les pays de cette région en matière de santé, de recherche et de développement.

Et si l’Afrique du Sud et d’autres pays accordaient la même priorité aux secteurs sociaux au lendemain de cette Coupe du Monde de football. Nul doute que les plans de lutte contre la pauvreté deviendraient obsolètes. Car, ils renforceraient les systèmes de santé pour que chaque individu ait un accès universel aux soins et services de santé de qualité-comme les pelouses que nous avons vues aux normes internationales-, l’éducation serait offerte à tous les jeunes, une meilleure gouvernance permettrait aux investisseurs d’investir et de créer des emplois.

Malheureusement, ceci n’est encore qu’un rêve. Car les dirigeants pensent déjà beaucoup plus à la coupe du Monde 2014 au Brésil et comment faire pour se qualifier.

 

Du 18 au 23 juillet 2010 à Vienne lors de la XVIIIe conférence internationale sur le SIDA, on parlera beaucoup de l’Afrique avec ses plus de 22 million de personnes séropositives ayant du mal à avoir accès au traitement, hébergeant 90% des décès dus au VIH/SIDA et dont le nombre de nouvelles infections ne font que croitre. On y dira sûrement que les systèmes de santé sont faibles pour assurer un accès universel aux soins. L’IMT y sera présent également donc si vous passez par là, rendez-vous au stand (E-432) où nos collègues seront heureux de discuter avec vous.

 

Bonne lecture

 

Basile Keugoung, < ?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" />David Hercot, Kristof Decoster, Josefien Van Olmen & Wim Van Damme


Global health

 

1. NYT – India Expands Role as Drug Producer

Heather Timmons; http://www.nytimes.com/2010/07/07/business/global/07indiadrug.html

L’industrie pharmaceutique prend de l’ampleur dans la production pharmaceutique mondiale. Ceci est boosté par le renforcement des lois sur les patentes en Inde et les coûts élevés de fabrication dans les pays développés. En plus, les grandes compagnies des pays développés achètent ou signent des conventions avec des industries pharmaceutiques indiennes. En 2008-2009, l’Inde a exporté les médicaments d’une valeur de 8,3 milliard $. Toutefois, les problèmes de qualité et de respect de la propriété intellectuelle ternissent cette croissance. En effet, les médicaments contrefaits sont fréquents en  Inde et une étude réalisée cette année a montré que 3,6% des médicaments n’avaient aucun principe actif.

 

2. Progress in Rwanda‘s drive to slow population growth

Nick Wadhams ; Full Text

Le Rwanda dans sa vision 2020 voudrait contrôler la croissance de sa population. Le taux de contraception est passé de 10% en 2005 à 27% en 2008. Les contraceptifs sont gratuits et disponibles tant en zone rurale qu’urbaine et les indicateurs du planning familial font partie des indicateurs du système de financement basé sur la performance.

3. Health Affairs – Finding Affordable Health Workforce Targets In Low-Income Nations

Thomas J. Bossert and Tomoko Ono; http://content.healthaffairs.org/cgi/content/abstract/29/7/1376

Bossert and Ono ont critiqué la méthode de l’OMS d’évaluation des besoins en personnels de santé -2,3 personnels pour 1000 habitants-. Certains pays n’atteindront jamais cet objectif car cela demanderait que 50% de leur PIB soit investi dans la santé. Les auteurs proposent une méthode alternative. Leur méthode permet de fixer des objectifs réalistes et réalisables en fonction des contraintes financières des pays.

Depuis l’éradication de la variole, aucun objectif mondial n’a plus été atteint en santé – 3by5, OMD…- les objectifs devraient être réalistes. Concernant les personnels de santé, dans les pays à faible revenu, la majorité travaille dans la fonction publique. Le FMI et la Banque Mondiale du fait des politiques macroéconomiques ont des plafonds pour les dépenses publiques et les salaires des fonctionnaires. Et l’augmentation des personnels de santé dépend des budgets alloués au Ministère de la santé.

Les objectifs devraient être nationaux pour résoudre non seulement le problème du nombre mais aussi celui de la distribution.

AIDS financing

4. Reuters interview with WHO HIV/AIDS chief: need for efficiency

http://uk.reuters.com/article/idUKLDE6650CN._CH_.2420

Dans une interview accordée au Reuters, Gottfried Hirnschall, le nouveau Directeur du VIH/SIDA à l’OMS souhaite que les fonds pour le VIH/SIDA soient mieux utilisés pour réaliser l’objectif d’accès universel à la trithérapie. Premièrement, environ 20-30% des fonds sont actuellement alloués aux médicaments et pour lui il y a des possibilités pour négocier et baisser les prix de ces médicaments notamment ceux de 1ère et 2ième ligne. La 2e chose serait de penser à des stratégies innovatrices pour utiliser les personnels de santé et les systèmes locaux pour la prise en charge des patients. Par exemple, la délégation de tâches (task-shifting) des médecins aux infirmiers pour le suivi des patients sous traitement. 3e : des tests plus simples à utiliser sont nécessaires pour une utilisation à large échelle et par un personnel moins qualifié. L’OMS recommande de réduire le seuil de CD4 pour la mise sous trithérapie à 350 au lieu de 200 et ceci va entrainer une augmentation d’environ 30% du nombre de personnes –actuellement 9,5 million- qui nécessitent le traitement.

5. AIDSonline – United States global health policy: HIV/AIDS, maternal and child health, and The President’s Emergency Plan for AIDS Relief (PEPFAR)

Sarah C. Leeper, and Anand Reddi; Abstract or PDF

Leeper and Reddi ont critiqué la stratégie de l’administration OBAMA sur le financement de PEPFAR et de la santé maternelle et infantile. Le budget du Global Health Initiative est de 63 milliard $ pour 6 ans. Malheureusement, le financement de de la santé  maternelle est fait au dépens de celui du VIH/SIDA. Or soulignent les auteurs, le VIH/SIDA fait partie des 5 premières causes de mortalité dans la majorité des pays où les mortalités -maternelle, néonatale et infantile- sont élevées. A travers PEPFAR, la prise en charge d’autres pathologies a été améliorée, y compris celles affectant les femmes enceintes et les enfants.

Les auteurs plaident pour une intégration verticale des Initiatives de réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile et de la prise en charge du VIH/SIDA pour donner une approche plus compréhensive.

6. Foreign Affairs – No good deed goes unpunished

Princeton N. Lyman and Stephen B. Wittels; http://www.foreignaffairs.com/articles/66464/princeton-n-lyman-and-stephen-b-wittels/no-good-deed-goes-unpunished

Lyman & Wittels argumentent que l’aide américaine orientée essentiellement sur l’humanitaire réduit la capacité des Etats-Unis à utiliser l’aide comme levier pour imprimer les changements. Les cas de l’Ethiopie, de l’Ouganda et du Zimbabwé qui reçoivent des centaines de million $ et dont les droits de l’homme et la démocratie sont peu respectés sont utilisés pour illustrer cette situation. Pour changer, les Etats-Unis souhaiteraient une plus grande contribution des pays récipiendaires. Les auteurs recommandent aux USA de :

         Eviter que le nombre de personnes dont la vie dépend de l’aide américaine ne s’agrandisse indéfiniment

         Rechercher les méthodes alternatives de lutte contre le VIH/SIDA : notamment la prévention en absence de vaccin et de médicaments guérissant la maladie

Aid effectiveness

7. BMJ – Glut of aid agencies is hindering efforts to reduce poverty and poor health

Zarocostas J.; http://www.bmj.com/cgi/content/full/341/jul07_2/c3645

Un nouveau rapport de l’ONU note que la pléthore des Agences Internationales, des bailleurs et des projets entraîne la fragmentation de l’aide, l’augmentation des coûts de transaction et l’affaiblissement des efforts  de réduction de la pauvreté et de la mauvaise santé.

L’aide allouée aux secteurs sociaux est passé de 21% pour la décennie 1970-79 à 34% pour la période 2000-2008. Par contre, la taille des projets a été réduite de 2/3 et le nombre multiplié par 6. En Tanzanie par exemple, il y a plus de 700 projets et plus de 500 missions annuelles de bailleurs pour suivre ces projets. L’aide s’aligne difficilement aux objectifs nationaux. Le rapport recommande l’octroi de l’aide à travers l’appui budgétaire. Ce qui aurait dû permettre de réduire les coûts de transaction de l’aide de l’Union européenne qui était de 2-3 milliard € en 2009 à moins de 0,9 millard €.

 

Le problème réside dans le cercle vicieux qu’ont créé certains pays où la gouvernance est mauvaise et la corruption grandissante. Dans ces pays, les fonds publics sont mal gérés et ceux alloués aux services sociaux n’atteignent pas les bénéficiaires. Ceci prive le système de santé de ressources et le rend par conséquent extrêmement faible pour délivrer les soins et services de qualité aux populations. On obtient une forte morbidité et mortalité liées aux problèmes de santé que l’on pouvait aisément prévenir et traiter. Devant cette situation, le seul espoir des populations survivantes réside dans les projets et programmes spécifiques pour prendre en charge une partie de leurs problèmes. Malheureusement, le système de santé reste faible et toujours sous-financé et la paupérisation des professionnels de santé et le recouvrement des coûts ne font qu’empirer la situation.

La société civile devrait se réveiller pour impulser un souffle nouveau à la responsabilité des Etats, des policymakers et des managers. Cette société civile créerait une conscience nationale de la dignité humaine et des droits des citoyens, parmi ces droits, le droit à la santé figurerait en bonne place et à ce moment-là les populations pourraient réclamer leur accès universel aux soins.

8. ODI (blog) – General budget support and the Millennium Development Goals

Heidi Tavakoli; http://blogs.odi.org.uk/blogs/main/archive/2010/07/06/54017.aspx

Est-ce que l’appui budgétaire comme méthode d’allocation de l’aide sera à l’agenda du  Sommet d’évaluation des OMD en septembre prochain s’interroge Heidi Tavakoli. Jonathan Beynon et. al. avaient montré en mai dernier que les pays recevant l’appui budgétaire avaient de meilleurs indicateurs pour les OMD (‘Budget Support and MDG performance’). D’ailleurs, certains pays voudraient allouer au moins 15% de l’aide pour récompenser les pays qui ont les meilleurs résultats sur les OMD.

 

Toutefois, les pays qui bénéficient le plus de l’appui budgétaire sont ceux ayant une bonne gouvernance et donc une plus grande redevabilité des acteurs par rapport aux financements reçus. Le facteur confondant ici est la gouvernance. 

9. Owen (blog post) – Trillions of dollars of aid ?

Owen Barder; http://www.owen.org/blog/3512

Owen Barder rectifie les montants avancés essentiellement par les sceptiques de l’aide tel que Dambisa Moyo. Ces derniers parlent souvent de trillion de $ (mille milliards) envoyés à l’Afrique sub-saharienne depuis les indépendances. L’aide même à la valeur actuelle ne serait que de 866 milliard $ (OECD DAC statistics) bien loin des trillion de $ que le G20 a dépensé en 2009 en réponse à la crise économique (Dépenses du G20 en 2009 pour faire face à la crise). 

 

A la suite d’Owen Barder, je me pose Une seule question. Pourquoi les mêmes économistes proposent des plans d’ajustement structurel, puis les plans de réduction de la pauvreté à l’Afrique sub-saharienne et des plans de relance de l’économie dans les pays du G20 ? car les contenus des 2 types de plans sont diamétralement opposés. Les plans de réduction de la pauvreté financent la scolarité au niveau primaire, la vaccination, donnent quelques microcrédits dans les villages pour acheter les semences de maïs ou d’arachide ou acheter les houes et les machettes et cultiver de petites parcelles de terre, ou construisent quelques centres de santé et hôpitaux. Par contre, les plans de relance de l’économie des pays du G20 injecte justement des trillion de $ pour refaire le système bancaire, octroyer des crédits à long termes aux entreprises, sécuriser les emplois et la sécurité sociale et éviter la pauvreté.

A cette question, je n’ai pas de réponse. Faudrait interviewer les experts du FMI et de la Banque Mondiale.

  

Téléchargez le journal du “Center for International Relations Forum journal” en anglais (pdf, 17 MB (!)) ou l’article tout seul ici (PDF 142Kb)

Health research

10.    Health Research Policy and Systems – What can global health institutions do to help strengthen health systems in low income countries ?

Dina Balabanova, Martin McKee, Anne Mills, Gill Walt, Andy Haines; Abstract  ou PDF avant publication en anglais (64Kb).

Ce papier propose cinq actions clés pour l’appui aux systèmes de santé dans les pays bénéficiaires de l’aide.

11.    Improving Implementation: Building Research Capacity in Maternal, Neonatal, and Child Health in Africa

James Whitworth, Nelson K. Sewankambo, Valerie A. Snewin; http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1000299

En Afrique, il est clair que les OMD 4, 5 et 6 ne seront pas atteints en 2015. Mais pourquoi cet important gap entre les connaissances et les pratiques ? Parmi les facteurs expliquant ce gap, il y a la multitude de priorités, la faible capacité logistique, un manque d’engagement politique des Etats et l’infrastructure sanitaire inadéquate limite donc l’offre de soins maternels et infantiles.

66 à 85% des décès maternels, néonataux et infantiles en Afrique sub-saharienne pourraient être évités. Il ne s’agit pas de développer de nouvelles technologies mais de mettre en œuvre et évaluer celles qui existent. Mais évaluer l’impact des interventions complexes nécessitent des méthodes rigoureuses et des capacités pour les chercheurs.

La recherche doit se faire à partir des Institutions et des acteurs du SUD. Mais comment les pays d’Afrique sub-saharienne peuvent renforcer leur faible système de santé et améliorer leur capacité à faire la recherche ?

1-     Ecouter les personnes sur le terrain serait la première étape

En effet, les initiatives sont prises dans les pays développés en excluant les chercheurs locaux.

2-     Améliorer l’environnement de la recherche

En modernisant la législation sur la recherche pour faciliter la recherche, l’échange de matériels et la propriété intellectuelle et en améliorant les financements liés à la recherche.

3-     Appuyer les Institutions de recherche

4-     Appuyer les chercheurs

5-     Créer des réseaux de chercheurs et d’Institutions de recherche

L’article donne en encadré la liste d’Institutions qui peuvent appuyer la recherche en Afrique sub-saharienne.

12.    Measuring impact in the Millennium Development Goal era and beyond: a new approach to large-scale effectiveness evaluations

Cesar G Victora, Robert E Black, J Ties Boerma, Jennifer Bryce; http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(10)60810-0/fulltext

Victora et collègues soutiennent que l’ancienne méthode d’évaluation des programmes de santé où l’on comparait les zones ayant des programmes avec celles dépourvues est dépassée. Toutes les zones de santé sont maintenant terrain de mise en œuvre de l’une ou l’autre stratégie. Il n’y a plus de zone témoin « vierge ». Ils proposent une plateforme nationale qui :

         utilise le district de santé comme unité de design et d’analyse

         mesure de façon continue des indicateurs

         collecte les données avant, pendant et après la période à évaluer à travers plusieurs méthodes

         utilise plusieurs techniques analytiques pour combler les lacunes dans les données et les biais

         inclut les évaluations analytiques préliminaires et finales

Cette  approche nécessite l’appropriation par les pays, la transparence et la coordination avec le bailleur et permet d’étudier l’efficience des différentes interventions.


Les commentaires en Italique sont de Basile Keugoung sauf ceux suivi de DH qui sont rédigés par David Hercot.

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