Chers collègues,

Les sommets du G8 et du G20 se sont déroulés au Canada. La santé maternelle, néonatale et infantile (SMNI) pourrait au sortir de ce sommet trouver un nouvel élan grâce au financement de 7,3 milliard $ accordé par les bailleurs. Le regard est maintenant tourné vers les pays où la mortalité maternelle, néonatale et infantile reste élevée. On attend que ces pays élaborent des politiques adéquates d’accès aux soins, mettent en place des stratégies pour une offre de soins de qualité afin que les femmes enceintes, les nouveaux-nés et les enfants tant en zone rurale qu’urbaine aient un accès universel aux soins. En même temps, dans un contexte de rareté des ressources et d’augmentation croissante des besoins, les synergies entre les différents programmes devraient être recherchées pour une utilisation efficiente de fonds alloués par les bailleurs.

Il y a urgence pour les OMD car 2015 est déjà très proche, mais surtout au-delà de cet engagement mondial, ce sont des vies humaines perdues inutilement qu’il faudrait sauver.

Bonne Lecture

Basile Keugoung, David Hercot, Kristof Decoster, Josefien Van Olmen & Wim Van Damme


Canadian G8 and G20 summits

1. KFF – G8 Nations Commit $5B For Maternal, Child Health; Additional $2.3B Committed From Other Countries, Foundations

http://globalhealth.kff.org/Daily-Reports/2010/June/28/GH-062810-G8-Summit.aspx

Les pays du G8 se sont engagés à allouer 5 milliard $ tandis que d’autres pays et les Fondations donneront 2,3 milliard $ (All Headline News) pour une durée de cinq ans afin de financer les programmes de santé et de nutrition dans les pays en développement. Dans une déclaration, les pays de G8 ont dit qu’ils « se sont engagés avec pour objectif de générer un effort collectif à travers les bailleurs, bilatéraux, multilatéraux, les pays pauvres et d’autres détenteurs d’enjeux en vue d’accélérer les progrès pour l’atteintes des OMD 4 et 5. Il ne s’agit pas d’un nouveau mécanisme de financement mais chaque bailleur identifierait la stratégie la plus efficace pour allouer son aide, soit à travers un mécanisme le plus efficace qui peut être une Agence multilatérale, les partenaires de la société civile ou un appui direct bilatéral. Les Etats-Unis se sont engagés à allouer 1,35 milliard $ en 2010 et 2011 en complément au ‘Global Health Initiative’ du Président OBAMA qui appuie les pays pour améliorer les indicateurs de santé à travers le renforcement du système de santé, les investissements intégrés pour la lutte contre le VIH/SIDA, la TB, le paludisme et les maladies négligées avec un accent particulier sur la santé des femmes, des nouveau-nés et des enfants (Press release de la Maison Blanche).

Les Organisations de la société civile ont critiqué les pays riches car elles espéraient au moins une contribution de 10 milliard $. En effet, le financement américain n’est que ce qui était déjà budgétisé en 2010 et 2011 pour la santé maternelle et infantile. En plus, les engagements ne permettront pas de couvrir les besoins. Concernant l’Afrique, le G8 a accepté de renforcer la formation du personnel médical et la qualité des soins, d’offrir un accès universel à la prévention et au traitement en matière de VIH/SIDA, à éradiquer la Polio, à éliminer les maladies tropicales négligées et à assurer la sécurité alimentaire.

La Voie de l’Amérique a indiqué que le Président OBAMA a invité 18 pays africains pour marquer leur 50 ans post-indépendance et durant ce sommet les points suivant seront inscrits à l’agenda : le développement, la sécurité alimentaire, la santé mondiale et les conflits.

Les montants alloués à la santé maternelle, néonatale et infantile par le G8 et les autres partenaires sont visiblement insuffisants. La question fondamentale est de savoir comment ces fonds vont être utilisés de manière efficiente pour produire les meilleurs résultats. L’un des problèmes est que chaque bailleur utilisera la stratégie d’allocation qui lui est propre. Malheureusement, ce serait dans certains cas, les considérations politiques qui guideront les choix des pays, le choix des stratégies d’allocation et les bénéficiaires innocents seront abandonnées pour certains à leur propre sort. Dans certains cas, les fonds seront fragmentés à des Agences de développement et aux ONG du Nord avec pour conséquences, les coûts élevés de transaction et le choix des priorités faites non pas par les pays bénéficiaires mais par le bailleur. L’objectif étant dans ce cas de choisir des indicateurs simples qui permettront de justifier rapidement les fonds dépensés. Malheureusement, cette stratégie oublie la complexité et la faiblesse des systèmes de santé dans les pays pauvres, et la complexité même de la réduction de la mortalité maternelle. Elle oublie l’efficience et elle oublie le renforcement du système de santé qui ne se limite pas aux tables d’accouchement et au
x kits de césarienne.

Mais à qui la faute. Les bailleurs se sont réunis pour dévoiler leur stratégie de financement des 5 prochaines années en vue d’atteindre les OMD en 2015. Et les bénéficiaires alors ? Je ne dirai pas qu’ils attendent les fonds pour démarrer ou accélérer. Mais je souhaiterais qu’ils se réunissent au moins une fois pour faire une analyse régionale de la santé maternelle, identifier les goulots d’étranglement et adopter les stratégies communes permettant de renforcer mutuellement leurs systèmes de santé et d’utiliser de façon efficiente les millions de $ que chacun recevra.

2. Blog 4 Global Health – One global health advocate’s view of the Canadian summits ; a complicated delivery: G8 commitment to maternal and child health

http://blog4globalhealth.wordpress.com/

Le ‘Blog 4 Global Health’ relate quelques points saillants des sommets du G8 et du G20 qui se sont tenus au Canada la semaine dernière :

1- C’est la première fois que le G8 (à Muskoka) et le G20 (à Toronto) se tiennent au même moment dans un même pays

2- L’accès des médias et des ONG au centre média était très limité

3- A travers, l’Initiative de Muskoka pour la santé maternelle, néonatale et infantile, 7,3 milliard $ y seront alloués pour les 5 prochaines années ; et les réactions des ONG étaient en général négatives (ONE campaign, Save the Children, Oxfam) tandis que Global Health Council, Partnership for Maternal, Newborn and Child Health, et African Medical and Relief Foundation (AMREF) -seule ONG africaine présente à Toronto- étaient plus positifs.

Ce blog cite le Premier Ministre Canadian lors de sa conférence de presse : « De toutes les choses pour lesquelles nous pouvons dépenser notre argent, qui refuserait de dépenser cet argent pour sauver la vie d’une mère qui à défaut mourait par défaut de soins ».

3. CGD – G8 and G20 (Non)-pledges for global health: new money, old ideas?

Nandini Oomman; http://blogs.cgdev.org/globalhealth/2010/06/g8-and-g20-non-pledges-for-global-health-new-money-old-ideas.php

La Hollande, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud, l’Espagne, la Suisse et la Fondation Gates et les Fondations de l’ONU contribueront pour 2,3 milliard $ pour compléter les 5 milliard $ du G8 pour financer les 7,3 milliard $ de l’Initiative de Muskoka. Les objectifs sont de : sauver 1,2 million de décès d’enfants de moins de 5 ans et 64000 décès maternels et offrir le planning familial à 12 million de couples.

Pour Nandini Oomman, on note l’absence d’idées nouvelles sur la manière de dépenser cet argent, l’absence de référence à l’accès aux services pour l’avortement ne serait-ce que dans les pays où cette pratique est légale. Par rapport au VIH/SIDA, le communiqué du G8 n’annonce pas de ressources additionnelles mais leur volonté d’aider les pays à offrir un accès universel.

En fait, les engagements d’un précédant sommet ne sont même pas tenus et le nouveau G8 ajoute de nouveaux problèmes à la liste grandissante des engagements. Le pays qui organise le sommet trouve un problème qui sera reconnu unanimement comme une menace sur la santé mondiale. Pour les pays du G20, il semblerait qu’ils ont tellement de travail qu’ils ne peuvent s’asseoir pour discuter du développement mondial, et ceux avec les taux de mortalité maternelle élevés (Inde, Afrique du Sud), devraient mobiliser les ressources locales et développer les idées nouvelles pour améliorer la santé maternelle et infantile.

4. Lancet – From G8 to G20, is health next in line?

Sudeep Chand, J Stephen Morrison, Peter Piot, David L Heymann;

http://download.thelancet.com/flatcontentassets/pdfs/S014067361060997X.pdf

Chand et al. discutent du role du G20 dans la santé mondiale. Le G8 a joué un rôle de premier plan les 10 dernières années en doublant les financements pour la santé dans le monde. Aujourd’hui de nouveaux messages sont apparus tels que le renforcement des systèmes de santé, l’eau et l’hygiène, et la sécurité alimentaire. Quelques pays sont souvent invités pour donner leur point de vue mais ces initiatives sont peu pérennes, les financements des bailleurs sont souvent guidés par leurs intérêts et l’objectif de Gleneagles d’allouer 50 milliard $ pour l’aide au développement a été presque oublié -15 milliard $ sont alloués-. Le G20 représente 85% de l’économie mondiale et 2/3 de la population mondiale et pourrait donc jouer un rôle important dans la santé mondiale. Le rôle des autres pays, organisations et de la société civile est un point pas suffisamment clair et le G8 utilise de plus en plus les Groupe de travail d’experts pour les aider à prendre les décisions. Le G20 pourrait donc devenir une arène intéressante pour la prise de décisions politiques sur la santé mondiale en défendant les intérêts des pays riches et pauvres et avec une volonté collective, une réponse globale, rapide et puissante. Le prochain sommet du G20 en Corée pourrait donner une lueur d’espoir pour que la santé mondiale fasse partie de l’agenda du G20.

Global Health

5. Global Fund observer – Is the Global Fund Living Up to Its Principles?

Bernard Rivers; http://www.aidspan.org/index.php?issue=127&article=4

Bernard Rivers estime que le Fonds Global ne voudrait pas rapporter des informations qui inquièteraient les bailleurs ou embarrasseraient les gouvernements. Le cas de la Zambie suspendu depuis près d’un an sans que les informations soient diffusées illustre cette opacité du Fonds Global. Toutefois, le Fonds Global est l’une des agences les plus transparentes, mais il y a des déficiences. Les demandes non accordées et les raisons de refus ne sont pas diffusées. Et le financement basé sur la performance, considéré comme le modèle de financement du Fonds Global n’est pas toujours appliqué. Au 17 juin 2010, de nombreux financements sont problématiques car ont été quotés B2 ou C depuis près d’un an. Pour le HIV (Angola, Guinée Equatoriale, Haiti, Mozambique), paludisme (Cameroun, Cote d’Ivoire, Gabon, Guinée, Kenya, Madagascar, Malawi, Soudan, Tanzanie, Thailande et Ouganada) et la TB (Mozambique, Sri lanka). www.theglobalfund.org/en/commitmentsdisbursements

6. Foreign Policy – The Long Emergency.

Elizabeth Dickinson;

http://www.foreignpolicy.com/articles/2010/06/25/the_long_emergency

Elizabeth Dickinson se demande si l’administration Obama en s’intéressant à la santé mondiale ne renvoie pas le VIH/SIDA au second plan. Aujourd’hui, PEPFAR offre les ARV à près de 2,5 million de personnes –plus de la moitié des personnes sous ARV dans le monde-. En effet, deux préoccupations essentielles se sont posées avec l’arrivée d’OBAMA : i) comment maintenir le financement à long terme et ii) faut-il s’intéresser uniquement au VIH/SIDA quand une bonne partie des décès dans les pays pauvres n’était pas due au VIH/SIDA. La réponse à ces 2 préoccupations était la création en Mars 2009 du “Global Health Initiative“, dont le budget est estimé à 63 miliard $ et qui comporte en plus du VIH/SIDA, le paludisme, la tuberculose, la santé maternelle, néonatale et infantile, le planning famillial et la santé de la reproduction et les maladies tropicales négligées (voir le « document initial de consultation »). Seulement pour 2011, le budget de PEPFAR ne sera augmenté que de 2,3%, ce qui est en dessous du taux de nouvelles infections et de l’inflation. En plus, la contribution des USA au Fonds Global a été réduite de 50 million $. Les pays sont par conséquent invités à contribuer davantage pour offrir les ARV aux nouvelles et anciennes personnes vivant avec le VIH. La perspective est le renforcement des systèmes de santé pour offrir des soins y compris liés au VIH/SIDA. Dans ce cas, le VIHSIDA reste-t-il une urgence ou non ? Quelque soit les cas, souligne Elizabeth Dickinson, la vie de 33 millions de personnes vivant avec le VIH dépende de la réponse à cette question. Malheureusement, la réponse est OUI et NON. NON, car voici 3 décennies que le 1er cas de VIH a été détecté et les connaissances en matière de prévention et de traitement sont appréciables. OUI, car l’accès universel au traitement et à la prévention n’est pas assurée dans la majorité des pays avec des menaces d’arrêt des ARV pour ceux qui sont sous traitement. Le défi pour l’administration Obama est de renforcer les systèmes de santé et maintenir la lutte contre le VIH/SIDA et les autres maladies. Sinon, les acquis obtenus dans la lutte contre le VIH/SIDA ces dernières années pourraient être perdus.

7. Global Health Europe – The ten challenges of global health governance

Les 10 défis de la gouvernance de la santé mondiale

http://bit.ly/c0qffO

Au cours de la conférence sur la santé mondiale à Bruxelles, Ilona Kickbusch a présenté les dix défis de la gouvernance mondiale. L’arène des relations internationales a subi des changements importants au cours des deux dernières décennies avec une multipolarité constituée d’une multitude d’acteurs et de plateformes au sein desquelles les économies émergentes jouent un rôle central.

De nouveaux défis émergent résultant du développement économique, de la globalisation et de l’interdépendance tels que les changements climatiques, l’insécurité alimentaire, les maladies chroniques et les pandémies. Ils influencent la santé et devraient faire partie des politiques sanitaires publiques mondiales. Ces dix défis sont :

1- Le contenu et l’approche prise par les Initiatives Globales de Santé doit mieux refléter les problèmes globaux au delà d’un approche vertical et horizontale harmonieuse pour intégrer la santé internationale dans toutes ces dimensions y compris en dehors du champ strict de la santé.

2- L’introduction de l’attention à la gouvernance globale au sein des ministères de la santé publique. La santé globale n’est pas seulement la santé des pays en développement.

3- La distance qui a été établie entre la sphère du développement et celle des biens publics globaux. La première disposant de pratiquement tous les moyens financiers. La deuxième étant pratiquement oubliée.

4- La cohérence entre les différentes arènes politiques au niveau national. Les déterminants sociaux, économiques et politiques de la santé sont influencés par différentes politiques, différents ministères qui sont souvent en compétition pour des raisons à la fois légitimes et historiques.

5- Le leadership –pouvoir, financier, technique- au niveau des pays sur la santé mondiale est souvent pris par les agences de développement qui en ont les moyens et du coup influencent l’agenda au détriment des ministères de la santé. (en lien avec 3)

6- L’augmentation du nombre d’acteurs -souvent étrangers dans les pays en développement- et l’influence de ceux-ci sur les politiques de santé au niveau national.

7- L’augmentation rapide du nombre d’acteurs globaux et les tentatives de coordinations de ceux-ci restent souvent dans la sphère de l’approche verticale sans atteindre les préoccupations plus « globales » des biens publics mondiaux.

8- La santé dans les autres institutions, dans toutes les politiques et l’impact de la santé dans les autres secteurs. Les acteurs de la santé à tous les niveaux ne sont pas outillés pour s’attaquer aux problèmes des autres secteurs qui affectent la santé parfois plus que ce que le système de santé pourrait résoudre tel que le changement climatique ou le commerce.

9- Le déséquilibre entre les ressources destinées aux biens publics globaux et aux initiatives focalisées de santé. Tant qu’il n’y a pas de moyens pour s’occuper des biens publics mondiaux, il ne peut y avoir d’avancées. 80% du budget de l’OMS est destinés à des projets.

10- Un nouvel engagement pour le rôle de l’OMS. Si l’on veut agir sur la santé globale, il y a lieu de donner un nouveau mandat à l’OMS et des moyens pour coordonner les efforts de promotion de la santé globale.

La gouvernance de la santé mondiale nécessite une perspective et des investissements à long terme. L’orientation philanthropique et incoo
rdonnée de ces dernières années a créé un marché multilatéraliste qui devrait à la fois produire les biens publics et avoir une perspective lucrative.

8. Plos Medicine – Closing the Gaps: From Science to Action in Maternal, Newborn, and Child Health in Africa

Sara Bennett, Freddie Ssengooba;

http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1000298;jsessionid=34534D8C78D395B55DC1EA2DFF8A62CC.ambra01

Les systèmes de santé en Afrique sub-saharienne rencontrent d’énormes problèmes pour l’offre des soins de santé maternels, néonataux et infantiles. D’une part, il y a un déficit de transformation des connaissances scientifiques en politiques et d’autre part, même quand les politiques existent, il y a un déficit de mise en œuvre des politiques à cause des contraintes au niveau des acteurs et des systèmes. Au niveau des systèmes de santé, on note la pénurie en personnel, les dysfonctionnements en approvisionnement en médicaments, une infrastructure de santé obsolète, la faible supervision et la faible gouvernance. Par rapport à la santé maternelle, il n’y a pas de lobby comme dans le cas du VIH/SIDA. En plus, la qualité des données de routine est mauvaise et la capacité d’analyse de ces données tant des populations que des professionnels de santé est limitée. Et les décisions des équipes de districts ne sont pas toujours basées sur l’évidence. Les personnels de santé à tous les niveaux doivent être renforcés pour générer et utiliser les données de recherche pour la planification et la prise de décision. Il faudrait mettre en œuvre e nouvelles stratégies, particulièrement au niveau local, tel que le district sanitaire, pour réduire les déficits sus-cités:

Développer les réseaux sur les politiques sur la santé maternelle, néonatale et infantile (SMNI) impiquant non seulement les acteurs étatiques mais également la société civile et les médias par exemple.

Renforcer l’utilisation des connaissances scientifiques déjà existante en matière d’efficacité des interventions pour la SMNI.

Investir dans les approches innovantes relatives à la SMNI.

9. WHO Bulletin (editorial) – When did medicines become essential ?

Jeremy A. Greene; http://www.who.int/bulletin/volumes/88/7/10-079970.pdf

Dans un Editorial, Jeremy A. Greene donne un aperçu historique sur la genèse de la notion des “médicaments essentiels”, –médicament de base, indispensable et nécessaire à la santé des populations. La première liste comportant 186 médicaments fut publiée en 1977 par l’OMS marquant leur passage d’un domaine privé à celui de bien public. L’évolution a connu des dissensions de la part des industries pharmaceutiques qui voudraient conserver les brevets sur les médicaments et les organisations de la société civiles et les pays en voie de développement dont les iniquités rendent l’accès aux médicaments problématiques du fait de la faible capacité des systèmes de santé. Les programmes d’approvisionnement en médicaments essentiels nécessitent des ressources et un leadership pour imprimer une vision à l’accès universel aux médicaments dans les pays en développement.

10. Lancet – Offline: Just take a seat and they’ll call you

Richard Horton;

http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(10)61037-9/fulltext

Malgré la récession, les pays riches dépensent de l’argent pour la santé mondiale. Mais certains policymakers sont inquiets des différences dans les données produites par les scientifiques.

11. Guardian – Who will pay to end meningitis deaths?

Sarah Boseley ; http://www.guardian.co.uk/society/sarah-boseley-global-health/2010/jul/01/vaccin
es-world-health-organisation

Un nouveau vaccin moins cher -40 cents la dose soit environ 200 FCFA – contre la méningite a été approuvé la semaine dernière par l’OMS et devrait être introduit au Burkina Faso, Mali et Niger –les 3 pays les plus affectés par la méningite- en automne prochain. Mais, le financement reste attendu. Même si ce vaccin est moins cher, il faudrait d’importantes sommes d’argent -475 million $ pour 22 pays- pour protéger les 430 million de personnes à risque vivant sur la ceinture méningitique en Afrique sub-saharienne du Sénégal en Ethiopie. En 2009, on a dénombré environ 80 000 cas de méningite et 4 000 décès. GAVI (Global Alliance for Vaccines and Immunisation) a lancé l’initiative pour le Vaccin contre le Pneumocoque et les pays donateurs et la Fondation Bill et Melinda Gates se sont engagés à allouer 1,5 milliard $ -une dose de ce vaccin coute 3,5 $-. Cette différence dans les prix a amené certains à poser la question de la priorité et du modèle de développement de ces nouveaux vaccins. Le premier a été développé par un consortium d’instituts de recherche et d’organisations internationales visant la minimisation du coût tandis que les derniers font partie de la sphère des médicaments brevetés pour lesquelles les sociétés pharmaceutiques touchent des royalties significatives.

Tous les vaccins sont indispensables pour protéger les populations. Ne dit on pas, mieux vaut prévenir que guérir. Mais combien de cas de pneumonie ou de méningite à pneumocoque y a-t-il chaque année en Afrique sub-saharienne ? Combien de cas de méningite à méningocoque ? de choléra ? de diarrhée à Rotavirus ? En parcourant la littérature, il est très difficile d’avoir des données exactes ou proches de la réalité. Sans l’information, comment peut-on planifier, ou évaluer si les activités que les acteurs du système de santé réalisent améliorent la santé des populations ? Autant de questions qui ne trouvent malheureusement pas de réponses quand il s’agit de l’Afrique sub-saharienne.

Un nouveau modèle de système local de santé, qui va au-delà du système traditionnel de district de santé pyramidal où des centres de santé peu équipés avec des personnels peu qualifiés devraient référer des cas sévères à l’hôpital. Si au départ, le mauvais diagnostic est posé au centre de santé, le mauvais traitement prescrit et le mauvais médicament servi, il est difficile que le patient ait un bon pronostic. La notion de paquet minimum d’activités a rendu certaines de ces structures dérisoires au point où leur crédibilité vis-à-vis de la population même n’existe plus. Il est temps de repenser les critères d’une formation sanitaire.


Les commentaires en Italique sont de Basile Keugoung

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