Chers Collègues,< ?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

 

Malgré les temps turbulents dans la zone Euro et l’annonce de la réduction des budgets publics, l’appel est de ne pas baisser le soutien à toutes les initiatives de promotion de la santé mondiale au risque de perdre les acquis de cette dernière décennie.

Les articles sur la tuberculose, le paludisme, le VIH/SIDA, les maladies tropicales négligées et la poliomyélite sont au menu des thèmes inclus cette semaine. Ensuite un passage par Genève nous donne un aperçu de la 63e Assemblée Mondiale de la Santé.

 

Bonne lecture et envoyez vos réactions à [email protected].

 

Basile Keugong

 

Sélection assurée par < ?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" />David Hercot, Kristof Decoster, Basile Keugoung, Josefien Van Olmen & Wim Van Damme

 


Global Health

1. Lancet – Tuberculosis—time to accelerate progress

Pamela Das, Richard Horton; http://www.lancet.com/journals/lancet/onlinefirst

Le Lancet  a publié cette semaine une Série d’articles et de commentaires sur la tuberculose. Ces articles portent sur plusieurs thèmes tels que le vaccin, la perspective du contrôle ou de l’élimination de la tuberculose en 2050, le diagnostic, le développement des médicaments, la tuberculose et le renforcement du système de santé, la prise en charge de la co-infection VIH-Tuberculose et enfin le passage à l’échelle des services de prise en charge de la tuberculose. En plus, une nouvelle Initiative a été créée, l’Observatoire du Lancet pour la Tuberculose.

Nous présentons l’article de Pamela Das et Richard Horton qui appellent à l’accélération des  acquis et progrès en matière de prise en charge de la tuberculose. La situation de la tuberculose s’empire ces dernières années. En 2009, 9 million de nouvelles infections et 2 million de décès, émergence des cas multi-résistants, la co-infection avec l’épidémie du VIH qui présente elle aussi d’énormes problèmes pour la mise sous traitement antirétroviral (Voir IHP N° 65). En effet, dans beaucoup de pays sous-développés en particulier en Afrique sub-saharienne, la tuberculose est prise en charge comme un problème uniquement médical, l’absence de développement économique a aggravé l’épidémie combinée aux difficultés d’approvisionnement en médicaments. Il est donc nécessaire d’accélérer le passage à l’échelle des services de prise en charge de la tuberculose – détection précoce, prévention, correction des déterminants sociaux et économiques… – et le renforcement du système de santé sans appliquer toujours les vieilles choses qui n’ont pas suffisamment marché. La tuberculose doit être considérée non plus comme une maladie mais comme un problème de développement. En face, les systèmes de santé sont peu performants pour assurer les fonctions essentielles. Les auteurs notent qu’il y a un appel irrésistible à avoir un Ministère de la tuberculose et du HIV. L’Observatoire du Lancet pour la Tuberculose permettrait de collecter et évaluer les données sur la tuberculose.

 

Cette Série du Lancet sur la tuberculose vient à point nommé au moment où les efforts déployés par les pays ne permettront pas d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement en 2015. Même si certains pensent que ces objectifs étaient mondiaux et non ceux des pays sous-développés. La perspective d’un Ministère du VIH et de la tuberculose proposée dans cet article me semble être une solution générique budgétivore dans des contextes de précarité de ressources. La semaine passée, nous avons relaté avec les articles du New York Times, l’enlisement de la prise en charge antirétrovirale du fait de l’insuffisance des fonds. Celle de la tuberculose n’est que la sœur siamoise du VIH/SIDA. Et en face, le paludisme complique davantage la situation : première cause de morbidité et de mortalité aussi depuis les années 60. Et la mortalité maternelle, peu de réduction depuis 1990 du fait de la faiblesse des systèmes de santé. Alors comme les programmes verticaux pour chaque maladie dans les années 90, on voudrait un Ministère pour chaque problème de santé. Et l’efficience alors.

2. The East African – At last, Africa leaders are uniting to fight malaria

Ray Chambers;  http://www.theeastafrican.c
o.ke/news/-/2558/918076/-/pf3t8rz/-/

Des pays d’Afrique Australe joignent leurs efforts pour combattre le paludisme. Par exemple, en faisant des achats communs de médicaments et moustiquaires, cela contribue à réduire les coûts, en mobilisant le secteur privé et les communautés dans les campagnes de masse. La Tanzanie a lancé la campagne pour un accès universel à la moustiquaire et aux antipaludéens à un prix accessible. L’implication de leaders mondiaux pour une prise de conscience et la collecte des fonds s’est accentuée cette année. Ce qu’il faut comme le souligne Ray Chambers c’est le leadership africain pour une bonne utilisation de cette aide et la pérennisation des efforts. L’espoir c’est cette mobilisation des leaders africains pour réellement éliminer cette maladie et sauver plus d’un million de vies qui sont perdues chaque année du fait du paludisme.

 

Il faudrait saluer cette initiative des pays d’Afrique australe de fédérer leurs efforts pour la lutte contre le paludisme. Ailleurs, les “efforts” individuels des pays sont notables mais ceux-ci restent loin en deçà des besoins des populations. Africa 21 vient de se tenir à Yaoundé après le Forum économique de Dar-Es-Salaam et le mois prochain se tiendra le sommet du G8 avec à l’agenda la réduction de la mortalité maternelle. Les leaders des pays francophones réunis à Yaoundé auraient dû également donner un signal fort à leurs populations –ou électorat- d’une part et à la communauté internationale d’autre part sur leur détermination à s’attaquer aux problèmes de santé qui aggravent chaque jour la pauvreté et le sous-développement. Mais, il y a plus de discours que d’actes, beaucoup d’engagement politique ou politicien que de réformes politiques (policy) visant à assurer un accès universel aux soins contre  la première cause de morbidité et de mortalité ou les autres causes. Le G8 comme les autres Initiatives mondiales décideront à leur place, on aura une mise en œuvre non optimale et la non atteinte des objectifs, et en 2015 probablement, on trouvera un autre date  2025 par exemple et le cycle recommencera.  Il faut combattre les problèmes à la source. Pourquoi, les objectifs ne seront pas atteints ? La fragmentation des interventions et la faible gouvernance ont rendu les systèmes de santé sous-financés inefficients. Aujourd’hui, il faudrait rechercher d’autres mécanismes. Le renforcement de la société civile permettrait d’avoir un interlocuteur éclairé qui servirait d’interface entre les populations peu informées qui ignorent la revendication de ses droits essentiels et l’Etat dont l’obligation est d’offrir un accès universel aux soins de qualité à tous ses citoyens.

3. JHCommunication – Polio Eradication Is Just Over the Horizon: The Challenges of Global Resource Mobilization

Gregory Alonso Pirio and Judith Kaufmann; http://www.informaworld.com/smpp/section?content=a922043452&fulltext=713240928

Les auteurs retracent l’histoire de l’Initiative Mondiale d’Eradication de la Polio, les réalisations et les défis. Lancée il y a 32 ans (en 1988), elle a permis de réduire le nombre de cas de 99%. De nombreux facteurs n’ont pas permis d’atteindre cet objectif en 2002. La nouvelle date arrêtée est 2013. D’abord la flambée des coûts des interventions, de la gratuité des services de vaccination, on est passé à une phase où tous les acteurs impliqués sur le terrain (coordonnateurs, superviseurs, enregistreurs, mobilisateurs, évaluateurs indépendants…) reçoivent des perdiems et enfin la difficulté de générer les fonds. Les arguments bien que discutables utilisés par cette Initiative sont le renforcement des systèmes de santé et les bénéfices financiers de l’éradication tant pour les pays pauvres que riches. Une série de recommandations à observer lors du design des programmes est proposée.

4. Health Policy and Planning – Improving the long-term sustainability of health aid: are Global Health Partnerships leading the way?

Rebecca Dodd and Christopher Lane; http://heapol.oxfordjournals.org/cgi/content/abstract/czq014v1

Dodd et Lane relèvent que l’aide internationale en santé a plus que doublé et a permis d’augmenter de façon significative les services de santé. Toutefois, il faudrait maintenir ces efforts jusqu’à ce que le financement interne atteigne un niveau requis. Le financement doit être à long terme pour que les effets soit notables. Cet article fait la revue de 7 bailleurs de fonds majeurs en santé : la Banque Mondiale, les Etats-Unis (y compris PEPFAR, USAID), le Fonds Global, GAVI, la Norvège, le Royaume-Uni et la Suède qui financent les 2/3 de l’aide en santé. Les pratiques entre ces pays ou organisations varient allant des plans d’aide à court, moyen ou long terme. 10 recommandations ou bonnes pratiques sont suggérées pour que les engagements de financement par les bailleurs soient à long terme.

5. CGD (essay) – The Global AIDS Transition: A Feasible Objective for AIDS Policy

Mead Over; http://www.cgdev.org/content/publications/detail/1424143/

Il s’agit d’un essai sur la Transition du VIH/SIDA. La transition du VIH/SIDA serait un processus dynamique qui permettrait de réduire la mortalité liée au SIDA et de maintenir à un niveau bas le nombre de nouvelles infections chaque année aboutissant à une réduction progressive de personnes vivant avec le VIH/SIDA. Un pré-requis essentiel c’est qu’il faudrait que le nombre de nouvelles infe
ctions soit inférieure au nombre de décès ; à partir de ce point, les coûts de prise en charge se stabilisent aussi. En Afrique sub-saharienne, ce point pourrait être atteint au mieux en 2015 sinon en 2043. En réduisant le taux de nouvelles infections de 10% caque année, 43 milliard US$ seraient épargnés chaque année et permettraient de mettre 15 à 23% de nouvelles personnes sous traitement. Il faudrait utiliser les services de traitement antirétrovirale pour renforcer la prévention chez les patients sous ARV, mener des activités de prévention au sein de la communauté  et enfin créer des partenariat avec des organisations et des patients pour mener des actions de prévention orientés vers les résultats.

 

Si le point de transition varie entre 2015 et 2043 en moyenne, cela signifie que les managers et policymakers traitant des questions du VIH/SIDA devraient analyser leur programme pour voir la période où surviendrait cette transition dans leur pays. Car beaucoup de programmes sont aujourd’hui dans une perspective apocalyptique. Moins de 50% de personnes mises sous traitement et autant sinon plus de nouvelles infections chaque année. La conséquence, c’est que la mort reste la seule issue pour les 50% sans traitement et une partie de ceux mis très tardivement sous ARV. Réformer les programmes VIH/SIDA est une urgence pour beaucoup de pays d’Afrique sub-saharienne pour rendre effectif tant la mise sous traitement précoce que la prévention de nouvelles infections, tout en sachant que Abstinence-Fidélité-Condom est un message inefficace et dépassé.

6. Plos Medicine (Debate) – Which New Approaches to Tackling Neglected Tropical Diseases Show Promise?

Jerry M. Spiegel et al.; http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1000255

Jerry M. Spiegel et collègues ont recueilli des points de vue d’experts en maladies tropicales négligées (MTNs). Le constat est que les MTNs restent un problème de santé publique malgré d’importants financements alloués ces dernières années. Premièrement, les interventions ont négligé la lutte contre les déterminants sociaux et environnementaux, la faiblesse des systèmes de santé et se sont focalisées sur la production et la distribution de médicaments.  D’autres stratégies telles que l’accès à l’eau potable, l’hygiène, l’éducation et la mobilisation communautaire pour l’application des mesures préventives. Ainsi, le contrôle des MTNs nécessitent une approche biomédicale et une approche de socio-environnementale et de renforcement de la santé. Une taxe dite sociale serait imposée à tous les programmes de santé et permettrait de s’attaquer aux problèmes sus-évoqués. Deuxièmement, la prévention est la pierre angulaire de contrôle des MTNs mais sous les tropiques, la dépendance aux médicaments est plutôt créée. En effet, l’accès à l’eau potable et l’hygiène préviendrait toute une longue liste d’affections. Troisièmement, la nécessité d’une approche intégrée. 7 affections –onchocercose, filariose lymphatique, trachome, schistosomiase, et les 3 principales helminthiases (ankylostome, ascaris, et le trichocéphale) sont responsables de 90% de cas de MTNs touchant plus d’un milliard de personnes. L’approche intégrée intégrera les programmes d’une part et les interventions (préventives, promotionnelles et curatives) d’autre part.

 

Ce message sera-t-il entendu dans des contextes nationaux où la création des programmes spécifiques est valorisée et un environnement international marqué par le ciblage des ressources où chaque acteur luttant contre une maladie voudrait des structures spécifiques devant gérer ses ressources et lui rendre compte. Le fond du problème est le faible leadership des ministères de santé de ces pays qui n’ont aucune vision, ni un plan stratégique (pas le document générique), et encore moins des politiques claires de mise en œuvre des interventions globales. Dans un tel contexte, le bailleur de fonds sauve l’urgence. Un bon sujet pour la « compétition de rédaction d’essais »  lancée cette année.

World Health Assembly

7. KFF – Five-Day World Health Assembly Meeting

http://globalhealth.kff.org/Daily-Reports/2010/May/19/GH-051910-WHA.aspx

 

La KFF rapporte des informations de la 63e Assemblée mondiale de la santé. GAVI a passé une résolution pour accélérer les efforts de lutte contre la pneumonie et a besoin de 2,6 milliard US$  pour financer les vaccins contre le pneumocoque et le rotavirus jusqu’en 2015. D’autres thèmes traités sont la lutte contre les médicaments contrefaits, le code de recrutement international des personnels de santé, le fonds pour le PDP+ (Product  Development Partnership) dont l’objectif est de faciliter l’accessibilité des médicaments dans les pays pauvres, le AIDS plus MDG agenda dont le but est d’utiliser les acquis de la lutte contre le VIH/SIDA pour accélérer l’atteinte des OMD. En plus, une résolution sur la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles a été adoptée. L’union européenne a présenté son Nouveau cadre de politique de santé globale (new global health policy framework).

8. WHA IHP+Results Update 2010 – read it here!

Laura Thorogood; http://bit.ly/a2YToT  

Le  Groupe de travail de l’initiative “Partenariat international pour la santé et initiatives apparentées, IHP+” a délivré son rapport préliminaire lors de l’Assemblée mondiale de la santé. L’IHP+ a pour objectif d’améliorer la coordination et l’harmonisation de l’appui international aux plans nationaux de santé, de renforcer les systèmes de santé et d’évaluer le niveau d’amélioration de la santé. L’IHP+ crée une plus grande cohérence et une consolidation des engagements des partenaires en matière de santé et autres domaines (économiques, commerciales). Le groupe de travail relève toutefois des difficultés  pour l’accomplissement de sa mission. Les USA, plus grand partenaire n’ont pas adhéré à l’IHP, les pays partenaires ne fournissent pas toujours les informations, il n’existe pas de cadre commun. Le Groupe propose 4 mesures pour améliorer l’évaluation de l’IHP d’ici fin 2010 : l’identification des indicateurs de performance, l’utilisation des ces indicateurs pour la mesure de la performance dans chaque pays, la production d’un rapport par chaque pays et le maintien de l’indépendance du Groupe de travail.

(The report in PDF, 1,3 MB)

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