Chers Collègues,

Le débat sur la pertinence du dépistage et traitement systématique du VIH continue en l’absence de piste concrète de financement de cette solution (voir 8 et 9 ci-dessous). En attendant, les problèmes de financement et de mise en œuvre des stratégies actuelles perdurent (voir 1, 4, 5, 7 et 10). Même si certains progrès semblent se profiler (2, 3, 4, 6 et 11).

Bonne lecture

David Hercot

La traduction a été assurée principalement par George Ngufor Fotoh.

La sélection a été réalisée par Kristof Decoster, Josefien Van Olmen, Wim Van Damme, Miti Katabaro, Basile Keugong, Peter S. Hill et David Hercot,


Global Health initiatives

1. CISA – KENYA: Lack of HIV Drugs could be Catastrophic

http://www.cisanewsafrica.org/

Kenya ; Des ruptures de stock de médicaments anti SIDA seraient catastrophiques.

Ce bref article publié sur un site d’information catholique souligne la compétition qui existe au Kenya entre le ministère des services médicaux et celui de la santé publique sur leurs compétences respectives. Cette guerre a entrainé la suspension d’un versement de 270 millions de USD par le Fonds Mondial, des fonds qui devraient servir à la lutte contre le SIDA.

2. PEPFAR – Ethiopia example of what the USA GHI could become.

http://www.pepfar.gov/

A quoi pourrait ressembler l’initiative mondiale de Santé d’Obama (GHI) en Ethiopie

L’Ethiopie a une population de 80 million d’habitants dont 84% vivent en zone rurale et 45% sont âgés de moins de 15 ans. Les indicateurs de santé de ce pays sont parmi les plus faibles du monde. Par exemple la couverture en méthodes modernes de contraception est de 14%, seul 28% de femmes suivent les consultations prénatales et une femme sur 27 meurt lors de l’accouchement.

L’objectif que se fixe GHI dans son appui à l’Ethiopie est de : réduire le taux de mortalité des moins de 5 ans au moins d’un tiers et son ratio de mortalité maternelle de 15-20% en cinq ans. La couverture contraceptive passera de 20% en 2009 à 28% en 2014.

Quatre stratégies sont proposées pour atteindre cet objectif, à savoir :

  1. Améliorer la collaboration avec l’Ethiopie et soutenir l’intégration et l’harmonisation des programmes soutenus par les Etats-Unis ;

  2. Appuyer les efforts du pays pour le passage à l’échelle des interventions de santé publique avérées ;

  3. La mise en œuvre de techniques innovantes à fort impact ;

  4. L’Expansion des plateformes de service existantes pour renforcer les systèmes et obtenir des résultats durables.

Les activités possibles liées à chaque stratégie sont énumérées par les auteurs.

3. Lancet – Gates Foundation’s decade of vaccines

http://www.thelancet.com/

La décennie des vaccins de la Fondation Gates

Le 29 février, 2010 l’Alliance GAVI a célébré son 10ème anniversaire. Pour marquer cet anniversaire la Fondation Gates de Bill et Melinda a annoncé qu’elle allait consacrer $10 milliard USA au cours de la prochaine décennie dites « décennie des vaccins. »

GAVI est une agence de financement des vaccins pour les pays en développement. Elle est la plus grande bénéficiaire des fonds de la Fondation Gates.

Au-delà du financement des activités de GAVI pour cinq vaccins (diphtérie, tétanos, coqueluche, hépatites B et Haemophilus influenza type b), la fondation va inclure les vaccins contre le rotavirus et les pneumocoques afin de prévenir les décès de 7.6 millions d’enfants de moins de 5 ans d’ici 2020. Elle prendra en compte le vaccin contre le paludisme pour sauver 1.1 million de vies. Cette action de la Fondation va encourager les gouvernements donateurs à libérer les fonds additionnels pour atteindre l’objectif de couverture de 90% chez les enfants dans les pays en développement au cours des 10 ans.

La fondation a encore besoin d’élaborer un plan clair sur les modalités de déboursement de ses fonds au cours de la « décennie des vaccins ».

4. Lancet – Polio eradication within 5 years now a real possibility

http://www.thelancet.com/

L’éradication de la poliomyélite d’ici 5 ans est actuellement une possibilité réelle

Le dénombrement de 1597 cas de polio dans le monde entier à la date du 2 février 2010 marque le progrès réalisé dans la poursuite de l’éradication de cette maladie. Le Nigeria, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Inde sont les 4 pays qui ont encore des poches de poliomyélite.

Grace à un don d’urgence de $30 million USA de Rotary International et aux progrès obtenus au Nigeria, les dirigeants africains ont décidé d’entreprendre des journées synchronisées de vaccination le 6 mars et le 23 avril à travers toute l’Afrique occidentale et centrale, ciblant 85 million d’enfants. Le nouveau vaccin bivalent oral sera utilisé. La prévalence de la polio au Nigeria est passée de 800 cas en 2008 à 388 cas en 2009 et un seul cas de type 3 actuellement en 2010, le type 1 ayant disparu depuis presque un an.  Ce progrès est le résultat d’un engagement politique accru, une disponibilité des fonds et un règlement des problèmes de refus sur le terrain.

Les campagnes de vaccination sont planifiées au Pakistan et en Afghanistan où le conflit reste un obstacle à la vaccination. En Inde, les états de Bihar et Uttar Pradesh restent les zones de forte transmission liée à une population dense et à des conditions d’hygiènes et d’assainissement inadéquates. La transmission des types 1 et 3 du poliovirus a été arrêtée pendant 16 mois et 3 ans respectivement. Le nombre de grappes de génotype est passé de 7 à 1 entre 2006 et 2009. Il s’agit ici des signes de l’éradication imminente de la poliomyélite.

Un nouvel engagement international pour le financement des programmes de lutte contre la polio sera marqué par la participation de la fondation  Bill and Melinda Gates.

Selon David Salisbury, directeur de l’immunisation au département de la santé, au Royaume Uni, l’éradication de la polio est fort possible malgré les problèmes logistiques au Nigeria et les défis scientifiques en Inde.

Aideffectiveness

5. Foreign Policy – How to Fix Haiti’s Fixers.  Aid groups in the earthquake-battered country are inefficient and unaccountable. Luckily, there’s a solution.

Paul Collier  ; http://www.foreignpolicy.com/

Les organisations qui fournissent de l’aide dans ce pays dévasté par le tremblement de terre sont inefficientes et non transparentes. Heureusement, il y a une solution.

La destruction de Haïti par le tremblement de terre est à l’origine d’un afflux d’ONG et de financements de diverses origines, y compris d’un nombre très important d’individus comme jam
ais auparavant. Cette volonté d’aider le peuple haïtien n’est pas sans heurts.

La gestions financière par beaucoup d’ONG est inefficiente et manque de transparence. Cette situation est aggravée par la faiblesse du gouvernement central.

Comme solution, l’auteur propose la création d’une Agence Centrale pour recevoir et gérer tous les dons des ONG dans une caisse commune et de les redistribuer selon les besoins bien identifiés. Cet Agence doit être cogérée par le gouvernement et les ONG avec l’appui de nouvelles technologies. Cette stratégie éviterait l’échec de l’aide fournie par ces myriades d’ONG si elle est mise en œuvre rapidement ou permettra de gérer l’après échec si on laisse aller!

6. The Broker ‘From Aid to global justice’ (in the run up to MDG10+)

http://www.thebrokeronline.eu/

De l’aide à la justice globale

Nous pensons que le rapport du conseil scientifique néerlandais pour la politique gouvernementale (WRR voir notre lettre #50) peut déclencher une discussion bien au-delà des frontières néerlandaises. Les questions qui sont essentiellement en jeu, sont les suivantes: A quoi pourrait ou devrait ressembler un nouveau paradigme pour l’aide ou la justice mondiale? La communauté mondiale peut elle utiliser les chemins déjà tracés, ou est-il grand temps pour de nouvelles analyses, de nouvelles priorités et une vision réellement globale sur ce que le développement signifie et à besoin dans un monde ou le pouvoir change de mains et fait face à des défis sans précédent?

7. Globe and Mail – Our shaky hand on African aid

Brett House ;Globe and Mail opinion piece

Notre main tremblante sur l’aide Africaine

Les auteurs critiquent le gouvernement du Canada qui, à travers son Ministre des Affaires étrangères et son Premier ministre, annonce son désistement quant à continuer à apporter son aide financière aux pays africains s’il n’a pas pu vérifier l’utilisation de l’aide antérieure. Il revient plutôt au Canada, non seulement de respecter ses engagement vis –à- vis des pays à faible revenu en Afrique, mais aussi à faire preuve de transparence eux-mêmes disent-ils. Les auteurs notent que lors d’un contrôle le Commissaire Général au compte aurait trouvé les documents comptables de CIDA énigmatiques. En outre, seule une infime partie de l’aide canadienne a été attribuée aux pays africains. Le Canada et les pays du G8 ont beaucoup parlé et ont très peu agi au sujet du déficit de la transparence de la gestion de l’aide.

Malgré l’assistance de $2.1 milliard USA ver l’Afrique, M. Cannon et ses collègues n’ont pas respecté leurs engagements de l’accroissement de l’aide pour l’Afrique pris à Gleneagles.

Les auteurs concluent en disant que la transparence bien que louable ne devrait pas être utilisée comme un argument pour retarder, annuler ou couper l’aide au développement en temps de crise. Par contre les pays du G8 doivent respecter les engagements qu’ils ont déjà pris y compris ceux de soutenir les efforts d’améliorations de la gouvernance.

 

AIDS

8. Public service – ‘Aids epidemic could be halted’ says expert

http://public service

« L’épidémie de Sida pourrait  être stoppée  » dit un expert

Selon Brian Williams, ancien épidémiologiste de l’OMS et actuellement au Centre de modèle et analyse épidémiologique en Afrique du Sud, le dépistage et le traitement par les ARV de toutes personnes VIH positives dans les régions à haut risque pourrait sauver des millions de vies et réduire la transmission du VIH.  

Malheureusement seul 12% de personnes VIH positives prennent actuellement les ARV.

Bien que cette initiative coûterait cher au départ, les bénéfices sociaux et économiques seraient importants à la longue. Il y aura moins de décès et de dépenses pour la prise en charge des malades.

Les ARV peuvent réduire la charge virale par 2000 et rendre les malades 25 fois moins susceptibles de transmettre le virus lors de rapports sexuels non protégés.

Les essais cliniques actuellement en cours aux Etats Unis, au Canada et en Afrique sub-saharienne pourront dans 5 ans, répondre aux questions qui restent en suspend.

9. TRSTMH – Antiretroviral therapy for HIV prevention: many concerns and challenges, but are there ways forward in sub-Saharan Africa?

R. Zachariah, A.D. Harries, M. Philips, L. Arnould, K. Sabapathy, D.P. O’Brien, C. Ferreyra, S. Balkan ; TRSTMH

La thérapie antirétrovirale pour la prévention du VIH: beaucoup d’inquiétudes et de défis, mais y-t-ils des voies d’avancer en Afrique sub-saharienne ?

Les chercheurs de l’OMS (cf supra) ont présenté un modèle mathématique théorique de l’impact potentiel d’un dépistage VIH universel suivi immédiatement d’une thérapie par ARV, indépendamment de la phase clinique et du niveau des CD4. Les résultats de ce modèle basé sur les données de l’Afrique du Sud montrent qu’une application annuelle de cette stratégie produirait une baisse de l’incidence du VIH, de la mortalité (<1‰ par an) et de la prévalence à <1% en 50 ans. Cette lueur d’espoir pourrait transformer en optimisme le pessimisme lié au fardeau important du VIH/SIDA en Afrique Sub-saharienne qui a les indicateurs les plus sombres et un faible espoir d’atteindre les cibles des objectifs du millénaire pour le développement.  Les auteurs discutent 4 défis de faisabilité et d’acceptabilité lors d’une opérationnalisation de cette stratégie dans un district de santé rural en Afrique Sub Saharienne. Ils proposent aussi les pistes à suivre pour résoudre ces défis.

10.    HIV/AIDS on the rise in young people in Kenya

http://www.thelancet.com/

La recrudescence du VIH/SIDA chez les jeunes au Kenya

La prévalence du VIH/SIDA est passée de 13.4% en 2000 à 7% au Kenya. Ceci marque une amélioration importante grâce à l’accroissement de la sensibilisation et la mise en place des médicaments antirétroviraux. Une enquête réalisée en 2007 a montré que les jeunes de 15-24 ans constituent  un des groupes les plus à risque. 25% de la population de 15-24 ans n’ont pas utilisé le condom lors des rapports sexuels. Un nouveau plan stratégique de lutte contre le SIDA vise le passage à l’échelle des programmes de prévention et de traitement ciblant les jeunes de moins de 24 ans.

Child survival

11.    Global report on preterm birth & stillbirth: the foundation for innovative solutions and improved outcomes

Edited by Craig E Rubens, Cesar G Victora, Michael G Gravett and Toni M Nunes. Guest Editor: Gordon CS Smith ; http://www.biomedcentral.com/

Rapport mondial sur la prématurité et la mortinatalité.

Un supplément de Bio Med Central Grossesse et accouchement propose sept articles de synthèse sur la naissance prématurée et la  mortinaissance. Ils discutent d
e 21 interventions d’efficacité prouvée. Ils appellent également à plus de ressources pour accélérer la mise en œuvre de solutions innovantes. Cet ouvrage a été coordonné par l’Alliance mondiale pour prévenir la prématurité et la mortinaissance, une initiative des « enfants de Seattle » et financé par la Fondation Bill & Melinda Gates.


Go to archiveGo to homepage

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Please fill in the below * Time limit is exhausted. Please reload the CAPTCHA.