Chers Collègues,

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La journée mondiale du SIDA fut commentée par de nombreux leaders mondiaux le premier décembre. Un séminaire à l’Institut de Médecine Tropicale a couvert les récents développements et les perspectives dans le domaine de la prévention et du financement international des programmes de lutte contre le SIDA.

 

Bonne lecture

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David Hercot

 

La sélection a été réalisée avec l’appui de Kristof Decoster, Josefien Van Olmen & Wim Van Damme


Health Financing

1. WHO Bulletin – Where did all the aid go? An in-depth analysis of increased health aid flows over the past 10 years

Paolo Piva & Rebecca Dodd ; http://www.who.int/bulletin/volumes/87/12/08-058677-ab/fr/index.html

Les auteurs de cette étude réalisée par l’OMS nous présentent les résultats de leur analyse des dépenses d’aide au développement (AD) entre 2002 et 2006 pour les pays de l’OCDE. Ils soulignent notamment (1) la part importante de l’aide à la santé allouée à la coopération technique (41,7%), notamment via les acteurs régionaux, (2) la fragmentation de l’AD ( qui est bien illustrée par l’exemple de la santé en Ethiopie qui sur la période 2002-2006 a bénéficié de 296 projets d’une valeur moyenne de 123 000 USD, soit près de 5 projets par mois et représentant au total seulement 3,3% de son aide au développement pour la santé) , (3) l’importance du financement pour l’OMD 6 (46,8%), (4) le peu de financement qui utilisent les canaux jugés efficaces de l’aide (appui budgétaire général (6,4% de toute l’AD) et sectoriel (7,7% de l’AD Santé)) et (5) la mauvaise répartition géographique de l’aide au sein de pays pourtant similaire en terme de développement. Sans oublier les remarques d’usage : ces données ne représentent qu’une partie de l’aide, celle des pays de l’OCDE et n’est pas parfaite du fait de la faible précision des intitulés dans les bases de données de l’OCDE. (Voir résumé officiel en Français ci-joint)

Innovative Financing

2. Lancet – Dispute over pneumococcal vaccine initiative

Ann Danaiya Usher ; http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(09)62078-X/fulltext

Dans cet article, l’auteur rapporte les critiques contre la façon dont GAVI gère le projet AMC (Advanced Market Commitment; commercialisation de vaccin garantie d’avance) et le manque de transparence dans le dossier. 1,5 milliards USD ont été promis pour la commercialisation de vaccins contre le pneumocoque qui devrait permettre de sauver 7 millions de vie d’ici 2030. Les sociétés qui sont prêtes à produire le vaccin recevront un prix fixe de 7 USD par dose jusqu’à épuisement du fonds. Au delà, GAVI financera le vaccin selon ses procédures habituelles pour un prix ne pouvant pas dépasser 3,5 USD. Mais les observateurs critiquent la façon dont GAVI a géré le dossier notamment : aucune des informations qui sous tendent la détermination de l’impact n’ont été divulguées, le cout additionnel attendu pour GAVI n’est pas connu bien qu’il ait été estimé entre 1,5 et 3,5 milliards par MSF et les personnes qui étaient critiques sur le projet ont systématiquement été écartées du processus de construction du projet. MSF se demande s’il est bien opportun de déjà parler d’un deuxième AMC (on parle de TB et paludisme) lorsque l’on n’a pas encore testé le premier. Lors du dernier conseil d’administration, la société civile a plaider pour une plus grande participation de la société civile dans GAVI. Voir AFGH en Anglais à ce sujet.

3. The Guardian – Can red lattes beat AIDS in Africa ?

Yuvraj Joshi ; http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2009/dec/01/project-red-starbucks-campaign

Une chaine de restauration Américaine « Starbucks » a rejoi
nt la campagne “Red” qui regroupe des entreprises qui reversent une partie de leurs bénéfices au Fonds Mondial pour financer la lutte contre le SIDA. Pour chaque café vendu, Starbuck verse 5 cent USD au Fonds Mondial. L’auteur critique le principe même de ce fonds qui a certe récolté 130 millions USD depuis sont lancement mais au pris de 100 millions USD investit dans le marketing. D’un côté il s’agit d’un net progrès car la contribution du secteur privé au Fonds Mondial qui était attendue dans les textes initiaux ne s’était jusque là élevée qu’à cinq millions USD. De l’autre, cela donne aux sociétés qui contribuent et à leurs clients un faux sentiment de contribuer à la lutte contre le SIDA alors même que leur contribution est une goutte d’eau dans un étang de besoins pour le SIDA venant d’un océan de moyens dans le secteur privé.

4. STWR – The ‘Tobin Tax’ Battle Has Only Just Begun

Anna White ; http://www.stwr.org/globalization/the-tobin-tax-battle-has-only-just-begun.html  , 13 November 2009

Trente ans pares son invention, la “taxe Tobin” semble enfin atteindre les sphères politiques. Le débat ne fait que commencer selon l’auteur de cet article. Ceci est confirmé par des discussions qui ont eu lieu à Bruxelles, au parlement européen et au sein de la société civile. Au delà du principe même, il faudra s’entendre sur les bénéficiaires de la manne céleste : la réassurance des banquiers, les services sociaux pour les plus pauvres ou la lutte contre les effets du changement climatique. On ne parle plus maintenant de 1% de taxe censés éviter la spéculation mais de 0,005% qui n’aurait pas cet effet de frein sur les marchés tout en permettant de générer des fonds substantiels (3 milliards Euro en 2007).

AIDS

5. Newsweek – The PEPFAR Paradox.

Katie Paul; http://www.newsweek.com/id/224963

Le PEPFAR s’apprête à annoncer des résultats moins fracassants sous l’ère d’Obama, et c’est bien comme ça.

Depuis sont lancement, le PEPFAR a connu une progression fulgurante et régulièrement engrangé d’importants progrès ce qui lui a permis de convaincre le congrès et d’augmenter progressivement son budget jusqu’à en faire la plus grande initiative de santé publique au monde avec un budget de 6,7 milliards USD. Mais cette croissance est bien finie. Entre la crise financière et la pression croissante pour financer d’autres volets de la santé, le budget de PEPFAR ne va plus augmenté.

Mais si le PEPFAR a contribué à mettre sous traitement de nombreux patient, il y a toujours 2 patients mis sous traitement pour 5 qui contractent la maladie.

En outre le PEPFAR doit maintenant assuré le traitement chronique des patients mis sous traitement en urgence et c’est un programme sans fin avec ses défis propres.

Il faut maintenant revoir la stratégie et promouvoir la prévention, rendre la responsabilité des programmes aux pays et évaluer les programmes. L’intégration des services de lutte contre le SIDA avec d’autres services de santé de la reproduction ou de lutte contre la tuberculose par exemple devrait permettre d’accroitre la performance et de faire des économies. Ce changement de stratégie n’est pas sans risque et pourrait passer par des échecs. Mais on ne peut indéfiniment justifier un programme d’urgence. Le défi sera d’obtenir la confiance et les crédits du congrès. Le nouveau système d’évaluation devrait aider en ce sens.

6. KFF – U.S. Unveils 5-Year PEPFAR Strategy

http://globalhealth.kff.org/Daily-Reports/2009/December/02/GH-120209-PEPFAR.aspx

PEPFAR va changer sa stratégie, ils vont abandonner l’approche urgentiste pour développer une approche visant la durée. Voir résumé de l’article précédant pour les grandes lignes.

7. IHP online – No, We Can’t: Barack Obama’s New Global AIDS Strategy

Gregg Gonsalves ; http://bit.ly/82XSuc

Gregg Gonsalves lors de son discours le premier décembre à appelé Barack Obama à ne pas ralentir l’effort de lutte contre le SIDA entamé par Bush. Nous n’avons pas encore parcouru la moitié du chemin et s’il est vrai que les autres secteurs de la santé ont cruellement besoin d’argent, les patients sous ARV et ceux qui devraient commencer le traitement ont un besoin vital d’une aide accrue ou tout au moins maintenue. Il rappelle notamment que dans plusieurs pays africains les ruptures de stocks sont en augmentation et mettent en danger les patients et toute la population.

8. ODI – World Aids Day: HIV in a world of fragile states, financial crises and falling budgets

Fiona Samuels ; http://blogs.odi.org.uk/blogs/main/archive/2009/12/01/world_aids_day_2009.aspx

Une revue de l’état du financement du SIDA dans le monde.

Ses recherches montrent que la crise financière comprime les budgets nationaux et l’aide au développement. Dans le secteur du SIDA, les budgets commencent à être réduits mais les effets ne se feront sentir que pour l’exercice fiscal 2010. Au niveau international, la réduction se fait déjà sentir, notamment suite à l’effondrement de certains taux de change, à l’élargissement des priorités de santé internationale aux Etats-Unis et au débat qui fait rage entre « l’exception du SIDA » et le renforcement du système de santé. Elle pense que les deux approches sont compatibles et ne doivent pas être mises dos à dos. Elle souligne enfin que la couverture universelle est un droit de l’homme et que la communauté internationale de l’aide au développement devrait tirer la sonnette d’alarme si ce droit n’est pas rempli mais plus encore si les gains de la dernière décennie sont mis en péril.

9. Lancet – New WHO HIV treatment and prevention guidelines

Siobhan Crowley, Nigel Rollins, Nathan Shaffer, Teguest Guerma, Marco Vitoria, Ying-ru Lo ; http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2809%2962064-X/fulltext

 

Le nouveau guide de traitement publié par l’OMS pour la PTME devrait permettre d’éviter de nombreuses infections, si – et c’est là la subtilité- le taux de couverture actuel estimé à 45% est amélioré.

Access

10.    Lancet – Social movements are key towards universal health coverage

Wim De Ceukelaire, Pol De Vos ; http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(09)62087-0/fulltext

Les auteurs – dont notre collègue de l’IMT Pol De Vos – commentent l’article de Laurie Garrett publié en octobre et suggèrent qu’en Europe, ce ne sont pas les politiciens qui ont permis d’atteindre une couverture quasi universelle mais bien les mouvements sociaux et les organisations de la société civile qui ont fournis une pression considérable pour que les politiciens s’engagent.

11.    KFF – Commonwealth Leaders’ Meeting Concludes; Includes Discussion About Health

http://globalhealth.kff.org/Daily-Reports/2009/November/30/GH-113009-Commonwealth.aspx

Les chefs d’état du Commonwealth, sous l’impulsion de Gordon Brown, se sont engagés à promouvoir l’accès universel aux soins lors de leur dernier sommet.

Malaria

12.    Lancet – The long shadow of malaria interventions in tropical Africa

James LA Webb ; http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(09)62081-X/fulltext

Une perspective historique de la lutte contre le paludisme en Afrique. Partant des efforts de traitement à base d’insecticide de la période coloniale, en passant par la disponibilité à large échelle de la chloroquine, l’auteur démontre que les stratégies, certes efficaces, restent fragiles. Elles dépendent d’un financement souvent important, de l’apparition de résistance mais aussi de la sous estimation du danger du paludisme par certaines populations adultes partiellement immunisées. A l’inverse, la réduction des efforts entraine une recrudescence de cas parmi une population redevenue sensible. Les deux piliers actuels de la lutte restent les insecticides (essentiellement les moustiquaires) et le traitement (maintenant les ACT) mais un contrôle du paludisme restera difficile et tout recul pourrait couter cher en vies humaines pour les populations qui ne seraient plus protégées.

American health care reform

13.    Lancet – Health-care reform and the right to health in the USA

Laura Turiano, Matthew Anderson, Todd Jailer, Maureen McCue, Mohammad Shahbazi, on behalf of People’s Health Movement—USA ; http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(09)62086-9/fulltext

Le mouvement pour la santé des peuples aux Etats-Unis (People’s Health Movement – USA) affirme qu’aucune des réformes discutées actuellement ne permettra d’atteindre la couverture universelle, ni ne permettra d’organiser des soins de santé primaires accessibles et efficaces. Le contrôle des coûts ne sera pas atteint non plus. «Le processus de réforme des soins de santé montre à quel point le gouvernement américain est soumis à la pression des entreprises et est incapable d’élaborer une politique sur la base des éléments de preuve d’efficacité et de l’intérêt public. »

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