Chers Collègues,

En Europe c’est un moment où nous célébrons la réconciliation et la paix avec l’anniversaire de la chute du mur de Berlin (1989) et l’armistice de la guerre de 1914-1918. Espérons que les principes de paix et d’ouverture des frontières, chers à l’Europe, seront également appliqués « globalement » pour utiliser un terme dans le vent.

Bonne lecture

David Hercot

La sélection a été réalisée avec l’appui de Kristof Decoster, Josefien Van Olmen & au nom de Wim Van Damme


Health Financing

1. Scaling up global social health protection: prerequisite reforms to the international monetary fund

Ooms G. & Hammonds R. ; http://bit.ly/3fZijn ; the article (PDF, 56 Kb)

Gorik Ooms ( notre collègue) et Rachel Hammonds soulignent l’importance de réformer le FMI si l’on veut construire un système mondial de protection sociale.

Les personnes vivant dans les pays à faible revenu ont besoin d’une protection contre les impacts économiques et sociaux de la concurrence économique mondiale, mais, historiquement, les programmes d’austérité budgétaire du fonds monétaire international (FMI) ont affaibli le potentiel de redistribution au sein des pays pauvres et entre pays riches et pays pauvres. L’accent mis par le paradigme actuel du développement sur la «viabilité financière» est un obstacle au développement des systèmes de protection sociale au niveau mondial et un obstacle à des progrès futurs. Réformer la politique de conditionnalité et démocratiser le processus de prise de décision du FMI seront nécessaire pour compenser les inégalités croissantes dans le financement de la santé dans les pays pauvres.

2. Punishing success in tackling AIDS: – Funders’ retreat could wipe out health gains in HIV affected countries –

Selon un récent rapport de Médecins Sans Frontières (MSF), une réduction des engagements pris pour le financement international de la lutte contre le SIDA risque de miner les progrès enregistrés dans la réduction des maladies et décès lies au SIDA au cours des deux dernières décennies.

Ci-joint le communiqué de presse en Français ou sur le site de MSF, le rapport en Anglais. (PDF, 711 Kb)

3. H Aff Critical Choices In Financing The Response To The Global HIV/AIDS Pandemic

Robert Hecht, Lori Bollinger, John Stover, William McGreevey, Farzana Muhib, Callisto Emas Madavo, and David de Ferranti ; http://content.healthaffairs.org/cgi/content/abstract/28/6/1591?etoc

Dans le cadre du projet 2031, les auteurs ont tenté de modéliser les coûts de la lutte contre le SIDA au cours des prochaines années selon différents scenarios. Si nous restons dans un statut-quo en termes de stratégie, nous aurons besoin de 35 milliards de Dollars par an et malgré cela, chaque année, un million de personnes sera nouvellement infecté.

Ils ont développé un modèle mathématique estimant les coûts de la lutte contre le SIDA et analysé l’évolution de la pandémie selon différents paramètres. Ils ont développés quatre scénarios :

· Une « mise en œuvre rapide » qui permet d’atteindre une couverture universelle d’ici 2015.

· Un « statu quo » sur la vitesse de mise en œuvre des différentes interventions

· Une « ligne dure » ou un effort important est mis sur la mise en œuvre des interv
entions de prévention les plus coût-efficace ce qui implique notamment l’abandon de la prévention en population générale et l’accent sur la prévention au sein des groupes à risque. En parallèle ils poursuivent le développement de l’accès universel au traitement

· Un « changement structurel » ou la priorité est mise sur les changements structurels qui favorisent la progression de l’épidémie tel que la discrimination à l’égard des femmes, la séparation des couples pour raison professionnelle, la stigmatisation ou la faiblesse du système de santé.

Dans l’article, vous trouverez des graphiques qui parlent d’eux même sur les résultats en termes d’impact épidémiologique et de coût de ces quatre scénarios. Le coût varie de 19 à 35 millions d’USD par an en 2031. Mais un accroissement rapide est nécessaire au cours des cinq prochaines années si l’on veut réduire les coûts à long terme. La « ligne dure » montre que des économies importantes peuvent être réalisées si l’ont choisit les bonnes interventions. Les « changements structurels » coûtent chers et sont difficiles à mettre en œuvre mais pourraient avoir le plus grand impact à long terme sur les taux de nouvelles infections. Le coût des médicaments va représenter un quart du budget d’où la nécessité de contrôler au maximum le prix des médicaments. Nos outils de prévention ne sont pas encore suffisants en termes de technologie et de comportement. Ils soulignent également qu’une grande part du financement de la lutte contre le SIDA dans les pays à faible et moyen revenus est déjà domestique et que cette tendance va se poursuivre. Mais un nombre de pays aura besoin d’aide temporairement – pour le passage à l’échelle- ou durablement -y compris donc pour la pérennisation des interventions. La Zambie est parmi les pays les plus dépendants. Maintenir le statu quo en termes de stratégie et de financement selon la tendance actuelle est le plus mauvais scénario que nous pouvons mettre en œuvre en termes de coût‑efficacité. [L’article ne prend pas en considération un recul du financement.]

Global health initiatives

4. TMIH International institutions, Global Health Initiatives and the challenge of sustainability: lessons from the Brazilian AIDS programme

G. Le Loup 1,2,3 , S. Fleury 4 , K. Camargo 5 and B. Larouzé 1,2,6

http://www3.interscience.wiley.com/journal/122673105/abstract

Selon les auteurs, l’organisation politique et institutionnelle d’un système varie dans le temps de manière cyclique. Les institutions internationales, y compris les initiatives mondiales pour la santé (IMS) ont un rôle à jouer non seulement pour le démarrage des programmes de santé publique mais également pour assurer leur survie dans le temps.

La durabilité des programmes de santé publique efficace reste un défi dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Ces programmes sont souvent soumis à des cycles de mobilisation et de démobilisation. En effet, les facteurs politiques et organisationnels sont d’une importance majeure pour assurer cette durabilité. La coopération entre la Banque Mondiale et le programme brésilien contre le SIDA met en évidence le rôle des institutions internationales et des IMS, non seulement pour accélérer la mise en œuvre des programmes mais aussi pour garantir leur stabilité et leur durabilité, à un moment où il y a moins de plaidoyer et où les programmes verticaux sont intégrés dans les systèmes de santé. Ce rôle est essentiel au niveau local, en particulier lorsque la crise économique peut entraver l’avenir des programmes de santé publique. L’évolution politique et organisationnelle doit être surveillée et les signes avant coureur de changement doivent déclencher les interventions des IMS avant le déclin de ces programmes.

Lorsqu’un programme arrive à maturité comme ce fut le cas du Brésil qui a atteint une couverture universelle avec les ARV, de nombreux changements se passent dans le paysage institutionnel qui doivent servir de signaux d’alerte pour les spécialistes de la politique sanitaire, par exemple, le départ des ONGs de mise en œuvre et la réduction de l’importance des groupes de plaidoyer, une instabilité politique, la rotation important du staff ou l’émergence rapide d’une autre maladie. Dans ces conditions, le recours aux IMS permet de donner un signal clair en donnant une garantie de financement à moyen terme pour les autorités responsable de la mise en œuvre. Elles peuvent également soutenir les ONGs locales pour assurer le plaidoyer et la surveillance de la mise en œuvre. Une des forces de l’histoire Brésilienne de lutte contre le SIDA, au cours des années 1990, a été l’alignement des IMS à un programme décidé par le programme brésilien de lutte contre le SIDA qui comprenait l’accès universel aux ARV et la prévention et qui donnait un rôle important aux ONGs dans un contexte de décentralisation.

5. BMJ feature: innovative financing in healthcare

http://www.bmj.com/cgi/content/full/339/nov04_3/b4235

Dans cet article, l’auteur discute le rapport du groupe de travail sur le financement novateur des systèmes de santé (communément appelé “The Taskforce”). [Je préfère attendre un article mieux construit pour vous faire une synthèse sur les financements novateurs.]

6. Lancet The GAVI, Global Fund, and World Bank joint funding platform

Roger England ; http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(09)61951-6/fulltext

L’auteur met en doute la capacité du Fonds Mondial, de GAVI et de la Banque Mondiale pour assurer le leadership du renforcement du secteur de la santé. Il souligne que le mandat de GAVI et du Fonds Mondial ne sont pas prévus pour ce genre d’appui, l’un s’occupant essentiellement de vaccination et l’autre de renforcer la prévention et le traitement de trois maladies. La Banque Mondiale, pour sa part n’a pas l’habitude de distribuer beaucoup de dons et a surtout eu une mauvaise évaluation de la performance de ses programmes d’aide à la santé. Bien que la coordination des bailleurs soit nécessaire, la coordination de ces trois bailleurs risque de n’arriver au mieux qu’à une coordination de l’approche pour des pathologies spécifiques sans résoudre les problèmes structurels d’appui aux systèmes de santé et de coordination de l’aide.

7. JAIDS – Health Systems Exist for Real People

El-Sadr, Wafaa M MD, MPH, MPA; De Cock, Kevin M MD, MBChB

http://journals.lww.com/jaids/toc/2009/11011

Cet article est une introduction à une série sur l’impact de la mise en oeuvre des programmes de lutte contre le SIDA sur les systèmes de santé dans différents pays et contextes. Ils reviennent sur l’émergence des IMS et pensent que si l’on continue à se battre entre les systèmes de santé, les approches maladie spécifique et les OMD, nous risquons de rater un moment clé. Nous savons de longue date que les systèmes de santé sont nécessaires pour soigner les vrais problèmes des gens mais cela doit être adapté à chaque contexte. Dans le débat actuel, il ne faut pas oublier que les programmes verticaux ont sauvé de nombreuses vies et que beaucoup doit encore être fait pour atteindre la couverture universelle. Il est bon de débattre mais à l’heure actuelle, nous avons laissé apparaitre une compétition entre les systèmes, les maladies et les OMD. La santé globale a besoin d’un financement global et il y a assez d’argent dans le monde pour le financer. Il faut poser les bonnes questions et fixer les bons objectifs.

Aid effectiveness

8. Lancet – Who is at the receiving end of our innovation?

Rafael van den Bergh ; http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(09)61928-0/fulltext ; Young voices in research for health (pdf, 834 Kb)

Van den Bergh, est un de nos collègues à l’IMT. Son essai a récemment été primé par le forum Global pour la recherche en santé du Lancet. En 2009, le thème était innover pour la santé pour tous. Il a pour sa part rédigé un document qui remet en question les priorités définies dans la recherche en santé publique. Il a notamment souligné le peu de recherches consacrées à la mise en œuvre des technologies existantes.

Financial Crisis

9. Lancet – The right to health in times of economic crisis: Cuba’s way

Pol de Vos, Patrick Van der Stuyft ; http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(09)61920-6/fulltext

Deux autres collègues de l’IMT illustrent par l’exemple de Cuba, l’application du droit à la santé en temps de crise économique. Du point de vue des droits humains, ils soulignent que la réponse de Cuba à la crise économique est un exemple clair du rôle que l’état dans un pays en développement peut jouer pour assurer la santé de ses citoyens. L’Etat devrait s’attaquer à tous les déterminants socioéconomiques de la santé et incorporer des mesures de santé sectorielle dans une politique intersectorielle de redistribution. Dans l’environnement économique actuel, le monde devrait s’inspirer de cette démarche.

Aid & Trade

10. The Guardian – Why Africa welcomes the Chinese (opinion piece by Kagame)

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2009/nov/02/aid-trade-rwanda-china-west

Ce n’est pas la première fois que Kagame invite les investisseurs en Afrique. Et dans cette perspective, tout le monde est bienvenu. Il ne partage pas le point de vue de certains commentateurs européens sur la mauvaise évaluation de l’implication des chinois en Afrique.

11. Why the West fears China in Africa

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2009/nov/05/china-africa-aid-investment-fear

Dans une réaction à l’article de Kagame, Peter Guest, fait le lien entre la ‘ChinAfrique’ et les discussions actuelles sur le rôle et l’efficacité de l’aide –dans le genre des questions soulevées par le livre de Dambisa Moyo « Dead Aid ». Il souligne notamment que les pays occidentaux n’ont que très peu d’intérêt à ce que l’aide soit efficace et que les pays africains se développent. Il suggère que l’aide est un moyen d’accroitre son influence plus que l’outil d’une réelle volonté de développement.

[Sur le livre de Dambisa Moyo, on s’étonne quand même que ce livre soit traduit en français et en néerlandais six mois après sa parution en anglais alors que d’autres livres tout aussi percutant et mieux approfondis ne connaissent jamais cette chance.]

American health care

12. The American Public and the Next Phase of the Health Care Reform Debate

R.J. Blendon and J.M. Benson ; http://healthcarereform.nejm.org/?p=2253&query=TOC

Les auteurs comparent les sondages d’opinion de l’ère Clinton à celle actuelle d’Obama. Ils pensent que le niveau d’approbation de la législation par la population est fortement déterminé par l’impression de l’effet de la législation sur leur propre situation en matière de santé.

13. The Economist on the American health care reform:

http://www.economist.com/world/unitedstates/displaystory.cfm?story_id=14810231

The Economist pense que la réforme va trainer jusqu’au début de 2010 (au moins)

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