Chers collègues,

Des groupes d'experts, des organisations de la société civile et des militants de tous bords font actuellement pression sur les décideurs mondiaux qui se réunissent pour négocier sur le changement climatique dans le cadre de l'ONU à New York. En effet, Ban Ki-Moon, cité dans un article dans le NYT, a déclaré qu’il n'y avait pas de temps à perdre, après avoir assisté avec horreur la fonte de glaciers sur l'Arctique. A titre d'exemple, dans The Lancet de cette semaine, nous avons sélectionné deux articles provenant de la communauté médicale, qui discutent des liens entre les changements climatiques et la santé.

Cette semaine, nous vous proposons également deux rapports plus généraux sur l'efficacité de l'aide, et sur l'impact des pays donateurs émergents non membre de l’OCDE sur les politiques des bailleurs de fonds traditionnels.

Sur la santé mondiale, nous voulions vous informer de ce qui bouge sur le net. Premièrement, la Banque mondiale, l'Alliance GAVI et le Fonds mondial ont publié une note sur les progrès réalisés pour la mise en place d’une plateforme commune de financement des projets de renforcement des systèmes de santé tel que cela a été recommandé par le groupe de travail de haut niveau du partenariat international pour la santé (IHP+.) Deuxièmement, nous avons inclus les titres de la neuvième lettre d’information du groupe Gouvernance économique pour la santé (EG4H) qui présentent plusieurs articles intéressants sur le financement international de l’aide à la santé. Et enfin, le Financial Times vient de lancer une page thématique sur les questions de santé mondiale qui regroupe également de nombreux liens intéressants. Nous vous invitons à jeter un oeil à leur site Web, du moins si votre connexion n'est pas trop mauvaise, sinon, nous vous tiendrons au courant des articles intéressants.

Enfin nous avons inclus deux articles sur l'accès aux soins. Tout d’abord, IRIN présente un rapport de AIDS 2031 qui fait apparaître des écarts inexpliqués dans le prix des ARV entre les pays. Et deuxièmement, 60 organisations de la société civile, entre autres d'Oxfam et AFGH, ont lancé un appel pour assurer l'accès gratuit aux soins pour les groupes vulnérables dans au moins sept pays.

 

Bonne lecture.


David Hercot, Kristof De Coster & Wim Van Damme


Health and Climate Change

1. The Lancet – Politicians must heed health effects of climate change

http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(09)61641-X/fulltext

Les politiciens doivent tenir comptes des effets sanitaires du changement climatique

La commission climat et santé du Lancet et de l'University College de Londres l'ont déjà annoncé dans leur rapport du mois de mai: le changement climatique représente la plus grande menace du 21ième siècle sur la santé mondiale. Il s'agit d'un problème mondial car même si ce sont les pays développés qui ont envoyé le plus de CO2 dans l'atmosphère, les pays pauvres en voient déjà des conséquences, notamment la progression des déserts au sud du Sahara. Les médecins doivent s'impliquer dans la lutte contre le réchauffement, pour cette raison mais aussi car la lutte contre le changement climatique entrainera des bénéfices pour la santé: plus d'exercice, une alimentation moins riche en carbone. Les politiciens doivent agir de façon forte sans quoi rien ne changera. Le corps médical doit s'investir et agir dés maintenant pour demander à leur politiciens de prendre en compte les constats publiés sur les effets du changement climatique et d'agir.

2. The Lancet – Health and Climate change

http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(09)61603-2/fulltext

Dans leur commentaire, Jay et Marmot renchérissent sur l'article de Lim et de ses collègues et insistent sur les causes et les effets du réchauffement climatique. Ils soulignent aussi la vulnérabilité des pays au Sud du Sahara qui disposent de peu de ressources pour faire face aux effets du réchauffement et qui peinent déjà à améliorer les conditions de vie de leur population notamment pour atteindre les OMD. Un climat plus chaud amènera plus de sècheresse et de pression sur les ressources (dont l'eau), des migrations et des conflits. Les conséquences sanitaires pour les populations seront également importantes tels que l'accroissement des maladies hydriques, la diminution de l'accès aux soins ou la malnutrition dans les zones ou la nourriture se raréfie. Mais la stabilisation de la population doit aussi être prise en compte. L'accès au planning familial et l'éducation des filles sont des priorités pour lutter contre le réchauffement climatique. Les évènements climatiques extrêmes que l'on observe déjà tels que les inondations et tempêtes vont également avoir un impact sur la santé et seront d'autant plus difficile à mitiger que les pays disposent de moins de ressources. Lutter contre le changement climatique est bon pour la santé (voir Lim, supra) mais c'est aussi une opportunité pour réduire la fracture entre les grands et les petits producteurs de CO2, sur le plan national comme international. Ils terminent également en appelant le corps médical à soutenir un accord fort à Copenhague.

Aid Effectiveness

3.  ELDIS – What effect will emerging d
onors have on 'traditional' donor policy?

S. Grimm; J. Humphrey; E. Lundsgaarde ; Présentation en anglais sur le site de Eldis  ou le document sur fride.org (PDF, 43 p, 730 Kb)

 

Quels effets auront les bailleurs émergents sur les politiques d’aide des bailleurs traditionnels.

Ce document tente d’établir l’impact des bailleurs non OCDE sur la politique d’aide des bailleurs de l’OCDE. Il décrit l’importance des donateurs non OCDE – y compris privés, la nature de leurs objectifs de coopération et les instruments d’aide qu’ils utilisent. Les auteurs identifient deux domaines dans lesquels ces « nouveaux » bailleurs vont influencer la politique de l’aide au sein des pays de l’OCDE : l’influence grandissante de ces acteurs au sein des institutions internationales dans la définition des biens d’utilité publique mondiale et la modification des politiques bilatérales d’aide des pays OCDE. Les défis que les auteurs identifient pour les bailleurs OCDE sont notamment la définition de ce qu’est l’aide ou ne l’est pas, la tendance à l’entropie due à l’augmentation du nombre des acteurs et le poids administratifs sur les pays bénéficiaires ou encore le retour du lien entre aide au développement et accès aux ressources.

4. Non-DAC donors and reform of the international aid architecture

 By Lama Hammad and Bill Morton ; document (pdf, 5p, 67 Kb)

Les bailleurs non CAD et la réforme de l’architecture de l’aide internationale.

L’architecture de l’aide a fortement évolué au cours des dernières années. De nombreuses initiatives verticales telles que le Fonds Mondial ou la Fondation Gates mobilisent des fonds qui peuvent être conséquents. Au total 33 milliards de Dollars US ont été collectés par les organismes verticaux et les organismes philanthropiques privés fournissent 60 milliards d’aide par an. Le PNUD estime qu’il y a maintenant plus de 1000 mécanismes d’aide à disposition des états. Ce qui ne manque pas d’entrainer une duplication des activités et un coût de transaction élevé. A titre d’exemple, la Tanzanie gère 700 projets d’aide financé par des bailleurs étrangers et a reçu 540 missions de bailleurs en 2005.

Dans ce contexte apparaissent ou réapparaissent des états qui ne font pas partie du comité pour l’aide au développement (CAD) mais qui fournissent également de l’aide au développement tel la Chine, l’Inde, l’Arabie Saoudite ou le Venezuela parmi les plus actifs. Il existe peu de données disponibles sur le volume de l’aide provenant des bailleurs non-CAD. Leur contribution a été évaluée entre 7,8 et 9,8% du volume global de l’aide. Leur aide ajoute à l’offre disponible pour les pays bénéficiaires et accroit la compétition entre bailleurs. Les observateurs craignent que ces bailleurs mettent moins de conditions à l’octroi de leurs dons, par exemple en termes de résultats ou de gouvernance. Il existe également un risque qu’un nouveau cycle de prêts à des taux peu avantageux entraine les pays dans une nouvelle spirale d’endettement.

Il existe peu d’incitant pour les pays non-CAD de s’aligner sur les règles établies de l’architecture de l’aide internationale au vu de la domination des pays industrialisés dans les institutions qui ont défini et définissent encore les règles de cette architecture. Il existe certains forum mondiaux qui tentent de redresser la barre de la démocratie dans le cadre de l’architecture de l’aide mais leur résultats restent insuffisants ou à démontrer, citons notamment le cycle de conférence du forum à haut niveau sur l’efficacité de l’aide, le processus des Nations-Unies pour le financement du développement, le G20 ou la francophonie.

Le Forum pour la coopération au développement lancé par ECOSOC et le groupe de travail sur l’efficacité de l’aide  abrité par le CAD sont deux instances qui tentent de faire avancer les questions de gouvernance de l’aide et permettent un débat plus équilibré entre les pays CAD et non-CAD sur les modalités de l’aide mais leur contraintes internes font qu’il y a peu d’espoir que cela apporte les changements attendus par les pays bénéficiaires ou convainque les pays non-DAC de suivre les modalités existantes de l’aide.

Global Health

5. World Bank – Health System Strengthening : Moving towards joint programming and funding platform.

http://go.worldbank.org/0IVEXL4N30

Les 20-21 août, le personnel de la Banque mondiale, de l'Alliance GAVI, du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et de l'Organisation mondiale de la Santé se sont réunis à Genève pour poursuivre leurs travaux en vue de la mise sur pied d’une plateforme de programmation et de financement conjointe pour renforcer les systèmes de santé. Cette réunion fait suite à la demande formulée par l'Équipe spéciale de haut niveau sur les financements innovants pour les systèmes de santé du partenariat international pour la santé IHP+. Cette réunion technique a permis de jeter les bases d’une collaboration entre les trois agences. Ils ont produit une note sur l’avancement des travaux, accessible ici et un document reprenant les principes sous tendant le travail en cours, ici mais seulement en anglais. Le travail va se poursuivre jusqu’au mois de novembre ou les résultats seront présentés aux instances décisionnelles des agences.

 

6.  Economic Governance for Health newsletter

EG4H's 9th newsletter et EG4H’s website

 

Nous n’avons malheureusement pas le temps de traduire le contenu de ces articles mais voici les titres traduits pour vous donner un avant goût :

  • Tobin or not Tobin? Telle est la question … – Venez découvrir pourquoi la taxe Tobin a refait surface en tant que moyen de répondre à la crise du financement pour les OMD de la santé.
  • 10 milliards de dollars de déficit de financement pour atteindre les OMD de la santé – Qu’y a-t-il derrière ce chiffre ?
  • Le FMI a besoin plus que d'orientation et de soutien: il est l’heure de prévoir une révision complète – Pourquoi EG4H est contre un Conseil économique mondial par le FMI
  • Et des liens vers les derniers articles et évènements qui traitent de gouvernance économique pour la santé.

7. Financial Times – special report on Global health

http://www.ft.com/fthealth

Access To Care

8. IRIN – Countries pay widely varying prices for ARVs

http://www.plusnews.org/Report.aspx?ReportId=86074 ; the report (PDF 391 Kb)

Commissioned by: aids2031 financing working group

 

Le coût des ARV varie grandement d’un pays à l’autre.

Le projet AIDS 2031 vient de publier un rapport présentant le coût des ARV dans différents pays. Ils constatent que des pays avec le même développement économique payent des prix parfois fort différents pour les mêmes produits. Par exemple, le Nigeria paie 334 $US par patient et par an contre 95 $US au Congo.

Les raisons de ces différences sont :

·        La grille de prix différentielle établie par les sociétés pharmaceutiques en fonction du développement du pays

·        La capacité de la fondation Clinton pour le SIDA de négocier des bons prix pour ses projets.

·        L’achat par les pays de produits génériques ou de spécialités

·        Le recours aux brevets obligatoire qui permettent la production de génériques malgré l’existence de brevet encore en cours.

Le volume de médicaments ne semble pas jouer un rôle.

Selon les auteurs, le prix des médicaments de première ligne ne devrait plus voir de grande baisse mais il y a encore une marge importante pour les médicaments de deuxième ligne avant d’atteindre le coût de production.

9. AfGH – CSO’s call for free Health Care – your money or your life

download the report here. (PDF 879 Kb)

Appel de la société civile : La bourse ou la vie

60 ONG et organisations de la société civile ont lancé un appel aux leaders mondiaux pour faire de l'accès gratuit aux soins une réalité dans les pays pauvres.

Le rapport affirme que 500 000 femmes enceintes meurent chaque année car elles n'ont pas accès aux soins. Lors de la réunion qui a lieu ce 23 septembre aux Nations Unies à New York, la décision de promouvoir la gratuité des soins pour les femmes et les enfants dans six pays devrait être prise. Les pays concernés sont le Burundi, le Ghana, le Liberia, le Malawi, le Mozambique, le Népal et la Sierra Leone. Les associations signataires de l'appel souhaitent que cette décisions soit étendue à l'ensemble des pays pauvres et qu'elle soit suivie d'actions pour le financement et la mise en œuvre de cette mesure. Les OMD approchent et peu de progrès sont fait dans le secte
ur de la santé. Les gouvernements ont désespérément besoin de plus de moyens financiers pour conserver les médecins et le personnel médical, et pour fournir des structures et des médicaments qui soient facilement accessible pour tous, géographiquement et humainement.

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