Chers Collègues,

Cette semaine, nous avons sélectionné une étude sur l’impact des initiatives mondiales sur les systèmes de santé. Nous avons également joint une revue des recommandations faites par différentes organisations à l’administration Obama pour sa politique sanitaire mondiale.
Le groupe de travail pour le financement international de la santé a remis son rapport qui contient plusieurs idées intéressantes. En parallèle, le groupe ONE a publié un communiqué de presse dans lequel il constate que les engagements pris par le G8 à Gleaneagles en 2008 ne seront pas respectés, particulièrement en matière de financement par la France et l’Italie. Un groupe d’ONGs françaises a publié un rapport analysant la politique d’aide à la santé de la France.
Deux directeurs d’instituts de recherche américains publient un commentaire
dans lequel ils décrivent comment leurs institutions prennent en charge la recherche
sur les maladies chroniques. Et enfin, l’OMS publie une recommandation sur la vaccination universelle contre le rotavirus tandis que Paul Hunt présente son rapport sur le respect des droits de l’homme par les sociétés pharmaceutiques privées dont GSK.

David Hercot & Wim Van Damme


Global Health Initiatives

HPP The effects of global health initiatives on country health
systems: a review of the evidence from HIV/AIDS control

The Paris Declaration in practice: challenges of health-sector aid coordination at the district level in Zambia

Regien G Biesma, Ruairı ´ Brugha, Andrew Harmer, Aisling Walsh, Neil Spicer and Gill Walt

http://www.health-policy-systems.com/content/pdf/1478-4505-7-14.pdf*

Les effets des initiatives mondiales pour la santé sur les systèmes de santé : une revue de la littérature sur le contrôle du VIH.

Ce document passe en revue l’impact des initiatives mondiales pour la santé (GHIS) sur les systèmes de santé au niveau des pays bénéficiaires à faible et moyen revenu. Nous avons sélectionné trois initiatives qui représentent environ les deux tiers des financements extérieurs destinés au contrôle du VIH / SIDA dans les pays à faible revenus: le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, le programme multi-pays de lutte contre le SIDA de la Banque mondiale (MAP) et le US President’s Emergency Plan for AIDS Relief (PEPFAR). Ce document s’appuie sur 31 études et rapports originaux réalisés entre 2002 et 2007. Les effets positifs incluent le renforcement de la prestation de services dans le domaine du VIH / SIDA, une plus grande participation des acteurs, et l’acheminement des fonds aux acteurs non gouvernementaux, principalement les ONG et les organismes confessionnels. Parmi les effets négatifs on relève la distorsion des politiques nationales des pays bénéficiaires, notamment en détournant les gouvernements de la coordination des efforts visant à renforcer les systèmes de santé et la re-verticalisation de la planification, de la gestion, du suivi et de l’évaluation. Des études complémentaires sont nécessaires pour évaluer les progrès des GHIS vers l’alignement et le renforcement des capacités des pays pour répondre au VIH / SIDA au niveau sous national; pour évaluer l’accès des populations marginalisées aux programmes financés par les GHIS et sur le coût-efficacité et la viabilité à long terme des programmes de lutte contre le VIH/ SIDA financés par les GHIS. Trois rapports d’études multi-pays qui répondront partiellement à ces questions seront publiés en 2009.

CGD suggestions to the Obama’s Global health agenda

Lindsay Morgan

http://www.cgdev.org/content/publications/detail/1422228/

Au cours des derniers mois, une montagne de recommandations a été adressée à l’administration Obama. Dans le secteur de la santé mondiale, les organisations américaines les plus influentes ont également dressé leurs listes de recommandations. Cet article compare ces recommandations. L’analyse de ces recommandations tend à montrer une relative harmonie de point de vue entre les huit acteurs étudiés. Deux logiques justifient l’implication des USA dans la santé mondiale : Un devoir moral évident et des intérêts Américains à préserver.

Les dix recommandations principales :

  1. Prendre le leadership pour assurer la visibilité des Etats-Unis.
  2. Améliorer la coordination des agences américaines impliquées dans la santé mondiale.
  3. Mettre en oeuvre une politique axée sur les résultats.
  4. Accroitre la prévention du VIH sans réduire la
    prise en charge.
  5. Elargir les interventions au delà du VIH et du
    paludisme
  6. Suivre les priorités définies par les pays
    partenaires.
  7. Utiliser les canaux multilatéraux de coopération pour accroitre l’harmonisation de l’aide
  8. Investir dans la recherche
  9. Promouvoir la prestation de services (Peace
    Corps et autre Global Health Corps)
  10. Accroitre les financements – enfin presque au
    vu du contexte.


International Health Financing

Taskforce On Innovative International Financing For Health Systems

internationalhealthpartnership.net/taskforce
Main Report (3,7 MB)

Working Group reports to the Taskforce:
Working Group 1 report (1,2 MB) Working Group 2 report (0,6 MB)

Le groupe de travail sur le financement international novateur pour les systèmes de santé.

Le groupe de travail avait demandé à deux comités d’étudier la question des contraintes et du coût de l’accélération d’une part et d’autre part d’étudier les mécanismes de financement et de paiement novateurs. Ces comités ont
rendus leur rapport. Ces conclusions seront présentées au cours du prochain G8 qui
aura lieu au mois de Juillet en Italie. Le document de synthèse propose 10
recommandations. Plus d’aide et de meilleur qualité sera nécessaire si l’ont veut
atteindre les OMD. En outre cette aide devra être liée à des résultats.

Plus d’argent disponible pour la santé

  1. Il faut collecter 10 milliards additionnels par
    an pour le secteur de la santé.
  2. Pour ce faire, il est par exemple souhaitable d’élargir la taxe sur les billets d’avions et d’explorer la possibilité d’introduire d’autres taxes de solidarité notamment sur le tabac ou sur les transactions [NDT : voir article du monde la semaine passée]
  3. Augmenter le recours au Service de
    financement international pour la vaccination et à d’autres approches pour améliorer la prévisibilité de l’aide.
  4. Catalyser la contribution du secteur privée
    avec des fonds publics, par exemple en détaxant les dons ou en subsidiant les contributions volontaires.
  5. Etablir ou élargir les rachats de dettes
    conditionnés aux résultats.
  6. Renforcer la capacité des gouvernements pour
    assurer la performance et les investissements du secteur privé lucratif, non-lucratif, confessionnel, ONG et autres acteurs non étatiques dans le secteur de la santé.

Plus de Santé pour l’argent
disponible

  1. Rendre l’allocation des ressources existantes
    et additionnelles plus efficiente en finançant prioritairement les trous dans les plans sanitaires nationaux approuvés.
  2. Le groupe de travail recommande de revoir les
    modalités actuelle de l’assistance technique afin de prioriser le renforcement des capacités institutionnelles nationales et locales dans les domaines prioritaires de l’administration publique, la responsabilité, le financement, la prestation de services et les acteurs non-étatiques. (l’assistance technique représente 42% De l’aide au développement officielle entre 2002 et 2006)
  3. Etablir une plateforme de financement des systèmes de santé commune entre le Fonds Mondial, la GAVI, la Banque Mondiale et d’autres organisations dans le but de coordonner, mobiliser, rationaliser et transférer les ressources existantes ou nouvelles destinées aux stratégies nationales de santé.

Des progrès à suivre

  1. Il sera important de surveiller les progrès
    réalisés, un forum se tiendra régulièrement entre les partenaires au développement au niveau mondial dans la ligne de la revue ministérielle IHP+. [Le communiqué final de la revue ministérielle PDF en Anglais]

One – G8’s promise to Africa is likely to be broken, warns campaign group

http://one.org/international/datareport2009/pdfs/data_report_launch_press_release.pdf

Les engagements pris par les 7 pays les plus riches du Monde au sommet de Gleaneagles en 2008 risquent de ne pas être tenus. C’est ainsi que le
groupe ONE résume son analyse de l’aide apportée par les pays du G8 aux pays
Africains. En 2005, les pays s’étaient engagés à accroitre leur aide de façon significative. Bien que des progrès aient été enregistrés, le peu de progrès enregistré par la France et l’Italie risque de mettre à mal l’engagement pris en 2005. Certains progrès ont été enregistrés en matière de qualité de l’aide, notamment grâce à la mise en place de l’agenda pour l’action d’Accra, l’initiative pour la transparence de l’aide internationale et la campagne « publie ce que tu finance ». La conjonction d’une aide de meilleure qualité couplée à un leadership africain plus efficace a permis d’atteindre certains résultats. (voir www.one.org/smartaid) Dans le domaine du commerce, le G8 ne semble pas respecter ses engagements, notamment, l’échec du traité de Doha ou les accords de partenariat économique signés avec l‘UE ont significativement sabotés les engagements. Les efforts de réduction de la dette semblent avoir progressé mais sont mis en péril par la crise financière actuelle. Et l’archevêque Desmond Tutu de conclure, nous remercions tous ceux qui apportent un appui aux peuples africains mais c’est maintenant à nous Africains, société civile, secteur privé et gouvernement élus démocratiquement de prendre fermement en main les rênes de notre développement.

AFGH – L’aide française en santé au scanner

actionforglobalhealth.eu/l_aide_francaise_en_sante_au_scanner

“Action for Global Health, en collaboration avec Oxfam France / Agir ici, Coalition Plus, le Planning Familial et Act up, a analysé la politique de
coopération française en santé dans un rapport intitulé « l’aide française en santé
au scanner ».
Ce document analyse le bilan produit fin 2008 par le gouvernement. Si ce dernier
fait état d’avancées depuis les années 2000, en particulier en matière de
financement, les résultats restent en deçà des enjeux et des promesses. Les
priorités en matière de santé figurant dans la stratégie du gouvernement restent
aujourd’hui largement sous financées. Il revient aussi sur les critères de comptabilisation de l’APD santé utilisés par la France.
Les ONG proposent une série de recommandations et demandent à la France, entre
autres, d’augmenter substantiellement le financement des OMD 4 et 5 et de
valider rapidement la stratégie française en santé”.


Chronic diseases

Lancet Combating chronic disease in developing countries

Elizabeth G Nabel, Simon Stevens, Richard Smith

thelancet.com//article/fulltext

L’institut national « Coeur Poumon Sang » des Etats Unis
présente sont partenariat de recherche sur les maladies chroniques qu’il met en
oeuvre dans des centres d’excellence répartis dans plus de 10 pays.
Les maladies chroniques représentent pus de 50% des décès mondialement dont 80% ont lieu dans les pays en développement et les moins avancés. D’ici 2015, 50% de ces décès toucheront des personnes de moins de 70 ans. 50% de ces décès sont pourtant évitables. Trois comportements (mauvaise alimentation, activité physique insuffisante, tabac) sont responsables de 4 maladies (hypertension, diabète, maladies respiratoires chroniques et cancer) qui elles même sont à l’origine de
50% de la mortalité mondiale. Vous pouvez consulter le site 3four50 en anglais.
L’institut avec UnitedHealth Group travaille dans ces centres sur la surveillance,
la mise en œuvre de politique et la participation de la communauté.


Vaccine

WHO L’OMS recommande l’usage de vaccins antirétroviraux

le communiqué de presse en Français

Lancet Right-to-health responsibilities of pharmaceutical companies

The Lancet

l’article du lancet

Paul-Hunt-report-on-GSK-5-May-2009.pdf
(0,12 MB)

Cet éditorial du Lancet introduit le rapport de Paul Hunt, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à la santé, sur les pratiques et politiques de la société pharmaceutique Glaxo Smith Kline. Les droits de l’homme sont p
rincipalement une responsabilité étatique mais les sociétés privées contribuent à l’atteinte du droit à la santé. De ce fait, elles deviennent aussi porteuses d’obligations.


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